samedi 28 novembre 2009

La distillerie du Vaudoué

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La distillerie vers 1905.

.On peut voir à droite la cabane de la bascule où les paysans faisaient peser leur chargement avant et après. On déposait les betteraves sur le terre-plein devant la distillerie, puis on les transportait dans le hangar où se trouvait l’hélice sans fin qui les montait dans le lavoir. Ensuite, elles montaient à nouveau par une chaîne à godets dans un grand réservoir avec coupe-betteraves. Les betteraves étaient cuites dans des macérateurs et le jus dirigé vers des cuves de fermentation. Des pompes envoyaient ensuite le jus fermenté à la distillation. La pulpe sortait par des courroies de transmission pour être dirigée dans la fosse où les cultivateurs venaient la chercher pour alimenter le bétail.
A l’intérieur de la distillerie, il y avait une colonne qui servait à dénaturer l’alcool de betteraves.
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L’Alcool et la Betterave de distillerie
(Source L'Abeille d'Etampes du 15 septembre 1900)

Nous aurions pu intituler cet article : « Une révolution en agriculture » ; et quelque charlatanesque qu’eût pu paraître ce titre, nous aurions prouvé qu’il n’était pas exagéré.
On vient, en effet, de trouver une lampe d’éclairage permettant l’emploi économique de l’alcool.
C’est donc un débouché presque illimité pour ce produit, essentiellement agricole et français, qui va pouvoir concurrencer avantageusement le pétrole, marchandise exotique, accaparée par de grosses sociétés cosmopolites.
Nous ne discuterons pas, aujourd’hui, les avantages industriels de l’alcool sur le pétrole : cela nous entraînerait trop loin.
Disons seulement que si l’alcool entre dans la pratique courante de l’éclairage et du chauffage, nous devons nous en réjouir, nous, cultivateurs français.
C’est, en effet, la culture de la betterave de distillerie qui va se multiplier partout, avec son cortège – d’instruments perfectionnés pour le parfait ameublissement du sol – d’engrais riches et abondants pour l’obtention de rendements rémunérateurs, - d’une main d’œuvre multipliée par les binages, « démariages », arrachages, décolletages des betteraves.
C’est, d’autre part, la création de nombreuses distilleries de betteraves dans toutes nos régions, industries d’autant plus faciles à créer, - qu’elles demandent peu de capitaux, - qu’elles peuvent être alimentées par une foule de cultivateurs, même par ceux ne faisant qu’un demi-hectare de betteraves – qu’elles ne travaillent que l’hiver, laissant, par conséquent, à leur personnel, la possibilité de faire l’été, les travaux de la fenaison, de la moisson, des binages de betteraves, etc. (travaux rendus très difficiles dans notre pays, par la rareté et le prix élevé d’une main d’œuvre étrangère).
C’est, enfin, l’obtention de résidus riches en matières fertilisantes et pouvant être employées comme engrais (les vinasses), ou même pouvant servir à l’alimentation du bétail (pulpes).
Et qu’on ne nous dise pas que nos terres ne sont pas propres à la culture de la betterave de distillerie : car dans ces terres – bien rares dans notre pays – on peut la remplacer par des cultures d’autres plantes productrices d’alcool : pomme de terre, topinambour, seigle, etc.
Ce serait donc un bienfait du ciel que la création de nouvelles distilleries de betteraves dans notre région. Elles réunissent, en effet, aux produits immédiats que donne généralement l’industrie, l’inappréciable avantage d’être un auxiliaire agricole.
Ces quelques considérations suffisent à justifier notre pseudo-titre : « Une révolution en agriculture », puisque l’alcool est appelé à devenir l’avoine française des automobiles, le pétrole français pour l’éclairage et le chauffage.
Mais, direz-vous, peut-être, chers lecteurs, d’où vient donc qu’on ait pas songé plus tôt à remplacer l’infect, sale et dangereux pétrole exotique par l’inodore, propre et français comburant qu’est l’alcool ?

Cela tenait à deux causes « dont chaque est suffisante seule » eut dit Cyrano.
D’abord, au manque de débouchés.
Puis à l’impôt énorme (de 37 fr 50 par hectolitre) que payait l’alcool.
Du reste, en dernière analyse, c’est cette seconde cause qui, seule, paralysait les progrès de l’industrie de l’alcool ; la preuve, c’est que, dès la suppression (ou du moins la réduction à 2 fr. 50) de cet impôt exorbitant, on a trouvé des débouchés nouveaux.

Ces débouchés, nous en avons parlé plus haut, ce sont : l’éclairage, en concurrence avec ces mêmes pétroles accaparés et les charbons chers et relativement rares ; la force motrice, en concurrence avec ces mêmes produits étrangers et nullement agricoles.


La distillerie vers 1920.
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L'étang du Nicorbin était un bassin de décantation creusé par la distillerie et alimenté par l'eau de lavage des betteraves.

La Foire Saint-Simon de Milly en 1905

La foire de Saint-Simon qui était, il y a des années, la plus importante des foires de bestiaux des environs, a été tenue jeudi dernier, et, il faut le dire, elle a donné lieu à des transactions commerciales très peu nombreuses : quelques vaches, des ânes, des chevaux en petit nombre, c’est tout ce qui y a figuré rappelant l’antique foire. En revanche, un manège de chevaux de bois a entraîné toute la journée dans sa course bruyante et vertigineuse les cavaliers et écuyères de l’avenir. Quelques marchands forains, et ça été toute notre foire. La Saint-Simon se meurt. Le chemin de fer seul peut nous aider à en renouveler et relever les attraits.

L'Abeille d'Epampes du 4 novembre 1905.

dimanche 1 novembre 2009

Le Faubourg Saint-Blaise à Milly la Forêt

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Va de la place Galliéni à la gare du Tramway de Melun à Milly. A droite, au milieu d’un square s’élève la chapelle Saint-Blaise, dernier vestige de l’ancienne maladrerie Saint-Blaise qui existait déjà au Moyen-Age. La maladrerie (ou Ladrerie) était située le long du chemin de Nemours. Les bâtiments furent démolis en 1721 et il fut élevé sur leurs emplacements, la petite chapelle actuelle. On y disait la messe une fois par an, le jour de Saint-Blaise. A l’intérieur, on y voyait une très vieille statue en bois, ainsi qu’un panneau de bois sculpté représentant Saint-Blaise.
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Autrefois le temporel de la Maladrerie consistait en une dîme d’oignons, de graines de chanvre et une pièce de terre de 9 arpents. Les dîmes, cens, lods et ventes étaient donnés à bail. En 1695, les biens et les dîmes de la maladrerie furent réunis à l’Hôtel-Dieu de Milly. Le Bureau de Bienfaisance – héritier de l’Hôtel-Dieu – procéda à la vente des terres en 1865 pour 23 305 francs.

C’est autour de la maladrerie que se tenait primitivement la foire de Saint-Jude et Saint-Simon, qui alors durait 3 jours.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

jeudi 22 octobre 2009

Exposition Henrik Kinski à Vert-le-Petit

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Henrik Kinski est né en Pologne dans une famille de musiciens et d’artistes.
Il a étudié pendant sept ans aux Beaux-arts de Szczecin et de Varsovie, des écoles très structurales et rigoureuses où il acquiert une très grande technique. Durant cette période, il s’imprègne de maîtres anciens dont Cézanne et Bacon qu’il admire et qui l’ont marqué.
En 1978 après une année d’études à la Sorbonne, il réalise enfin son rêve et entre à l’Ecole Nationale des Beaux-arts de Paris qu’il fréquentera jusqu’en 1985. Ces années passées au Beaux-arts de Paris, lui ont permis de s’exprimer avec plus de liberté et d’approfondir encore davantage son art. On comprend que la richesse de ses connaissances sur l’art et l’imprégnation de celles-ci sont hors paires parmi ses contemporains.
Ses œuvres récentes s’inspirent de femmes, de nus, de la maternité, de natures mortes ou encore de variations musicales.
C’est la composition picturale qui induit le thème abordé dans ses toiles et qui se développe au fur et à mesure de l’évolution de l’œuvre. L’élément figuratif n’est en fait qu’une émanation de la composition des couleurs et des formes abstraites.
La maîtrise des couleurs et de la lumière le conduise vers un jeu de lumières qui lui permet de définir les mouvements et les formes, lui laissant ainsi toute la liberté de s’exprimer et de créer.
Il joue sur la lumière et sur une superposition de couleurs comme révélées derrière un "prisme" qui le conduit presque à l'abstrait.
Depuis 1983, il expose avec un succès croissant en France, aux Etats-Unis, au Canada, au Japon et à Hong-Kong. Ses œuvres enrichissent de nombreuses collections privées.


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Exposition du 3 au 28 novembre 2009.

Médiathèque Jean Louis Barrault : Tél : 01 69 90 31 25

Horaires d’ouverture :
Mardi : 16h30-18h30
Vendredi : 16h-18h30
Mercredi : 10h-12h - 15h-18h
Samedi : 10h-13h - 15h-17h

lundi 12 octobre 2009

La maison de Jean Cocteau ouvrira en juin 2010


Le Parisien, édition du 10 octobre 2009
(cliquez sur l'article pour l'agrandir)

Visitez le site "La maison de Jean Cocteau à Milly-la-Forêt"

http://www.jeancocteau.net/maison/index.html

Exposition CHOMO

Exposition :
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CHOMO

Le Débarquement Spirituel

10 septembre 2009
au
7 mars 2010
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Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard - 75018 Paris
M° : Anvers, Abbesses
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89
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Renseignements :

jeudi 1 octobre 2009

Rue Farnault à Milly le Forêt

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Anciennement rue de Launoy ou de Launay. La partie comprise entre la place de la mairie et le boulevard du Sud s’appelait rue aux Grenouilles, puis rue de la Bruyère. A droite se trouvait le jardin de « Tivoli ».

A l’angle de la rue Farnault et de la rue Mortera, on remarque une ancienne maison à grosse tourelle avec porte ronde. Cette maison, dite « la Rotonde » fut vendue par M. Levasseur à M. Escoubès en 1853. Elle fut la propriété de M. A Lalauze, le célèbre aquafortiste, père du propriétaire actuel, le peintre militaire bien connu.

Face à la rue des Trois-Môles se trouve l’école maternelle, autrefois l’Hôtel des Trois-Môles. Cette maison fut léguée à l’Hôtel-Dieu de Milly par Etienne-Nicolas Langlois en 1745. Elle fut vendue à la Révolution. La fondation de l’école remonte au 14 Juillet 1825. Mme Veuve Maillard et le marquis du Lau d’Allemans firent donation à la commune « d’une maison appelée la maison des Trois-Môles, rue de la Bruyère, du mobilier la garnissant et d’une rente perpétuelle de 1 500 francs ». L’enseignement devait être donné par des religieuses. A la séparation des églises et de l’Etat, la rente fut reprise par la famille des donateurs.
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Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 22 août 2009

Une cave médiévale à Milly-la-Forêt

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Les travaux d'aménagement d'un terrain, effectués très récem­ment, rue Charles Cochin, à proximité du monument aux Morts, ont conduit à la mise au jour d'une cave médiévale. La destruction de l'ancien bâtiment qui occupait ces, lieux, ainsi que le creusement des tranchées destinées à recevoir les fondations d'un nouvel immeuble, ont fragilisé quelque peu les maçonneries de la cave, jusqu'alors parfaitement stables. Cet incident regrettable a entraîné la détérioration de certains joints et a emporté violemment le mur du fond d'une des absidioles, peut-être la seule qui n'avait pas subi de transformation.

I - DESCRIPTION
Au moment des travaux, l'accès à cette construction souterraine se faisait par un escalier, très probablement d'origine mais incomplet, orienté selon un axe sud/nord. Le dit escalier, autrefois abrité par une voûte en berceau, est réduit aujourd'hui à cinq marches monolithi­ques en grès, de dimensions quasi identiques. L'arrachement du ber­ceau qui le couvrait est encore visible à l'entrée de la cave proprement dite.
Cette dernière se compose d'une travée de plan carré, voûtée d'une croisée d'ogives encadrée de quatre doubleaux. Cet espace com­munique au nord avec une absidiole et à l'est avec deux autres excavations situées l'une en face de l'autre. La cave se poursuivait à l'ouest, comme l'indique l'arc doubleau pris dans un mur de construction moderne. Celui-ci obture une partie du monument, que nous n'avons par conséquent pas pu visiter, mais qui vraisemblablement, comporte une, voire plusieurs, autres absidioles.
La voûte d'ogives est formée de deux arcs diagonaux en plein-cintre avec claveaux chanfreinés. Les arcs doubleaux adoptent, quant à eux, un profil légèrement brisé, identique à celui des berceaux qui couvrent les absidioles. Le tout est construit en grès, très probable­ment extrait des carrières situées à proximité, dans la forêt. L'ensemble parfaitement appareillé reflète le goût du travail bien fait, si caractéristique des bâtisseurs du Moyen Age. D'après le style de construction, cette cave est datable du XIIIe ou du XIVe siècle.

II - COMPARAISONS
De nombreuses caves, connues dans la région, peuvent être com­parées à celle de la rue Charles Cochin. A Maisse , il en subsiste au moins trois dont une située dans la rue Grande. Leur plan consiste tantôt en une travée unique desservant trois absidioles, tantôt en un couloir flanqué de loges latérales. Deux autres constructions, à Flagy et à Grez-sur-Loing, ont été sauvées par le Centre de Recherche et de Documentation Médiévales et Archéologiques de Saint-Mammès. Il en existe aussi à Moret-sur-Loing, à Villemaréchal ou encore à Montereau-Fault-Yonne.
L'attention particulière portée à ces monuments n'est pas nouvelle. Déjà au siècle dernier, Léon Marquis, dans son ouvrage Recherches historiques sur Milly-en-Gâtinais, semble à juste titre apprécier ces vestiges de qualité remarquable. Alors qu'il fait état de la destruction du Moustier de Péronne, l'érudit précise : «... dans le jardin, on montre une ancienne et belle cave voûtée, à pilier central, pareille à celle du château ». Ce type d'architecture se retrouve dans la cave des Tem­pliers de Château-Landon ainsi que dans les innombrables salles voû­tées de Provins dont l'articulation des volumes diffère de celle des caves à cellules latérales.
Dans le même ouvrage, l'auteur mentionne la présence « d'une cave située au coin de la rue (aux Pelletiers) et de la rue des Juifs », sans donner davantage de précision quant à son architecture. Celle-ci compte sans doute parmi les nombreux vestiges médiévaux, qui per­cent le sous-sol de Milly, et dont bien souvent on ne soupçonne pas l'existence.
Dans l'actuelle rue Jean Cocteau, ainsi qu'à l'autre extrémité de la rue Charles Cochin ont été décelées deux constructions souterraines. L'une, située sous une propriété privée, est utilisée comme cellier, l'autre, jugée apparemment inutile, fut remblayée, paraît-il, il y a quelques années. On lui aurait souhaité un meilleur sort.
Il est inutile de poursuivre l'inventaire de ces caves pour en montrer la généralité et en souligner la fonction essentielle, sinon indispensable. En effet, le degré d'hygrométrie et la température constante de ces lieux permettaient d'y conserver les vivres et sans doute aussi quelques objets précieux, plus à l'abri de l'incendie que dans un bâtiment de surface. Il n'est pas exclu que les commerçants s'en servaient comme magasins pour entreposer leurs marchandises. On trouve parfois fixés dans les clefs de voûtes, des crochets auxquels on suspendait la viande.
Dans le centre ville actuel de Milly, quartier déjà très développé au XIIIe siècle en raison de l'intense activité commerciale qui s'y dérou­lait, semble donc exister un véritable réseau de caves moyenâgeuses qu'il serait enrichissant d'étudier. Celle de la rue Charles Cochin aura permis d'attirer à nouveau l'attention sur l'intérêt archéologique, his­torique et culturel que présentent de telles découvertes. Ce patri­moine, trop souvent ignoré ou mal connu, mérite pleinement de sortir de l'oubli et d'être sauvegardé.
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Katy PEUREAU
Centre de Recherche et de Documentation Médiévales et Archéologiques de Saint-Mammès
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Sources : Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Corbeil, de l’Essonne et du Hurepoix (1999).

jeudi 20 août 2009

Exposition "Mémoires villageoises" à Dannemois

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L’Association « Dannemois se raconte » présentera les 19-20 et 26-27 septembre une très belle exposition d'histoire locale sur le thème "Les mémoires villageoises".

L’exposition se tiendra de 10 h à 18 heures à la salle JP Cayot de Dannemois.

lundi 3 août 2009

Fête des Simples les 3 et 4 octobre 2009 à Milly-la-Forêt


La Mairie de Milly-la-Forêt, l’Office de tourisme et le Marché de l’herboriste accueillent le syndicat SIMPLES pour un week-end hors du commun où nous renouerons avec notre tradition plusieurs fois centenaire de l’herboristerie !
La Fête des simples est une manifestation organisée annuellement qui aura lieu cette année dans notre ville. Elle a pour but de faire mieux connaître et mettre en valeur ces plantes médicinales, aromatiques, alimentaires, cosmétiques et tinctoriales appelées « simples » qui suscitent de plus en plus l’intérêt du public et des professionnels. Ce sera l’occasion d’échanger et de s’informer auprès des producteurs du syndicat SIMPLES, d’apprendre et de s’initier avec des spécialistes et des professionnels et de profiter d’une ambiance festive pour un retour aux sources et aux ressources naturelles !
Des animations et des activités seront programmées sur tout le week-end un peu partout dans la ville.

Téléchargez le programme complet :

http://www.milly-la-foret.fr/IMG/pdf/FeteSimples_Prog.pdf

Pour en savoir plus :

http://www.syndicat-simples.org/fete_des_simples_2009/

Inscriptions et renseignements à l’Office de tourisme au 01 64 98 83 17.

dimanche 2 août 2009

Rue aux Juifs à Milly la Forêt

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Ancienne ruelle à Crenier, puis rue Mortera, va de la rue Saint-Blaise à la rue Saint-Jacques. Au bout de cette rue à droite, à l’angle de la rue Saint-Jacques, se voyait autrefois une ancienne maison à piliers.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

lundi 22 juin 2009

La libération de Milly le 22 août 1944

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Le 22 Août, c’est la libération de Milly par les troupes du Général PATTON. Un service de premier secours organisé à l’Ecole Maternelle est destiné à recevoir les premiers blessés éventuels. Vers 2 heures du matin, un gendarme qui faisait sa ronde vers Courances, est blessé. Depuis plusieurs jours, un détachement de S.S. stationne sur le boulevard Lyautey, ce qui surprend les Milliacois, mais qui présage que quelque chose va se passer. Dès le matin du 22 Août, par temps chaud et clair, des tirs d’artillerie alliée entre Etampes et Milly se rapprochent d’heure en heure, des avions de reconnaissance alliés survolent le plateau des fermes et orientent le tir. On s’attend au pire et c’est grâce à des renseignements précis que la ville de Milly est épargnée. Vers 14 heures, le tir reprend de plus belle ; il est dirigé cette fois sur la route de Fontainebleau et la route de Nemours sur lesquelles fuient les soldats allemands en déroute. Les S.S. quittent brusquement le boulevard en direction de l’Est et sont surpris par les avions anglais qui les mitraillent à l’extrémité jusqu’au parc de Chambergeot. Une fumée noire s’étend sur la route de Fontainebleau et sur celle de Nemours, il y a des morts et des blessés parmi l’armée en déroute. Les obus sifflent au-dessus de la ville. Une pièce d’artillerie allemande est mise au silence sur la route de Fontainebleau, près de la Guichère et un char ennemi détruit dans la «Vendée » non loin de la ferme Saint-Georges.
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Camion Allemand incendié après mitraillage par les Mosquitos en face la ferme St-Georges près Milly Route de Fontainebleau.
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Le tir est vigoureusement soutenu par des avions alliés qui nettoient le terrain. Pendant le tir de l’artillerie alliée, quelques obus tombent sur les parties Sud de la ville, le faubourg Saint-Blaise, à une cinquantaine de mètres du Monument aux Morts où la toiture d’une maison est percée par un obus ainsi qu’un coin de la Chapelle Saint-Blaise. Vers 17 heures environ, le tir quelque peu interrompu reprend de plus belle puis s’arrête. Il y succède un grand silence, un silence inaccoutumé, cachant à la fois l’anxiété et l’espoir. L’anxiété pour les moments à venir, l’espoir dans la joie confuse encore, mais réelle de retrouver la liberté après quatre longues et pénibles années d’occupation, de restrictions et d’incertitude.
A 18 heures, le craquement des mitrailleuses dans la Garenne, sur la Butte de Chatillon, sur les routes de Maisse et de la Ferté-Alais et dans les bois de Milly, suivis de l’apparition des premiers résistants milliacois et autres annonçant l’arrivée imminente de l’armée américaine. On doute encore, on hésite parfois, mais déjà naît la joie de la libération prochaine.
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Soldats américains, rue Langlois

Dans les rues circulent des cyclistes qui distribuent des petits drapeaux américains avec des drapeaux français, et déjà l’armée de la libération américaine, précédée de l’Infanterie, armes à la main, suivie d’une quantité d’infirmiers aux casques marqués d’une énorme croix rouge pour mieux les reconnaître, contrôlant les rues et les maisons, se dirigeant d’un pas pressé vers l’Est sur les routes de Fontainebleau et de Nemours, suant et haletants, pleins d’entrain malgré la fatigue du jour, mais heureux d’avoir libéré dans la journée au moins 30 kilomètres de notre territoire, prend possession de la cuvette de Milly en la libérant de l’occupant ; mais les fantasssins ne sont pas seuls, car le gros de l’armée Patton les suit de près avec ses chars modernes et colossaux de 65 à 105 tonnes, des jeeps, des auto-mitrailleuses, l’artillerie lourde motorisée et des voitures amphibies.
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Rue Langlois - Soldats américains et GMC

Le vrombissement des puissants moteurs fait trembler la chaussée et les maisons qui la bordent et de tous les quartiers de Milly, la foule se presse pour admirer les nouveaux venus et pour leur témoigner de la gratitude et exprimer la joie. A leur passage, des paquets de chocolat, de cigarettes et de chewing-gum sont lancés dans les rangs de leurs admirateurs. Les enfants remuent leurs petits drapeaux, et sans pouvoir donner libre cours à leur joie qu’ils partagent avec leurs aînés, ils se sentent heureux et émerveillés, car pour eux, c’est la fête, une fête inattendue, malgré le bruit infernal et le branle-bas, une fête de « douceurs » et de satisfaction. Milly tout entier est en fête. On recommence à respirer et à apprécier le prix de la liberté. Le roulement des voitures et des chars continue jusqu’à la tombée de la nuit. L’armée installe en hâte son infirmerie à l’Ecole Maternelle ainsi qu’une « roulante ».


Rue Langlois - Hotel des quatres vents avec la foule pour accueillir les forces américaines.

Dans la nuit, on entend encore des tirs d’artillerie isolés dans la forêt de Fontainebleau et, le lendemain continue le défilé ininterrompu de l’armée alliée à travers la ville en se dirigeant vers l’Est. Le quartier général se trouve alors au château du Rousset où séjourne le Général PATTON, chez Mme BEDU.
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M. Poiget, maire de Milly et des FFI.

La libération de Milly est accomplie dans les meilleures conditions possibles et sans grands dégâts. La bifurcation de la route de Maisse et celle de Gironville d’où est arrivée l’armée libératrice a reçu le nom de « carrefour de la libération ». Des bornes kilométriques coniques sur lesquelles est marqué un flambeau, jalonnent la « Voie de la Liberté » de la Normandie jusqu’à la frontière, voie parcourue victorieusement par l’armée du Général PATTON. Cette voie traverse Milly d’Ouest en Est.


Hôpital américain installé sur le plateau de Maisse.


Sources : Milly et son histoire par Raymond-Auguste GEBER et Marcel HOUDY

dimanche 7 juin 2009

Le Salon du flacon à parfum fête ses 20 ans !

Au fils des ans, ce salon est devenu le principal salon européen consacré aux flacons à parfum, cartes parfumées et boites à poudre, où des collectionneurs venus de toute la France, mais également de Suisse, de Belgique et du Luxembourg se retrouvent sous la Halle de Milly-la-Forêt pour présenter et partager l’objet de leur passion.

Dimanche 28 juin de 8h à 17h
Entrée libre


Affiche illustrée par Niki de Saint-phalle pour le salon de 1991.
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Affiche pour le salon de 2004.
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Affiche pour le salon de 2009.

lundi 1 juin 2009

La chapelle Saint-Blaise des Simples, décorée par Jean COCTEAU


Chapelle Saint-Blaise, vers 1905

Au sud de Milly-la-Forêt, au milieu des champs où s’alignaient les plantes médicinales de renommée mondiale, on aperçoit une très simple chapelle solidement assise sur la plaine, grâce à ses piliers massifs, c’est la chapelle Saint-Blaise des Simples.

Cette chapelle construite au XIIè siècle, faisait partie d’un ensemble de bâtiments connu sous le nom de « Maladrerie de Saint-Blaise », qui avait été édifiée pour soigner les lépreux. Pourquoi Saint-Blaise ? On sait que Saint-Blaise, médecin et évêque de Sébaste (Arménie) s’était rendu célèbre pour des guérisons miraculeuses, il soignait au moyen des plantes et au Moyen Age, on l’invoquait souvent pour obtenir la gurésion des maux de gorge. Il jouissait d’une grande réputation à cette époque et il est à présumer que c’est pour cette raison que la Maladrerie de Milly fut placée sous son vocable.

