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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






dimanche 4 décembre 2016

Les escarmouches dans le canton de Milly


Synthèses des rapports des maires de Dannemois (1), de Courances (2), de Moigny (3), Soisy sur Ecole(4) ; du capitaine Bazin des francs-tireurs de Paris (5), de l’Agent voyer de Milly (6), de M. Adine, instituteur à Milly (7). Ils furent faits à la demande de M. le Préfet de Seine et Oise en septembre 1871.

La base de ce texte est le rapport de M. le Maire de Dannemois

…………………………………………………………..

 Le seize septembre une compagnie de 120 francs-tireurs de la Seine (1), venant de Melun (5)   nous arriva commandée par MM. Bonnet, capitaine et Bazin, lieutenant, porteurs d'une lettre émanant de Milly signée de M. Fout adjoint, dans laquelle j'étais prié de loger chez les habitants, pendant un jour et demi ladite troupe, ce que je m'empressai de faire.

 Suite à une fausse alerte annonçant l’arrivée de l’ennemi, ils dressent des barricades à Milly,  arrêtent le maire de ce chef-lieu de canton, parce qu'il ne veut pas se défendre, et attendent.

 La brave population de Milly, électrisée par cette arrivée, se lève en masse. M. Dalier, vieux soldat d'Afrique, son fils aîné, qui a fait un congé, l'instituteur, M. Sergent, notaire, l'agent de la force publique, M. Poirier, M. Dornier, conseiller municipal et seize autres braves agriculteurs, nous prêtent main-forte et rivalisent d'audace, en faisant des reconnaissances aux environs. (5)

Les habitants se portèrent de la meilleure grâce à cette charge, les francs-tireurs furent fêtés et n'eurent qu'à se louer de l'accueil qui leur fut fait et de l'hospitalité qu'ils reçurent. Cette compagnie resta ainsi à Dannemois depuis le vendredi soir 16 septembre jusqu'au 18, jour remarquable pour la commune, car c'était celui de la fête patronale.

 A une heure trente de l'après-midi, les militaires se réunirent sur la place publique dans l'intention de repartir pour Milly afin d'y rejoindre le gros du bataillon quand arriva une estafette qui disait appartenir à une autre compagnie qui séjournais à Courances.

 Cet homme, déguisé en paysan, tout fraîchement rasé et monté d'un cheval de cultivateur, apportait l'ordre verbal au capitaine de se replier sur Moigny, attendu que l'ennemi approchait. Cet ordre paru suspect, et le courrier, inconnu des francs-tireurs, après l'avoir interrogé fut soupçonné d'être espion prussien et arrêté par l'ordre du capitaine Bonnet qui ne tint aucun compte de l'avis, et continua sans empressement à préparer sa troupe pour se rendre à Milly. Le moment venu, cet homme montra qu’il savait se battre en tuant cinq Prussien (5)

 Au moment où le clairon sonnait la marche de départ, les francs-tireurs aperçurent une avant-garde de cavaliers prussien à l'entrée du village du côté de la route de Melun. Se précipitant à sa rencontre la mirent en fuite et n'eurent que le temps de prendre position en dehors du village dans les broussailles et le petit bois désigné sous le nom de la Garenne. Ils avaient été rejoints par des habitants de Milly (6) – Quelques minutes après, un corps de troupe de 200 hommes environ vinrent à l'attaque et fut également repoussé avec des pertes considérables ; mais la colonne qui suivait se composait de près de quatre mille hommes, et était muni d'une batterie d'artillerie de 8 pouces qui tournèrent immédiatement sur Dannemois. Heureusement le village est encaissé. Dans la vallée de l'Ecole, et les projectiles faisaient peu de mal. Le combat dura environ deux heures et fut meurtriers, particulièrement pour les prussiens qui perdirent beaucoup de monde. Cependant il est difficile d'évaluer exactement leurs perte, certaines personnes assurent que de l'attestation même des Prussiens, ils auraient perdu 250 hommes tués, et suivant d'autres seulement 140 . Il y eu de leur côté 60 blessés grièvement ; ce nombre ne peut être dissimulé comme celui des morts qui furent enterrés pendant la nuit dans les bois.

