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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






jeudi 26 mai 2011

Les fouilles sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Jacques


Pour recevoir de nouveaux contingents, le Centre d’instruction militaire de Milly procède à la construction de baraquements sur les Places de la Ville. C’est ainsi qu’en établissant la forme et les assises du Baraquement qui doit s’élever Place Saint-Jacques, à l’angle du boulevard du Sud et de la rue Saint-Jacques, les zouaves occupés aux travaux de nivellement trouvèrent des ossements et divers décombres.

Signalés par l’Abeille-Réveil d’Etampes, ces découvertes attirèrent l’attention de M.Bossavy, inspecteur des Monuments historiques de Seine-et-Oise présidant la Commission des Antiquités et des Arts, qui vient, le 22 Mars 1916, se rendre compte desdites découvertes. M.le lieutenant-colonel Rollin, commandant le centre d’instruction de Milly, fit exécuter divers sondages sur les indications de M.Bossavy, dans l’espoir de retrouver les caveaux de l’ancienne Collégiale Saint-Jacques.

Malheureusement, ces sondages n’amenèrent aucune découverte importante.

Les premiers zouaves qui préparèrent la forme du baraquement furent surpris de mettre à jour, à 20 centimètres à peine du sol de la Place, une grande quantité d’ossements qui furent rassemblés en vue d’être enterrés au Cimetière. Les ossements furent examinés par M. Bossavy qui releva quelques particularités intéressantes.

Si les dires d’un caporal qui dirigeait une équipe sont exacts et s’il ne s’est point trompé dans la disposition des ossements, il en résulterait un fait assez curieux, puisque celui-ci signala que les corps étaient inhumés debout, les cranes se présentant par la partie supérieure et le reste des ossements se découvrant verticalement. Il faut remarquer que cette particularité ne semble s’appliquer qu’aux squelettes trouvés dans la partie la plus profondément fouillée alors que ceux découverts presque à fleur de terre étaient couchés horizontalement.

Les sondages accusent un fond de terre jaune légèrement marneux qui n’a jamais été touché. A sept mètres de la bordure du trottoir de la rue Saint-Jacques, il a été rencontré une partie remblayée. Il y a 8 ans, avec des décombres provenant de la démolition de la chapelle, profonde de 1 m 30 environ, large d’un mètre, qui se reproduit 4 mètres plus loin. C’est d’ailleurs au moment de la démolition de la chapelle que des fouilles auraient dû être faites alors qu’il restait encore les murs de l’ancienne église pour guider les recherches.

Les fouilles exécutées n’ont donné qu’un bien maigre résultat : blocs de grés travaillés, un certain nombre d’ossements, crânes de différentes époques, anciens carreaux de terre de 3 centimètres d’épaisseur dont on n’a pu malheureusement en retrouver un seul entier ; un morceau de fer, pivot de porte probablement et des débris informes.


Chapelle Saint-Jacques
 L’axe de l’église ne se trouvait donc pas si loin. Elle s’élevait probablement plus au nord et devait avoir une étendue assez importante.

Il pourrait être procédé, plus tard, à de nouvelles fouilles notamment dans les parties remblayées qui se trouvent à 7 mètres et 11 mètres de la bordure du trottoir de la rue Saint-Jacques, commencent à 8 mètres des maisons du côté nord et qui se prolongent vers les dites maisons.

Tout ce qu’il y avait d’intéressant a été sans doute enlevé lorsque la chapelle Saint-Jacques fut vendue en 1792 et quand le propriétaire, Claude Julvin, dit Champagne, la transforma en maison d’habitation. En 1780, on avait enlevé la cloche qui portait : « L’an 1629, j’ay été faite à Paris pour les pauvres péllerins de Saint-Jacques de Milly en Gastinois », un beau bénitier et une belle pierre tombale, parce que le bâtiment menaçait de s’écrouler. Elle fut complètement désaffectée en 1790.

Avant de n’être qu’une simple chapelle, dont le titulaire était seigneur du quartier Saint-Jacques, l’église avait été collégiale jusqu’en 1305, époque à laquelle le pape Clément réunit ses cinq chanoines à l’église Notre-Dame de Milly.

L’église avait des dépendances pour recueillir et loger les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle (célèbre pèlerinage du XIIème et XVIème siècle). Elle était la propriété de la Confrérie des Pauvres Pèlerins de Saint-Jacques et appartenait encore à cette confrérie en 1679, peut être même jusqu’à la Révolution.

Un descendant des premiers seigneurs de Milly, Messire Guillaume de Milly, dit « Le Chantre » était chantre de l’église Saint-Jacques en 1312. Les habitants de Milly furent condamnés en 1329 à lui payer une amende de 2 500 livres parisis.

Le Patron de l’église était l’archevêque de Sens. Le chantre comme seigneur du quartier avait droits de lods, ventes, censives sur les maisons de la rue Saint-Jacques et il devait foi et hommage au baron de Milly.

D’après ce rapide exposé, on peut supposer que la Collégiale Saint-Jacques devait avoir une plus grande étendue que la place elle-même, qu’elle devait s’élever où sont les maisons du côté nord, sans doute construites lorsque l’église ne fut plus qu’une chapelle. Cette chapelle démolie en 1908 n’était donc qu’un bas-côté de la collégiale. De plus, l’église qui était près de la porte Saint-Jacques et le long des remparts ne pouvait s’élever sur le rempart lui-même.

Il faut espérer que des fouilles plus complètes pourront être exécutées après le départ des troupes, lors du renivellement de la place, pour retrouver quelques vestiges du passé à cet endroit du vieux Milly.



L’Abeille d’Etampes du 1er Avril 1916
Extrait du livre "Milly dans la Tourmente"