Choix judicieux s’il en fût, puisqu’au XVIè siècle, la lèpre ayant disparu de Milly, la Maladrerie n’abritait plus aucun malade. Les bâtiments qui menaçaient ruine, furent détruits, et on ne conserve que la chapelle. Elle fut vendue comme bien national et acquise par le Bureau de Bienfaisance de la ville dont elle est restée la propriété jusqu’à nos jours.


Chapelle Saint-Blaise, en 2008

En 1958 quelques personnalités de la ville songèrent à restaurer et à faire décorer cette chapelle, afin de la rendre au culte et pour venir en aide aux œuvres sociales de Milly-la-Forêt. L’extérieur fut dégagé, à l’intérieur, un dallage taillé spécialement dans le grès des rochers, fut mis en place. Les murs relevés et repeints furent offerts au talent de M. Jean Cocteau, citoyen d’honneur de Milly-la-Forêt, qui accepta la lourde tâche de les décorer.

Ayant retenu le thème des Simples, qui l’avait charmé, Jean Cocteau traita les murs de la chapelle ainsi que les pages d’un herbier géant. Il composa une décoration de hampes fleuries, qui sont peintes sur les murs à la manière de celles que l’on colle dans un herbier.

Au-dessus de l’autel, dans un triangle qui évoque la Sainte Trinité, le « Christ aux Epines » émeut fortement.

Au-dessus, la « Ressurection du Christ », peint sur des fonds irisés d’une surprenante douceur.

Sur les marches de l’autel, posés sur un socle de bois très ancien (XVè siècle), repose une châsse contenant les reliques de Saint-Blaise, déposées en cet endroit le 19 Juin 1960 par Monseigneur Gillet, auxiliaire de Monseigneur Feltin, cardinal, archevêque de Paris.


Les vitraux qui décorent cette chapelle ont été exécutés sur des cartons de M. Jean Cocteau par un peintre verrier rhénan.

Enfin, la signature de Jean Cocteau, près du vieux bénitier de pierres, entre les pattes d’un chat qui regarde curieusement l’ange qui libère le Christ de la « Ressurection » sur le mur opposé.

C’est dans cette chapelle que repose le corps de Jean Cocteau, décédé à Milly-la-Forêt le 11 Octobre 1963. Une grande dalle toute nue, posée sur le sol, porte une inscription où, en quelques mots très simples, le poète a dit son désir de dormir là son dernier sommeil « Je reste avec vous »..

Les nombreux visiteurs qui défilent tous les jours, dans cette chapelle, tout en admirant son immense talent, rendent aussi un hommage ému à sa mémoire.

Comme un prolongement à la décoration intérieure, un jardin botanique entoure la chapelle. On y retrouve vivantes toutes les plantes qui ont servi de modèle aux peintures murales, ainsi que toutes celles qui sont cultivées dans la région de Milly, le plus important centre européen de culture médicinale.

La chapelle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1982


La chapelle est ouverte au public, de Pâques à la Toussaint, tous les jours sauf le mardi, de 10 à 12 heures et de 14h30 à 18 heures. Entre ces deux époques, tous les samedis, dimanches et jours fériés de 10h15 à 12h et de 14h30 à 17h.


mardi 26 mai 2009

Paul BECKER, sa vie, son œuvre

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Paul BECKER est né le 8 juin 1920 à Troyes. Fils d'un couple de bonnetiers troyens, il était l'aîné de quatre enfants.
A 12 ans le lendemain de son certificat d’études, il travaille 12 heures par jour dans une usine de bonneterie.
De 1932 à 1935, il continue sa scolarité jusqu'au brevet élémentaire en cours du soir.
En 1936, il s’initie au vol planeur puis à l’avion.
De 1939 à 1942, il s’engage pour 3 ans, il sera un pilote de chasse émérite. Affecté au 19° GRCA, Commandant de réserve, pilote commissaire A.C.F. (Aéro Club de France), ses prouesses de pilote sont légendaires
En 1943, désigné pour partir en Allemagne; réfractaire, il entre alors comme officier dans la Résistance où il assure, avec quatre groupes armés, la sécurité d'un hôpital de premier secours du maquis.
A la Libération entre 1945 et 1950, il vend à l’armée un brevet concernant un véhicule tous terrains intéressant la Défense Nationale. Puis, il vend à un industriel un autre brevet ayant trait à des métiers de la bonneterie.
Il envisage d'acheter un avion et de faire des meetings mais sa famille refuse. Il achète alors un vieux moulin en Dordogne, qu'il restaure Iui-même. Il s’adonne à l’élevage.
En 1952, son beau-frère lui fait découvrir un bloc de quartz sur le côté d’un sentier, près du moulin. C’est le point de départ de sa carrière artistique, très influencée par son père qui peignait admirablement. Il commence par construire des maisons près de Thiviers puis quelques mois plus tard, il vend ses premières mosaïques.
En 1954, André MAUROIS compare ses œuvres à «une tapisserie de pierres»
Entre 1955 et 1960, il rencontre PICASSO, LURÇAT et COCTEAU à Cannes, qui lui offrent leur concours. Pierre MEUNIER de l'A.F.P. et ami de Jean COCTEAU apporte alors deux dessins que le maître a réalisés spécialement pour Paul BECKER: Orphée et Arbre de vie.
Pendant des années BECKER met au point de nouvelles techniques.
Ses efforts sont récompensés en 1961: «tu as apporté une chair à l'épiderme de la mosaïque» dira Jean COCTEAU à propos de ses compositions. Il est élu membre de l'Académie du Périgord.
En 1966, il devient veuf avec un fils de 16 ans mais il poursuit avec acharnement son œuvre.
Il quitte le Périgord en 1969 et s'installe en Essonne, d'abord au moulin Grena à Moigny.
Entre 1971 et 1972, il s’installe à La maison Blanche à Milly-la-Forêt.
C'est dans cette période que son Art évolue, il met au point de nouvelles techniques. Il rénove l'art du vitrail et un merveilleux Beethoven marque la première étape.
Après les vitraux monolithiques monochromes, ce sont les vitraux monolithiques polychromes qui voient le jour. La technique est au point, il ne manque plus que les conditions matérielles pour une réalisation à grande échelle.
Emerveillé par l'œuvre de BECKER, DOM ROBERT lui offre le droit de reproduction de ses cartons.
En 1971, pour le 7ème anniversaire de la mort de Cocteau, Paul Becker offre deux vitraux qui seront placés dans la chapelle Saint-Blaise des Simples.


Chapelle Saint-Blaise des Simples

Le 6 juin 1975, le conseil municipal de Milly-la-Forêt le nomme Citoyen d'honneur de la commune. Il rejoint ici Jean COCTEAU dans la notoriété.
Les recherches continuent: c'est la création des gemmes réflectantes. Il réalise alors des œuvres féeriques.
Il s’installe à Gironville en 1982.
En 1988, la Ville de Milly la Forêt décide de rendre hommage une nouvelle fois à son artiste de génie : une grande rétrospective de l’œuvre de Paul BECKER est organisée. On y découvre plus de 90 œuvres et deux premières mondiales : une interprétation des Simples dont COCTEAU orna la chapelle Saint Blaise ainsi que la réalisation d’un fragment de la tapisserie de DOM ROBERT, le Chat Noir, véritable tapisserie de pierre et de cristaux.
Le Conseil Général de l'Essonne, à son tour, l'honore en faisant l'acquisition d'une œuvre monumentale «Liberté» destinée à orner le hall du château de Chamarande, futur Institut de la Francophonie. Il est également sollicité pour créer les BECKER d'or, d'argent et de bronze du Festival International des Francophonies d'acteurs et le BECKER du Cheval, trophée destiné à récompenser les lauréats du concours international du trot attelé (U.N.A.T.).
Nouvelle consécration en 1991 : il est chargé de réaliser le cadeau destiné aux chefs d'états et aux représentants des pays qui, en 1993, participeront aux Il° Jeux de la Francophonie. La monnaie de Paris consacre cette œuvre par l'édition d'une médaille commémorative .
Paul Becker décède à 80 ans, le 19 novembre 2000 à l’hôpital de Champcueil.


L'Oiseau Joyeux, oeuvre offerte à la Ville de Milly-la-Forêt

dimanche 10 mai 2009

CHOMO, le Rodin des bois

Roger Chomeaux, dit "Chomo", est né le 28 janvier 1907 à Berlaimont (59), dans une famille très modeste.
Initié au spiritisme par sa tante et depuis toujours passionné de dessin, de poésie et de modelage, il obtient sans grande conviction son Certificat d'Études et se fait inscrire à l'École des Beaux-arts de Valenciennes (Académie de Sculpture), puis aux Beaux-arts de Paris où il gagne plusieurs prix. Marié et bientôt père de famille, il travaille comme décorateur de tapis quand survient la guerre. Bien que ajourné et père de trois enfants, il fut déclaré réserviste, puis mobilisé. Il a été fait prisonnier à Boulogne, puis déporté en Pologne, il simulera la surdité pour obtenir un rapatriement sanitaire.

De retour en France, responsable de trois enfants et incapable de gagner sa vie avec son art, il essaye d'abord de petits métiers, puis, harcelé par sa famille, préfère se retirer, seul, en pleine forêt de Fontainebleau, à Achères la Forêt, sur un terrain acheté par sa femme pendant l'Occupation. C'est là qu'il va vivre, dans le dénuement matériel le plus complet, et œuvrer durant plus de quarante ans, bénéficiant, comme tous les ermites, d'une liberté totale qu'il payera du prix parfois exorbitant de l'inconfort et de la solitude.


D'abord, forcé de se fournir sur place en matériaux et d'explorer les sous-bois et les décharges publiques, il développe la technique du « bois brûlé », puis celle des plastiques fondus, apprend à travailler le grillage et à utiliser les variétés de sable de la forêt. Pour abriter ses œuvres, de plus en plus nombreuses, il doit construire des bâtiments : avec des arbres morts, des pierres, du grillage, du staff et des bouteilles, il crée ainsi "l'Église des Pauvres", le "Sanctuaire des Bois Brûlés" et le "Refuge", appelé aussi à l'origine le "Remorqueur Réfrigéré". Les premiers visiteurs commencent à se manifester : c'est la naissance du Village d'Art Préludien.

En 1960, à la galerie Jean Camion, à Paris, rue des Beaux-arts, il avait fait sa première et unique exposition. Une manifestation spectaculaire, accompagnée d'une musique de sa composition, qui avait attiré l'attention d'André Breton et des derniers surréalistes. Depuis Chomo s'expose lui-même sur son petit hectare de forêt et vit de ce que lui donnent en repartant ses visiteurs.

Du 19 janvier au 3 février 1991, ses amis, admirateurs et adeptes ont organisé une grande exposition rétrospective de son œuvre en divers lieux de Milly-la-Forêt.

Chomo passait ses samedis et ses dimanches à initier son public aux secrets de sa création. Il est décédé en juillet 1999.


« Le Christ de Chomo »
Don de Chomo à la Ville de Milly à l’occasion de son exposition.


Revue "Artension" n°20 de janvier 1991




Revue "Artension" n°20 de janvier 1991




Revue "Artension" n°20 de janvier 1991

Sources : CHOMO par Roger Chomeaux aux éditions Jean-Claude Simoën (1978).

Remerciements à Françoise et Claude Hervé.

mercredi 29 avril 2009

Assiettes commémoratives de Milly la Forêt


Assiette diamètre 32 cm,
Verrerie d'Art de Soisy sur Ecole




Assiette diamètre 24 cm,
Illustrée avec le timbre "Marianne de Jean Cocteau",
Année 60




Assiette diamètre 24cm, édition limitée à 500 ex.
Dessin de F. Papi, pour le 5e centenaire de Halle en 1979.



Si vous possédez d'autres assiettes commémoratives de Milly, n'hesitez pas à m'envoyer une photo pour que je puisse mettre à jour ce post.

dimanche 26 avril 2009

Le lavoir de la Bonde


Lavoir de la Bonde, vers 1906.

Milly est dotée de vieilles pierres. C’est là, tout le charme de cette ville.

Mais au fil des ans, le temps fait ses ravages et des restaurations s’avèrent nécessaires. Ce fut le cas, en 1974, du lavoir situé devant le château.

Souvenir précieux d’une époque, le mur du fond s’était en partie écroulé. Consciente de ses trésors, et désireuse de les sauvegarder, la commune a décidé la reconstruction, dans le style, de ce lavoir. C’est l’entreprise Jean-Pierre Demont qui a réalisé les travaux.


Restauration du lavoir en décembre 1974.

samedi 28 mars 2009

La rue Saint-Jacques à Milly la Forêt

Va de la rue Langlois à la place Saint-Jacques.

La première partie de cette rue, de la rue Langlois à la rue Mortera, s’appelait rue aux Pelletiers. C’est là que se tenait le marché Saint-Jacques. Les Petites Halles s’élevaient à l’endroit le plus large de la rue, en face de la rue des Trois-Môles. La rue Saint-Jacques suivait, naturellement, la direction du fameux pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

A la place Saint-Jacques s’élevait l’ancienne église collégiale Saint-Jacques, construire sur les remparts de la ville, près de la Porte du même nom. Elle était la propriété de la Communauté des Pèlerins de Saint-Jacques. L’église avait des dépendances pour loger les nombreux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle (du XIIe au XIVe siècle).

Au Moyen-Age, l’église possédait un Chapître. Une bulle du Pape Clément en 1305 tranféré en l’église Notre-Dame les « 4 ou 5 chanoines qui étaient alors en l’Eglise Saint-Jacques dudit Milly, pour qu’à l’avenir ne faire qu’un même corps et collège ».



Le titulaire de l’église Saint-Jacques était seigneur du quartier : il avait droit de lods et ventes, censives, etc. sur les maisons de la rue Saint-Jacques. Un Guillaume de Milly était chantre de l’église Saint-Jacques en 1312. Boutaric rapporte qu’en 1323, un arrêt condamna les habitants de Milly à payer 2 500 livres parisis audit chantre. En 1658, Messire Isaac Jourdain était chantre et chanoine de l’église Saint-Jacques. A cette époque, elle n’était plus église que de nom. En 1780, elle commençait à tomber en ruines. Elle fut fermée en 1790 et le cloche enlevée. La partie qui restait, appelée « chapelle » fut mise en vente en 1792 et adjugée 200 francs à un nommé Barberotte, qui la revendit à Claude Julvin, dit « Champagne ».

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 14 mars 2009

Accident de voiture à Milly la Forêt le 7 juin 1905

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Mercredi dernier, une coquette automobile passait à toute allure devant l’Abreuvoir de la Bonde. Le watmann eut-il une distraction ? S’oublia-t-il un instant dans la considération de la vaste et limpide nappe d’eau, ou a-t-il été distrait par les antiques tourelles et le pont-levis qui forme le fond du riant tableau ? Nous ne saurions le dire. Quoi qu’il en soit, l’une des roues du rapide véhicule alla buter contre le trottoir et se brisa. La glace coupevent vola en éclats. Quant à la voiture, elle s’affaissa tristement, à moitié versée. Les quatre parisiens qu’elle emportait en villégiature, descendirent assez piteusement, mais visiblement satisfaits tout de même d’avoir conservé tous leurs membres intacts.

Lorsqu’il me fut permis d’aller m’assurer que somme toute il n’y avait rien de grave, une foule énorme était là, commentant l’accident. Et devant l’automobile affalée, attendait un camion attelé de deux fringants chevaux, amenés là par M. Perrot, notre camionneur toujours prêt à rendre service.

Au milieu de la foule, je distinguai mon ami Machin, plongé dans une profonde rêverie (mon ami Machin est un philosophe que je vous présenterai quelque jour, amis lecteurs ; ou du moins je vous présenterais son intéressant portrait) – Que fais tu ? lui dis-je. – Je constate, me répondit-il, que malgré toutes les découvertes, l’homme en est toujours réduit à revenir à sa plus noble conquête, le cheval.
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L'Abeille d'Epampes du 10 juin 1905.

mercredi 4 mars 2009

Exposition Henrik Kinski à Milly la Forêt

Deux ans après sa dernière exposition à Milly-la-Forêt, Kinski présentera ses dernières créations à l’Espace culturel du Moustier. Artiste bien connu à Milly-la-Forêt, puisque sa carrière artistique débute à la galerie de Kathy Bosc en 1983, aujourd’hui résident canadien et internationalement reconnu, Henrik Kinski sait évoluer et nous surprendre d’une exposition à l’autre par une recherche artistique et esthétique en constant cheminement. Cette exposition permettra de retrouver avec plaisir son talent et de découvrir les thématiques qui l’occupent actuellement.


Espace culturel du Moustier
Salle du 1er étage
Du 7 au 29 mars
Ouvert du mardi au dimanche
Entrée libre






Visiter le site d'Henrik Kinski : http://www.hkinski.com/

samedi 28 février 2009

L'église Notre dame de Milly la Forêt

L’église Notre-Dame de Milly s’élève à gauche de la rue Langlois. Primitivement, elle était la chapelle du château. Elle fut transformée en collégiale probablement par Hugues de Bouville. Détruite pendant les guerres de Cent Ans, elle fut reconstruite vers 1480. La Chapelle de la Vierge fut ajoutée en 1630 et le bas-côté droit en 1633.

Sous la sacristie se trouvaient les caveaux des anciens seigneurs de Milly. On inhumait dans le chœur les doyens et les chanoines de l’église, ainsi que les donateurs.

Dans le chœur se trouvent deux rangées de stalles en chêne sculpté, dont chaque miséricorde représente un sujet différent (classées Monument Historique). Dans la nef, on voit une belle statue de la Vierge, sous les traits, dit-on, d’Anne de Graville (pierre du XVe également classée Monument Historique) ; le piédestal porte des dragons sculptés en ronde bosse et les armes d’une corporation : boulangers ou patissiers ? On y voit encore les reliques de Saint-Wulfran, archevêque de Sens, né à Milly, seigneur de Milly jusqu’en 687 ; un lutrin en bois époque Louis XIV, aux armes du Président Perrault, des Beaupoil de Saint-Aulaire et des De Marie ; une pierre tombale de 1535 dont la traduction a été faite par le vicomte de Pibrac : l’épithaphe de Maître de Laborne, etc.

Les clefs de voûte sont aux armes de l’amiral de Graville, des Vendôme, et des marquis du Lau.

Dans le bas côté, se trouve un chef-d’œuvre en bois tourné et sculpté au couteau par un nommé Montagne, et à la fenêtre des fonts baptismaux une statue en pierre : Mater Dolorosa du XIIIe siècle.

Il y avait autrefois des caveaux sous toute l’église ; ils furent comblés lors de l’exhaussement du dallage.

A gauche du chœur se trouve une ancienne sacristie (salle voûtée du XIVe siècle).

Le clocher de Milly est un des plus esthétiques de toute la région. Il a 57 mètres de hauteur. Les proportions sont admirables. C’est un beau monument de l’époque de transition des XIIe et XIIIe siècle. La partie inférieure est de la fin du XIe. Il fut réparé par l’amiral de Graville qui fit graver ses armes sur la façade Est. La grosse cloche date de 1703.

A côté du clocher se trouve une belle porte bouchée, style ogival du XIVe siècle. Le portail principal, rue Notre-Dame a été ajouté. Il proviendrait d’une des anciennes églises de Milly, soit Saint-Jacques, soit Saint-Pierre. Il semble enfoncé et n’est pas très esthétique (roman primitif).

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 14 février 2009

Fête de l’Union Française, le 3 juillet 1949 à Milly

Jouissant d’un temps splendide, la fête de l’Union Française a eu un succès considérable, tant par le nombre de visiteurs, que par leur qualité. De plus, au point de vue des relations amicales avec les Français de couleur, cette manifestation organisée par un petit canton de Seine et Oise, est appelée à voir un grand retentissement.

Le matin, un joyeux carillon réveillait la population à 9 h 15, l’abbé Letallier, curé doyen, célébrait une grande messe, au cours de laquelle après avoir excusé l’abbé Bonganda, député de l’Oubanguichari, retardé en cours de route, prononça un beau sermon à l’issue de la messe. L’abbé Boganda enfin arriva et prononça une vibrante allocution. De nombreuses personnalités assistaient à cette cérémonie religieuse.

A partir de 10 h 30, les personnalités commençaient à arriver à l’Hôtel de Ville et étaient reçus par M. Poiget, maire – conseiller général entouré de son conseil municipal, les honneurs étaient rendus par les gendarmes sous les ordres du capitaine Rouxel et par les sapeurs-pompiers. Un long cortège se formait pour se rendre au monument par les boulevards et était composé des enfants des écoles, de société de gymnastique, de jeunes filles habillées en costume indigène, les Ames Vaillantes, la Fanfare et la Clique, les Sociétés locales, les personnalités, le conseil municipal, la population, etc…
Après la minute de silence, une gerbe était déposée au nom de la municipalité et la Marseillaise éclatait. Le cortège se reformait, pour se rendre un peu plus loin où une tribune était dressée et de laquelle des discours allaient être prononcées pour l’inauguration des boulevards Joffre, Foch, Liautey, Eboué et de la place de la République. Tour à tour prirent la parole M. Poiget, Maire, M. Boisdon, Président de l’Assemblée de l’Union Française et M.Senghor, député du Sénégal. Les enfants des écoles, sous la direction de M.Serré, directeur d’école, chantèrent « Les trois petits soldats », dont les paroles sont de M.Joze Faure, lequel tint à les soutenir de la voix, ils furent chaleureusement applaudis. Les plaques Joffre et Foch furent découvertes et par la rue Mortera, place du Marché, avenue de Ganay, le long cortège se rendit boulevards Liautey et Félix Eboué pour dévoiler les plaques, et par la rue Langlois, le cortège revint à la Mairie

Un vin d’honneur était ensuite servi aux invités pendant que les personnalités signaient le Livre d’honneur.

A 13 heures, sous les Halles, un grand banquet de 169 couverts, avec mets coloniaux, était ensuite servi.

Le moment du dessert fut aussi celui des discours et tour à tour :

M. Poiget, maire de Milly, prit la parole, suivi du Colonel Furnari, président de l’Algérienne ; M. Joyet Faure, Président adjoint du Cercle France Union Française ; M. Ben Chénouf, député de Constantine ; M. Valentino, député de la Guadeloupe ; M. Francesco Praridi, président de l’Association des Amis de la France en Italie ; M. Marty, président du conseil général de Seine et Oise ; M. Gaston Monnerville, président du Conseil de la République.

Le cortège se reforma derrière la musique pour se rendre au théâtre de verdure, installé place Grammont, où un nombreux public put applaudir un très beau spectacle colonial.

La fête Saint Pierre qui avait débuté la veille par une très belle retraite aux flambeaux se continua le dimanche soir par une fête foraine, où chacun se rendit par le boulevard Lyautey, brillamment illuminé et vint dire un amical bonjour à Saint Pierre.


Le lundi, la ville se réveilla très tard, et ce n’est que vers 16 heures que l’atmosphère reprit au moment des jeux organisés par la municipalité pour les enfants. Les amateurs de danse et de sensations fortes continuèrent la fête lundi soir, jusqu’à une heure assez avancée au bal Duché et sur les autos skotter.


Abeille d’Etampes du 7 Juillet 1949

lundi 19 janvier 2009

La Fête des Pompiers de Milly du 3 juillet 1932

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Il y avait dimanche à Milly, vingt-quatre enfants qui étaient bien contents. Assis de front devant la porte de l’établissement qui les a recueillis, il y en avait des blonds, des bruns, des frisés, d’autres avec des baguettes de tambour sur la tête, ceux-ci avec de petits yeux malins, ceux-là avec des mirettes de jeunes mamans, mais ils étaient tous aussi sages les uns que les autres. On leur avait annoncé que la place Grammont où ne séjournent guère que les vieux bons papas qui cherchent l’ombre, où les petits gars qui jouent à la marelle, au bistinet, allait se remplir de pompiers, les enfants aiment bien les soldats, mais ils préfèrent encore les pompiers. Un pompier n’est jamais méchant ; un soldat ça tue quelques fois. Et puis, on leur avait dit encore que s’ils se tenaient bien on les conduirait sur la fête, où il y a un grand Saint-Pierre, en bois de chêne ; une fontaine qui la nuit verse de l’eau plein de feu ; un vrai lion dans une ménagerie ; un manège d’automobiles et un tas d’autres choses qui amusent bien les enfants. Voilà pourquoi ils se tenaient bien sages en attendant les pompiers ; leur maîtresse les tenait d’ailleurs à l’œil.

Vers dix heures, les pompiers commençaient à arriver. Ils s’en allaient d’abord réciter leurs leçons à l’école communale des garçons de la rue Sadi-Carnot, puis ils venaient se rassembler sur la place avec leurs engins, dont le plus beau était l’autopompe de Corbeil, une belle mécanique qui coûte dans les 125.000 francs. A côté d’elle « Lulu » d’Etampes, faisait sa fière tant qu’elle pouvait sous les yeux du bon Capitaine Girard et de ses 24 hommes. On parlait de la possibilité de se procurer un de ces beaux engins rouges pour pas beuaocup d’argent. Le service départemental en fait payer les deux tiers de leur valeur, mais pour cela l’autopompe ou la moto-pompe sont tenues au premier appel d’aller au secours des communes qui n’ont que des moyens insuffisants de combattre le feu. Ca va bien pendant que le feu brûle, mais après quand il faut régler les frais de déplacement de l’autopompe et des pompiers, les communes se font tirer l’oreille. Il y avait justement là un conseiller municipal d’Etampes, M.Liger, qui a établi le rapport de la Commission du budget de la ville où il a écrit : « Dans le service départemental de secours contre l’incendie, un centre principal a été créé à Etampes, avec téléphone de nuit et placé sous la direction du Capitaine Girard. Notre Centre a porté secours à différentes communes et il en est résulté naturellement des frais qui sont réclamés d’après le tarif départemental aux communes sinistrées. Or bien des petites communes n’ont pas dans leurs budgets les crédits nécessaires à ces remboursements. Tout en tenant compte de ces impossibilités, il n’en est pas moins vrai que nos sapeurs ne peuvent attendre des mois pour toucher les indemnités qui leur sont dues. Le règlement départemental n’a pas prévu ce cas, qui est malheureusement trop fréquent et les communes qui comme Etampes sont « Centres principaux » se trouvent dans l’obligation de faire des avances qui peuvent atteindre un chiffre important. Cette situation est regrettable et je vous demanderais d’émettre un vœu pour qu’il soit créé une Caisse Départementale du service de Secours contre l’incendie afin de faire les avances aux centres ou secteurs portant secours aux communes de leur circonscription. Ces communes rembourseraient ensuite la Caisse départementale ».