 Du côté des francs-tireurs, il y eut également des appréciations. D'après les morts qui furent enterrés par les prussiens de faire être bien reconnu, on évalue les pertes à sept hommes ; et suivant les manquants à l'appel, 20 auraient succombé ; il y eut également quelques blessés et quatre à cinq prisonniers.

 Parmi les morts prussiens, et un des premiers, fut le jeune Lüh***, disent les uns, et suivant d'autres, le prince de Horn, qui tomba à l'entrée du village, sur le bord de la rivière d'Ecole, son corps fut inhumé provisoirement dans le cimetière de Cély (Seine et Marne).

 Le lendemain un sous-officier Prussien me conduisait sur le lieu où avait été tué cet officier supérieur, et me dit : « Voici la place où est tombé notre vaillant compatriote ; plus tard, vous serez requis de la faire connaître à l'autorité prussienne, attendu que le jeune homme qui a été frappé là appartenait à une des plus grande famille d'Allemagne, et que nous avons l'intention d'acheter le terrain pour y élever plus tard un monument quant à son corps il sera rendu à sa famille.

 Pendant que ces faits s'accomplissaient, et avant que les francs-tireurs n’aient battus en retraite du côté de Moigny, le pays n'étant pas encore cerné par les prussiens, Dannemois fut abandonné par les habitants qui se sauvèrent dans les bois du côté de la commune de Videlles, emmenant avec eux tout ce qu'ils purent de bestiaux et quelques  vivres. Hommes, femmes et enfants tous partirent et abandonnèrent le village sauf une douzaine d'hommes et quelques femmes qui restèrent malgré le tableau effrayant qu'ils avaient sous les yeux. De mon côté, fidèle à ma détermination première je suis resté chez moi avec ma famille. Aussi, ce fut à mon domicile que des soldats prussiens vinrent nous trouver, mon fils et moi, nous déclarant prisonniers, et enfin nous conduisirent sur la place publique, en nous maltraitant de la plus dure façon. Ce fut à notre arrivée sur la place, où stationnait un détachement prussien, que nous fûmes contraints de nous agenouiller pour être fusillés, vu que tel était l'intention des hommes qui nous avaient arrêtés.

 Néanmoins, pour le moment ils différèrent notre exécution, et Dannemois fut livré au pillage pendant que nous restions gardés par des soldats qui avaient continuellement l'arme braquée sur nous. Les maisons sont dévastées, les meubles brisés et tout ce que purent emporter les soldats fut leur proie. Ils menacèrent d'incendier tout le village et en effet ils commencèrent l'incendie, au moyen d'allumettes, dans la partie des maisons où l'officier supérieur avait été tiré. Leur fureur était au comble et semblait provenir principalement de la perte du Prince de Horn. Cependant l'incendie se trouva restreint dans la partie voisine de l'endroit où avait eu lieu la rencontre des troupes ennemies et 15 ménages ont ainsi perdu pendant la journée du 19 tout ce qu'ils possédaient, mobilier, abri et vaisselles, et se sont trouvés réduits à la misère. Nous nous sommes réunis, les habitants les plus aisés et nous avons paré aux premières exigences d'un tel état de choses pendant le temps nécessaire pour permettre aux victimes de se rétablir dans leurs foyers et d'y  pourvoir à leurs besoins. La perte totale subie par les quatorze ménages s'élève à cinquante mille francs environ.

Les Prussiens pendant la nuit du 18 au 19 campèrent dans la plaine située entre Courances, Cely et Dannemois. Ce fut là qu'ils nous conduisirent mon fils et moi, et là aussi que nous trouvâmes que les habitants qui étaient restés chez eux et qu'ils avaient emmené prisonniers. Ils nous gardèrent tous jusqu'au lendemain à midi, nous refusant toute nourriture, sans même autoriser nos femmes à nous apporter des vivres.

 Tout ce dont les troupes ennemies eurent besoin en denrées de toute nature, elle le tirèrent avec profusion de Cely, de Courances, mais principalement de Dannemois dont ils auraient voulu l'anéantissement au moment de la levée de leur camp pour continuer leur route du côté de la Loire. Un officier me prit et me conduisit à l'état, me dit : « M. le maire, vous avez demandé des francs-tireurs ; vous en hébergiez et vous en subirez encore les conséquences, vous n'avez pas été fusillé, c'est vrai, mais vous serez pendu ; entendez-vous bien ? »

Malgré cette menace et surtout grâce aux prières et à l'insistance de ma femme, ils nous mirent en liberté le moment de leur départ.

