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« MILLY DANS LA TOURMENTE 2e ÉDITION » (ÉDITION DU CENTENAIRE)


« HOMMAGE AUX POILUS MILLIACOIS 1914-1918 »



Exposition

« HOMMAGE AUX POILUS MILLIACOIS 1914-1918 »

du 13 octobre au 18 novembre 2018







dimanche 4 février 2018

ONCY, c'était vers 1840...



A cette époque, la route qui traverse ONCY était répertoriée comme étant la « Route départementale n° 30 d’Argent à Champrosay ». Argent-sur-Sauldre est une commune  située dans département du Cher et Champrosay est maintenant un quartier de Draveil. 


Vers 1840, ou un peu avant,  on entrepris de la « redresser »: les inégalités verticales et horizontales furent « adoucies » ; les routes furent élargies, les virages plus amples et les pentes plus régulières. Ces travaux avaient commencé depuis des années dans tout le pays. Ce n’était qu’un début.
           
Pour la traversée du Closeau (vers le n° 64 de la Grande Rue), on établit le plan * ci dessous :



Le chemin des Résistant y était nommé « Ancien chemin ». On y avait tracé en hachuré rouge des murs à élever. Une loi obligeait les habitants à le faire pour des raisons de sécurité. Il ne fallait pas que des malandrins puissent se servir des angles morts des maisons pour s’y cacher et attendre des victimes à détrousser.

La route actuelle qui avait été ouverte (12 mètres de large) avait traversé la propriété de M. Viron. C’est la raison pour laquelle un angle de sa maison est écorné et qu’on a l’explication de ce bout de mur qui en sort. Quant à la construction qui est en jaune sur le plan, elle fut éliminée.

Comment faisait-on pour aller de Milly à Tousson en passant par Oncy ?  


Voici une photo aérienne de 1947 où les limites de terrains « parlent ».

Le tracé « vert », en haut de l’image, commence au chemin des Résistant, passe derrière le Prieuré où l’ancienne route est encore parfaitement visible : le chemin y est large et bien empierré. Puis il oblique vers le bas de la côte de Tousson. Vous aurez remarqué que les champs sont bien délimités de part et d’autre, indice de l’ancienne route. Elle est parfaitement dessinée sur le cadastre napoléonien de 1815.

Le tracé jaune, en bas, est la route qui venait de Noisy pour aller à Milly. Elle tournait par l’actuelle rue du général Leclerc. La plaque de cocher, toujours en place, est là pour en témoigner.
Le tracé « rouge » est le « chemin de la maison brûlée » qui entre dans le village. Ce n’était qu’un « chemin ».

Quand la « route »  dû passer, il a été nécessaire de raboter les maisons qui la bordaient.




En jaune, c’est ce qui devait disparaître.

La « Place d’Arme » était un lieu de rassemblement des milices communales, tant pour des revues que des exercices. Ce fut également le lieu de rassemblement des conscrits après le conseil de révision. Elle fut plantée d’un tilleul (arbre de la liberté) lors de la Révolution de 1848. Trop vieux, il fut remplacé en 1993.

Les travaux dont il est question  furent exécutés pour des raisons stratégiques.
Quand Napoléon a envoyé ses armées en Espagne pour une guerre qu’il ne gagna pas, une partie de ses troupes est passée par Oncy. Des hommes, des chariots de matériel, des canons. Sous leur poids, le pont du Ruisseau (à côté d’Intermarché) n’y résista pas. Puis imaginez cette armada arrivant à Oncy prendre le virage du chemin des Résistants !

Il faut dire que dans l’origine, les villes n’étaient que des réunions d’habitations groupées les unes auprès des autres, suivant le besoin ou les caprice des particuliers. Si les premiers actes de l’autorité, en France, pour régulariser les constructions datent d’Henri IV, un décret impérial du 16 décembre 1807 résuma et coordonna la dizaine d’édits, ordonnances et lois antérieurs.
           
Pour que les troupes puissent se déplacer facilement on « redressa » les routes ; puis on les borda d’arbres (encore visibles sur la photo aérienne) pour les protéger du soleil.



Voici la route de Malesherbes au début du XX° siècle. Les arbres ont été coupés dans les années 60. Les voitures qui roulaient à toute allure sur cette ligne droite les heurtaient. Il y eut  de nombreux accidents dramatiques.

La route fut non seulement élargie, elle fut « nivelée » (redressement vertical) de telle sorte que les maisons qui la bordaient dans les points bas furent en partie « enterrées ». Vous les remarquerez en  marchant à pied dans Oncy autours du Tilleul et de l’église.


Bonne promenade.



Dans un prochain article, nous présenterons le redressement des rues de Moigny.



Maurice Gelbard 2017


* Ces plans sont aux Archives départementales de l’Essonne à Chamarande.