Cette manière de voir n’a pas manqué d’intéresser les membres du jury qui étaient, le chef de bataillon Mathon, commandant des sapeurs-pompiers de Rambouillet, président de l’Union Départementale ; les capitaines Cabué, de Longjumeau ; Bemelmans, de Sucy-en-Brie ; Gruber, de Palaiser et Girard d’Etampes.

Quant aux subdivisions de sapeurs-pompiers, elles étaient au nombre de dix en plus de celle de Milly, lieutenant Limery, et de celle de Méréville, qui étaient représentée par le sous-lieutenant Bretonnet. IL y avait donc :

Etampes, capitaine Girard, lieutenant Moreau et 24 hommes

Corbeil, capitaine Duval et 15 hommes.

Essonnes, lieutenant Auprince et 22 hommes.

Mesnil-Racoin, sous-lieutenant Houdy et 14 hommes, parmi lesquels le propre grand-père du commandant.

Soisy-sur-Ecole, lieutenant Michaux et 18 hommes.

Malesherbes, lieutenant Varverende et 18 hommes.

Tousson, lieutenant Jaury et 17 hommes.

La Ferté-Alais, lieutenant Mallet et 20 hommes, dont un petit tambour, Daniel Barnot, qui compte neuf printemps.

Le Vaudoué, lieutenant Mignon et 10 hommes.

Mondeville, lieutenant Hardouin et 15 hommes.

Ainsi ça en faisait des pompiers, mais le plus beau à l’idée de 24 petits enfants heureux, c’est quand la clique s’est formée de 48 clairons et tambours, faisant partie des subdivisions accourues à l’appel du Comité d’organisation, dont le président était le maire de Milly lui-même, M.Loubière qui, il n’y a pas très longtemps aussi, était encore un enfant et qui a su en conserver le franc sourire et la gentillesse.

Dans le vestibule de la maison commune, il accueillait aimablement les notabilités venues pour honorer la fête de leur présence : M.Gaubert, sous-préfet de Corbeil, et de la moitié de l’ex-arrondissement d’Etampes ; MM.De Ganay, conseiller général ; Chagot et Pommereau, conseillers d’arrondissement ; Devise, procureur de la République à Etampes et Régnié, capitaine de gendarmerie.

Au bas du perron, une section de sapeurs-pompiers forma le carré ; la sonnerie « ouvrez le ban » se fit entendre et M. le Sous-Préfet procéda à la remise des décorations décernées au cours de l’année au titre de la prévoyance sociale et de l’agriculture, à MM.Crenier Gustave, Petit Léon, Thorin Alfred et Mme Thévenin-Mazard.

A midi, les clairons sonnaient « à tour de bras » la soupe aux abords de l’Hôtel du Lion-d’Or, où avait lieu le banquet officiel, servi dans la grande salle du rez-de-chaussée, agrémentée en son milieu d’une frise à la Balas, tout à fait de circonstance. Que l’artiste improvisé qui a la brossa en soit complimenté. Une table en U. magnifiquement servie et décorée des plus belles fleurs de l’année ? réunit près de 100 convives.

M.Gauberi présidait, assisté de M.Maurice Dormans, député ; de Ganay, conseiller général ; Loubière, maire ; Chagot et Timbert, adjoints ; Devise, procureur de la République ; Régnié, capitaine de gendarmerie ; des membres du jury ; des maires des environs ; des conseillers municpaux et des notables du pays.

Il y avait là aussi les anciens et nouveaux membres de la compagnie des sapeurs-pompiers de Milly, dont on célébrait le cinquantenaire, et parmi eux Papa Léon Voituron, qui avec son camarade Léon Pinasson, sont les deux seuls survivants de la subdivision lors de sa formation en 1882. Elle était alors commandée par le sous-lieutenant Courbet, qui fut remplacé bientôt par l’adjudant Limery. Mais ce n’est qu’en 1888 que la compagnie fut sérieusement constituée, sous le commandant du regretté lieutenant Chagot. En 1889, elle pouvait célébrer la Sainte-Barbe et nous en trouvons l’écho dans l’Abeille d’Etampes du 14 Décembre 1889 qui en donne la relation suivante :

« La Société des Sapeurs-Pompiers, réorganisée depuis moins d’une année a fêté la Sainte-Barbe samedi dernier ; elle avait convoqué tous les membres honoraires au banquet qu’elle donnait à l’Hôtel du Lion-d’Or. Un grand nombre d’entre eux, parmi lesquels M. le Maire et plusieurs personnes notables ont tenu à répondre à cette invitation. Il y avait longtemps qu’un banquet de cette importance n’avait été fait et néanmoins le service a été admirable et la cuisine bonne.

Au dessert, M. le docteur Carassus, a par une allocution chaleureuse, vivement exhorté les pompiers à rester toujours unis et à célébrer avec allégresse la fête qui les rassemblait :

Plus d’une fois, leur-a-t-il dit, vous serez dans l’exercice de vos fonctions à la peine ; soyez aujourd’hui tout à la joie ; rompez ensemble le pain et le sel de la fraternité et buvons à l’union et à la concorde entre tous les pompiers ».

Ensuite, M.Chagot, lieutenant, a remercié M. le Maire et tous ceux qui ont contribué à la réorganisation de la Société et en élevant son verre a proposé de boire à leur santé. Ce toast a été ainsi bien applaudi.
L'Abeille d'Etampe du 9 juillet 1932.

dimanche 11 janvier 2009

La rue Mortera à Milly-la-Forêt

Du nom du fondateur de la Société de Secours Mutuels, Rue Saint-Blaise jusqu’en 1917.

La partie de cette rue entre la rue Farnault et la rue Saint-Jacques s’appelait autrefois rue aux Juifs, puis rue de Brutus, sous la Révolution ; en l’An II s’appelait rue Voiturier, du nom du député révolutionnaire qui vient à Milly destituer la municipalité d’alors, jugée trop tiède pour l’époque !

En 1496, cette rue se nommait rue Saint-Ladre. Autrefois, un grand nombre de commerçants habitaient cette rue. On y voyait encore de nombreuses boutiques, il y a une cinquantaine d’années.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

Henri Mortera est décédé au n°33 de cette rue le 5 février 1850. Une plaque est apposée sur la maison.

La rue Mortera fut renommée "Rue Jean Cocteau" en 1963.

lundi 29 décembre 2008

Le pélerinage de Buno Bonnevaux

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C’est en 1875 que les propriétaires du château de Moignanville avaient fait édifier dans leur propriété, au sommet d’une colline, ce monument, en mâchefer, sur lequel avait été dressée une statue du Sacré-Cœur. Au cours des années qui suivirent, une procession fut organisée annuellement, le jour de ladite fête du Sacré-Cœur. Et, en particulier, les jeunes épouses qui ne pouvaient pas avoir d’enfants venaient, ce jour là, toucher le gros orteil dudit Sacré-Cœur, espérant qu’il voudrait bien exaucer leur vœu. Cette fête qui avait débuté vers 1900 dura jusque vers 1960. Mais si, au début du siècle, elle attirait comme le montre les cartes postales de nombreux pèlerins, elle ne connaissait plus le même succès vers 1940.

D’après B.Quinet, Monographie de Buno-Bonnevaux, 1987
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Château de Moignanville


Le Sacré-Coeur


Les pélerins sur la place de l'église


Retour de la procession


Intérieur de l'église

vendredi 26 décembre 2008

Le Moustier de Péronne à Milly la Forêt

Au numéro 41 de la rue Langlois, on remarque une belle porte plein-cintre, du XIVe siècle, indiquée à tort du VIIe, sur plusieurs guides et ouvrages. C’est une porte de chapelle qui s’élevait devant le petit bâtiment sous lequel se trouve encore une salle voûtée, avec pilier central à chapiteau sculpté, du XIVe siècle et comprenant un déambulatoire au nord. Au milieu du parc existe une très vieille cave du Moyen-Age. Là se trouvait anciennement le « Moustier de Péronne » qui comprenait toute la partie de la ville entre la rue Langlois, le boulevard du Nord et la place du Colombier. Il était entouré de « haultes murailles cresnelées ». Les bâtiments s’élevaient à l’angle de la rue Maillard.

Le Moustier de Péronne avait une certaine importance. Pendant la guerre de Cent Ans, il fut assiégé plusieurs fois. Il fut brûlé entièrement en 1433.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).
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Parc du "Moustier".


Le jardin, vers 1910.


L'auberge "Le Moustier" était l'une des meilleurs tables du département.

La Crypte du Moustier est rouverte au public depuis fin juin 2007, elle accueille des expositions temporaires.

La porte du Moustier a été restaurée en juin 2008. La restauration, subventionnée à 80% par le Parc naturel régional du Gâtinais français, a été réalisée par une entreprise locale. Celle-ci, selon les recommandations de l'Architecte des bâtiments de France, a utilisé des matériaux anciens (tuiles, chaux, etc.) dans le respect du bâtiment d'origine.

samedi 13 décembre 2008

Inauguration de la gendarmerie de Milly en Gâtinais

Devant notre Hôtel de Ville magnifiquement pavoisé et par un temps vraiment radieux où le soleil venait de sa présence rehausser l’éclat de cette journée qui s’annonçait sous les meilleurs auspices, le long cortège des officiels et la foule attendaient patiemment l’arrivée de M. le Préfet, quand on put craindre qu’un regrettable contre-temps vint obliger à modifier le programme, un appel téléphonique du Ministre de l’Intérieur avisait en effet que M. Billecard étant retenu, il demandait qu’il soit procédé en son absence aux opérations du Conseil de Révision.

Il en fut ainsi et tout se terminait, quand un second appel retentit, venant informer du départ de Paris et annonçait l’arrivée dans 40 minutes de M. Billecard. En effet, à 12 heures moins 20, précédé d’une escouade de motocyclistes de la police de la route, une voiture gouvernementale s’arrêtait devant le perron de la Mairie où M. De Ganay, conseiller général, et M. Loubière, Maire, accueillaient M. le Préfet en lui présentant les diverses personnalités du canton et les invités groupés sur la place même, dans un caractère de grande simplicité, évitant de pénétrer dans l’édifice municipal pour ne pas retarder pas trop l’horaire.


L'ancienne gendarmerie

Un cortège se formait aussitôt et arrivait à notre nouvelle Gendarmerie où une foule compacte était maintenue par le service d’ordre ; la clique de la Fanfare municipale exécutait avec brio des sonneries militaires et une section de gendarmes présentait les armes ; M. le Capitaine Verstracte, commandant la compagnie d’Etampes, faisait les honneurs du casernement qui recueillit les appréciations les plus flatteuses. On admira la sobriété de la construction qui s’allie si parfaitement à sa solidité spécialement conçue en vue de la défense passive et on vanta le confort et le pratique des appartements et dépendances.
Le départ s’opéra avec la même cérémonie que l’arrivée et par nos promenades, l’on se dirigea vers le Boulevard du Nord où devait être servi un grand banquet dans la Salle des Fêtes. Une table de 62 couverts, dressée avec goût, ornée d’œillets roses, dans ce cadre élégant que pas la moindre décoration ne venait modifier, mais où un magnifique parterre d’innombrables fleurs mélangées aux plantes vertes semblait avoir soudainement surgi pour l’enchantement des yeux. Sur la scène elle-même et devant comme une exposition dans la verdure touffus des ruscus esculantus, des cyclamens rouges écarlates s’harmonisaient avec le rideau grenat dont les plis baignés par le soleil avaient des reflets de pétales de roses. Dans toute la salle, il en était de même où les fleurs et les plantes vertes étaient disposées en parterre.
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Le menu composé de mets succulents abondamment servis, justifia la réputation si méritée de l’excellent traiteur milliacois Pariot qui s’était vraiment surpassé ; le service fut en tous points parfait et les convives ne cessèrent de louer cette réception.

Au dessert, la parole fut donnée à M. Loubière, maire, qui, d’une voix bien timbrée, salua en termes aimables au nom de la municipalité, M. le Préfet qui était notre hôte pour la première fois depuis qu’il assure la lourde tâche d’administrer notre grand département. Il lui traduisit avec sentiment sa gratitude pour l’aide bienveillante qui lui a été apportée par lui-même et ses services dans les dernières années, associant son collaborateur M. le Sous-Préfet de Corbeil à la reconnaissance exprimée.


La nouvelle gendarmerie

doit faire cesser les luttes intestines, se grouper, faire front. Notre Pays, capable des plus prodigieux redressements, des plus magnifiques réactions à une heure grave, ne doit pas attendre celle-ci s’il veut éviter le péril ; c’est à moins cinq qu’il faut sonner le rassemblement ». Et, baissant le ton, il dit qu’il est de son devoir de déclarer que cette heure est arrivée, la situation est alarmante, il est grand temps de se ressaisir ; avec fermeté, il insiste en ces termes pathétiques, s’excusant d’assombrir cette fête. A ce moment, de l’extérieur, les cuivres de conscrits font entendre une joyeuse sonnerie, et c’est alors qu’en termes émouvants, il s’écrie : « Ressaisissons-nous, unissons-nous si nous ne voulons pas entendre un matin une pareille sonnerie dont les accents seraient si tristes ! ». Il termine enfin sur une note d’espoir basée sur les hautes ressources morales, économiques et financières de notre beau Pays dont il salue le chef en la personne de M. le Président de la République, à la santé duquel il convie l’assemblée à lever son verre. Un tonnerre d’applaudissements couvre ces dernières paroles ; on prolongerait volontiers la réunion, mais il est déjà très tard, on attend ailleurs et l’on doit se séparer.
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L'Abeille d'Etampe du 15 avril 1939.

lundi 24 novembre 2008

Jean SUNNY à Milly la Forêt

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Jean Sunny s'était illustré en étant le premier à rouler en voiture sur deux roues, grâce à des pneus surgonflés, et à un différentiel de chassis bricolé.

Le célèbre cascadeur Jean SUNNY, s'est produit Place du Marché. Si vous avez assisté à ces cascades et que vous souhaitez faire part de vos souvenirs aux lecteurs de ce site, contactez moi !




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mercredi 19 novembre 2008

La rue de Melun à Milly la Forêt


Cette rue va de la Croix d’en bas au boulevard du Nord. C’est l’ancienne route de Melun qui était très passagère et qui passait sous la porte de ce nom qui s’élevait à l’entrée du boulevard.

Au numéro 19, se trouve une curieuse maison dite Maison du Bailli (on ne sais pas pourquoi). Cette maison a été restaurée à la Renaissance, mais l’étude des portes et des fenêtres, en pierres de taille à larges chanfreins, et de la tourelle, permet de la faire remonter au Moyen-Age.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mardi 11 novembre 2008

Vol de légumes à Milly la Forêt !!

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Depuis longtemps, la gendarmerie de Milly était informée que de nombreux vols de légumes étaient commis au préjudice des maraîchers de la localité ; jusqu’ici les recherches pour découvrir les auteurs de ces vols étaient restées infructueuses et l’on aurait cherché longtemps si l’un de ces maraudeurs n’avait été dénoncé par sa propre femme : on est jamais trahi que par les siens.

C’est à un double titre que L…, jardinier au hameau de Saint-Pierre-de-Milly, a été obligé de reconnaître la vérité de cet aphorisme. En effet, marié à une femme beaucoup plus jeune que lui, L… a vu de bonne heure une végétation encombrante pousser sur sa tête ; trop souvent la volage épouse donnant des coups de canif dans le contrat conjugal, s’en allait soit à la Ferté-Alais, soit à Malesherbes « passer une journée ou deux chez sa cousine ».

Cependant, L… aime beaucoup sa femme – « N’est-ce pas, Fernande ? » - c’est pour lui être agréable qu’il a commis les vols pour lesquels il est poursuivi. Un jour, pendant qu’elle était en état de grossesse, la femme L… eut l’envie de manger des asperges ; on sait quelles conséquences déplorables peut avoir la privation d’un aliment désiré par une femme dans cette position. Aussi, L… n’hésita pas ; il s’en alla en… voler dans le jardin de son voisin.

- C’est bien moins cher comme cela, se dit-il !

Le jour du baptême, Mme L…, quoique délivrée, eut envie de manger des haricots. On ne peut rien refuser à sa femme le jour du baptême. L… s’en alla en chercher dans un jardin appartenant à M. Boissard ; mais au moment où il s’apprêtait à en emporter une « boisselée » qu’il avait attachée avec sa ceinture, le propriétaire survint ; le voleur de haricots dut s’enfuir, abandonnant son butin et sa ceinture.

Cette opération n’avait pas été fructueuse ; pour s’indemniser L… s’en alla dans le jardin de M. Genevelle et y prit des choux, qu’il revendit ensuite.

L… veut bien reconnaître qu’il a volé des asperges et des haricots, mais pour les choux, c’est une autre affaire.

- Si j’en avais pris, je vous le dirais, dit-il, n’est-ce pas Fernande, je n’en ai pas pris ?

Mais Fernande au lieu de venir en aide à son mari, lui reproche d’avoir volé des bottes de paille au préjudice de M. Bédu.

- Ca c’est vrai, dit L…, quand les soldats ont passé à Milly, je ne pouvais pas les faire coucher par terre, je suis allé en chercher quelques bottes dans la propriété de M. le Maire.

Dans des conditions semblables, L… a volé environ 40 kilogrammes de « méchants raisins » dans la propriété de Mme Jamet à Oncy ; deux pannerées de pommes chez M. Gauthier, une paire de traits, des bottes de paille d’avoine, etc…

- Il a encore volé des oignons qui ont été retrouvés au moment de la vente, s’écrie Mme L…, qui par cette dernière révélation accable le malheureux jardinier.

Enfin, L… est inculpé d’avoir porté de violents coups de pied et de poing à sa femme, le jour du Mardi-Gras ; il reconnaît avoir infligé cette correction matrimoniale à sa femme, parce qu’elle avait fait cuire des crêpes pendant deux jours, bref, il reconnaît tout « sauf les choux ».

L…, véritable victime de l’amour conjugal, est condamné à trois mois de prison.
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L'Abeille d'Etampes du 20 avril 1901

mercredi 29 octobre 2008

Avis de recherche !!

Je recherche le nom de ces personnes et l’adresse du commerce. Merci par avance à ceux et celles qui pourront m’aider.

Au dos de la carte, on peut lire :

Milly-la-Forêt, le 13 septembre
Dimanche nous avons été photographiés devant notre magasin de Milly-la-Forêt. Je vous écris sur la photographie qui vous fera souvenir de notre amitié.
Léone

dimanche 26 octobre 2008

Atterrissage d'un ballon à Milly-la-Forêt

Au moment où chacun se rendait à la distribution des prix du concours cantonnal et des écoles de la ville, un ballon est apparu au-dessus de Milly ; et, comme il descendait, beaucoup de personnes, plus de deux cents, ont couru du côté par où il paraissait vouloir s’attérir, et sont arrivées sur les lieux en même temps que les aéronautes mettaient pied à terre (territoire d’Oncy, lieu dit la Montagne-Royale).

Cet aérostat était monté par trois personnes, dont deux officiers du génie, un capitaine et un lieutenant, et l’aéronaute.

Le ballon, parti à huit heures du matin de Meudon, est descendu à trois heures du soir ; il avait donc mis sept heures pour parcourir environ cinquante kilomètres.

Les voyageurs, à leur arrivée, ne paraissaient nullement émotionnés, ni fatigués du voyage aérien qu’ils venaient de faire à une hauteur de 1 500 mètres.

Nos trois aéronautes ont reçu le plus bienveillant accueil de M. Usèbe, propriétaire du château de Milly, qui les a ramenés chez lui et les a retenus à dîner.

M. le docteur Grognot, qui s’était rendu à l’endroit de leur descente, leur a gracieusement offert sa voiture pour ramener en ville l’aérostat dégonflé.
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L'Abeille d'Etampes du 1er septembre 1883.

dimanche 19 octobre 2008

Flammes et oblitérations temporaires de Milly-la-Forêt






dimanche 12 octobre 2008

Exposition "Hommage aux Poilus" à Milly la Forêt

L’année 2008 est riche en évènement pour l’Association Philatélique et Cartophile de Milly-la-Forêt, et n’en doutons pas elle marquera la vie du club. Après avoir organisé la Fête du Timbre en mars, nous réaliserons deux expositions au mois de novembre.

La première exposition commémorera le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale et rendra hommage aux troupes alliées. Elle se tiendra du samedi 8 au dimanche 23 novembre à l’Espace Culturel Paul Bedu. Vous pourrez voir de nombreux et nouveaux documents relatifs au camp d’instruction de zouaves qui fut installé à Milly de 1915 à 1919.

En juillet 1915, les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s'installer à Milly. La Ville devint un important centre d'instruction, accueillant près de 3000 soldats. De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune et les communes voisines telles que Moigny, Oncy, Dannemois, Noisy, Buno-Bonneveaux. Milly ne pouvant accueillir la totalité de ces militaires, le 21eme régiment d’infanterie coloniale fut stationné à Maisse et le 23 eme à Vayres.
Cette exposition se poursuivra par une étude sur les Monuments aux Morts du canton de Milly et des nombreuses cartes postales des Fêtes de la Victoires du 14 juillet 1919.

La seconde exposition se tiendra le week-end du 15 et 16 novembre à l’Espace Culturel du Moustier, elle retracera la guerre 1914-1918 à travers la philatélie. Mais cela sera surtout l’occasion de fêter le 30e anniversaire de la création de l’association Philatélique et Cartophile de Milly-la-Forêt. Le samedi 15 novembre, vous pourrez acquérir une carte postale et un timbre commémoratifs édités spécialement pour l’évènement.