Cette troupe s'est ensuite dirigé sur Brétigny en passant par Moigny où ils incendièrent des meules de foin.

Quant aux francs-tireurs, ils partirent pour Malesherbes (5)

Depuis le combat de Dannemois, une douzaine de détachement prussiens sont passés dans la commune qui sans être autant maltraité que dans les journées du 18 et 19 septembre, n'en a pas moins souffert des exactions des troupes ennemies, et à plusieurs reprises, les habitants maltraités se trouvaient dans l'extrême nécessité d'abandonner leurs domiciles.

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 A la poursuite des francs-tireurs parisiens, les Prussiens envahirent la commune de Courances, firent des réquisitions d’avoine, de paille  et de deux vaches et les firent conduire au camp retiré de deux kilomètres du village. Et le soir arrêtèrent le maire et le sommèrent de livrer 600 portions pour le lendemain. (2)

Le 30 ils arrivèrent à la mairie et se firent donner les armes de guerre et autres.

 Le 19, les Prussiens entrèrent dans Milly. 2 francs-tireurs attardés furent faits prisonniers.

Le 24 septembre, 57 prussiens sont venus de Corbeil à Milly pour des réquisitions. Ils quittent la ville dans l’après-midi et au passage de la Montignotte, 35 francs-tireurs et une vingtaine d’habitants de Milly font feu sur eux : deux cavaliers restèrent sur le terrain, à côté d’un troisième, un courrier tué une demi-heure avant, par des gardes nationaux embusqués. Les dépêches récupérées ont été portées aux avants postes de l’armée de la Loire. La colonne a eu encore à essuyer le feu d’autres francs-tireurs embusqués sur la route de Corbeil, au lieu-dit château vert, le saut du postillon, bois de Nainville, etc. Il paraît que sur les 57 peu d’entre eux sont rentrés à Corbeil sans blessures. Ce jour-là, les voitures de réquisition, qui étaient conduites par des paysans sont revenues avec leur chargement.

Le 26 septembre, les francs-tireurs attaquèrent à Soisy sur Ecole, des Prussiens (Hussards de la mort) qui abandonnèrent un convoi d’avoine qu’ils venaient de réquisitionner à Moigny. La recherche d’armes fut le prétexte à piller le village. (4)

Le 28 septembre, environ 2000 hommes, piétons et cavaliers (800 selon le maire), ont été envoyés de Corbeil pour réquisitionner à Milly. En passant à la Montignotte, l’avant-garde fut attaquée par les francs-tireurs (3, 5) et les habitants. Apercevant l’infanterie qui se disposait à cerner le bois, ils battre en retraite au plus vite. Les prussiens firent 6 prisonniers et les emmenèrent à Milly avec deux autres blessés qui succombèrent à leur blessure. En battant les bois, les Prussiens le feu dans le champtier dit « La gorge à Véron » Dans la soirée, les habitants de Milly eurent fort à souffrir de l’exaspération des Prussiens.

Le Lendemain, ils firent prisonnier beaucoup de propriétaires et notabilité qu’ils gardèrent comme otage ; 15 sont restés en prison à Corbeil pendant une vingtaine de jours ; quant aux six prisonniers faits à la Montignotte, ils restèrent à Corbeil et après, furent envoyés en Prusse d’où ils revinrent fin décembre après paiement de la rançon. (7)

Le 31 janvier, des prussiens ont été attaqués à 2 kilomètres de Courances : ils demandent deux otages pour les protéger jusqu’à Milly (2)

1 : registre du Conseil municipal de Dannemois en date du 12 septembre 1871
2-3-4-7 : AD78 – 4M1/94
5 : 1er bataillon de francs-tireurs- Paris Chateaudun- François Bazin -Sausset-1872
6 : AD78- 4M1/66

Maurice GELBARD

Monuments des Francs-Tireurs

dimanche 11 septembre 2016

« Il ne faut jurer de rien » (Alfred de Musset)


Suivant les régimes le Maire et les Conseillers municipaux furent tantôt nommés, tantôt élus.

