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Exposition
« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »

Le 16 septembre sous la halle
Du 17 septembre au 8 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »







samedi 24 mars 2012

La traversée d'Oncy

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Voilà 200 ans, les armées napoléoniennes traversaient Oncy pour se rendre en Espagne où l'Empereur avait engagé une guerre qu'il ne gagnera pas.

Les soldats de passage étaient hébergés chez l'habitant et cela représentait tant de désagrément que l'on retrouve dans le registre des délibérations du Conseil municipal de Milly des demandes insistantes auprès de la préfecture pour qu'en échange les impôts soient moins lourds.

Lourds également les canons.

Avant la Révolution, les chemins vicinaux et les ponts étaient bien entretenus grâce aux corvées que les paysans devaient au seigneur. Ces mêmes paysans devaient, en plus, acquitter un droit de passage sur les ouvrages qu'ils réparaient; ce qui valût, le moment venu, quelques désagréments aux encaisseurs! Les chemins et les ponts ne furent plus aussi bien entretenus une fois les corvées supprimées.

Le pont du Ruisseau qui enjambe la rivière d'Ecole séparant les communes d'Oncy et de Milly s'écroula sous le poids des passages répétés.

Le Conseil Municipal de Milly en informa le Préfet lors de ses réunions du 9 mars et du 7 juin 1811. Un devis sera envoyé après la délibération du 2 janvier 1812, délibération qui sera annulée le 6 septembre suivant parce qu'on avait omis d'y inclure le pavage. Aussi, sans doute, parce que la municipalité d'Oncy n'avait pas envie de payer la moitié des réparations, n'ayant pas les mêmes revenus que sa voisine.



Il faudra attendre 1820 pour qu'un devis de 925 fr (de l'époque, soit 3500 Euro de nos jours ?) soit accepté, Milly en payant les deux tiers et Oncy un tiers.

La lecture des registres de délibération a apporté une autre surprise. Dans la délibération du 7 juin 1811. Le Conseil municipal, allant au devant des désirs du gouvernement, demandait que la ville d'Oncy soit rattachée à celle de Milly : « La réunion spirituelle des deux paroisses déjà effectuée depuis longtemps est un acheminement à celle temporelle que leur concours d'ailleurs a favorisé et a déterminé. En effet, cette petite commune n'est éloignée que d'un kilomètre de la ville de Milly et son territoire touche pour ainsi dire aux faubourg de cette ville. Les deux tiers des propriétés du terroir d'Oncy appartiennent aux habitants de Milly et les deux tiers des habitants d'Oncy ont des propriétés sur celui de Milly. Il y aurait donc tout à la fois Économie et Simplicité dans la réunion de ces deux communes en une seule municipalité, tant pour l'assiette et la perception des contributions, la garde et la conservation des propriétés, que pour l'administration des affaires municipales. »

Le 20 juin 1825, M. le sous-Préfet proposait à la ville de Milly d'annexer la commune d'Oncy « étant donné que, sa longue expérience a prouvé qu'une petite population est dans l'impossibilité d'organiser convenablement son administration municipale »

Le conseil refusera « étant donné que cette mesure ne pourrait que troubler la bonne intelligence qui a toujours régné entre les deux communes. »

Le 6 août 1826, M. le sous préfet réitérait sa demande et le Conseil de Milly lui rétorquait les mêmes arguments qu'en 1825.


Qu'est-ce qui avait bien pu faire évoluer les mentalités en 14 ans ?


Maurice Gelbard

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