Jacques FOURNILLON et Eric GACHOT

Pour tout connaitre des commémorations :

http://www.defense.gouv.fr/1918_2008/

lundi 6 octobre 2008

Le festival de Musique de 1905 à Milly la Forêt

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Lorsque vers Milly rayonneront les tramways ou chemin de fer projetés, ce sera vraiment le plus joli coin de l’arrondissement ; entourée de bois verdoyants, dans une gracieuse vallée, à proximité de la forêt de Fontainebleau, on peut prédire que la petite ville, déjà si active, prendra un développement rapide et intéressant. Il y a quelque probabilité que le moment de cet essor ne se fera pas longtemps attendre
Dimanche, Milly a confirmé sa réputation de petite ville gaie et hospitalière à l’occasion du Festival-concours de musiques que le conseil municipal avait organisé pour donner plus d’éclat à la fête patronale de Saint-Pierre.
Pour seconder les préparatifs faits par les soins de la municipalité, des commerçants de Milly, au profit de qui aussi faisait la fête, avaient constitué dès la semaine dernière un comité d’organisation composé de MM. Siroteau, président, Séguin, vice-président, Félix, trésorier, Barrat, Brisset, Chagot, Emile, Chanet, Hamelin Edmond, Houzé, Malle, Palfroy et Porquet, membres ; après avoir arrêté un progamme, les dévoués commissaires se mettaient à l’œuvre, recueillaient des souscriptions et, sous leur impulsion, les habitants de Milly, dès vendredi, opéraient une transformation des façades de leurs maisons pour donner aux rues l’aspect le plus accueillant.
Sur la place du Marché avec la collaboration de m. Augis, charpentier, M. Brisset, peintre avait élevé et brossé, quoique contrarié souvent par des ondées célestes, une magnifique porte monumentale flanquée de portiques, d’un développement de 16 mètres ; le décor, d’un style gracieux, avait été agrémenté sur les attiques d’inscriptions se rapportant au programme du jour : Reyer, Auber, Gounod, Ambroise Thomas. La photogravure ci-contre, que nous devons à une collaboration obligeante, nous dispense d’en donner une plus longue description.
L’antique halle, d’aspect sévère, avec ses longs bandeaux s’élançant vers le ciel, avait également été décorée ; en outre de l’écusson aux armes de Milly placé au fronton de chaque côté de l’estrade aménagée pour la distribution des récompenses, des trophées de drapeaux avaient été disposés, reliés par des bandes portant les inscriptions « Gloire aux musiciens » « Hommage de la ville de Milly ». Tous ces travaux avaient pu s’exécuter rapidement grâce à l’obligeante collaboration de MM. Hébert et Saccalay, peintres, qui ont tenu à faire assaut de bon goût et d’habileté.
Il nous faudrait pour être équitable donner une description de la décoration de presque toutes les maisons de cette place ; on nous excusera de ne citer que l’Hôtel du Lion-d’Or, dont la façade avait été pavoisée sous la direction de m. Siroteau, lui-même, et qui avec une affluence de trophées de drapeaux et de guirlandes de lampions était ornée à sa partie supérieur de festons aux couleurs nationales. A côté, donnant ouverture sur la rue de Paris, un arc de triomphe formé d’un décor aux couleurs modern style, portant l’inscription « Honneur aux musiciens »
Comme ensemble de décoration de rue, la grande rue pouvait certes réclamer la palme ; en face des magasins de nouveautés « A la Ville de Milly » M. Barat et les habitants du quartier avaient élevé un superbe portique formé de deux piliers de verdure et de fleurs reliés par des transparents avec l’épigraphie « Soyez les bienvenus ! »
Enfin, au débouché de l’une des rues donnant sur la place de la Mairie, devant le magasin à l’enseigne « Au Coin Musard » un arc de triomphe accueillait les visiteurs arrivant de la direction d’Etampes ou du chemin de fer par l’inscription « Honneur à nos invités ».
Mentionnons pour être complets, la décoration de la Place de la Mairie, et de toutes les rues par lesquelles s’est opéré le défilé.
Mais venons au compte-rendu de la fête : Dès la veille, le samedi soir, une brillante retraite aux flambeaux, éclairée par des torches et des feux de bengale, menée avec entrain par la Compagnie des Sapeurs Pompiers et l’Union Musicale, animait et transfigurait au passage les rues de la petite vile toute préparée déjà aux gaies solennités du lendemain.
Dès le dimanche matin, la dernière main ayant été mise aux préparatifs, les divers commissaires se portaient au devant des sociétés venant prendre part au concours ; les échos retentissaient bientôt de joyeuses fanfares et d’aubades données par les tambours et clairons, notamment par la Fanfare de la 45ème section des Vétérans des Armées de terre et de mer de Saint-Maur, conduite par le Président de la Section, M. Fontaine, et dirigée par le tambour-major, M. Le Marchand, maniant dextrement la canne, la fameuse canne qui avec les tambours sera bientôt, paraît-il, reléguée au Musée de l’Armée. Ce groupe était reçu à son arrivée par MM. Malle et Baudin, Président et vice-président de la 1160ème section des Vétérans de Milly.
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Le concours

C’est dans le préau de l’école des filles qu’avaient lieu les opérations du concours.
Le jury composé de M. Levasseur, professeur de musique des lycées et collèges de la ville de Paris, rédacteur à l’Orphéon, président ; M. Ricaut, ex-clarinettiste de la garde, chef d’orchestre-compositeur ; M. Paul Brévanne, secrétaire de la rédaction du journal l’Orphéon, est entré aussitôt en fonctions. Successivement les Trompettes de Chamarande – fanfare fraternelle, M. Lambert directeur – dont la tenue toute militaire eût mérité un prix, ont exécuté avec cette sonorité pleine et claire qui toujours a caractérisé cette Société, une ouverture, le Tzar en France, bien scandée et d’un bel effet.
La fanfare de Maisse, dirigée par M. Rousseau, le doyen certainement des directeurs de notre région, a exécuté une sélection de la Muette de Portici comportant une variété de mouvements et de nuances très délicates, et dont l’ensemble et les solistes se sont fort bien tirés.
Voici les Vétérans de Saint-Maur, tambours et clairons. Le chef a la direction précise, et il obtient le maximum d’effets de ses musiciens, nous allons dire de ses soldats qui soufflent à plein poumons ; les vitres de l’école vibrent à briser du son de ces marches guerrières.
L’Union Musicale de Ballancourt exécute le Sommeil de Diane, de Bléger. M. Mattlin, chef dirige bien ; avec les éléments dont il dispose, et que plus d’une société lui envierait, il pourrait aborder un genre plus relevé. Son tambour battait un peu fort.
La ville de Malesherbes possède une fanfare qui lui fait honneur. Sonorité fine et homogène, recherche de l’expression artistique ; M. Charpagne sait développer l’une et l’autre de ses qualités, qui sont celles des musiques d’élite. Le public a eu grand plaisir à l’écouter et à l’applaudir.
C’est enfin la Fanfare libre, ancienne Amicale d’Etampes qui clos le concours d’exécution. La Société est nombreuse, et M. Fousse est un bon musicien. La fantaisie sur le Premier jour de Bonheur a donné au bugle, aux saxophones et aux parties chantantes l’occasion de se faire apprécier. Le finale notamment bien scandé a été très applaudi. Et cette audition nous donne une fois de plus l’occasion de souhaiter pour notre ville d’Etampes que nos deux Sociétés de musique s’unissant dans une noble pensée d’art et de confraternité musicale forment un unique orchestre avec leurs qualités respectives. On ferait alors ce que pourrait produire l’union de tous les éléments de ces deux Sociétés inspirées alors du désir de bien faire ! – Espérons toujours !
La légion des petits tambours, conduits par leur Doyen Pavard, a ému, par ses ra et ses fa, les cœurs des mamans. Ils ont battu aux champs, la retraite, la breloque comme de vieux grenadiers, et comme eux ils ont remporté la médaille.
Nous ne dirons qu’un mot du concours d’honneur décidé par l’honorable président du jury désireux de faire la consciencieuse attribution de la médaille d’or des Sénateurs. La Fanfare de Malesherbes et de celle d’Etampes ont lutté de concert, et le pas redoublé d’ensemble a servi à les départager ; mais ce morceau se prêtait peu à ce genre de concours. On verra plus loin ce qu’il est advenu.
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Le défilé

A cinq heures, les différents groupes devant prendre part au défilé venaient se réunir sous les tilleuls de la place de l’Eglise et se plaçaient dans l’ordre suivant : Sapeurs-pompiers de Milly, sous le commandement de M. Chagot, sous-lieutenant, Fanfare l’Union musicale de Milly, directeur M. Genevelle. Puis venaient : les Vétérants de Saint-Maur, la fraternelle de Chamarande, la Fanfare libre d’Etampes, la Fanfare de Maisse, la fanfare de Malesherbes et enfin l’Union Musicale de Ballancourt.
Pendant la formation l’Union musicale de Ballancourt exécutait sous la direction de son chef dévoué, M. Mattlin, le Fringant, pas redoublé qui était chaleureusement applaudi.
Le cortège formé, la colonne se mettait en marche et défilait aux sons des pas redoublés joués par les tambours, clairons, trompettes et fanfares suivaient l’itinéraire prescrit, pour venir se masser devant l’estrade installée sous la halle. Une affluence nombreuse, telle qu’on en vit rarement à Milly, se pressait bientôt sur la place du Marché, et ses abords ; toutes les fenêtres des maisons étaient garnies de corbeilles, quelques-unes très agréablement fleuries de spectatrices et de spectateurs.
Sur l’estrade avaient pris place, MM. Amodru, député, Bédu, conseiller d’arrondissement et Maire de Milly, Louis, maire d’Etampes, MM.Les Membres du jury du concours de musiques, MM. Darbonne, adjoint au maire, Jullemier, Tazé, Coisnon, Hamelin Arthur, Malloire, Normand et Voiturin, conseillers municipaux, Denis, ancien conseiller municipal, Pasquet, notaire, Bourgeot, conservateur des hypothèques à Etampes, Malle, président des Vétérans, Lecesne, directeur de l’Abeille d’Etampes, Vincent, secrétaire de la mairie de Milly, Bat, receveur municipal, MM. Siroteau, président et les membres du comité commercial d’organisation de la fête.
Pendant que les trompettes de Chamarande, jouent une marche, les commissaires réunissent en groupes d’instruments les membres des différentes sociétés musicales ; puis, les exécutants sous la direction de M. Genevelle, l’habile chef de l’Union musicale de Milly, font entendre avec une vigoureuse spontanéité le morceau d’ensemble Sébastopol, pas redoublé.
La Fanfare libre d’Etampes jouent ensuite la « Marseillaise » que tout le monde écoute debout et les Vétérans de Saint-Maur font résonner tous les échos de Milly d’une vigoureuse sonnerie « Au Drapeau ».
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Discours de M. Amodru

M. Amodru a adressé d’abord à la municipalité de Milly et au comité des fêtes les félicitations qui leur étaient dues pour la remarquable organisation donnée au festival et pour le magnifique succès qui a couronné leurs efforts.
Après avoir développé l’idée que cette solennité était un juste hommage rendu à un grand art, au plus populaire de tous les arts, il a parlé des bienfaits de la musique. Puis il a montré que les Sociétés qui se sont donnés pour tâche de répandre en tous lieux et jusque dans nos campagnes les nobles productions du génie musical, se sont acquis par cela même des droits incontestables à la reconnaissance publique.
S’adressant ensuite aux fanfares qui avaient pris part au concours, il les a félicitées d’avoir exécuté avec tant de perfection le morceau d’ensemble, d’une facture pourtant compliquée et difficile, qui soulevait quelques instants auparavant les applaudissements unanimes de l’assistance et il a ajouté :
« Pour arriver à ce résultat, vous avez dû, messieurs les Musiciens, vous plier à une discipline rigoureuse, quoique volontairement acceptée, mettre en commun vos talents et votre savoir, unifier vos efforts et vos bonnes volontés.
« Solidarité et coordination des forces, telle est aussi la règle à suivre pour toutes les Sociétés humaines et particulièrement pour cette grande fédération de Sociétés qui est la nation elle-même. Dans la collectivité nationale, en effet, tout comme dans une fanfare, tout comme dans une Société musicale, chacun a sa partie à faire, son devoir à remplir en vue du bien général.
« L’union, la discipline, le bon accord, dont vous faites preuve, messieurs les Musiciens, donne à votre œuvre la valeur d’une œuvre éminemment civique, éminemment patriotique.
« Persévérez dans cette voie, messieurs, et que votre exemple soit de plus en plus suivi.
« Ne craignez pas de multiplier le nombre de vos pupilles. Attirez vers vous les jeunes gens, les enfants de nos écoles. Apprenez-leur de bonne heure à pratiquer les vertus qui font vos Sociétés prospères et qui sont : l’obéissance à une règle nécessaire, l’amour de ce qui est bien, de ce qui est beau, de ce qui est vrai, de ce qui est grand, de ce qui est honnête, car ces vertus sont précisément celles qui font les bons citoyens.
« Ne vous lassez pas de répandre autour de vous ces principes fortifiants.
« Considérez enfin vos bannières, comme les fanions d’une grande armée, groupée autour d’une autre bannière qui flottent plus brillamment encore et plus haut dans les airs, notre glorieux drapeau tricolore.
« Et ainsi Messieurs, en faisant de bons musiciens vous contribuerez à faire de bons citoyens. Vous servirez de la sorte très utilement la France et la République ».
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De longs applaudissements prouvent à notre député combien est apprécié le soin qu’il a toujours de faire appel à l’union des citoyens, et de montrer le drapeau en toutes occasions comme le signe du ralliement des Français.
La sonnerie « Aux chants » retentit, puissamment entonnée par les clairons de Saint-Maur, puis il est procédé à la distribution des récompenses dont voici le palmarès.


Société de trompettes.
1ère division, 1ère section. – 1er prix : La Fraternelle de Chamarande, M. Lambert, Chef. Palme de vermeil offerte par M. Amodru, Député, et médaille offerte par M. Delpy, agent voyer.
Prix de défilé attribué à M. Lambert, Chef des trompettes de Chamarande. Médaille offerte par M. Darbonne, adjoint.

Tambours et clairons.
2ème division. – 1er prix : Les Vétérans de Saint-Maur, directeur, M. Le Marchand. Couronne de vermeil offerte par M. Bédu, Maire de Milly et médaille de vermeil offerte par M. Voiturin, conseiller municipal.
Division spéciale d’enfants. – Prix : Tambours de la « Fanfare libre d’Etampes », directeur, M. Pavard. Médaille de vermeil offerte par M. Darbonne.

Fanfares.
1ère division, 3ème section. Premier prix : Fanfare de Maisse, directeur, M. Rousseau. Médailles offertes par M. Legendre, conseiller général, et M. le Marquis de Ganay, maire de Courances.
Prix de direction : M. Rousseau. Médaille offerte par M. Timbert, trésorier du comité.
3ème division, 2ème section. – 1er prix : Fanfare de Malsherbes, directeur, M. Charpagne. Couronne de vermeil offerte par M. le Marquis de Ganay : Couronne par M. Malloire, conseiller municipal.
2ème division, 2ème section. – 1er prix : Union Musicale de Ballancourt, directeur, M. Mattlin. Couronne offerte par M. Sergent, conseiller d’arrondissement, et médaille offerte par la ville de Milly.
Classement. – Fanfare libre d’Etampes, directeur, M. Fousse, classé en 3ème division, 1ère section. Couronne de vermeil offerte par le Comte Osmond du Tillet, et médaille offerte par M. Coisnon, conseiller municipal.

Concours d’honneur.
1er prix : Fanfare de Malsherbes. Médaille de vermeil offerte par MM. les Sénateurs de Seine et Oise.
2ème prix : Fanfare libre d’Etampes. Médaille offerte par la ville de Milly.
A titre de souvenir du concours, une couronne de vermeil offerte par M. Jullemier, conseiller municipal, est attribuée à la fanfare de Milly, et une couronne de vermeil offerte par la ville de Milly est attribuée à la subdivision des Sapeurs Pompiers de la ville de Milly.
Concours de Direction.
1er prix : Prime de 40 fr, M. Fousse, directeur de la fanfare libre d’Etampes.
2ème prix : 25 fr., M. Charpagne, directeur de la fanfare de Malsherbes.
3ème prix : 3 fr., M. Rousseau, directeur de la fanfare de Maisse.
4ème prix : Médaille de vermeil offerte par M. Tazé, conseiller municipal, M. Mattlin, directeur de l’Union Musicale de Ballancourt.

Trompettes.
1er prix : Couronne de vermeil, offerte par M. Sergent, conseiller d’arrondissement, M. Lambert, Directeur des trompettes de Chamarande.

Tambours et clairons.
Prix : Couronne de vermeil, offerte par M. Jullemier, M. Le Marchand directeur des vétérans de Saint-Maur.
Prix : Médaille offerte par la ville de Milly, M.Pavard, chef des tambours de la fanfare libre d’Etampes.
Une médaille à titre de souvenir est offerte à M. Siroteau, président du comité d’organisation.
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Avant de lever la séance, M. Amaudru a tenu à rendre hommage à la haute impartialité des membres du jury et les a remercié du concours dévoué et désintéressé qu’ils ont bien voulu apporter à l’œuvre entreprise par le comité d’organisation.
Ainsi finit cette journée de fête qui a vu favorisée par le beau temps. Malgré l’absence de deux sociétés importantes annoncées, le programme musical fut fort intéressant, la ville joliment ornée, la fête bien organisée. Chacun s’est accordé à complimenter la municipalité, dans la personne de M. Bédu, le dévoué maire de Milly, et à son aimable adjoint M. Darbonne, la Commission de la fête, celle du concours, l’aimable M. Vincent, secrétaire de la mairie en tête, avec ses zélés commissaires, MM. Brisset, Roux, Pichot, Longuet, André Tremblay et Emile Gallet.
Le soir, tout Milly était sur le cours Saint Pierre, sur le Boulevard du Nord, dont on admirait la féerique décoration ; dans les bals Duché et Lévêsque où l’on a dansé toute la nuit ; dans le cirque Romarin.
Et pendant deux jours encore, la fête a battu son plein, clôturée seulement le mardi à 11 heures du soir par un orage qui a déversé sur les promeneurs, hâtant leur départ, des torrents de pluie.
La Saint Pierre et le concours musical de 1905 resteront au nombre des anniversaires les plus animés de la vie municipale de la ville de Milly.

samedi 27 septembre 2008

Inauguration de l'Hôtel des Postes de Milly-la-Forêt

M. Darbonne, Maire de Milly-la-Forêt et le Conseil Municipal recevaient le samedi 24 Décembre 1960 à 15 heures, les différentes personnalités venues leur rendre visite pour l’inauguration du nouvel Hôtel des Postes.

RECEPTION A L’HOTEL DE VILLE

Avant de se rendre en cortège jusqu’au nouveau bâtiment, les personnalités se retrouvèrent dans le hall de l’Hôtel-de-Ville. Nous pouvions reconnaître avec plaisir, M. Joder, Inspecteur Général à la Direction des postes et télécommunications, accompagné de M. Pacheux, Directeur Départemental des services des Bâtiments des Postes, M. Congin, Inspecteur principal à la Direction régionale des services postaux, M. Gabriel, Sous-Préfet de Corbeil-Essonnes, représentant M. le Préfet, M. Bonnefous, Sénateur, ancien Ministre, qui fut l’instigateur du projet de ce nouveau bâtiment, lorsqu’il détenait le portefeuille des P.T.T., M. Boscher, député de la circonscription, M. De Ganay, Conseiller Général du canton de Milly…

A 15 heures, les personnalités se rendirent en cortège jusqu’aux nouveaux bâtiments.

VISITE DES NOUVEAUX LOCAUX

Mme Pouthier, receveuse du bureau de Milly avait mis tout son personnel sur pied pour la réception. C’est elle-même qui accueillit les personnalités et leur fit visiter les différents locaux.

M. Joder et M. Bonnefous s’attardèrent longuement à contempler les dernières perfections de la technique… Table à plateau de caoutchouc permettant d’éviter l’humidité, sélectionneur mécanique, éclairage indirect et compensé, etc…

LE VIN D’HONNEUR

Après la visite, les différentes personnalités retournèrent à l’Hôtel-de-Ville pour assister au vin d’honneur qu’offrait la Municipalité. Différentes allocutions furent prononcées par M. Darbonne, Maire, M. Joder, représentant du Ministre, M. Bonnefous, qui est à la base de cette réalisation, fut longuement remercié.


Récit de l'innauguration dans
le Républicain du 28/12/1960

Avant cette date le bureau de Poste se trouvait au 42 de la Grande Rue.


Arrivée de la "Patache à Perrot" devant l'ancien bureau de Poste

lundi 22 septembre 2008

Le château de Milly-la-Forêt

Le château de MIlly fut détruit par les Anglais lors du siège de 1432. Reconstruit par l’amiral de Graville à la fin du XVe siècle, il a conservé néanmoins des parties très anciennes. Le donjon central comporte deux grosses tours du Moyen-Age transformées au XVe siècle.

On y voit encore l’emplacement de la herse et du pont-levis. Les tours étaient couronnées autrefois de créneaux et de toitures élancées. A gauche se trouve une salle voûtée, ogivale, à pilier central, du XIIe siècles. C’est l’ancienne salle des gardes. A droite, sont les appartements de l’amiral de Graville, où Louis XI séjourna à différentes reprises. On y voit de belles tapisseries et de nombreux meubles de l’époque. Dans les salles basses se trouvent de belles plaques de cheminée. Anciennement, le château était bien plus important qu’aujourd’hui. L’amiral de Graville fit une transformation complète du château-fort construit par les puissants seigneurs de Milly, dès le début du XIIe siècle.


Autrefois, le pont n’existait pas. Sur le terre-plein actuel s’élevait un vaste bâtiment à droite, défendu par deux tours fortifiées également entourées d’eau ; à gauche, se trouvaient le logement du Gouverneur (aujourd’hui maison Bombois), puis les communs (ancienne gendarmerie).

Le château lui-même était défendu par les fossés qu’on voit encore. Au sud, se trouvait une vaste cour d’honneur, ceinte de hautes murailles avec tours de défense, pont-levis, etc. Au centre de cette cour se dressait une chapelle, dite « Saint-Valentin ». Elle fut, plus tard, démolie. Une des tours du côté de la rivière fut alors aménagée en chapelle. Derrière s’étendait de magnifiques parterres agrémentés de canaux.

Le château de Milly fut possédé par Hugues de Bouville, Olivier de Clisson, Jean de Monmorency, d’Averton de Belin, le Président Perrault, Beaupoil de Saint-Aulaire, marquis de Lanmary, du Lau d’Allemans.



Le châteu vu du parc vers 1960.


Le chemin de ronde


La salle des gardes


La salle à manger
Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

dimanche 31 août 2008

Exposition "la guerre de 1870 dans le canton de Milly-la-Forêt

L’Association « Dannemois se raconte » présentera les samedis 20 et 27 ansi que les dimanches 21 et 28 septembre une très belle exposition relatant la guerre de 1870 dans le canton de Milly-la- Forêt.
L’exposition se tiendra de 10 h à 18 heures à la salle JP Cayot de Dannemois.

Voici un rapide résumé des principaux faits.

Si vous transitez par la route 448, vous pouvez voir, à l’intersection de la voie qui mène à Dannemois, un petit monument.
Celui-ci, a été érigé en 1872, en l’honneur des francs-tireurs de Paris-Châteaudun, qui livrèrent en septembre 1870, de vaillants combats contre les envahisseurs allemands dans les alentours de Dannemois, et près des roches de Montignotte, à Milly-la-Forêt.
Le récit de cette bataille a été consigné par le lieutenant-colonel Ledeuil qui commandait les francs-tireurs, de Paris-Châteaudun. En voici les faits.
Nous sommes au début du mois de septembre 1870. La ville fortifiée de Sedan vient d’être prise, consommant la défaite d’une partie de l’armée française, Louis-Napoléon Bonaparte est prisonnier des Allemands. Le 4 septembre, sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée, la 3e République est proclamée et le général Trochu proclamé président. Il doit être le militaire sous l’autorité et l'instigation de laquelle le peuple de France est appelé à continuer la lutte contre l’envahisseur prussien.
L’ambiance générale est à la résistance et au patriotisme. Victor Hugo, de retour de son exil de l’île de Guernesey, déclare : « Paris va terrifier le monde. On va voir comment Paris sait mourir. Le Panthéon se demande comment il fera pour recevoir tout ce peuple qui va avoir droit à son dôme ! ».
Parole de circonstances, car l’ennemi approche de la capitale, et le 18 septembre, deux de ses armées y arrivent, l’une par le sud, l’autre par le nord.
C’est le même jour que les francs-tireurs de Paris, après avoir essuyé quelques escarmouches près de Melun, s’installent dans la région de Milly. Il y a là près de 900 hommes qui ne peuvent tous trouver refuge dans la petite cité milliacoise. Aussi, la 6e compagnie de ce bataillon est-elle détachée à Courances, la 7e à Moigny, et la 8e à Dannemois.
A Dannemois, le 18 septembre c’est le jour de la fête patronale... mais l’ambiance n’est pas à la kermesse. Les francs-tireurs sont là, c’est donc le signe que l’ennemi n’est pas loin. Déjà, un petit groupe de la Garde nationale, composé de 25 civils, est posté aux confins de la commune. Celle-ci, pour sa défense, peut également compter sur les 83 hommes de la compagnie des francs-tireurs que commande le capitaine Bonnet.
Les francs-tireurs ne font pas partie des troupes régulières. Ils sont en quelque sorte des partisans. De ce fait, leur équipement est rudimentaire, et leur expérience du feu inexistante.
La bataille s’engage rapidement. Malgré le nombre imposant de leurs adversaires, les Français résistent bien. Le combat coûte la vie à un colonel prussien, le conte Von Horn, et à son capitaine d’ordonnance. Malheureusement pour les défenseurs, ils sont contraints à la retraite et le village de Dannemois est investi.
Les vainqueurs réclament le maire. Celui-ci M. Bocquet s’avance dignement. Il est frappé en se voyant reprocher la défense acharnée fournie par ses administrés.
Pendant ce temps, le gros du bataillon des francs-tireurs s’apprête à quitter Milly. Il ne reste plus dans la cité que l’arrière-garde avec le convoi de poudre.
Apprenant que les hussards et les uhlans ennemis arrivent, les sergents Duchamps et Very désignent un détachement d’une trentaine d’hommes avec pour mission de contenir les Allemands jusqu'à ce que le bataillon fasse demi-tour pour leur porter secours.
Le petit groupe de Français fait face pendant une demi-heure, résistant à de nombreux cavaliers, fantassins et artilleurs adverses, avant que ne surviennent les renforts qui mettent les Prussiens en fuite. Plus tard, la colonne libératrice fonce pour libérer Dannemois, et retrouve les 2 groupes de la 8e compagnie, qui s’étaient dispersés le long de l’Ecole et dans les sous-bois à proximité de Courances.
Au terme de cette bataille, le conseil municipal de Dannemois rédigea un rapport, destiné au préfet de Seine-et-Oise, dans lequel on peut lire que les Allemands auraient eu 200 tués contre 20 dans le camp français.
Le 26 septembre, un petit groupe de francs-tireurs auxquels s’étaient joints des patriotes de la Garde nationale, attaquèrent à proximité de la Montignote, un escadron de hussards de la mort qui revenait d’une réquisition de pain, vin, viandes etc., à Milly. Victorieux, les Français restituèrent ensuite ce butin au maire de Soisy-sur-Ecole.
Après leurs exploits de Milly et Dannemois, les francs-tireurs s’illustrèrent dans d’autres cités, notamment en Beauce, où ils acquirent le titre complet de « francs-tireurs de Paris-Châteaudun ».
Le 1er décembre, l’autorité militaire prussienne représenté à Corbeil par le Général Von Goltz, exige une rançon de guerre de 50 000 Francs, puis ramené à 20 000 Francs par suite de la démarche des élus de Milly, en échange d’habitants emmenés prisonniers comme otages à la suite des attaques faites dans la région. Une souscription est faite à titre de prêt à la ville chez les habitants et l’on a recueilli 10 040 Francs.
Le 11 Décembre, le Général Von Goltz réitère sa demande afin que soit payé le solde de la rançon. Monsieur Deshayes, habitant Corbeil prête 10 000 Francs à la commune et n’en demandera le remboursement qu’après la guerre.
En 1871, ce sont les Bavarois qui occupent Milly. Une « kommandatur » fonctionne au Château de la Bonde où sont délivrés les laissez-passer pour le ravitaillement de la commune.