En 1800, sous le Consulat, ils furent nommés pour leur civisme et leur intelligence par le préfet. Nous sommes encore sous la Révolution ; le serment est bref : « Salut et Fraternité. »

De 1804 à 1814, sous Napoléon I, on ne trouve aucun serment prêté.

Mais quand il part pour l’île d’Elbe (avril 1814) et que Louis XVIII monte sur le trône et les Conseillers doivent prêter le serment suivant :

Je jure et promets à Dieu obéissance et fidélité au Roy, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui soit contraire à son autorité et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferais connaître au Roy.

Ce serment n’est que la reprise des articles VI et VII du Concordat signé en 1801 entre le citoyen premier Consul et la Pape Pie VII :

VI. Les évêques, avant d'entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants :
« Je jure et promets à Dieu, sur les saints évangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n'avoir »aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue, soit au-dedans, soit au-dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique ; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j'apprends qu'il »se trame quelque chose au préjudice de l'État, je le ferai savoir au Gouvernement. »

VII. Les ecclésiastiques du second ordre prêteront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement.
Quand Napoléon 1er revient  en mars 1815, il fait prêter le serment suivant:

Je jure obéissance aux constitutions de l’Empire et fidélité à l’Empereur.

Après Waterloo, Louis XVIII revient et, à nouveau, les Conseillers sont soumis à un nouveau serment en mai 1816

Je jure et promets à Dieu de garder obéissance et fidélité au Roy, de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue qui soit contraire à son autorité et si, dans le ressort de mes fonctions, ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose à son préjudice, je le ferais connaître au Roy.

Vous remarquerez que devant la volte-face des Français, on jure de garder obéissance

En 1821, pour l’installation des nouveaux Conseils municipaux, le serment change :

Je jure fidélité au Roy, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume

Il n’est plus fait référence à Dieu et si on garde sa fidélité au Roi, c’est à la Charte constitutionnelle et aux lois qu’il faut obéir.

En 1830,  Louis-Philippe remplace brutalement Charles X :

Je jure fidélité au Roi des Français, obéissance à la Charte constitutionnelle et aux lois du Royaume.

Il s’agit du Roi-des-Français et non plus du Roi-de-France: Le souverain gouverne un peuple et non plus un territoire.

D’après la loi du 31 août 1830, tous les fonctionnaires publics étaient tenus de prêter serment envers le pouvoir. Le maire et les adjoints  aussi. Aujourd’hui, il y a encore un très grand nombre de personnes qui sont persuadés que cette loi s’applique toujours.

Il y a, aujourd’hui, des prestations de serment pour exercer dans un certain nombre de professions, mais ce sont des promesses de bien exécuter son travail selon la déontologie.

1848 : c’est le II° République et en mai 1852, le 9 mai, Louis-Napoléon est élu prince-Président de la République.

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président.

Puis Louis-Napoléon devenu Empereur le 2 décembre 1852. Le serment devient :

Je jure obéissance à la Constitution et fidélité à l’Empereur

 En Juillet 1870, il y a de nouvelles élections municipales. Des Conseils se réunissent et prêtent serment (le 29 août à Milly)

Beaucoup ne se réuniront qu’après le 4 septembre et les Conseils ne savent pas ce qu’il faut faire.

Certain reprendront (par prudence?) le serment à l’Empereur. D’autres, celui au Prince président, ou encore à Maisse :

A Soisy sur Ecole


A Videlles :


Beaucoup ne feront rien, car il n’y avait rien à faire

Il y eut des élections municipales, à Milly comme ailleurs, les 30 avril et 7 mai 1871. Les Assemblées procédèrent par bulletin secret au vote pour la nomination du maire et de l’adjoint.

Depuis, il n’y a plus de prestation de serment. La liberté de conscience promise dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 commence à pénétrer les institutions. Plus de 80 ans d’attente. Ne critiquons pas trop vite les autres pays pour qui c’est une idée neuve.
Maurice GELBARD

lundi 5 septembre 2016

Exposition : Le Patrimoine religieux de Milly-la-Forêt et de la Communauté de Communes des 2 Vallées



Cette année l’association « Les Amis de Milly-en-Gâtinais
et
Environs » (LAMGE) vous présentera à l’Espace Culturel du
Moustier du 10 septembre au 2 octobre 2016 une exposition
sur le riche patrimoine religieux des villages de la
Communauté de Communes des 2 Vallées.

