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Exposition
« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »

Le 16 septembre sous la halle
Du 17 septembre au 8 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »







vendredi 8 octobre 2010

Le monument de la Résistance à Noisy sur Ecole

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Ce monument imposant se dresse sur l’étroite platière rocheuse qui surplombe la Vallée Close. Il se présente sous la forme d’une pyramide tronquée en grès dur surmontée d’une Croix de Lorraine ; le tout mesure 10,30 m de hauteur dont 3,30 m pour la seule croix ; le poids total en est de 110 tonnes.

L’ensemble fut érigé au lieu géographique où fonctionnait, pendant l’occupation allemande, le projecteur de liaison avec les avions venus d’Outre-Manche, porteurs d’armes et de munitions largués par parachutes dans la Vallée de la Mée. Il glorifie les sacrifices du réseau « Publican » créé en 1942. Une plaque rappelle les noms des 5 morts et des 18 déportés de cette organisation clandestine. Son inauguration officielle eut lieu le 22 Juin 1946 en présence du Général REVERS et du Maréchal SALISBURY.



Le réseau Ernest Publican est crée à la fin 1942 par Maurice Braun (alias Ernest, alias Marcel Barde ou encore Letellier), commandant de réserve et chef de mission des FFC (forces Françaises Combattantes) et par le capitaine Marcel Fox, ancien officier de l’armée britannique en 1939-1940 et officier du SOE (Special Operations Executive).

Ce réseau se rattache au vaste réseau de renseignements du colonel Buckmaster (SOE). L’organisation clandestine, implantée en différents points de la région parisienne (nord de la Seine-et-Marne – secteur de Meaux et dans l’Oise secteur de Brégy et de Versigny) a pour mission le sabotage de lignes de chemin de fer, de gares de triage, d’usines mécaniques et aéronautiques.

Maurice Braun et Marcel Fox préparent minutieusement un parachutage d’armes et de munitions en forêt de Fontainebleau.

Pour ce faire, ils recrutent localement une équipe de réception et de sécurité : Emile Bouchut, forestier, connaît bien le terrain et les sentiers de la forêt. Il est accompagné dans son travail par Benjamin Destré, garde-chasse du Bois-Rond, également habitué de la forêt. Ces deux hommes aidés du jeune Lucien Saroul (18 ans) et du maçon Raphaël Bourdin délimitent le secteur géographique du parachutage: ce sera « la Croix Saint-Jérome » dans « la Vallée Close », clairière sablonneuse du sud du « massif des Trois Pignons » entre Arbonne-la-Forêt et Noisy-sur-Ecole. C’est un site escarpé, difficile d’accès, que les Allemands ne parviendront pas à identifier. A ce noyau dur d’agents, vient s’en greffer d’autres : ainsi, le capitaine Eugène Defontaine, industriel, qui propose d’utiliser une grotte (« la grotte de Rochebelle ») située dans sa propriété pour entreposer les armes parachutées. On compte aussi dans les rangs du groupe Publican de Noisy, Charles Bourgelat, Eugène Thailler, ancien combattant de 14-18, Antoine et Lucie Stimac.

Le parachutage de la Vallée Close dans la nuit du 21-22 juin 1943 :

Le message: « C’est en Touraine qu’on parle le meilleur français », annonçant le parachutage, passe sur les ondes de Radio Londres. Dans la nuit de pleine lune du 21 au 22 juillet 1943, 10 containers sont parachutés au lieu dit « La Vallée close ». Marcel Fox et Maurice Braun assurent le guidage des avions en maniant des signaux lumineux en haut d’un piton rocheux (« La Roche au Four ») qui surplombe la vallée encaissée. Les containers largués contiennent des mitraillettes Sten de 9mm, des pistolets, des grenades incendiaires, des mines antichars, des provisions de chargeurs, des pains de plastic, des détonateurs, des tubes et boîtes d’abrasif pour le sabotage des essieux et des wagons de train. Parachutage et réception sont réussis.

En deux voyages, le charretier auguste Van Den Kinderen transporte toute la cargaison jusqu’à la grotte de Rochebelle, devenue aujourd’hui la « grotte du parachutiste ».

Une seconde opération est organisée pour une prochaine lunaison, avec pour message : « Paulette sois bien sage, ton papa pense bien à toi ».

Mais cette nuit-là, plusieurs faits empêchent le parachutage : un bombardement allié dans la région de Melun, l’édification récente par les Allemands d’une tour de guet non loin de là et un chasseur de nuit rodant dans la région. Par prudence, l’équipe se sépare et le parachutage avorte. Armes et munitions stockées dans la grotte sont ventilées vers Arbonne-la-Forêt, Château-Landon, Brie-Comte-Robert et Paris.

Maurice Braun et Marcel Fox, responsables d’Ernest Publican, continuent leurs activités de parachutages dans l’Oise.

Au cours de l’été 1943, le réseau Publican est démantelé par la Gestapo. Maurice Braun est arrêté à Paris et interné près de 12 mois à la prison de Fresnes. Le 15 août 1944, il fait partie du dernier convoi de déportés partant pour Buchenwald. Il en revient miraculeusement en 1945. Marcel Fox, arrêté lui aussi, est déporté au camp de Flossembourg, où il est pendu à la veille de la délivrance par les troupes américaines.