La guerre finie on voulut honorer le souvenir des francs-tireurs qui se distinguèrent au cours de ces combats. Aussi, décida-t-on d'édifier un monument sur le territoire de la commune de Dannemois.
C’est en 1872 qu’on posa la première pierre en présence de MM. Carnot, et Tramoni, sous-préfet d’Etampes. Il y avait près de 1500 personnes.
Le cortège officiel partit de la mairie, précédé par la société musicale de Milly et par les élèves de l’institution de M. Champion, de Milly. La première pierre recouverte d’un drapeau tricolore fut dévoilée pour être prête à accueillir le monument que devait graver plus tard M. Dabon.
M. Carnot prononça un discours très émouvant, dans lequel il rendit un vibrant hommage aux francs-tireurs, combattants irréguliers mais combattants à part entière, au patriotisme fervent et il conclut son discours en disant : « la petite commune de Dannemois aura sa place dans notre histoire nationale... ».

vendredi 29 août 2008

L’Hôtel-Dieu de Milly la Forêt

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Sur l’emplacement des jardins, devant l’Hôtel de Ville, s’élevait, en bordure de la rue, l’ancien Hôtel-Dieu Saint-Nicolas, encore dans la mémoire de tous les Milliacois.

L’Hôtel-Dieu de Milly, ou Hôpital Saint-Nicolas, était de formation fort ancienne ; il aurait été établi par la reine Bathilde, fondatrice du Couvent de Chelles. Notons qu’en 1750, l’Hôtel-Dieu de Milly payait encore à l’Abbaye de Chelles un droit de relief ; cette abbaye possédait plusieurs privilèges qui remontaient à cette reine Bathilde. Ce fait est curieux à noter et prouverait en tous cas l’origine ancienne de l’Hôtel-Dieu de Milly. Ajoutons encore que la reine Bathilde avait décidé de la vocation de Saint-Wulfran, seigneur de Milly au VIIIème siècle.

Les revenus de l’Hôpital furent notablement augmentés lorsque Louis XIV réunit à l’Hôtel-Dieu de Milly, les Maladreries de Saint-Blaise de Milly et de Larchant (Seine-et-Marne).

Marc de Saint-Aulaire réorganisa l’Hôpital en 1737 et lui donna un règlement. Avant sa reconstruction en 1759, l’Hôtel-Dieu comprenait un grand corps de bâtiment qui n’était pas achevé. Il y avait une vieille chapelle dont le sanctuaire était vouté en pierre. Les croisées étaient « curieuses par leurs formes et leurs peintures de vitraux ». Ce fut grâce aux legs de M. Langlois que la reconstruction fut faite en 1709. Le Baron de Milly fit don de 500 livres et de la cloche de Saint-Eloy. Cette cloche est maintenant au-dessus de la porte de l’Ecole des Filles.

En 1792, les biens de l’Hôtel-Dieu furent confisqués. Napoléon restitua une partie des ressources en 1807, notamment des terres dans l’arrondissement de Pontoise, en 1811.

La chapelle et les deux autres salles furent converties en mairie en 1804. Enfin, en 1872, l’Hôtel-Dieu fut remplacé par un Bureau de Bienfaisance.

De tous temps, on soignait les malades et instruisait les jeunes filles. L’Hôpital ne comprenait plus que six lits en 1787. Les bienfaiteurs étaient inhumés dans la chapelle.
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Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

dimanche 17 août 2008

Médailles de Milly la Forêt

Voici quelques médailles de Milly la Forêt. Si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à m'en faire part !

La Place du marché et les Halles de Milly la Forêt

On a peine à s’imaginer, en voyant cette longue place déserte, la vie active qui s’y déroulait avant le détournement de la grande route de Paris à Lyon, quand cette importante voie de communication traversait Milly. Alors, sur cette place, chaises de poste, lourds carrosses, courriers, cavaliers et piétons innombrables, ne cessaient de passer depuis les premières heures du jour jusqu’au crépuscule. Le soir, on se hâtait de gagner Milly à cause des brigands qui pillaient les voitures et rançonnaient les voyageurs dans les bois des environs. Quelle vie, à la nuit, lorsque tous les voyageurs arrivaient à Milly pour le « gîte », remplissaient la place et se répandaient dans les auberges de la ville.

Le jeudi, jour du Marché, qui autrefois, était le plus important de la région, la place était trop petite pour contenir tous les marchands dont les étalages débordaient dans les rues voisines.

La halle existe encore à peu près telle qu’elle était il y a quatre cents ans. Elle est remarquable par ses proportions. Sa charpente en bois de châtaigniers, qui, dit-on « éloigne les araignées ».

Elle comporte onze travées formant douze fermes ; la toiture est supportée par 48 piliers reposant sur des dés de pierre. Elle mesure 46 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur. Sa hauteur est de 13 mètres. En 1924, elle a été classée Monument Historique.

La halle fut construite en 1479 par l’amiral de Graville. La charte de fondation est encore conservée aux archives de Milly.

Derrière la halle se trouve l’Hôtel du Lion d’Or, aujourd’hui Hostellerie Henri VI. L’origine du Lion d’Or est fort reculée. Cet hôtel se trouvait anciennement au centre de la place, en face de la rue Paul-Houdin, où est actuellement la graineterie du Centre. Tous les milliacois se souviennent encore de cette ancienne maison avec tourelle et balcon à balustrade de bois desservant le premier étage. Henri IV descendit plusieurs fois à l’Hôtel du Lion d’Or. On montrait encore, il y a une cinquantaine d’année, la chambre où coucha le Roi Galant.

Vis-à-vis du « Lion d’Or » actuel se trouve l’ »Hôtel des 4 vents » ainsi nommé parce que ses façades se trouvent aux quatre points cardinaux et qu’il se trouve à un croisement de rues figurant des directions. La famille Blavet fut pendant longtemps propriétaire de cette auberge.

A gauche se trouve « L’Hôtel du Cygne », autrefois « Hôtel du Signe de la Croix », qui avait une enseigne représentant un cygne portant une croix.


A l’extrémité sud se trouve l’ »Hôtel des Anges » supprimé vers 1885, et dont l’enseigne, d’après Marquis, représentait des chérubins berçants un voyageur qui était « aux anges »… En 1670, un Jean Charlot était « maître des Anges ».

Au numéro 51, à l’endroit de l’épicerie Louveau, était l’auberge du « Mouton » qui exista jusqu’en 1580 environ.

Anciennement, il y avait une croix au milieu de la place : en octobre 1790, on fit la démolition d’un massif qui « était autrefois une croix ».

Il y avait un puits sur la droite.

En face de l’hôtel du Cygne se trouvait l’auberge de l’ »Ane Vert », supprimée vers 1820. Un nommé Legrand était aubergiste à l’ »Ane Vert », en 1779.

L’auberge de l’ »Ordinaire », en dernier lieu rue Saint-Blaise, se trouvait autrefois sur la place du Marché.

On voyait également sur cette place l’Auberge des Petits Carreaux.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mercredi 9 juillet 2008

La " Commune Libre de Milly " à la Mi-Carème 1925

La Commune libre de Milly a profité de la Mi-Carême pour effectuer sa première sortie. Dimanche dernier, malgré le temps incertain, bien des habitants des communes voisines vinrent à Milly pour voir la « nouvelle municipalité » !…

Dès 2 h 30, il y avait foule devant le Café de la Renaissance (siège de la « Mairie Libre »). Un magnifique bœuf devait participer au défilé ; bien propre et les cornes dorées, il était conduit au lieu de rendez-vous, lorsqu’arrivé Place Grammont, - sans doute effrayé par les cris des gamins qui le suivaient, - il fit une charge sur la place, soufflant furieusement ! Contrairement aux courses de taureaux, c’était le bouvier qui poursuivait la bête !… Enfin, on put l’arrêter, mais comme le bœuf paraissait avoir des idées combatives, il fut directement mené à l’abattoir.

Après cet intermède non prévu au programme, la neige se mit à tomber, ce qui fit que beaucoup de jeunes filles ne voulurent plus se joindre au cortège, craignant les fluxions de poitrine !

A 4 heures, le garde-champêtre (à cheval !) fit placer les figurants et le défilé commença par la Place du Marché.

M. Boileau, l’appariteur ouvrait la marche.

On voyait d’abord trois cavaliers, un picador, un paysan et un gentleman à jabot. Puis venait la bannière de la commune libre, portée par un clown multicolore. Le porte-bannière était escorté par un tout jeune garde-champêtre, en blouse bleue et un petit pierrot blanc. Puis trois jeunes filles magnifiquement travesties et un grand pierrot.

Sous la direction du chef «bigophoniste » « D. Cramponné », à la barbe grise, la « fanfare de la commune libre » exécutait les derniers airs à la mode dans des bigophones aux formes diverses. Tous merveilleusement grimés, ils avaient sur le sommet du crâne, un minuscule chapeau plat et étaient tous vêtus d’une redingote dont la boutonnière s’ornait d’une grosse fleur en papier.

Ensuite, l’air terrible, comme il convient, s’avançait le garde-champêtre de la « commune libre » ; coiffé du vaste chapeau classique. Blouse bleue, une énorme canne en bandoulière, guêtré, il obtint un gros succès, grâce à son accoutrement et surtout à son maquillage.

Le maire et l’adjoint (en habits, chapeaux haut de forme !) étaient en voiture… comme il convient ! Le landau (une petite voiture de promenade), décoré de verdure et de fleurs, était conduit par un cocher barbu, bien grimé, pas reconnaissable et était traîné par… un âne !

Derrière s’avançait gravement un médecin de l’ancien temps, haut chapeau pointu, longue robe noire, de grands cheveux blancs tombant sur ses épaules et mesurant au moins deux mètres. Sous le bras, il tenait la grosse seringue, insigne de ses fonctions.

On voyait aussi le « Pompier » de la commune, au nez bourgeonnant, coiffé d’un haut casque à chenille avec un immense sabre et un jockey moderne, traînant un petit cheval à roulettes !

Deux cavaliers fermaient la marche : un fringant chasseur et un hussard.

Derrière le cortège, deux travestis, un vieux et une vieille, tous deux bien grimés et habillés scrupuleusement comme il y a une cinquantaine d’années, eurent un beau succès également et firent beaucoup rire.

Le défilé de la « commune libre » se fit au milieu d’une foule compacte, avec arrêts pour les discours qui furent prononcés par le garde-champêtre, le maire et l’adjoint et naturellement arrosés, selon le règlement de la nouvelle commune.

M. Fournillon, cafetier à la Renaissance, avait organisé dans sa salle de spectacle, entièrement remise à neuf – un beau bal avec un orchestre jazz-band de Melun. Les musiciens étaient tous des artistes et leur musique fut fort appréciée.

La salle était bien décorée et brillamment illuminée. Inutile de dire qu’il y avait foule et que la salle était bien des fois trop petite pour contenir tous les danseurs et spectateurs dont beaucoup ne purent entrer.

La commune libre de Milly ne pouvait pas faire autrement que d’assister à cette belle fête et d’y faire une entrée sensationnelle, musique en tête. Cette entrée fut véritablement le « clou » de la soirée.

Il y a longtemps qu’on n’avait vu à Milly d’aussi beaux travestis. Il serait trop long de vouloir les citer tous. Notons quelques beaux costumes (avec probablement bien des oublis !).

La reine du bal était incontestablement une odalisque, mousseline azur, à la large ceinture d’or, comme les chaussures, parée du diadème et de tous les bijoux mauresques. On voyait aussi une autre odalisque, soie blanche à ceinture bleue.

Une hindoue, bronzée, au costume très original et d’un très bel effet ; une petite étoile rose et une charmante marchande de fleurs, vendant d’authentiques bouquets de violettes ; une bayadère et une persane ; un couple directoire aux chapeaux bien connus et une folie à la coiffure cornue ; une japonaise au costume très exact et une magicienne satin noir avec garniture marabout blanc ; une incroyable satin mauve, d’un joli effet ; un médecin-magicien, très bien réussi, satin noir ; un pompier, armé, casqué et botté ; un toréador, satin rouge ; une femme arabe, soie rouge et vert ; une sultane ; un « zéphir » orange ; un page Henri III ; un chinois.

Un commerçant bien connu à Milly (comme à Etampes), fit successivement trois apparitions ; en apache, puis en turc, puis vers 2 heures du matin, en caleçon, bougeoir en main. Il obtint un succès monstre.

Et les « musiciens » de la commune libre, qui ne cessèrent de tourner jusqu’au petit jour, furent les boute-en-train du bal.

N’oublions pas le maire et l’adjoint de la commune libre, en habit et haut de forme et surtout le principal personnage de la fête : « le garde-champêtre ! » sévère et grognant à souhait, amusant d’un bout à l’autre de la soirée.

On voyait aussi un petit garde-champêtre en bonnet blanc avec un immense col à pointes ; un petit pierrot à motifs rouges.
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Afin que le classement des lauréats se fit en tout impartialité, on demanda aux musiciens de former le jury. Tous les costumés ont défilé deux par deux. Bigophonistes en tête. Après délibération, le chef de musique a donné lecture du palmarès :

Prix d’honneur, M. le maire (noblesse oblige) ; 2ème prix d’honneur, les Bigophonistes ; prix d’excellence : M. l’adjoint.

1er prix : Odalisque bleue ; 2è : Etoile rose ; 3ème : Hindoue jaune ; 4ème : Magicien-médecin ; 5ème : Incroyable ; 6ème : Mme Chrysanthème ; 7ème : Marchande de violettes ; 8ème : Toréador ; 9ème : Bayadère ; 10ème : Persane ; 11ème : Magicienne noire ; 12ème : L’Eté ; 13ème : Directoire vert-jaune ; 14ème : Pompier ; 15ème : Directoire, taffetas blanc ; 16ème : Hindoue blanche ; 17ème : Le Garde-Champêtre ; 18ème : le petit garde-champêtre ; 19ème : Petit Pierrot blanc ; 20ème : Jeune clown.

La « commune libre » va-t-elle s’arrêter en si bon chemin ?

On nous assure qu’un groupe de commerçants vont organiser une cavalcade (une vraie).
Après le succès de la sortie de la « commune libre », on est en droit de compter sur le retour des anciennes fêtes dont le souvenir est encore vivace.

Félicitons encore, sans réserve, les organisateurs de la petite fête de dimanche dernier et qu’ils persévèrent !
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Abeille d’Etampes du 28 mars 1925

lundi 30 juin 2008

La Cavalcade historique du 19 mai 1907 à Milly la Forêt


C’est une date qui, sûrement, deviendra historique et personne ne pourra plus affirmer que le bon roi Henri IV n’a pas fait à Milly, un jour de mai fleuri, une entrée solennelle.
C’est vraiment un beau caractère et un grand cœur que ce monarque qui disait qu’un « sage roy est comme un habile apothicaire qui des plus méchants poisons compose d’excellents antidotes. » Son historien, Hardoin de Pérétix qui rapporte ce propos, ajoutait : « Par-dessus toutes ses grandes qualités excellait la tendresse indicible, l’amour qu’il avait pour son peuple. Il n’avait point de plus forte passion que de le soulager, que de le faire vivre en paix et à son aise ; il n’avait point de discours plus ordinaire à la bouche que celui-là. On voit une infinité de ses lettres au gouverneur des provinces, à son surintendant, à ses parlements dans lesquelles il dit « Ayez soin de mon peuple, ce sont mes enfants ». Et d’autres paroles semblables pleines d’ardeur et de bonté cordiales et paternelles.
Quelques lignes plus loin, il cite cette réplique au Duc de Savoye qui lui demandait ce que la France lui valait : « Elle me vaut ce que je veux, parce qu’ayant le cœur de mon peuple j’en auray ce que je voudrais. Et si Dieu me donne encore la vie je feray qu’il n’y aura point de laboureur en mon royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot ».
C’est en 1602 environ, il y a plus de 300 ans que date ce propos et ce sont ces sentiments de bonté envers les petits et les faibles qui ont conservé à travers les années cette popularité du Roi Henri IV qui se fait encore dans le pays de France.C’est ce souvenir qui était le sujet de la jolie cavalcade annoncée et que les cartes postales dues aux objectifs de M. Ch. Langlais ou de M. Félix avaient déjà popularisée pendant la semaine qui a précédé.
Dimanche enfin, après plus de deux mois de travail incessant et de démarches sans nombre, la Commission du Comité Commercial des fêtes de Milly a pu prouver l’intelligente vitalité de ce comité, son dévouement et sa bonne direction. L’organisation du cortège était parfaite et dépassa de beaucoup tout ce que l’on pouvait espérer. On pouvait craindre que de si beaux préparatifs, tant de peines et de dépenses fussent compromis par la pluie ; heureusement le temps fut moins maussade et se montra plus clément que les jours précédents. Une quantité considérable d’étrangers étaient venus de tous côtés ; chaque famille avait un ou plusieurs invités et l’on nous dit n’avoir jamais vu autant de monde à Milly. On estime en effet que pendant le défilé, 3 000 personnes circulaient dans les rues et que pendant les danses exécutées sur la place du Marché, 2 500 spectateurs s’y pressaient.A deux heures, répondant aux appels des trompettes les divers éléments devant faire partie de la cavalcade s’assemblaient Faubourg Saint Jacques dans l’ordre établi par le Comité d’organisation. Ce n’était pas une petite affaire que de placer figurants, figurantes, chevaux, bœufs, voitures, chars, etc... ; réunis en cette endroit ; les membres du Comité s’y employèrent avec une inlassable attention ; à l’heure fixée l’expert président, M. Seguin, pouvait dire : « Tout va bien » et donner le signal du départ.
En tête venait deux héraults MM. Godin et Chanet, et le porte étendard, M. Durançon qui tenait fièrement la bannière blanche fleur de lysée du bon roi Henri ; trompettes, tambours, et gardes à pied faisaient l’escorte immédiate du cortège royal. Henri IV était représenté par M. Gibert ; puis venait Sully (M. Bertrand) et un groupe de seigneurs représentés par MM. Berthelot, Ricordeau, Mathias et Crenier.
C’était un tout jeune Henri IV qui nous était présenté. – barbe noire bien fournie, coiffé du grand feutre noir relevé devant, par le légendaire panache blanc ; près du cour la collerette gaufrée, sur le pourpoint de velours noir avec le maillot gris perle. Il avait tout à fait bon air sous ce costume, le sosie du roi poète, et il a su se montrer à la hauteur de son rôle dans cette solennelle journée.
Le fidèle ministre Sully, portait la toque brune et le pourpoint de velours cramoisi.
Encadré par un peloton de gardes à cheval, venait le carrosse de la reine – un carrosse historique, nous assure-t-on, sortant d’un musée – et attelé de quatre chevaux noirs, superbes et appareillés à souhait, que MM. Boudineau et Rivière conduisaient ; la très gracieuse Mlle Lucienne Bast y trônait, revêtue d’un manteau d’hermine et portant fièrement la couronne royale plantée en ses blonds cheveux ; deux charmantes demoiselles d’honneur, Mlles M. Broc, en toilette bleue et Emilie Goassens, en rose, lui tenait compagnie. Deux valets de pieds, fiers dans leur jolie livrée de satin vert, se tenaient à l’arrière du carrosse, qu’accompagnait sur un fringant poney blanc, un piqueur, le jeune Henri Moreau.

Quelques cavaliers encore, et voici que s’avance à l’allure lente et majestueuse de quatre magnifiques bœufs blancs, le char du Château. Au sommet, la façade peinte sur toile de la vieille citadelle, sa porte principale flanquée des deux tours, les côtés figurant murailles et tourelles, devant, les armes de la ville. En dans l’intérieur sur des bancs en gradins, la fanfare de Milly, dirigée par son très aimable et excellent chef, M.Timbert, et qui, malgré les cahots de la marche à travers les rues larges ou resserrées de la ville, a exécuté avec ensemble et beaucoup d’entrain des pas de marche, des danses, de jolies fantaisies qui redoublaient la gaité de la foule. Cette Société possède d’excellents éléments, et elle a droit à la gratitude des organisateurs et du public pour le dévouement dont elle a fait preuve dans cette agréable journée.
A l’arrivée sur la place de l’Hôtel-de-Ville, la cavalcade vient se ranger devant un grand praticable construit sur le perron de la mairie où très aimablement M.Bédu, Maire, vint offrir son bras à Marguerite de Valois, et la conduisit dans la salle des séances, suivie du roi et de son ministre, de MM.Seguin et Baffoy, président et vice-président du Comité Commercial des fêtes conduisant les demoiselles d’honneur. Dans la salle où étaient réunis encore M.Darbonne, adjoint, les membres du Conseil municipal, les membres du Comités commercial et les commissaires de la fête. M.Séguin, présentait la reine, ses demoiselles d’honneur, puis Henri IV et Sully, qui tous firent honneur au champagne offert par la municipalité.
Dehors, la foule s’amassait de plus en plus sur la place et dans les rues avoisinantes, quand, avec peine, le Char de la Danse dans lequel avaient pris place les charmantes élèves de M. Heug, impresario, avait de la peine, malgré l’habileté de MM. Daudier, Peigné et Darbonne qui le conduisaient à se frayer un passage. Dès leur arrivée, Henri IV, Marguerite et leur suite apparaissaient au balcon de l’Hôtel-de-Ville où ils étaient salués de vigoureux « Vive le Roi, vive la Reine ! » cris séditieux en jour autre qu’un jour de divertissement.
Ce fut une idée qui ne manquait pas d’originalité que l’offre de ce spectacle en plein air, offre gratuite aux citadins de la bonne ville de Milly par Henri IV à l’occasion de sa visite ; les huit dames du ballet s’employèrent de leur mieux à donner à ce divertissement chorégraphique tout le charme possible, et elles y réussirent, aidées par un petit orchestre dont malheureusement les sons avaient peine à parvenir à la foule un peu bruyante ; les applaudissements qui marquaient la fin de chaque figure de ce gentil ballet prouvèrent que tout le monde était content.
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Le divertissement terminé, les souverains remontèrent dans leur char, et la cavalcade reprit sa marche harmonieuse, non sans que l’actuel reprenant un instant ses droits, notre hymne national ait salué la sortie des personnages de la fiction et la présence des membres de la municipalité.
Le lecteur trouvera plus loin la description des chars qui suivent : il faut pourtant une mention particulière au Char des Enfants dont le dessin tout fleuri et enguirlandé n’eût pas déparé une des grandes cavalcades parisiennes. Profitons-en pour faire à M. Brisset, l’habile dessinateur, véritable artiste, notre compliment sincère de la part de tous, population, visiteurs et Comité. Les Chars de la Halle et de la Poule au Pot plus simples étaient bien dans la note et très pittoresques.
Fort amusant aussi, le charlatan et son compagnon.
Sur le parcours consciencieux de tous les quartiers de la petite ville, la Fanfare égrenait son chapelet de mélodies et bientôt le cortège, entouré d’une foule énorme dont il émergeait à peine, les quelques instantanés pris au passage – et manquant de soleil, hélas ! – en témoignent, arriva sur la place du Marché où une estrade, une scène, dirons-nous plutôt, avait été disposée pour une seconde édition du triomphe du corps de ballet. Le roi et la reine étaient de nouveau sortis de leur char et assistaient au divertissement.

Mais il fallait bien réaliser du mieux possible les probabilités qu’eussent fait naître le séjour du roi Henri, à Milly. Il devait assurément aller rendre visite à son féal vassal, le seigneur de Milly, et reconnaître l’état de l’antique manoir.
Le roi et la reine s’en sont acquittés très gentiment. Et ils ont été accueillis de façon aussi aimable que spirituelle par M. J. Usebe, propriétaire actuel du château qui, offrant aux majestés une coupe de champagne, remplaçant le vin du Malvoisie qu’on ne trouve plus à Milly, et se prêtant avec la meilleure grâce du monde à cette innocente reconstitution, tient au roi ce petit discours :
« Sire, votre majesté se souvient peut être d’avoir été déjà reçue dans cet antique manoir par son féal sujet et vassal messire d’Averton, compte de Belin, seigneur de Milly, qui, à l’entrée triomphale de votre majesté dans Paris, en 1594, eut l’honneur de vous présenter les clefs de cette ville. Permettez à un modeste bourgeois de vous recevoir à son tour en ces vieux murs et de vider une coupe de champagne en l’honneur de sa majesté la gracieuse reine Marie de Médicis et de son brillant cortège : « Vive le Roi ! Vive la Reine ! ».
Les souverains et les demoiselles d’honneur, ainsi que le Comité firent honneur à ce toast, et reconnaissants de si charmants procédés à leur égard, remercièrent l’aimable châtelain, et reprirent leur place dans la cavalcade.
Bientôt, elle se retrouvait encore sur la place où se fit cette fois vivement et sans désordre la dislocation finale.

Cette longue description nous dispense de faire de nouveau l’éloge des organisateurs. Pas un accident, pas un incident désagréable ; un cortège toujours bien uni et bien conduit : c’est ce qui se voit rarement, et le mérite en revient au président, M. Séguin , à M. Baffoy, vice-président, et à chacun des membres du comité.
Une mention particulière est bien due aux deux frères Normand, qui, en habiles bouviers, ont de leur pointe légère dirigée de façon magistrale leurs quatre bœufs et le lourd char qu’ils traînaient à travers les rues et carrefours ; c’était une rude épreuve dont ils se sont tirés à leur honneur.
Nous aurions encore plus d’un éloge à ajouter, mais la place nous manque, et nous terminerons ce compte-rendu par un remerciement, celui-là adressé à la municipalité bienveillante de Milly, à son maire personnellement, dont l’intervention a valu à la ville pendant toute la soirée l’éclairage de tous nos becs de gaz, pour lequel la Compagnie avait demandé une assez forte somme.
A chacun le sien, comme dit l’autre. Et à tous un au revoir !