Alors qu’Aurore Poret effectuait les recherches historiques sur les
églises de Boigneville, Boutigny-sur-Essonne, Buno-Bonnevaux,
Courances, Courdimanche, Dannemois, Gironville, Maisse,
Milly-la-Forêt, Moigny, Mondeville, Oncy-sur-Ecole, Prunay-sur-Essonne,
Soisy-sur-Ecole et de Videlles, Quentin Kheyap accompagné
de quelques autres photographes de LAMGE ont revisité ces
édifices pour nous offrir de très belles photos.




A cette occasion, notre association éditera son cinquième livre.



dimanche 28 février 2016

La chasse aux lions dans la région de Milly


Au rendez-vous de chasse du Bois-Rond, près d'Achères (Seine-et-Marne ), situé sur la route d'Arbonne à Achères, en un site magnifique, dans un paysage accidenté de bois et de rochers, est établi depuis peu d'années une installation pour films cinématographique. Un important espace de bois et de roches est entouré de grillages ; dans l'enceinte, des panneaux de bois représentent des chalets, un quartier africain avec palmiers et tout le décor de ces lointains pays. On a déjà chassé, au Bois-Rond, la hyène, la panthère et le lion, et au moment précis voulu, un habile tireur foudroyait ces fauves d'une balle.
NOISY sur ECOLE - Bois Rond - Rocher où fut tué le lion d Artagnan
La semaine dernière encore, de grandes chasse aux lions furent organisées. Il vint pour cette séance un important personnel ; 3 fauves devaient être tués aux différents dénouements de l'action de ces chasses. Or, aux premiers jour de la semaine, le programme se déroula bien comme il était prévu, mais jeudi il subit une modification sur laquelle les organisateurs n'avaient pas compté et qui aurait pu tourner au tragique.
Trois lions et lionnes franchirent tout à coup les clôtures et voulurent aller faire tout comme de simples touristes leur promenade en forêt. Ce fut alors, la vraie chasse que les films malheureusement ne produisirent pas. Après une poursuite qui ne fut pas sans émotion, les habiles tireurs attachés à l'entreprise purent coucher à terre les dangereux évadés avant qu'ils n'aient pus jeter la panique dans le pays, et que ne leur soit venue l'idée de venir faire un tour au marché de Milly. Cet incident qui a causé une grosse perte aux organisateurs de cette entreprise, fit aussi passer un moment assez palpitant aux acteurs et aux curieux.

Vendredi dernier, la mise en scène représentait des caravanes au Congo et au Soudan. Il y eut quantité de personnages casqués, habillés de kaki, de chevaux montés, harnachés de bâts à bagages,et de nègres, une vingtaine de vrais nègres, attifés comme ils le sont en pays d'origine, les uns conduisant des chevaux en mains, d'autres portant des ballots ; le défilé dura longtemps en différents sens dans l'enclos, puis il remonta vers les sablons.

On nous dit que tous les jours de nombreux curieux vont au Bois-Rond, distant de Milly, par Arbonne, d'environ 11 kilomètres. On peut s'y rendre encore par voiture, s'adresser alors à M. Perrot. On peut enfin prendre le tramway Milly-Melun pour la gare d'Arbonne, avec trajet à pied de cette gare d'environ 3 kilomètres. Les bons marcheurs sont libres de descendre à l’arrêt des grandes vallées ou d'aller à pied de Milly par chemin forestier, ce chemin étant de beaucoup le plus court. Dernier et intéressant détail : on trouve au  Bois-Rond, chez le garde Petit, bonne chair et bons rafraîchissements.

Le lion d'Artagnan quelques instants avant sa mise à mort lors du fim "Dans la Brousse" en janvier 1912 

Affiche du film "Dans la Brousse"


 Source : Abeille d'Étampes 26.04.1913
Merci à Jérôme LIMERY de nous avoir fait découvrir cet article

dimanche 13 décembre 2015

6ème Salon multi-collections de Milly-la-Forêt


L'association Philatélique et Cartophile de Milly-la-Forêt et Environs organise son 6ème Salon multi-collections le dimanche 20 décembre 2015.
 
Comme chaque année, il se tiendra au Gymnase du collège Jean Rostand, 18 rue de l’Hermite. Le public sera accueilli de 8h30 à 17h30.

