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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






mardi 11 novembre 2008

Vol de légumes à Milly la Forêt !!

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Depuis longtemps, la gendarmerie de Milly était informée que de nombreux vols de légumes étaient commis au préjudice des maraîchers de la localité ; jusqu’ici les recherches pour découvrir les auteurs de ces vols étaient restées infructueuses et l’on aurait cherché longtemps si l’un de ces maraudeurs n’avait été dénoncé par sa propre femme : on est jamais trahi que par les siens.

C’est à un double titre que L…, jardinier au hameau de Saint-Pierre-de-Milly, a été obligé de reconnaître la vérité de cet aphorisme. En effet, marié à une femme beaucoup plus jeune que lui, L… a vu de bonne heure une végétation encombrante pousser sur sa tête ; trop souvent la volage épouse donnant des coups de canif dans le contrat conjugal, s’en allait soit à la Ferté-Alais, soit à Malesherbes « passer une journée ou deux chez sa cousine ».

Cependant, L… aime beaucoup sa femme – « N’est-ce pas, Fernande ? » - c’est pour lui être agréable qu’il a commis les vols pour lesquels il est poursuivi. Un jour, pendant qu’elle était en état de grossesse, la femme L… eut l’envie de manger des asperges ; on sait quelles conséquences déplorables peut avoir la privation d’un aliment désiré par une femme dans cette position. Aussi, L… n’hésita pas ; il s’en alla en… voler dans le jardin de son voisin.

- C’est bien moins cher comme cela, se dit-il !

Le jour du baptême, Mme L…, quoique délivrée, eut envie de manger des haricots. On ne peut rien refuser à sa femme le jour du baptême. L… s’en alla en chercher dans un jardin appartenant à M. Boissard ; mais au moment où il s’apprêtait à en emporter une « boisselée » qu’il avait attachée avec sa ceinture, le propriétaire survint ; le voleur de haricots dut s’enfuir, abandonnant son butin et sa ceinture.

Cette opération n’avait pas été fructueuse ; pour s’indemniser L… s’en alla dans le jardin de M. Genevelle et y prit des choux, qu’il revendit ensuite.

L… veut bien reconnaître qu’il a volé des asperges et des haricots, mais pour les choux, c’est une autre affaire.

- Si j’en avais pris, je vous le dirais, dit-il, n’est-ce pas Fernande, je n’en ai pas pris ?

Mais Fernande au lieu de venir en aide à son mari, lui reproche d’avoir volé des bottes de paille au préjudice de M. Bédu.

- Ca c’est vrai, dit L…, quand les soldats ont passé à Milly, je ne pouvais pas les faire coucher par terre, je suis allé en chercher quelques bottes dans la propriété de M. le Maire.

Dans des conditions semblables, L… a volé environ 40 kilogrammes de « méchants raisins » dans la propriété de Mme Jamet à Oncy ; deux pannerées de pommes chez M. Gauthier, une paire de traits, des bottes de paille d’avoine, etc…

- Il a encore volé des oignons qui ont été retrouvés au moment de la vente, s’écrie Mme L…, qui par cette dernière révélation accable le malheureux jardinier.

Enfin, L… est inculpé d’avoir porté de violents coups de pied et de poing à sa femme, le jour du Mardi-Gras ; il reconnaît avoir infligé cette correction matrimoniale à sa femme, parce qu’elle avait fait cuire des crêpes pendant deux jours, bref, il reconnaît tout « sauf les choux ».

L…, véritable victime de l’amour conjugal, est condamné à trois mois de prison.
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L'Abeille d'Etampes du 20 avril 1901