Le Comité a mis en venteau prix de 10 cent. Un carnet-programme donnant l’itinéraire de la cavalcade et tous renseignements utiles. Ce programme sera vendu sur la fête, nous en rééditons pourtant les points principaux.
A une heure, formation du cortège, faubourg Saint-Jacques. – Départ à 2 heures précises.

Ordre de la Cavalcade :
Héraults d’armes à cheval. – Porte-Etendard à cheval. – Trompettes. – Tambours. – Gardes du Roi, à pied. – Gardes ru Roi, à cheval.
LE ROI HENRI IV. – Le Duc de Sully, son ministre. – Seigneurs.
CARROSSE DE LA REINE. – Demoiselle d’honneur. – (Ce carrosse authentique provient d’un Musée historique). – Gardes de la Reine à cheval.
CHAR DU CHATEAU. Ce char supporte unr réduction du château de Milly. Il est monté par l’ « Union Musicale », sous la direction de M. Timbert. – Arquebusiers.
CHAR DE LA DANSE. – (Danseuses des théatres de Paris). – Chevaliers.
CHAR DES ENFANTS. – (Fée aux enfants, enfants costumés). Hallebardiers.
CHAR DU MARCHE. – (La Halle de Milly en 1600 et ses vendeuses. Vente de billets de Tombola et marchandises diverses. – Chevaliers.
CHAR DE LA POULE AU POT. – (En souvenir des souhaits de Henri IV à ses sujets). – Arquebusiers.
CHAR DU SORCIER. – Chevaliers.
(Les dessins et la décoration des Chars sont dûs au pinceau de M. Brisset).
Réception du Roi Henri IV et de la Reine par la Municipalité, à la Mairie.
Danses anciennes exécutées par des danseuses des théatres de Paris.
Le soir à 9 heures, sous la halle, Bal à grand orchestre. – Prix d’entrée : Cavaliers, 1 franc. – Dames, 0 fr. 50.

L'Abeille d'Etampes

lundi 23 juin 2008

Rue des Trois-Môles à Milly la Forêt

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Ainsi nommée à cause de l’ancienne auberge des Trois-Môles, en face de cette rue, dans la rue Farnault. Elle est parallèle à la Grande-Rue. On y voit de vieilles maisons. Elle s’appelait autrefois rue aux Fumiers Juifs. Puis, rue aux Juifs. Sur un plan de 1840, elle est nommée «la ruelle aux Fumiers ».

Là était anciennement le quartier juif. Les Juifs étaient très nombreux à Milly au Moyen-Age. Ils détenaient tout le commerce et furent les principaux artisans du développement de Milly au point de vue commercial.

La ville s’élevait au Moyen-Age dans la plaine de Saint-Pierre et c’est à l’Est que les Juifs avaient groupé leurs habitations, car ils étaient tenus de bâtir leurs maisons dans un lieu séparé.

C’est après le siège de 1371, où Milly fut en partie détruit, que les habitants édifièrent le Milly actuel autour du quartier juif.

Marquis rapporte qu’une maison sise au coin de la rue Saint-Jacques et de la rue aux Juifs passe pour avoir été la synagogue ! En réalité, il s’agit d’une très ancienne cave, comme celle qui existe sous une grange de l’autre côté de la rue, beaucoup plus intéressante au point de vue archéologique. C’est une cave romane, à dîmes ? Ou peut être même à tisserand ?

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

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dimanche 15 juin 2008

Cartes postales de Milly-la-Forêt

Trois nouvelles cartes de Milly viennent de paraître.


Le Château de la Bonde. Aquarelle de Daniel GACHOT
(Contactez moi si cette carte vous intéresse)


Chapelle Saint-Blaise des Simples.
En vente uniquement à la Chapelle à partir de fin juin 2008.



Les Halles.
Cette carte sera en vente pour le 30e anniversaire de l’Association Philatélique et Cartophile de Milly la Forêt.

vendredi 13 juin 2008

Espace Culturel Paul BEDU de Milly-la-Forêt

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L'espace Culturel Paul BEDU, mériterait d’être mieux connu des Milliacois, il abrite une très belle collection permanente de peintures et de sculptures des XIXe et XXe siècles ainsi que des expositions temporaires d’art contemporain.

La collection permanente :

La collection Paul Bédu :

Il s’agit de dessins, d’objets d’art et de tableaux, de grands ou de petits maîtres. Ce sont souvent des formats réduits que l’on apprécie mieux dans l’atmosphère d’une demeure particulière ; c’est pourquoi la scénographie évoque le cadre de vie de Paul Bédu et recrée un appartement bourgeois du début du XXè siècle.
Si les peintures des XIXe et XXe siècles forment le cœur de la collection, on y trouve également des pièces telles que « La Vierge à l’enfant », statue gothique du XIVè siècle, ou encore des œuvres graphiques de qualité, de Marie Laurencin notamment.
Par ailleurs, le visiteur pourra découvrir la fameuse toile « BORONALI », peinte par Lolo, l’âne à la queue duquel on avait attaché un pinceau. Ce canular retentissant fut monté en 1910 par Roland Dorgelès pour se moquer des nouvelles écoles de peinture et des critiques d’art de l’époque.

Le legs Cocteau :

Karsten Butt, antiquaire allemand, offrit à la ville en 1999 des lithographies, dessins et céramiques de Jean Cocteau, citoyen d’honneur de Milly-la-Forêt.

Les expositions temporaires :

Ces expositions complètent l’offre culturelle faite aux visiteurs et accueillent des artistes contemporains, quel que soit leur support d’expression.
Les expositions en cours et à venir sont présentées sur le site Internet de la ville : http://www.milly-la-foret.fr/

L’HISTOIRE de l’espace culturel Paul Bédu :

L’idée d’un centre d’art Paul Bédu revient à son épouse, Gabrielle Bédu, qui prolongea l’œuvre de son mari en léguant en 1990 sa collection à Milly-la-Forêt.
Paul Bédu, est né à Paris en 1897, administrateur d’immeubles, il descend d’une famille estimée à Milly-la-Forêt. Amateur d’art accompli, il s’affirme comme connaisseur grâce à son intuition, son goût et son amour de l’art jusqu’à son décès en 1977.
Le paysage est un genre qu’il affectionne tout particulièrement, mais il collectionne aussi des nus, des vues urbaines, des portraits et natures mortes qu’il achète lors des salons d’art.
Madame Bédu a également permis d’exposer au mieux cette collection en subventionnant la transformation de l’ancienne école de garçons en une structure moderne et ouverte sur des jardins au cœur de la ville.
L’Espace Paul Bédu conjugue depuis son inauguration le 24 Juin 2000 la valorisation des œuvres de la collection permanente et l’épanouissement de l’expression contemporaine au travers d’expositions.
Le Conseil Municipal a décidé de poursuivre la gratuité de l’Espace Paul Bédu jusqu’à la fin de l’année 2009.

Espace Culturel Paul Bédu
8 bis, rue Farnault
Tel : 01 64 98 75 52 ou au 01 64 98 80 07

Horaires d’ouverture :
Du mercredi au dimanche de 14h à 17h
D’avril à octobre inclus : fermeture à 18h
Fermé le lundi et le mardi

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Le "Boronali"

Joachim-Raphaël Boronali est un peintre, célèbre au début du XXe siècle, bien que n'ayant jamais peint qu'une seule toile...
Au salon des Indépendants de 1910 figure la toile Coucher de soleil sur l'Adriatique. Le catalogue en donne pour auteur « JR. Boronali, peintre né à Gênes », qui a accompagné son envoi d'un manifeste théorique, le Manifeste de l'excessivisme, dans lequel il écrit que « l'excès en tout est une force » et appelle à « ravager les musées absurdes » et à « piétiner les routines infâmes ».Les critiques d'art s'intéressent à ce tableau, qui fait l'objet de commentaires contrastés, jusqu'au jour où le journal Le Matin reçoit la visite de l'écrivain Roland Dorgelès qui révèle, constat d'huissier à l'appui, que l'auteur se nomme en fait « Lolo », et qu'il est l'âne du patron du Lapin Agile, célèbre cabaret de la butte Montmartre.
Boronali est l’anagramme d'Aliboron, le nom donné à l'âne par Jean de La Fontaine. Dorgelès, en compagnie de deux amis, André Warnod et Jules Depaquit, avait attaché un pinceau à la queue de l'animal qui devint ainsi la vedette du Salon, une fois que la supercherie eût été dévoilée. Et la toile se vendit 20 louis d'or, c'est-à-dire 400 francs, qui furent reversés par Dorgelès à l'orphelinat des Arts.

mardi 10 juin 2008

Henri IV à Milly-la-Forêt

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En 1598, la seigneurie est en possession de François d’Averton. C’est à cette époque que HENRI IV, roi de France et de Navarre, vient à Milly. Il descend à l’ancienne hostellerie du « Lion d’Or », place du marché, en venant de Paris en diligence. HENRI IV chasse souvent dans les bois environnants : la forêt de Fontainebleau, la forêt de Milly et celle de Malesherbes. Il séjourne à Fontainebleau avec Gabrielle d’Estrée, sa favorite, et rend souvent visite à Henriette d’Entragues au château de Malesherbes après la mort de Gabrielle.
Un jour de 1603, le bon roi HENRI IV descend à Milly en venant de Paris en diligence. Il rencontre un Milliacois attardé dans une auberge, près de la Halle. HENRI IV est habillé en simple voyageur. Il converse avec le Milliacois avec bonne humeur et lui demande après un court entretien ce qu’il pense et ce que pensent les gens du roi de France. Le Milliacois, tout calmement et sans chercher à éviter de donner son opinion, lui répond que le roi aime trop ses aventures galantes. HENRI IV, sans se vexer, lui pose aussitôt une petite devinette que voici :
« Quelle différence y a-t-il entre un gaillard et un paillard ? »

Et le Milliacois lui donne cette réponse pleine de bon sens et d’esprit :
« Sire, il n’y a que la table qui les sépare ! »

Il semble que le Milliacois ait reconnu le roi et ait voulu prouver qu’à Milly il y a des gens qui, le moment venu, savent donner la bonne réponse.


Le véritable Hôtel du Lion d'Or, 20 place du Marché, où descendait Henri IV lorsqu'il se rendait à Malesherbes pour y retrouver sa maîtresse Henriette d'Entragues. Il fut démoli en 1907.

mercredi 4 juin 2008

Boulevard de l'Ouest à Milly la Forêt

Le Boulevard de l’Ouest a été établi sur une partie des anciennes fortifications, qui, à cet endroit, se composaient d’un mur d’enceinte, défendu par un double fossé d'eau vive. Il s’appelait autrefois Boulevard de la Tour du Goblet à cause d’une tour de ce nom qui fortifiait l’enceinte de la ville à l’angle du Boulevard et de la route de Boutigny. Ce boulevard est traversé par le « Coul’d’eau », petit ruisseau alimenté par une source à l’entrée de la rue Notre-Dame. Il existait anciennement, entre le boulevard et la rivière l’Ecole, des tanneries dont la production était assez importante.


Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

Ce boulevard fut rebaptisé boulevard Félix-Eboué le 3 juillet 1949 lors de la fête de l’Union Française.


Restaurant LA CHAUMIERE NORMANDE au 1 Bd Félix-Eboué
Ce restaurant s'appela successivement :
Café du Rat d'Eau, vers 1955,
La Chaumière Normande, vers 1970,
La charrue, vers 1985,
Au Passé retrouvé, vers 2000

mardi 27 mai 2008

La Rue Notre-Dame à Milly la Forêt

Rue de la Raison sous la Terreur. Part de la rue du Lau, passe devant l’église, traverse la rue Langlois et va jusqu’à la fontaine ou lavoir du « Coul d’Eau ». Cette dernière partie s’appelait ruelle du Cheval Blanc. La partie devant l’église se nommait rue du Cloître et dépendait du Cloître des chanoines. Elle s’appela aussi rue Traversière.

M. de Lacroix, administrateur de l’Ecole Militaire de Paris, possédait rue Notre-Dame, une petite maison où il venait passer le temps de ses vacances. C’est dans le courant de l’année 1785 qu’il y amena le jeune Bonaparte.

Face à l’église, dans les bâtiments occupés aujourd’hui par la gendarmerie, se trouvait la fameuse Maîtrise de Milly fondée par l’amiral de Graville. Par acte du 29 Septembre 1495, il instituait une maîtrise à l’église collégiale de Milly ; le 4 Mars 1497, il affectait à sa fondation une ferme sise à Nangeville, des rentes et des redevances en grains à Tousson, et une redevance à prendre sur le Moulin de Milly qui depuis cette donation prit le nom de « Moulin de la Maîtrise ». Puis il donnait une maison pour le logement des enfants de chœur et du maître.

Dans la suite, on vit les doyens et chanoines se plaindre des désordres qui existaient dans la maîtrise des enfants de chœur. En 1640, ils demandèrent que la charge dut donnée à l’avenir à un ecclésiastique et que les laïcs mariés en soient exclus (c’était à la suite d’une histoire rabelaisienne au sujet de la femme du maître de la maîtrise !).


Rue Notre-dame

Le « Coul d’eau » dont nous avons déjà parlé au boulevard de l’Ouest, s’appelait autrefois Fontaine du Cheval Blanc. Ce n’est pas d’aujourd’hui que des plaintes se sont élevées par les habitants de la rue Notre-Dame sur le non écoulement des eaux du lavoir. Nous voyons qu’en 1793 « l’eau ne s’écoulait plus et dégageait de mauvaises odeurs qui incommodaient les habitants du quartier ».
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Lavoir du Coul-d'Eau

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mercredi 21 mai 2008

Le rescapé du Guichet à Milly la Forêt

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Il y a quelques temps, les journaux relataient la disparition inquiétante d’un ancien commerçant habitant Milly (Seine-et-Oise), M. Thiercelin qui, parti le matin pour la chasse, n’était pas rentré chez lui la nuit venue.
Dans la localité, on ne parla de rien moins que d’un attentat. Et immédiatement une battue fut organisée dans la campagne et les bois pour retrouver M. Thiercelin, mort ou vif. Gendarmes, sapeurs-pompiers, chasseurs s’en allèrent par une nuit obscure et glaciale, sous la pluie, à la recherche du disciple de saint Hubert.
Pendant de longues heures on parcourut les environs sans relever le moindre indice. Déjà l’on désespérait, lorsque, vers huit heures du matin, la petite troupe qui revenait vers Milly, navrée de n’avoir rien trouvé, fut attirée par un bruit insolite provenant d’un bois.
On y courut et l’on fut tout étonné d’apercevoir, émergeant d’un trou, deux pieds qui s’agitaient désespérément. C’étaient les pieds de M. Thiercelin.
Le chasseur était pris dans un terrier à lapins. Entraîné par l’ardeur de sa chasse, l’ancien commerçant, n’ayant pas de furet à sa disposition, avait voulu forcer lui-même dans sa retraite un lapin qui venait de lui échapper et qu’il avait poursuivi jusque là. Le trou était plus profond qu’il le croyait, et l’infortuné s’y était enfoncé presque entièrement sans parvenir à se dégager.
Ceux qui l’avaient cherché pendant toute la nuit lui rendirent ce service. A leur grande stupéfaction, M. Thiercelin sortit de là en parfaite santé, mais dans quel état !
Et, leur contant sa mésaventure dont il était le premier à rire, il affirma être demeuré dans cette fâcheuse situation pendant vingt-trois heures et avoir désespéré un moment d’en pouvoir jamais sortir.
On juge de la réception que les habitants firent à son retour à Milly à l’ « homme-furet », qu’ils ont ainsi baptisé, et qui désormais, bon gré mal gré, conservera probablement ce surnom.

Transcription du texte publié dans le journal « Le petit Parisien illustré » du 2 décembre 1906




Personne n’a oublié l’étrange aventure de chasse dont fut victime à la fin de l’année dernière un honorable habitant de Milly, M. Thiercelin, qui resta pris dans un terrier sous une roche du bois du Guichet, à Courances, roche qui fut baptisée depuis « la roche Thercelin ». L’affaire ébruitée par la presse parisienne eut un certain retentissement, elle donna même lieu à l’édition d’une carte postale.
Cependant le héros de cette aventure n’avait pas été sans ressentir, tant au niveau physique qu’au moral, les plus fâcheux effets d’un séjour de 23 longues heures dans le véritable sépulcre où il s’était imprudemment engagé ; il eut notamment, il y a un mois, une crise d’hallucination terrible ; il voyait partout la roche fatale et le trou où l’on voulait le précipiter, c’était l’unique objet de ses conversations : « Le trou, le trou… ! » répétait-il.
Les soins affectueux et éclairés des siens le ramenèrent au calme ; puis une nouvelle rechute se produisit, et quoi que puissent lui dire sa femme et son frère qui l’accompagnaient dans ses promenades, il était pris de cette idée fixe qu’il avait un boulet au pied.
Enfin, la semaine dernière, il paraissait tout à fait rétabli, ne parlant plus de roche, de trou, ni de boulet ; sa femme crut pouvoir le laisser sortir seul et dimanche, vers trois heures, M.Thiercelin sortait pour aller chez le coiffeur et ensuite faire sa partie au café de la Renaissance.
Vers sept heures et demie, son mari n’étant pas rentré à la maison, Mme Thiercelin se rendit au café, personne n’y avait vu son mari, pas plus que le coiffeur, pas plus que les personnes amies chez lesquelles il aurait pu se rendre ; on fouilla toute la ville, les bois avoisinants, la roche fatale même fut visitée.
Enfin, vers onze heures du soir, Mme Thiercelin découvrait son malheureux mari dans la fontaine de M. Gastellier, au lieu dit Saint-Blaise ; il avait les jambes dans l’eau et le corps renversé sur les marches de la fontaine.
M. le Docteur Laroche, appelé en toute hâte, se rendit sur les lieux et constata que M. Thiercelin respirait encore, mais il rendait le dernier soupir pendant qu’on le transportait à son domicile.
Que s’était-il passé ? Les hypothèses se donnent libre cours à ce sujet. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c’est que toujours poursuivi par cette idée fixe qu’il n’avait plus les pieds comme tout le monde, le « rescapé » du Guichet s’en alla pour les soulager se mettre les pieds à l’eau de la fontaine de M. Gastellier située à proximité de chez lui ; il aurait été frappé d’une congestion provoquée par la fraîcheur de l’eau.
M. Thiercelin a été inhumé mardi dernier, dans une concession de famille, au cimetière de Milly. La cérémonie religieuse avait eu lieu à l’Eglise Notre-Dame. Une grande partie de la population a tenu à l’accompagner à sa dernière demeure, pour témoigner à sa veuve et à sa famille qu’elle partage pleinement leur douleur. Nous aussi nous leur adressons nos sincères condoléances.

Transcription du texte publié dans le journal « L'Abeille d'Etampes » du 20 avril 1907


lundi 12 mai 2008

La rue du Lau de Milly la Forêt

Cette petite rue pittoresque, bien connue des peintres, va de la rue Farnault à l’entrée du Château.

Elle s’appelait rue du Château et rue du Cloître Notre-Dame. Dans cette rue était autrefois la geôle dont les bâtiments servirent d’usine à gaz. A la Révolution, la prison comprenait « 2 bâtiments et 27 ares de jardin ».

Sur la petite place située entre la rue Farnault et la carrosserie Poiget, existait un puits public connu autrefois sous le nom de Puits du Pressoir.

La rue du Lau se termine en cul-de-sac devant une double porte roman flanquée de deux tourelles à demi engagées dans un vaste bâtiment qui était autrefois le logement du gouverneur. C’est devant cette porte que les vassaux venaient rendre foi et hommage aux seigneurs de Milly. Cette coutume qui était tombée en désuétude dans beaucoup de seigneuries, bien avant la Révolution, existant encore à Milly au commencement du XVIIIè siècle et y fut conservée jusqu’en 1789.
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Un acte conservé aux Archives de l’Hôtel de Ville de Milly nous apporte de curieux renseignements à ce sujet. Le dimanche 13 Juin 1723 à midi, après la messe, Pierre Babin, vigneron à Moigny, rend foi et hommage pour son fief de « Cochet ». « Pierre Babin, - dit l’acte – s’est transporté à la principale entrée de chasteau de Milly, où à haute voix, il aurait par trois fois appelé et demandé si haut et puissant seigneur messire Marc Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, chevalier, marquis de Lan Mary, grand Echanson de France, mestre de camp de cavalerie, seigneur Baron de Milly et austres lieux, estoit en son château… à quoi est apparu ledit seigneur marquis de Lanmary, Baron de Milly, auquel ledit Babin a déclaré et fait entendre qu’il estoit venu exprès pour luy faire et porter les foy, hommage et serment de fidélité qu’il est tenu de luy faire et porter à cause du fief de Cochet ses appartenances et dépendances assis dans la paroisse de Moigny. C’est pourquoi ledit Babin estant en tout devoir de vassal, sans épée, bottes, ny éperons, teste nue, ayant un genouil à terre a réellement et actuellement faict et porté audit seigneur lesdits foy et hommage et serment de fidélité ».

Tout ceci se passait publiquement, à la sortie de la messe, devant une foule d’habitants et avec l’assistance d’un notaire « avec paraphe ». Babin déboursa 200 livres de droits seigneuriaux et les frais en plus…

Lorsque le vassal n’était pas un manant, la cérémonie se déroulait à l’intérieur du château.
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Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


Maison de Jean Cocteau

mercredi 7 mai 2008

Les résistants fusillés de la Plaine de Chanfroy

La plaine de Chanfroy située dans "le massif des Trois Pignons", à l’ouest de la forêt de Fontainebleau, est un site naturel remarquable. Ce vaste espace plat s’étend loin devant vers l’est jusqu’aux hauteurs des « Gorges de Franchard ». Elle est délimitée, à proximité, par deux barres rocheuses: « Corne Biche » et le « Rocher de la Reine ». Cette plaine a des allures de steppe. Son sol est composé de sable et de petit cailloux. Jusqu’au début des années 80, une carrière de grès et de sable était exploitée. C’est une terre sèche, pauvre. Un micro-climat règne d’ailleurs ici. L’hiver, la plaine est, comme son nom l’indique, un champ froid.A l’automne, la brume matinale est persistante et l’été, la réverbération des rayons du soleil sur le sol sablonneux fait croître la température du cirque. Au début de juillet 1944, alors que les combats font rage en Normandie où les alliés ont débarqué un mois auparavant, l’aviation alliée bombarde en masse les voies de communication de Seine-et-Marne. Les réseaux de résistance et les maquis sont passés à l’action, multipliant les sabotages et les attentats qui entretiennent un climat d’insécurité et de tension. La Gestapo, les Feldgendarmes et la Milice répriment sévèrement ce qu’ils appellent les « actes terroristes ». Résistants et maquisards sont abattus sur le champ ou emprisonnés, pour être interrogés et torturés. En cela, Wilhelm Korf et son équipe, qui appartiennent à la Gestapo de Melun, se distinguent particulièrement dans la région. Des otages sont raflés en grand nombre. Otages, résistants et maquisards sont internés dans la prison de Fontainebleau, rue du sergent Perrier, et dans son annexe, la caserne Damesne. Le 21 juillet 1944, dans la cour de la prison, 22 détenus, mains liées dans le dos, reçoivent l’ordre de monter dans un camion. Ils sont dirigés vers une destination inconnue. Le camion revient vide. Dans l’après-midi du 17 août, le même scénario se reproduit. Cette fois, ce sont 14 prisonniers qui sont emmenés.Le 7 décembre 1944, alors qu’ils viennent chercher du sable dans un ancien terrain d’exercice militaire situé au cœur de la plaine de Chanfroy, des soldats américains découvrent des corps en creusant le sol. Les autorités sont alertées. Un déblaiement délicat est effectué qui permet la mise au jour de deux charniers distincts. Trente-six cadavres sont découverts : le nombre des détenus de la prison de Fontainebleau. Il s’avère que les massacres ont été perpétrés à la mitraillette. On retrouve sur place quantité de douilles de 9 millimètres. L’identification des corps se révèle très difficile. Le 14 décembre 1944, des funérailles nationales se déroulent à Fontainebleau. La plupart des corps des victimes ont été rendus à leurs familles. Quelques dépouilles sont inhumées dans le grand carré militaire du cimetière de Fontainebleau.
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Quatre mois après la découverte du massacre, les corps sont retrouvés dans un état de décomposition qui rend l'identification longue et pénible pour les familles."


Environs de MILLY-LA-FORET - Le monument à la Résitance
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Si vous souhaitez en savoir davantage, je vous conseille le site : http://pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/chan01.html

mercredi 30 avril 2008

Etude sur la culture des plantes médicinales à Milly la Forêt

Les membres de l’association du « Comité pour l’Histoire et l’Architecture de Milly-la-Forêt » réalisent une étude sur la culture des plantes médicinales dans le canton de Milly-la-Forêt. Cet important travail permettra la réalisation d’une exposition et l’édition d’un livre. Si vous souhaitez nous aider, en nous apportant vos témoignages, ou par le prêt de documents, photos, outils..., vous pouvez nous contacter : eric.gachot@wanadoo.fr ou http://www.milly.fr/

La culture des plantes médicinales dans le canton de Milly-la-Forêt.