 L’entrée est gratuite.

 Une buvette et une restauration rapide seront disponibles sur place.
 
Le salon regroupera une quarantaine d'exposants professionnels et amateurs.

Les collections les plus variées y seront proposées : timbres, cartes postales, monnaies, vieux papiers, capsules de champagne, cartes téléphoniques, fèves, flacons de parfum, disques, livres et autres objets de collection.
 
Conjointement au Salon multi-collections, une exposition de l’Atelier photos de Milly-la-Forêt sera installée, ainsi que des documents des Amis de Milly en Gâtinais et Environs.
 
Dans la salle, vous ne pourrez pas manquer le stand de l’APCME qui aura le plaisir de vous présenter ses activités liées aux timbres et aux cartes postales, ainsi que le stand de LAMGE où vous pourrez acquérir nos différentes publications.

 
 

dimanche 1 novembre 2015

Crash d'un avion d'Air France à Dannemois


Un quadrimoteur « Vickers 708 Viscount » d’Air France, immatriculé F-BGNK, s’est écrasé en flamme à 10h10 le mercredi 12 décembre 1956, non loin de Milly-la-Forêt à Dannemois au lieu-dit Château-Vert, causant la mort des cinq membres d’équipage.
Vickers 708 Viscount
L’appareil avait décollé d’Orly quelques minutes avant la catastrophe pour effectuer un vol d’entrainement à destination de Reims, pour permettre à trois pilotes MM. Calsy, Brunot, Nicolai de s’habituer à ce type de quadrimoteur. Il avait également à son bord MM. Marchandise, pilote instructeur et Heymard, contrôleur au centre d’instruction de Vilgenis. A 9h58, il passa à la tour de contrôle son dernier message demandant l’autorisation de monter à 1500 mètres. Il devait d’après les instructions de la direction de la navigation aérienne en passer un autre vers 10h10. Celui-ci, ne fut jamais transmis, l’avion s’était écrasé pour des causes inconnues dans les bois de Dannemois près d’une cabane où un ouvrier de la dérivation des eaux de la Ville de Paris, M. Henri Bourgeois, de Soisy-sur-Ecole, réparait une serrure.

Ce dernier a déclaré :
« L’avion volait au ras des arbres, en flammes, soudain, il a piqué presque à la verticale, puis s’est écrasé et a explosé au sol. »
Un autre ouvrier du même service, M. Maurice Bouret, également de Soisy-sur-Ecole, travaillait un peu plus loin et nous a dit :
« J’ai cru que mes deux camarades avaient été pris sous l’avion qui, en s’écrasant au sol, a fait une gerbe de feu de plus de 100 mètres de haut. Si l’appareil s’était écrasé quelques mètres plus à gauche, il aurait défoncé l’aqueduc de la Vanne, qui passe sous nos pieds. »
Au début de l’après-midi, tandis que M. Bellonte, inspecteur général de l’aviation civile, spécialement chargé des accidents et le procureur de la République accompagnés de M. Collevet, juge d’instruction, arrivaient sur les lieux, les sauveteurs erraient dans la clairière dont le sol était imbibé de kérosène.
Aux branches des arbres, sur le sol, des morceaux de tôles noircies trainaient, parmi d’autres débris, où il était impossible de reconnaitre même un moteur.

Les enquêteurs ont interrogé un témoin qui n’étant pas dans les bois comme les ouvriers de la Ville de Paris, et ayant une meilleur visibilité, a pu suivre presque de bout en bout la chute du Viscount. M. Martial de Dannemois a fait le récit de ce qu’il a pu voir :
« Je labourais mon champ à 300 mètres du bois, lorsque j’ai entendu un hurlement aigu. J’ai cru que j’allais voir un avion à réaction et entendre le bang caractéristique. Mais soudain, alors que je fixais un amas de nuage, j’ai vu jaillir une énorme boule de feu. Elle piquait droit au sol, à une vitesse vertigineuse. Quelques secondes plus tard une formidable explosion a secoué le bois. Une flamme haute de 100 mètres a jailli, puis le silence s’est abattu sur les lieux du terrible accident. Je me suis immédiatement précipité sur les lieux, mais je n’ai trouvé que des débris de ferraille calcinés et tordus. Ils jonchaient le sol avec des lambeaux d’étoffe et des papiers calcinés. J’ai alors compris qu’il n’y avait plus rien à faire, plus personne à sauver. J’ai attaché mes chevaux et je suis allé au pays donner l’alerte. »
La perte de contrôle a été donné comme raison de l'accident mais cela n'a jamais pu être établie avec certitude.

