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Exposition
« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »

Le 16 septembre sous la halle
Du 17 septembre au 8 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »







dimanche 30 mars 2008

Inauguration de l’Hôtel de Ville de Milly, le 27 octobre 1895

Ainsi que nous l’avons annoncé, Milly est doté d’un nouvel hôtel de ville. La construction en est aujourd’hui parachevée et l’inauguration doit avoir lieu demain dimanche 27 octobre.

Cette fête exceptionnelle attirera certainement une quantité de visiteurs étrangers dans la coquette petite ville de Milly, d’autant plus, certainement que le temps paraît se remettre au beau.

En voici le programme :

Dimanche 27 octobre 1895, à trois heures précises, inauguration solennelle de l’hôtel de ville, sous la présidence d’honneur de M. le député de l’arrondissement.

A deux heures et demie, réception officielle à l’école des garçons par le maire et le conseil municipal de Milly, de MM. Le député, le sous-préfet, le conseil général, les conseillers d’arrondissement, et autres autorités.

Défilé du cortège de l’école des garçons à l’hôtel de ville, précédé de la fanfare l’Union musicale et escorté de la compagnie des sapeurs-pompiers.

Cérémonie de l’inauguration de l’hôtel de ville, concert par la fanfare.

De quatre à cinq heures, visite de l’hôtel de ville. A la sortie, distribution de médailles commémoratives.

A sept heures, retraite aux flambeaux.

A huit heures, grand feu d’artifice route de Fontainebleau ; illumination de l’hôtel de ville.

A neuf heures, bal public et gratuit sous la tente.

La fête sera annoncée la veille et le dimanche matin par des salves d’artillerie et les sonneries des cloches.

Les habitants sont invités à pavoiser et illuminer leurs habitations, et à prendre part aux cérémonies de cette fête.

Pour quiconque a pu se rendre compte des travaux exécutés par les architectes et les entrepreneurs, la ville de Milly doit se montrer reconnaissante envers eux de l’habileté et surtout de la ténacité opiniâtre qu’ils ont su employer pour mener à bonne fin le projet. L’habileté de ces messieurs est en ce moment hors de doute.

L’hôtel de ville, dont tous les services ont été raisonnés avec le plus grand soin, a pour façade une large construction, style Louis XIII, brique et pierre, d’un effet grandiose.

La place qui précède le monument est modeste, mais le perron en belle pierre blanche relève l’entrée monumentale.

Cette œuvre a été faite en moins d’une année, c’est constater combien il a fallu de soins et de persévérances à MM. Allain, père et fils, architectes à Boutigny, pour mener en aussi peu de temps à bien une construction aussi importante.

Il y a lieu de signaler à l’admiration de tous la belle exécution qui a été faite par MM. Arthur Hamelin, pour la maçonnerie ; Blondeau, pour la menuiserie et la serrurerie, Voiturin, pour la couverture ; Mitton, pour la charpente ; Turlais et Fournelle pour la peinture.

Nous n’hésitons pas à croire qu’un grand nombre de nos concitoyens ne tienne à assister ce jour là et ne saisissent cette occasion de visiter le gracieux hôtel de ville de Milly.

Le Réveil d’Etampes du 26 octobre 1895

Dimanche dernier, 27 Octobre, a eu lieu comme l’avait annoncé le Réveil, l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville.

Dans la matinée, un déjeuner tout intime réunissait chez M. le Maire et conseiller d’arrondissement de Milly, l’élite de nos visiteurs. Remarqué parmi les convives : MM. Le Député, le Sous-Préfet, le Conseiller général, les Conseillers d’arrondissement, en tout environ vingt-cinq couverts.

A 2 h ½ de l’après-midi, le cortège s’est formé à l’école des garçons. Y ont pris place aux côtés de M. Bédu, maire, M. le député, M. le sous-préfet d’Etampes, MM. Legendre, conseiller général ; Servant, conseiller d’arrondissement ; MM. Les conseillers municipaux de la ville, M. Lézé, juge de paix, son greffier ; MM. Les Notaires ; beaucoup de Mairies et Adjoints du canton, et les fonctionnaires de la ville. La fanfare l’Union musicale ouvrait la marche par l’exécution du pas-redoublé Sambre et Meuse.

Les pompiers formaient l’escorte.

A l’arrivée devant l’hôtel de ville et chacun installé, M. Bédu prit la parole et s’adressa à la nombreuse assistance qui se pressait tant sur les bancs disposés à cet effet, que sur la place de la mairie ; il lui présenta ses remerciements pour le précieux concours qu’elle apportait à cette fête.

M. Le député de l’arrondissement, a fait ensuite l’historique des faits de la grande Révolution dont l’ancienne mairie avait été témoin ; il a parlé du respect que chacun doit au nouveau monument élevé sur cette place, à cause des actes qui s’y accomplissent. Toute notre vie publique et politique se passe là : actes de naissances, mariages, décès, exercice du suffrage universel, tirage au sort, conseil de révision.

M. le sous-préfet a ajouté quelques mots pour se joindre aux deux précédents orateurs ; puis il a attaché sur la poitrine de M. Darbonne-Chevence, jardinier-herboriste, à Milly, la croix du Mérite Agricole ; et il a remis à M. Carrassus, déjà Chevalier de la légion d’honneur un diplôme d’honneur pour sa longue participation aux travaux de l’instruction primaire dans le canton de Milly.

Entre chacun de ces discours, la fanfare a joué plusieurs morceaux de son répertoire, notamment la Marseillaise et l’Hymne Russe.

A 4 heures, les autorités ont parcouru l’hôtel de ville dans tous ses détails et le public a été ensuite admis, mais la foule était si grande que tout le monde ne put y entrer.

A la sortie du public, il a été remis à chaque visiteur une médaille commémorative : Mille médailles ont été distribuées et ce nombre n’a pas suffi.

A 5 heures, la réunion officielle était disloquée. Le soir, la façade de la mairie était brillamment illuminée et un grand nombre de visiteurs n’ont cessé de stationner devant l’édifice jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.

De 7 h ½ à 8 h ½, retraite aux flambeaux par la fanfare, accompagnée des sapeurs-pompiers. A 8 h ½, feu d’artifice sur la route de Fontainebleau.

A 9 h ½, la rentrée en ville eut lieu et au bal gratuit aussi bien qu’au bal payant, on dansa toute la nuit.


Le Réveil d’Etampes du 2 novembre 1895