Doit-on faire remonter les liens qui unissent Milly-la-Forêt et les Plantes Médicinales au XIIème siècle ? C’est probable. En Effet, une maladrerie, construite à l’époque, est vouée à Saint-Blaise, médecin réputé pour ses soins par les SIMPLES, dont les seuls restes actuels sont cette magnifique petite chapelle Saint-Blaise des Simples, décorée par Jean Cocteau.
Des inventaires de productions agricoles locales recensent au début du 19e siècle avec certitude des cultures de simples dans la région milliacoise. Mais, c’est en fait, au cours de la première moitié du XXème siècle que Milly connaît ses heures de gloire en tant que Premier Centre Français Producteur de Plantes Médicinales. Une coopérative est créée en en 1940. Elle a pour objet de produire, transformer, conserver et vendre en commun toutes les plantes médicinales. Elle regroupe jusqu’à 135 adhérents dans le début des années 1950 pour un volume des ventes de plus de 130 tonnes de plantes sèches. Elle peut alors investir dans des bâtiments, du matériel …
Sous l’impulsion de ses nombreux producteurs, le Syndicat National (S.N.P.P.M.) voit à son tour le jour en 1941, puis le Centre National d’Expérimentation en 1952.
Cependant, la situation commence à se dégrader à partir de 1955. Différente raisons peuvent expliquer cette situation :
- l’apparition sur le marché de produit de synthèse,
- l’importation à bas prix de plantes d’Europe de l’Est et d’Afrique,
- l’exigence d’une main d’œuvre importante, due à une mécanisation encore peu développée, pour ce type de culture, entraînant des coûts de production élevés,
- la fluctuation des cours et des marchés rendant les revenus instables.
Nombreux, sont alors les cultivateurs qui abandonnent les plantes, ou qui, arrivés à la retraite ne sont pas remplacés.

La « Quille au Bâton »



A la fin du XVIIIème siècle, on jouait aux quilles. La « Quille au Bâton » se jouait dans les fossés du château et le long des murs de la ville. La tenue des jeux de quilles était affermée à bail et donnait lieu à la perception d’un droit seigneurial. Le seul jour où le jeu produisait quelque chose était le 29 Octobre, fête de Saint-Simon, parce que la foire attirait à Milly une grande affluence de visiteurs. Edme-Jacques Montagne était Fermier du Jeu de Quilles (par acte du 30 Octobre 1755) et exploitait le jeu dans les fossés du château. Or, le 29 Octobre 1764, un nommé Le Comte, Exempt de maréchaussée, avec sept archers, arrête Montagne pendant la fête Saint-Simon et l’enferme dans les prisons du baillage malgré ses revendications. Le Comte écroue Montagne en ces termes : « l’an 1764, nous Hypolite Le Conte, Exempt…, avons écroué et mis ès prisons, le nommé Edme-Jacques Montagne, pour avoir fait résistance à la maraichaussée, en donnant à jouer aux quilles au bâton, contre les défenses que nous lui avions faites ». En arrêtant Montagne ce jour là, l’Exempt lui faisait perdre une de ses plus grosses recettes de l’année. La marquise du Lau ayant rencontré l’Exempt, lui fit des observations et chose extraordinaire pour l’époque « L’Exempt, le chapeau sur la tête, répondit à la marquise d’Allemans qu’il n’avait point de compte à rendre à une femme ». Finalement, le marquis prenant la défense de son fermier, porta l’affaire devant le Parlement de Paris, en vue de « dommanges et intérêts ».

mardi 22 avril 2008

La photo inattendue

Connaissez-vous la nature et la date de ces travaux ???


Photo de la Bonde faite dans les années 1980.

dimanche 20 avril 2008

Une épidémie de choléra dans la vallée de l'Ecole

L'épidémie de 1832 s'inscrit dans la longue marche de la deuxième pandémie de choléra. Nous possédons de nombreux documents scientifiques se rapportant à cette épidémie dans les grandes villes mais peu de choses sur ce qui se passait dans les villages. Nous avons eu la bonne fortune d'avoir entre les mains les registres paroissiaux de Courances et de Dannemois , alors diocèse de Versailles, pour les années 1828 à 1832. C'est l'abbé Pitet qui était curé desservant des paroisses de Courances et de Dannemois, cette dernière jusqu'au 15 avril 1832, date à laquelle il fut remplacé par l'abbé Gouaux, curé desservant de Soisy-sur-Ecole. Ce prêtre eut l'ingénieuse idée d'inscrire, dans la marge du registre, la cause du décès pour les malades morts du choléra. Plus scientifiques sont les certificats médicaux de décès demandant l'inhumation immédiate des cholériques morts foudroyés, collés au registre des décès de la mairie de Milly-la-Forêt qui signent ainsi l'authenticité de la maladie.
Par ailleurs, l'étude de la surmortalité dans les différents villages : Courances, Milly, Soisy-sur-Ecole, Moigny , Dannemois, Saint-Germain-sur-Ecole, nous permet de savoir ce que fut l'épidémie.

I. — LA DEUXIEME PANDEMIE DANS LE MONDE

Le choléra venant du delta du Gange, de «chez les Birmans », débute en Europe le 6 février 1830 dans la province d'Orenburg au sud de la Russie et, malgré quarantaines, limi­tation du commerce et de la circulation des marchandises et des hommes, il allait ravager l'Empire russe et envahir toute l'Europe par les ports de la Baltique. Un corps d'armée russe, envoyé « rétablir l'ordre à Varsovie », le diffusa à travers la Pologne puis, la Prusse, l'Autriche, l'Angleterre furent touchées.

II. — EN FRANCE

L'épidémie débute à Paris vraisemblablement le 18 février 1832, importée par les médecins de retour de Pologne où ils avaient été étudier cette maladie inconnue. Certains l'avaient attrapée. Le premier cas, un portier de la rue des Lombards, avait justement comme médecin un de ceux-là. Calais était tou­chée en mars par la maladie venant d'Angleterre.
Devant l'importance de la contagion à Paris, le Ministre du Commerce Intérieur, dont dépendait la Santé Publique, réu­nit à l'Hôtel-Dieu des médecins venus des différentes provinces afin de leur montrer des cholériques et de leur enseigner un traitement bien aléatoire. Sans nul doute, ces médecins furent à leur tour les disséminateurs inconscients de la maladie au même titre que les colporteurs, les compagnons, les chômeurs, les nourrices venues chercher du travail dans la capitale, qui s'en retournaient dans leurs provinces dénutris et fatigués. Au total, 57 départements furent visités par la maladie. Il y eut officiellement 229 534 malades dont 94 666 sont morts ; pour Paris: 44811 malades et 21531 morts en quelques mois.

III. — A CORBEIL

Le premier cas de choléra à Corbeil est celui d'une femme (habitant rue Galande à Paris), le 4 avril 1832, bientôt suivi le 7 avril par un homme « venant de Paris où il avait été cher­cher de l'ouvrage ». Le 9, c'est une nourrice de 37 ans qui meurt à son tour. La maladie va surtout se développer à l'embouchure de l'Essonne sur les deux rives de la Seine. Elle fera 148 malades (58 hommes, 79 femmes, 11 enfants). Il y aura 46 morts et 102 guéris. Le docteur Edouard Petit, médecin des épidémies, a donné une excellente description de l'épidémie à Corbeil dans La Gazette Médicale de juin 18321.

IV. — DANS LA VALLEE DE L'ECOLE

En 1832, Courances et Dannemois sont deux petits villages respectivement de 369 et 411 habitants, aussi importants qu'aujourd'hui. Tous les métiers y sont représentés : cabaretier, tuilier, chaudron-nier, vigneron, boulanger, maréchal-ferrant, cor­donnier, nourrice, propriétaire. La vie s'écoule tranquillement, apportant chaque jour ses joies et ses peines.
A Dannemois, les cas de choléra seront authentifiés par l'inscription de l'abbé Gouaux sur le registre paroissial. Il y en aura 18 au total entre le 2 juillet et le 9 septembre.
Le 2 juillet meurt le fils Vedée, âgé de 7 ans ; le 4, le père ; la mère (et épouse) mourra 10 jours plus tard à Courances. Le 5, une mère et sa fille meurent de choléra et les cas vont se succéder, touchant régulièrement une ou deux personnes de la même famille : un autre cas le 6, un cas le 8, deux cas le 9 juillet, deux cas le 10 juillet dont un frère et sa sœur, un cas le 11 juillet puis, le 19 juillet, deux morts, un cas au mois d'août, le 17. Celui-ci, du fait de la longueur de l'incubation) pourrait sembler douteux s'il ne s'agissait d'une parente de cholérique et de l'affirmation de l'abbé Gouaux. Deux cholé­riques meurent les 20 et 30 août. Un dernier cas est signalé le 5 septembre.
A Courances, brutalement, le 27 juin à 10 heures du matin, la femme du meunier du moulin du Ruisseau, Marie-Rosé Jubert, épouse Venard, meurt. A 8 heures du soir, l'oncle du premier cas de Dannemois, Pierre Guérin, charretier, 51 ans, décède à son tour. C'est le début de l'épidémie qui va faire 14 morts à Courances entre le 27 juin et le 28 juillet. Le 28 juin, c'est Marie-Catherine Leclère, 67 ans, veuve Couderc, apparentée aux deuxième et troisième cas de Dannemois, qui meurt à son tour. Ce cas est important dans la marche de l'épidémie puisque le troisième cas de Dannemois sera une parente de Catherine. Et puis, les malades et les morts vont se succéder. Le 2 juillet, un autre charretier meurt à 6 heures du matin. Le 3 juillet, deux morts : une fillette de 13 ans à 3 heures du matin, le fils de Pierre Guérin à 8 heures du soir. Les cas vont continuer à se succéder: le 5 juillet, à 11 heures du soir, une femme de 40 ans dont la nièce âgée de 12 ans sera emportée par la mala­die ; le 8 juillet, une femme de 66 ans ; le 11 juillet, à 8 heures du matin, une autre femme ; le 8 juillet, à 6 heures du matin, Marie-Charlotte Leclère, sœur de Marie-Catherine ; le 10 juillet, à 10 heures, un « malheureux mendiant ». Et puis, la mère du premier cas de choléra de Dannemois, femme du deuxième cas, va mourir à Courances à la maison des sœurs (où elle s'était réfugiée) le 12 juillet, à 7 heures du matin, soit 10 jours après son fils et 6 jours après son mari. Pour clore cette longue suite de décès, une femme, sœur du deuxième cas, va mourir le 20 juillet et son mari la suivra dans la tombe 7 jours après.

A Milly-la-Forêt, en 1831, il y eut 46 morts dont 21 femmes, 23 hommes, 2 morts-nés. La répartition de cette mortalité, tant en âge que dans l'année, est homogène ; en 1832, 61 décès, 26 femmes, 33 hommes, 2 morts-nés. Nous sommes aidés, pour le diagnostic, par les certificats des médecins. Il y avait alors deux chirurgiens à Milly-la-Forêt pour 1 941 habitants. Le pre­mier décès avec certificat, qui est le premier cas de choléra authentifié « choléra foudroyant », concerne un billet collé à l'enregistrement du décès le 18 juillet ; c'est un sabotier de 47 ans. L'épidémie va se poursuivre en juillet avec 4 décès seu­lement, avec disparition en août. En septembre, reprise du choléra (certifié par les médecins) qui fera 35 morts jusqu'au 26 octobre (16 femmes, 19 hommes). Il est donc possible de situer le début de l'épidémie en juillet, cas d'importation, dispa­rition en août, mais réapparition sévère et véritable épidémie en septembre et octobre.

A Soisy-sur-Ecole (531 habitants), en aval de Dannemois, en 1831, il y eut 10 naissances, 3 mariages et 13 décès (7 hommes dont 4 de plus de 70 ans), alors qu'en 1832, il y eut 8 décès, 3 hommes et 1 femme, dont 4 de plus de 80 ans, jusqu'à fin juin. Par contre, dès le début juillet et jusqu'au 17 août, il y eut 13 décès dont 4 familiaux et, dès le 6 juillet, nous relevons le décès de la veuve et mère des deux premiers cholériques de Dannemois ; d'autres contaminés de la même famille mourront à Courances les 27 et 28 juillet.
A Soisy, nous pouvons dater le début du choléra du 5 ou 6 juillet, par contamination avec le malade de Dannemois mort le 2 juillet.

A Saint-Germain-sur-Ecole (177 habitants), petit village direc­tement sur la rivière Ecole et qui jouxte Soisy, il y eut, en 1831, deux décès, deux mariages, deux naissances. Par contre, en 1832, l'épidémie semble débuter le 20 juillet ; une femme de 32 ans meurt, mais ensuite les cas se succéderont rapidement et, à partir du 19 août, nous comptons 4 décès jusqu'au 7 septembre.

A Moigny (629 habitants), en 1831, il y eut 7 décès (dont 2 enfants de moins d'un an), 9 naissances et 3 mariages. En 1832, il y eut 8 décès, dont 1 enfant en bas âge et l'inscription du décès d'un militaire décédé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Le choléra semble avoir oublié Moigny puisqu'il y eut 10 décès l'année suivante, dont 5 enfants de moins d'un an, contre 14 naissances.
Cette absence de choléra à Moigny pose un problème puis­que ce village touche pratiquement celui de Courances et est irrigué par l'Ecole. Un début d'explication paraît être le fait que peu de familles semblent être apparentées avec les familles de Courances, de Dannemois ou même de Milly. Une réserve doit être faite dans le biais apporté par les « choléras morts », les malades guéris n'ayant pas été comptabilisés.

V. — CONCLUSION

Quelles conclusions tirer de cette épidémie le long de la rivière Ecole ?
L'arrivée de la maladie : il faut la considérer comme causée par les déplacements humains et la preuve en est, c'est que le premier jour de l'épidémie de Courances, c'est un charretier qui est touché. Les relations avec Corbeil et Paris étaient fré­quentes et nous avons relevé, au début de l'année 1832, le décès d'un nourrisson de 28 jours dont les parents résidaient à Paris. Il y avait une maison de nourrices, boulevard Saint-Germain et, dès le début de l'épidémie, ces femmes regagnèrent précipi­tamment leur lieu d'origine emmenant avec elles le germe de la maladie.
La proximité des dates de décès au sein des groupes fami­liaux correspond au délai classique de l'incubation, de 4 heures à 4 jours, sauf pour les cas extrêmes pour lesquels nous pou­vons admettre une contamination par les objets souillés. Il y a des liens familiaux à Courances et à Dannemois pour 25 décédés du choléra sur 33. De ces 33 cas, on peut soustraire un mendiant, une fille d'origine inconnue et 5 personnes originaires d'autres départe-ments.
Patrice Bourdelais a pu écrire dans sa thèse2 : « Sur une population de 807 personnes, une distribution aléatoire de 26 décès n'en aurait pas concentré 25 dans 8 groupes familiaux ; on peut penser que les échanges, les contacts et les relations sont plus nombreux à l'intérieur des groupes qu'entre les autres individus d'une même communauté. Il est bien évident que le premier mort de choléra de Dannemois, le 2 juillet 1832, était allé rendre visite à son grand-oncle, l'un des trois premiers décédés à Courances. Mais les relations de travail, de voisinage, auraient-elles été si rares qu'elles n'aient permis la contami­nation hors du groupe familial ? ».
Patrice Bourdelais confirme ainsi, en partie, notre hypo­thèse selon laquelle, outre la transmission humaine, semble se faire jour une sensibilité génétique à la maladie.
Quant aux moyens sanitaires de l'époque, ils étaient à peu près nuls : peu de médecins, pas de traitement non plus. Res­taient les secours de la religion. C'est ce qui apparaît dans le fait que la mère et la femme des premier et deuxième cas de Dannemois se réfugient à l'hospice des Sœurs de la Croix de Saint-André et y meurent en même temps qu'un mendiant.
Tout aussi dramatique, et comme pour clore cette épidémie, est la fin de l'abbé Pitet, curé desservant de Courances. A l'avant-dernière page du registre, une main anonyme a inscrit le baptême de Marie-Eucherisse Coutard le 4 novembre et poursuit ainsi : « Le baptême ci-dessus mentionné a été administré par Monsieur le curé de Courances, le jour même où il a été atteint de la maladie qui l'a enlevé à sa paroisse, ce qui l'a empêché de pouvoir lui-même dresser et signer cet acte, ce qui a été constaté par Monsieur le curé de Milly sur les déclarations de personnes dignes de foi en la réunion des ecclésiastiques du canton et autres qui ont assisté à l'inhumation de Monsieur Pitet, curé de cette paroisse ». L'abbé Pitet est donc tombé malade le 4 novembre. Il est mort le 26 à l'âge de 73 ans et a été inhumé le 30 novembre 1832. A son inhumation assistaient les curés de Milly, de Buno, de Moigny, de Champmotteux, de Soisy-sur-Ecole, de Maisse, de Chailly-en-Bière, de Fleury et de Noisy. Tous ont signé l'acte d'inhumation. La dernière victime par choléra meurt près de trois mois avant. II est peu probable que l'abbé Pitet soit mort de choléra car l'épidémie était éteinte, mais il a été au bout de ses forces.
Si j'ai rapporté les heures de décès des cholériques de Courances, c'est pour mieux authentifier le dévouement de ceux qui étaient le seul recours contre l'épidémie : déplacements, veilles, réconforts tout au long de la lente agonie des cholé­riques, associés à la notion de totale inefficacité, tout cela devait venir à bout de la résistance des plus solides.
« Les anciens avaient fait un demi-dieu de Thésée pour les avoir affranchis du tribut qu'ils payaient à la voracité du Mino-taure. Cette allégeance nous dit ce qu'aurait mérité l'homme de génie qui nous affranchirait du tribut bien autrement consi­dérable que nous payons à la Peste du Gange et tout ce que la Patrie lui devrait de récompenses naturelles et de suprêmes honneurs. » C'est ce qu'écrivait Monsieur Castera dans La Gazette Médicale de 1832 (p. 263). Pasteur avait alors dix ans.


A. dodin,
Professeur à l'Institut Pasteur,
Chef de l'Unité « Choléra et Vibrions »
et du Centre national de références des Vibrions

dimanche 13 avril 2008

Place Grammont

Cette place rappelle le nom du célèbre duc de Grammont, éloigné de la Cour par Louis XVI. Relégué à Milly, il loua au marquis du Lau d’Allemans, le château de Milly qu’il habita jusqu’à la Révolution.

La place Grammont est l’ancienne place d’Armes de Milly. On l’appelait autrefois la place des Trois Môles, puis place du Jeu de Paume.

Le Duc de Grammont fit transformer cette place en promenade publique ; il l’entoura de nombreuses constructions pour loger les acteurs, actrices, danseuses, musiciens et artistes de toute sorte qu’il avait amenés avec lui à Milly. Il fit aménager en théâtre l’ancienne grange aux Dîmes. Cette dernière s’élevait dans le jardin de l’école des garçons et sur le boulevard. C’était un immense bâtiment dont la dernière partie fut abattue il y a cinquante ans environ. A côté, se trouvait le pressoir banal.

C’est là que se tenait au siècle dernier, le Marché aux Veaux pendant la belle saison.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

dimanche 6 avril 2008

Centenaire de l'Hôtel de Ville de Milly-la-Forêt

Ils doivent s’en retourner d’aise dans leur tombe ! Les Casimir Périer, député-docteur Amodru, préfet Gentil, sous-préfet Rainer, conseiller général Legendre et autres Léopold Bedu, maire, n’avaient sans doute pas imaginé qu’un siècle plus tard, les Milliacois leur emboîteraient le pas sur leurs traces pour une reconstitution historique de l’inauguration de l’Hôtel de Ville.

Haute en couleur et en tout point charmante, la manifestation a drainé la population autour de l’édifice durant toute la journée. Les deux expositions ont passionné le public et les personnalités invitées, dont Jean de Boishue, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur ; grâce à M. Le Cesne et M. Gachot, d’anciennes photos du village étaient exposées : le chemin de fer, la rivière, le château et les édifices bourgeois, les zouaves, les cavalcades et les différents quartiers sans oublier toute la documentation récupérée par les maires adjoints, MM. Chevrier et Gallois, pour qui Milly n’a plus de secret. De projets en pétitions, on apprend que le projet de construction de l’hôtel de ville ne faisait pas l’unanimité à cette époque et qu’après bien des péripéties, la première pierre fut posée le 3 Février 1894.

Samedi 21 Octobre, donc, cent années plus tard, les élus-acteurs parmi lesquels on reconnaissait le conseiller général, Jean-Jacques Boussaingault, en habit de préfet, MM. Chevrier, Clérico, Coste, Lajon, Perrot, Beury, Briand, Deroin, Meydiot, membres du conseil municipal et Verdier, trésorier de l’APAM, dans les rôle des « chapeaux haut – de forme et queue-de-pie », ont coupé le ruban officiel. Point de dame parmi les élus : elles n’avaient pas encore le droit de vote ; d’ailleurs, un groupe de féministes avant-gardistes se trouvait là pour faire entendre cette revendication. Discours, découverte de la plaque commémorative, feu d’artifice sur la place cédaient ensuite la place au défilé des canotiers, des zouaves, des pompiers tirant leur pompe à bout de bras, des écoliers et des calèches suivies de près par quelques rares automobiles révolutionnaires… Une mise en scène et un défilé savamment orchestrés par Jean-Claude Baudoin et l’Association pour l’animation de Milly. La reconstitution se poursuivait ensuite sous la halle, où le diner-spectacle prenait la relève dans un décor de rêve. Tout le charme d’antan avec ces toilettes et dentelles raffinées et ces messieurs bien mis, s’est réuni en fin de soirée pour danser un quadrille endiablé ! Encore une soirée que l’on est pas près d’oublier…

G. L.
Le Républicain du jeudi 26 octobre 1995








Le ruban est coupé, c’est le moment des discours. Le préfet est joué par Jean-Jacques Boussaingault, conseiller général du canton de Milly-la-Forêt.



dimanche 30 mars 2008

Inauguration de l’Hôtel de Ville de Milly, le 27 octobre 1895

Ainsi que nous l’avons annoncé, Milly est doté d’un nouvel hôtel de ville. La construction en est aujourd’hui parachevée et l’inauguration doit avoir lieu demain dimanche 27 octobre.

Cette fête exceptionnelle attirera certainement une quantité de visiteurs étrangers dans la coquette petite ville de Milly, d’autant plus, certainement que le temps paraît se remettre au beau.

En voici le programme :

Dimanche 27 octobre 1895, à trois heures précises, inauguration solennelle de l’hôtel de ville, sous la présidence d’honneur de M. le député de l’arrondissement.

A deux heures et demie, réception officielle à l’école des garçons par le maire et le conseil municipal de Milly, de MM. Le député, le sous-préfet, le conseil général, les conseillers d’arrondissement, et autres autorités.

Défilé du cortège de l’école des garçons à l’hôtel de ville, précédé de la fanfare l’Union musicale et escorté de la compagnie des sapeurs-pompiers.

Cérémonie de l’inauguration de l’hôtel de ville, concert par la fanfare.

De quatre à cinq heures, visite de l’hôtel de ville. A la sortie, distribution de médailles commémoratives.

A sept heures, retraite aux flambeaux.

A huit heures, grand feu d’artifice route de Fontainebleau ; illumination de l’hôtel de ville.

A neuf heures, bal public et gratuit sous la tente.

La fête sera annoncée la veille et le dimanche matin par des salves d’artillerie et les sonneries des cloches.

Les habitants sont invités à pavoiser et illuminer leurs habitations, et à prendre part aux cérémonies de cette fête.

Pour quiconque a pu se rendre compte des travaux exécutés par les architectes et les entrepreneurs, la ville de Milly doit se montrer reconnaissante envers eux de l’habileté et surtout de la ténacité opiniâtre qu’ils ont su employer pour mener à bonne fin le projet. L’habileté de ces messieurs est en ce moment hors de doute.

L’hôtel de ville, dont tous les services ont été raisonnés avec le plus grand soin, a pour façade une large construction, style Louis XIII, brique et pierre, d’un effet grandiose.

La place qui précède le monument est modeste, mais le perron en belle pierre blanche relève l’entrée monumentale.

Cette œuvre a été faite en moins d’une année, c’est constater combien il a fallu de soins et de persévérances à MM. Allain, père et fils, architectes à Boutigny, pour mener en aussi peu de temps à bien une construction aussi importante.

Il y a lieu de signaler à l’admiration de tous la belle exécution qui a été faite par MM. Arthur Hamelin, pour la maçonnerie ; Blondeau, pour la menuiserie et la serrurerie, Voiturin, pour la couverture ; Mitton, pour la charpente ; Turlais et Fournelle pour la peinture.

Nous n’hésitons pas à croire qu’un grand nombre de nos concitoyens ne tienne à assister ce jour là et ne saisissent cette occasion de visiter le gracieux hôtel de ville de Milly.

Le Réveil d’Etampes du 26 octobre 1895

Dimanche dernier, 27 Octobre, a eu lieu comme l’avait annoncé le Réveil, l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville.

Dans la matinée, un déjeuner tout intime réunissait chez M. le Maire et conseiller d’arrondissement de Milly, l’élite de nos visiteurs. Remarqué parmi les convives : MM. Le Député, le Sous-Préfet, le Conseiller général, les Conseillers d’arrondissement, en tout environ vingt-cinq couverts.

A 2 h ½ de l’après-midi, le cortège s’est formé à l’école des garçons. Y ont pris place aux côtés de M. Bédu, maire, M. le député, M. le sous-préfet d’Etampes, MM. Legendre, conseiller général ; Servant, conseiller d’arrondissement ; MM. Les conseillers municipaux de la ville, M. Lézé, juge de paix, son greffier ; MM. Les Notaires ; beaucoup de Mairies et Adjoints du canton, et les fonctionnaires de la ville. La fanfare l’Union musicale ouvrait la marche par l’exécution du pas-redoublé Sambre et Meuse.