Sources : Le Républicain du 21 décembre 1956.

dimanche 4 octobre 2015

Mortier de tranchée « crapouillot »


Par arrêté de M. le sous-secrétaire d'État aux finances, chargé de la liquidation des stocks, en date du 4 septembre 1920, il a été consenti à la commune de Milly, la cession gratuite de deux canons de tranchée provenant des prises de guerre à titre de trophées.
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En lisant les lignes ci-dessus, il ne manquera pas d'habitants de Milly qui se feront cette réflexion : « Nous sommes assurés de canons c'est déjà quelque chose ; il ne manque plus maintenant que le monument. »

Mais que l'on se rassure ; il paraît que le choix de la commission s'est presque définitivement arrêté sur un modèle où figure un poilu « qui se pose un peu là. » !

 L’Abeille d'Étampes du 18.09.1920 

A l’automne 1914, le front se stabilise et les belligérants s’installent dans une guerre de position. Les soldats se terrent dans des tranchées. Si les Allemands possèdent une artillerie à tir courbe adaptée à ce type de combat (Minenwerfer de 17 et 25 cm de calibre), les Français en sont dépourvus. Après avoir utilisé de vieux mortiers en bronze et des engins rudimentaires, l’armée adopte plusieurs matériels adaptés aux tranchées, dont le plus convaincant sera le mortier de 58 mm T. n° 2, le "T" signifiant "tranchée".

Il faut en effet attendre le printemps 1915 et les travaux du commandant Duchêne afin que l'infanterie française soit dotée d'une artillerie de tranchée puissante et portable. L’objectif est simple : les tirs doivent atteindre, depuis une tranchée et par un tir courbe, l'intérieur d'une autre tranchée, action qu'un canon de campagne de 75 mm ne peut effectuer.

Les mortiers de 50 lancent des bombes à grande capacité d'explosif. La bombe est munie d'une queue du calibre de 58, qui pénètre seule dans l’âme ; la bombe est en dehors du mortier. Des ailettes assurent sa stabilité sur la trajectoire. Plus aisé d'utilisation que les précédents, et surtout plus robuste, ce modèle s'imposera dans l'artillerie de tranchée côté français pendant toute la durée de la guerre.

Du fait de sa morphologie, les soldats le surnomment "crapouillot" ou petit crapaud.


Les munitions

Bombes en acier 3 ailettes
6 kg d'explosif
Poids du projectile 16 kg
Portée du projectile 650 m

Bombes en acier 3 ailettes
10,5 kg d'explosif
Poids du projectile 40 kg
Portée du projectile 445 m

Bombes en acier 6 ailettes LS
5,35 kg d'explosif
Poids du projectile 18 kg
Portée du projectile 930 m




Bombes en acier 6 ailettes DLS

10 kg d'explosif
Poids du projectile 35 kg
Portée du projectile 550 m





Le peloton de pièce se compose de :
1 brigadier : 1 chef de pièce
4 servants : 1 pointeur-tireur, 1 chargeur, 1 npourvoyeur en projectiles, 1 pourvoyeur en gargousses
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Effets sur le personnel :
Les effets du souffle des projectiles tirés sans retard se font sentir jusqu'à une dizaine de mètres du point de chute.
Les éclats sont dangereux jusqu'à 300 mètres pour les petites bombes, 500 mètres pour les grosses bombes.
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Emploi des mortiers de 58 t.
Les mortiers de 58 sont des engins d'attaque qui ont pour mission principale de détruire les organisations de l'ennemi les plus rapprochées des lignes.
Dans l'offensive, leur rôle sera de ruiner tous les obstacles qui pourraient gêner la marche de notre infanterie : en  particulier les réseaux de fils de fer et les organes de flanquement.
Dans la défensive, ils seront employés à détruire les organisations d'attaque de l'adversaire ; saillants, têtes de sape, installations pour les gaz asphyxiants, postes d'écoute, etc.

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Procédé de pointage de pièce
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Jérôme LIMERY