Les pompiers formaient l’escorte.

A l’arrivée devant l’hôtel de ville et chacun installé, M. Bédu prit la parole et s’adressa à la nombreuse assistance qui se pressait tant sur les bancs disposés à cet effet, que sur la place de la mairie ; il lui présenta ses remerciements pour le précieux concours qu’elle apportait à cette fête.

M. Le député de l’arrondissement, a fait ensuite l’historique des faits de la grande Révolution dont l’ancienne mairie avait été témoin ; il a parlé du respect que chacun doit au nouveau monument élevé sur cette place, à cause des actes qui s’y accomplissent. Toute notre vie publique et politique se passe là : actes de naissances, mariages, décès, exercice du suffrage universel, tirage au sort, conseil de révision.

M. le sous-préfet a ajouté quelques mots pour se joindre aux deux précédents orateurs ; puis il a attaché sur la poitrine de M. Darbonne-Chevence, jardinier-herboriste, à Milly, la croix du Mérite Agricole ; et il a remis à M. Carrassus, déjà Chevalier de la légion d’honneur un diplôme d’honneur pour sa longue participation aux travaux de l’instruction primaire dans le canton de Milly.

Entre chacun de ces discours, la fanfare a joué plusieurs morceaux de son répertoire, notamment la Marseillaise et l’Hymne Russe.

A 4 heures, les autorités ont parcouru l’hôtel de ville dans tous ses détails et le public a été ensuite admis, mais la foule était si grande que tout le monde ne put y entrer.

A la sortie du public, il a été remis à chaque visiteur une médaille commémorative : Mille médailles ont été distribuées et ce nombre n’a pas suffi.

A 5 heures, la réunion officielle était disloquée. Le soir, la façade de la mairie était brillamment illuminée et un grand nombre de visiteurs n’ont cessé de stationner devant l’édifice jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.

De 7 h ½ à 8 h ½, retraite aux flambeaux par la fanfare, accompagnée des sapeurs-pompiers. A 8 h ½, feu d’artifice sur la route de Fontainebleau.

A 9 h ½, la rentrée en ville eut lieu et au bal gratuit aussi bien qu’au bal payant, on dansa toute la nuit.


Le Réveil d’Etampes du 2 novembre 1895

lundi 24 mars 2008

La mission militaire américaine.

Mardi, de très bon matin, les troupes du Centre d’instruction de Milly quittaient avec armes et bagages leur cantonnement respectif pour se rendre aux tranchées et terrain de manœuvre de la ferme Saint-Georges.

Milly avait pris son aspect des grands jours : l’Hôtel-de-Ville, la place du Marché et les principales rues étaient pavoisées aux couleurs françaises et alliées, particulièrement aux couleurs américaines ; certaines maisons étaient fort bien décorées, celles de MM. René Poirrier et Belonget, en particulier.

M. Aubry, le sympathique conseiller, avec le dévouement et le bon goût dont il a fait preuve en maintes circonstances, avait fait pavoiser de drapeaux et d’oriflammes aux différentes couleurs, la Halle et l’entrée des principales rues ayant accès sur la place du Marché ; de place en place, des cartouches aux armes de la ville, supportaient des trophées de drapeaux.

Avant 8 heures du matin, un nombreux public se tenait aux abords du terrain de manœuvre et des tranchées, et à 9 heures, les enfants des écoles, avec leurs maîtres, venaient se ranger sur les trottoirs de la place du Marché. M. Chagot, fonctionnaire-maire, était présent.

Pourquoi ce branle-bas de fête ?… Pour recevoir dignement la Mission militaire américaine et les personnalités qui devaient l’accompagner.

Hélas !…

A 8 heures, la mission n’arriva pas ; à 9 h rien à signaler ; à 9 heures et demie, pas de nouvelles. Enfin, à 10 heures… un coup de téléphone informait le colonel Rollin qu’il y avait eu contrordre et que la mission ne viendrait pas. On juge de la déception générale !Il fallut rentrer drapeaux et oriflammes et garder pour une date ultérieure les bravos et acclamations enthousiastes que chacun réservait à l’adresse de nos nouveaux alliés.

Néanmoins, M. Le Colonel Rollin nous donna une sérieuse compensation en faisant exécuter d’intéressantes opérations de guerre : explosion de mines, lancement de fusées, tir de grenade au fusil spécial, lancement de grenades incendiaires et asphyxiantes, feux de barrages, etc.. Un magnifique défilé d’environ 2.000 hommes, zouaves, chasseurs à pied, coloniaux, sections de mitrailleuses attelées, termina cette belle prise d’arme ; la clique des chasseurs et des zouaves entraîna les troupes de ses alertes sonneries, tandis que la fanfare des coloniaux déchaînait l’enthousiasme en jouant la Marseillaise. M. le Colonel Rollin peut être fier de ses troupes.




Cette prise d’armes se termina à midi. Si bien que quantité de ménagères durent joindre au regret de n’avoir pas vu la fameuse Mission américaine, celui d’avoir manqué l’heure du déjeuner.

L'Abeille d’Etampes du 14 juillet 1917

jeudi 20 mars 2008

Place de l’Hôtel-de-Ville de Milly la Forêt

Ancienne place de la Croix d’en Bas. Il y avait autrefois une croix sur la petite place dont « les degrés étaient très étendus et dans le plus mauvais ordre ».

Elle fut démolie à la Révolution. Il existait un puits public au milieu de la place. Elle s’appela aussi place de la Belle-Croix, puis « place des Sans-Culottes » sous la Terreur.

A la foire Sainte-Croix de May, les marchands d’oignons étalaient leurs denrées sur cette place.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).




Ancienne maison seigneuriale du XVème siècle, située à l'est de la Place. Elle comportait à l’origine une tourelle fortifiée.

dimanche 16 mars 2008

Tombes de guerre du Commonwealth au cimetière de Courances

Durant la nuit du 7 au 8 juin 1944 un important raid allié en provenance de Grande Bretagne comprenant 195 Halifax, 122 Lancaster et 20 Mosquito avait pour objectif de bombarder les installations ferroviaires du sud-ouest de la région parisienne notamment, Versailles, Juvisy, Massy-Pallaiseaux afin d'empêcher aux renforts de la Wehrmatch de rejoindre les plages du D-Day. 17 Lancaster et 11 Halifax furent abattus par la Flak.


Bombardier Halifax

Touché par la Flak, Au terme de 10 à 15 minutes de difficultés dans le ciel corbeillois, le bombardier Halifax MZ568 EY-E qui avait décollé de Breighton (Yorkshire) à 22h52 est venu s'écraser à 1h15 sur la maison située 2 rue de Gournay à Corbeil. Le pavillon s'écroula et pris feu. Les occupants venaient d'évacuer leur pavillon pour se réfugier dans une cave de l'autre côté de la rue.

Le rapport de la Défense Passive déclare qu'à cet instant aucun corps n'a été retrouvé et qu'il s'agit d'un avion de chasse américain bimoteurs laissant supposer que le pilote avait pu sauter en parachute.

Dès le jour venu, six corps furent découverts dans la carcasse de l'avion qui était bien un quadrimoteur Halifax enfoui dans le sol et les ruines du pavillon. Les dépouilles de l'équipage anglo-canadien furent alignées près de l'avion. Les soldats allemands repoussaient les habitants de Corbeil qui venaient déposer des fleurs auprès des corps. La Feldgendarmerie emporta les six corps à la Kommandantur de Courances à 30km de Corbeil.
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L'équipage a été inhumé dans le cimetière de Courances avec les honneurs militaires rendus par l'armée allemande.

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Deux jours après, soit le 10 juin, alors que les lieux du crash étaient interdits, un Abbé de Corbeil est venu fouiller la carcasse de l'avion. C'est alors qu'il découvre un septième corps, l'officier canadien Leonard Gold qui est aussitôt soustrait à l'autorité allemande et enterré au cimetière de Corbeil. Ce qui explique aujourd'hui les six tombes à Courances et une sépulture à Corbeil.
Lors de l'inhumation à Courances, un corps était inconnu. Il a été identifié ensuite par la RAF comme étant celui de T.N.W Bisset.

jeudi 13 mars 2008

Place du Colombier de Milly la Forêt

La place du Colombier s’appelait « Cul de sac du Colombier ». Cette place triangulaire a été nommée ainsi à cause d’un ancien colombier qui faisait partie du Moustier de Péronne, encore visible aujourd’hui au fond d’une petite impasse aboutissant sur cette place.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


dimanche 9 mars 2008

Colonel Rollin : premier commandant du centre d’instruction militaire de Milly

C'est en 1915 que les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s'installer à Milly. La Ville devint un important centre d'instruction, accueillant près de 3000 soldats. De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune.

« A la municipalité de Milly, en souvenir des relations cordiales qui n’ont pas cessé d’exister entre elle et moi pendant toute la durée de mon commandement du centre d’instruction (1er et 4e Zouaves, 26e Chasseurs, 21e et 23e régiment d’infanterie coloniale, école de grenadiers bombardiers, centre de mitrailleurs), centre que j’ai crée, organisé et commandé du 5 juin 1915 au 1er octobre 1917.
Entourés de la bienveillante sympathie de la population milliacoise, des milliers de soldats de France sont venus forger à Milly les armes avec lesquelles devait se remporter la Victoire ! »

Colonel Rollin
Du 1er Zouave breveté d’Etat major




Cérémonie de remise de la décoration d’officier de la Légion d’Honneur au Colonel ROLLIN, par le Général PARREAU, le 22 février 1916


Une cérémonie des plus importantes s’est déroulée, mardi 22 février, dans la ville de Milly, que la neige rendait ce jour-là encore plus pittoresque, comparable à celle qui fut donnée, il y a quelque temps, lors de la visite de la mission japonaise.

Le général Parreau avait tenu à remettre lui-même au lieutenant-colonel Rollin, commandant le centre d’instruction militaire de Milly, la distinction d’officier de la Légion d’honneur, annoncée dernièrement par l’Abeille-Réveil.

L’arrivée des troupes

Dès une heure de l’après-midi, retentissait dans le quartier du Marché la fameuse marche des chasseurs à pied. C’était le …e chasseurs qui arrivait et allait se placer sous la Halle. Les habitants arrivent de tous côtés et se placent sur les trottoirs de la place du Marché, réservés à cet effet. Puis quelque temps après, des compagnies des …e et …e régiments d’infanterie coloniale, arrivant des communes voisines où ils sont cantonnés, rejoignent les « vitriers ». Ensuite, les régiments de zouaves sous le commandement du chef de bataillon Mayeux se massent sur la place du Marché, bientôt trop petite pour réunir tant de troupes. L’ensemble est magnifique et vraiment imposant, d’autant plus beau que le temps resta clément jusqu’à la fin de cette inoubliable cérémonie.

Un espace avait été réservé devant la maison Charpentier, face à la rue Paul-Houdin. Les enfants des écoles sous la direction de leurs maîtres s’alignaient sur le trottoir. Le conseil municipal de Milly y assistait en grande partie ainsi que différents fonctionnaires. On remarquait notamment M. Emile Chagot, faisant fonctions de maire ; M. Sergent, conseiller d’arrondissement ; M. Baudin, vice-président de la chambre de commerce ; M. Darbonne, adjoint ; MM. Tazé, Aubry, Georges Poirrier, conseillers municipaux ; MM. Lasserre, secrétaire de mairie, zouave honoraire ; Brosset, percepteur ; Freslon, direteur de l’école des garçons ; Pasquet, notaire ; l’abbé Tressy, curé doyen ; David, Chagot, Arthur, Gallot, A. Broc, Descambes, Guillet, etc… Presque toute la population de Milly se pressait dans les endroits restés libres et malheureusement trop exigüs de la place du Marché. Aux fenêtres de nombreuses personnes s’entassaient pour jouir du coup d’œil vraiment féerique.

La revue

A deux heures et demie, la fanfare de zouaves attaque la Marseillaise et le général Parreau suivi de ses officiers d’état-major passe devant les troupes.

La revue terminée, le général vient se placer sur le front face au colonel Rollin.

Des clairons ouvrent le ban. La cérémonie, impressionnante, émouvante dans sa simplicité, se déroule au milieu d’un silence général. Dès que le général eut épinglé la croix d’officier, les bravos éclatèrent dans les rangs de nombreux spectateurs présents. Au même instant, un jeune élève de l’école des garçons, le jeune Ribet, vient offrir au colonel une magnifique gerbe de fleurs et lui débite très gentiment la touchante allocution qui suit :

« Mon colonel,

Au nom de la municipalité de Milly, au nom de la ville, au nom des Ecoles, je viens, bouton de bleuet de la classe 22, vous prier de bien vouloir accepter ces fleurs. Elles vous diront mon Colonel, toute l’admiration et toute la reconnaissance que nous nourrissons pour la vaillante et superbe armée française ; tout le grand respect que nous avons pour votre personne et toute la part de fierté que nous prenons à la haute distinction qui vous est accordée et que vous avez si loyalement méritée ».

Le colonel remercie l’enfant avec effusion à cette délicate attention.

La Municipalité allait ensuite présenter ses félicitations au colonel Rollin.

La cérémonie se continua par la remise de la croix de guerre à l’adjudant Lermigny, au sergent X … et au caporal Berger, les belles citations concernant ces trois braves disent combien ils ont mérité la Croix de guerre. Ils reçurent les félicitations du colonel Rollin, puis du général Parreau et les applaudissements de la foule.

Le Défilé

Après la fermeture des bans, les troupes se rendent sur les boulevards prendre leur dispositions pour le défilé. La place est bientôt libre, les différentes personnalités se rangent sur le côté ouest pour assister au défilé.

Le colonel, pendant cette courte attente, présente alors au général les Membres du Conseil municipal de Milly. Le général s’entretient de différentes choses avec eux pendant un certain temps.

L'Abeille d’Etampes du 26 février 1916

jeudi 6 mars 2008

Rue Langlois de Milly la Forêt

Ainsi nommée en mémoire du bienfaiteur de l’Hôtel-Dieu de Milly, Etienne Nicolas Langlois, seigneur du Roussay, gouverneur et bailli de Milly, qui légua sa fortune à cet établissement charitable en 1746.

La rue Langlois s’appelait de différents noms. Ainsi de la halle à la place Grammont, elle se nommait rue de la Charonnerie ou rue Basse ; puis rue Notre-Dame en face de l’église jusqu’au boulevard de l’Ouest, et enfin rue de Galles en face de la Bonde, en souvenir de la prise de Milly par les troupes du Prince de Galles, en Mai 1371.

La partie comprise entre la hall et le boulevard de l’Est s’appelait rue de Forêt et elle porta le nom de rue de la Montagne sous la Révolution.

Dans cette rue se trouvaient autrefois de nombreuses auberges. A gauche, près de l’ancienne porte Saint-Pierre, existait l’auberge de la « Corne », dans la maison Menet, supprimée en 1840. Le célèbre peintre Lantara y descendit en Août 1773. Il était venu à Milly pour liquider la succession de son père et celle d’un oncle tisserand à Oncy. Il était accompagné d’un créancier, un nommé Henri Cochegune, bourgeois de Paris, qui fit vendre toutes les récoltes des successions pour se rembourser tout ce qui lui était du.

Jean-Louis Thibaut était aubergiste à la Corne en 1788.

Puis, on trouvait au coin de la rue Notre-Dame l’auberge du « Cheval Blanc », supprimée il y a plus d’un siècle.

L’auberge de « l’Ecu » était, jusqu’à la Révolution, à l’angle de la rue Langlois et de la rue de Melun. Après cette dernière rue se trouvait l’auberge de la « Croix d’en Bas » qui n’existait plus déjà au milieu du dernier siècle.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


dimanche 2 mars 2008

Fête du Timbre 2008 à Milly la Forêt

A l’occasion de la Fête du Timbre 2008, nous avons assisté à la salle des Fêtes de Milly-la Forêt à une très belle exposition philatélique. Les visiteurs sont venus nombreux de l’Essonne et des départements voisins pour admirer la centaine de tableaux présentés par 23 membres d’associations philatéliques d’Ile de France.
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Les plus jeunes ont particulièrement apprécié le stand qui leur était destiné. Ils ont pu s’initier à la philatélie et faire de nombreux jeux.

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Remercions M. François ORCEL, Maire de Milly ; M. Jean-Marie VALDENAIRE, Président de l’association philatélique de Milly, ainsi que tout le Comité d’Organisation, sans qui cette manifestation n’aurait pas été une telle réussite.



M. Orcel - M. Lapeyre - M. Boussaingault - M. Bidault - M. Valdenaire

Inauguration de la fête patronale Saint-Pierre de Milly en 1857

S’il est une institution qui plaise à l’esprit du peuple, qui possède sa foi et ses sympathies, c’est assurément la fête patronale du pays natal. Cette institution dont l’origine est toute morale et semble se perdre dans la nuit des temps, manquait à la ville de Milly. Ses habitants n’ont pas voulu plus longtemps en être privés, et ils ont, sous le vocable de Saint-Pierre, érigé leur fête patronale.

L’inauguration a été des plus splendides ; Milly a fait les honneurs de sa fête avec une pompe inaccoutumée. Tout ce que l’industrie moderne a inventé pour la décoration des fêtes populaires et des réjouissances publiques, figurait dans les rues, sur les places et les promenades de cette ville. L’église elle-même s’était parée avec grâce, et avait, on peut le dire, déployé toutes ses splendeurs. Une foule immense se pressait dans son enceinte pour entendre des artistes d’élite qui devaient exécuter une messe de Dietch, maître de chapelle à l’église de la Madeleine. Hâtons-nous d’ajouter que ces artistes ont dignement répondu à l’attente du public.

Le Kyrie a été dit par M. Fréret, basse-taille de l’Académie impériale de musiques, avec ses mâles accents qui caractérisent une organisation vocale des plus puissantes.

Le solo du Gloria a été chanté par M. Tasson, autre basse-taille du théâtre d’Avignon, dont la voix large et sonore est destinée, nous n’en doutons pas, à retentir sur une scène plus élevée.

C’est Mme Duménil qui, pour le Benedictus durant l’élévation, a laissé tomber de ces notes si pures et si suaves qu’elle a dû causer dans l’auditoire de biens douces émotions.

C’était M. Loüault, premier ténor de l’opéra de Marseille, qui a chanté l’Agnus, avec cette voix pleine d’éclat et de puissance, qui lui présage un si bel avenir.

M. Godefroy a exécuté sur l’harmonium de brillantes mais trop courtes symphonies, suffisantes toutefois pour nous faire apprécier l’immense talent de son jeu, dont est heureusement doué cet organiste distingué de la cathédrale de Rouen.

Remercions M. Calabrési, ancien chef d’orchestre et directeur du théâtre de Liége, qui a su réunir des talents si variés, et les diriger dans l’exécution de l’œuvre musicale dont nous parlons. Les uns et les autres ont droit à nos sympathies et à nos félicitations.

Durant la messe, une quête au profit de l’église a été faite par Mme Jom…, qui eu l’heureux don de la rendre productive, chacun voulant sans doute que son offrande passât par des mains aussi dignes de la présenter.

A la fin de la cérémonie une centaine d’ouvriers, tous membres de l’association mutuelle, se sont rendus sur la place centrale pour s’asseoir à un banquet auquel avaient été conviés quelques notabilités de la ville. La cordialité la plus franche, la gaieté la plus expansive n’ont cessé de régner durant ce repas que présidait l’honorable M. Mortera, dont le zèle dévoué et les soins intelligents ont si puissamment contribué à l’union et au développement de cette société. Des toasts et des discours souvent interrompus par de chaleureux applaudissements, ont été prononcés au dessert.

Dans l’après-midi, des jeux publics excessivement variés, des concerts pleins d’harmonie ont constamment fixé l’attention de la foule.

Mais que dire de la fête de nuit, et de l’animation des bals, et de l’éclat des illuminations, et de l’heureux succès obtenu par Ruggieri pour son feu d’artifice, dans lequel a été représenté le donjon du château de Milly avec ses tours et ses créneaux. Toute description nous paraît impossible.

En voyant cette affluence de monde qui partout tourbillonnait faisant éclater sa joie et son admiration, en voyant ses gerbes de feu qui sillonnaient les rues, toutes ces mille lumières aux couleurs si variées, et dont l’éclat scintillant semblait le disputer à la clarté du jour, au milieu de ce tumulte et de ce luxe éblouissant, on eût pu se croire subitement transporté dans une de nos grandes cités, et assister à une de ces fêtes nationales que les peuples, dans leur enthousiasme, décernent à leur souverain. Mais non, c’était bien Milly, cette petite ville industrieuse, si coquettement située dans la vallée qu’arrose l’Ecole, Milly, avec ses grandes allées ombragées qui l’entourent, avec ses roches pittoresques qui bornent son horizon. Milly enfin, qui tous les jours attend sa voie ferrée pour devenir ce qu’elle fut autrefois, la reine du Gatinais, c’était bien, disons-nous, cette petite ville si riche d’avenir qui fêtait avec cette magnificence les populations voisines.

Pour accomplir ce prodige d’enchantement, il a fallu non pas, comme diraient les poètes, la présence d’une fée, mais bien d’abondantes largesses d’une part et de l’autre, un goût sûr et éclairé qui en déterminât l’emploi. Avec ces deux éléments, on est toujours assuré de retrouver la baguette féerique du moyen-âge, celle d’or de notre siècle avec laquelle on crée souvent des merveilles et on charme la société. C’est à quoi sont parvenus avec le plus grand succès les organisateurs (1) de cette fête. Un résultat inespéré a couronné leurs efforts. Grâce leur soit rendu d’avoir si dignement rempli leur mission.

CARASSUS, docteur médecin.
Milly, 7 Juillet 1857

(1) MM. Delacourcelle, secrétaire de la Mairie ; Laribe, receveur de l’enregistrement ; Lonault, percepteur ; Mortera, président de la Société de Secours Mutuels ; François, Quinton et Toussain, conseillers municipaux.


Délibération du Conseil Municipale du 24 mai 1857,
qui fixe la fête patronale Saint-Pierre aux
dimanche et lundi qui suivent le 29 juin.


Défilé Place du marché

mardi 26 février 2008

Grande Rue de Milly la Forêt

Cette rue qui est la principale de la ville, va de la place de la Mairie à la place du Marché après avoir traversé la rue Saint-Jacques. La première partie s’appelait rue des Barbiers ; l’autre rue des Petites Halles. La petite ruelle Traversière, autrefois ruelle Guibert, fait communiquer la Grande-Rue à la rue des Trois-Môles. Plus haut, la rue Reculès, qui a conservé un caractère pittoresque, s’appelait rue de Parnay.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


dimanche 24 février 2008

La cavalcade allégorique du 24 mars 1912

Une grande cavalcade allégorique en faveur de l’aviation est organisée pour demain dimanche 24 Mars 1912. Départ à 2 h précises de la rue du Faubourg Saint-Jacques.
Cortège – Grenadiers, Fanfare de Trompettes, Seigneurs Louis XIII , Char des Enfants, Groupe d’Incroyables, Char de l’Aviation, Mexicains, Char de la Musique, Les 4 Mousquetaires, Char de la Reine, Hussards de la République, Char de l’Entente Cordiale, Gardes Française, Char du Bazar mystérieux, Picadors, Toréadors, Char du Commerce, Char de la gaieté, Char du bon vieux temps.
Itinéraire – Formation route d’Oncy – Faubourg Saint-Jacques, Boulevard du Sud, Place de Lyon, Rue Saint-Blaise, Place du Marché, Place du Colombier, Rue et Faubourg de Paris, Rue des Fontaines, Rue de Melun, Place de la Mairie, Rue Langlois, Rue Saint-Jacques, Boulevard du Sud, à droite, rue Farnault, Place de la Mairie, Grande Rue, Rue Saint-Jacques, Rue Saint-Blaise, Rue Charles Cochin, Place du Colombier, Boulevard du Nord, Route de Boutigny, Rue des Chataigniers, le Puits Pâtre, Rue Saint-Pierre, Grande-Rue, Place du Marché. Place du Marché : Apothéose. Dislocation.
Souhaitons un beau temps aux organisateurs et une recette fructueuse.

L’Abeille d’Etampes du 23 mars 1912


Automobile fleurie


Char de la Reine


Char de la Reine


Char de la Reine


Char de l'Aviation


Char de l'Aviation


Char des Enfants


Char des Musiciens


Char du Bazar mystérieux


Char du Boeuf gras


Char du Bon Vieux Temps


Laudau escorté


Fin de la Cavalcade

La cavalcade allégorique organisée au profit de l’aviation a eu lieu dimanche dernier.
Une foule nombreuse arriva de tous côtés tant dans l’espoir de voir atterrir des aéroplanes que dans celui de voir la cavalcade.
Vu le vent très violent, les aviateurs ayant en vain essayé de partir d’Etampes ont dû y renoncer.
Dix chars figuraient au cortège et furent très réussis.
Le char de la Reine, décoré avec goût, fut très remarqué, ainsi que le char de l’Aviation. A remarquer aussi le char du Bon Vieux Temps et le char des Vendanges qui sortaient de l’ordinaire. Remerciements à la fanfare de Milly ainsi qu’aux sapeurs-pompiers et à la société de Trompettes de Malesherbes qui prêtèrent leur concours.

L’Abeille d’Etampes du 30 mars 1912

mardi 19 février 2008

Boulevard Sadi-