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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






samedi 15 janvier 2011

Pierre-André de Wisches


Pierre-André de Wisches dans son atelier en 1988
 Né en 1909, aux confins de la Lorraine, dans les Vosges annexées, Pierre-André de Wisches conserve de sa petite enfance, les souvenirs de longues marches dans les forêts profondes de l'Est. Son père, poète, artiste, inventeur et philosophe, transmet à son fils le grand livre de la nature, et lui enseigne que tout est régi par un système de compensation, si bien que, ce qui est mauvais apporte aussi des bienfaits. Cette image d'un père merveilleux, Pierre-André de Wisches la gardera en mémoire. Dès son jeune âge en Suisse, sa tante, artiste peintre, l'initie à la peinture et à l'amour de l'art. Désormais, il se plaît à peindre en accentuant plutôt ses perceptions intérieures, une sorte d'exubérance poétique. Plus tard, il envisage de renoncer à poursuivre ses études universitaires pour faire ses académies à Paris. Sa rencontre avec Pierre Bonnard, peintre adepte du groupe des Nabis, son approche insolite et remarquable de son coloris, lui valut d'être l'un des précurseurs de l'art moderne. Influencé par cette rencontre, il s'attarde en particulier à déployer les formes, tout en les épurant de leurs contenus, dévoilant ainsi, une réalité désormais détachée de son réalisme chromatique et objective, afin de l'imprégner d'émotions et de sentiments profonds. Empreinte de lyrisme et de spontanéité, sans néanmoins oublier la présence de la femme qui devient en quelque sorte, une apothéose à la nature, l'œuvre ainsi manifestée permet de déceler quelque chose de troublant. Naissance du subconscientisme de Wisches parle :




« C'était en 1965, j'étais seul dans l'atelier de ma vieille ferme à l'orée des bois, près de Milly-la-Forêt, il faisait froid et j'étais accablé par des soucis de tous ordres, mon marchand américain me réclamait avec insistance des toiles, et je préparais une exposition pour Katia Granoff. J'avais travaillé tout le jour sans résultat ; vers le soir, j'eus l'impression de m'être endormi et de me réveiller devant une toile à demi inconnue où apparaissait un visage de femme à l'expression étrange. Je n'avais aucun souvenir d'avoir peint ce visage. C'était comme si une autre personne avait fait cette partie de la toile. J'étais exalté par cette vision nouvelle et inattendue. Fièvreusement, je tentais de recommencer, je pensais d'abord que la concentration sur les couleurs ; mon état psychique, ou bien peut-être le froid, la solitude, avaient provoqué cette image. J'avais terminé ma toile et elle m'envoûtait avec son expression venue d'ailleurs. Je me suis remis à peindre avec frénésie et jours après jours, nuits après nuits, mais la toile restait simplement figurative. Depuis quelque temps, je connaissais un étrange personnage qui vivait dans les bois. Adepte du yoga et philosophe, il me guida à la découverte du Zen qui permet de faire le vide en soi. Ce fut une libération, car en faisant le vide en moi, progressivement je libérais mon subconscient. Je venais d'entrer dans le monde magique du subconscientisme. »



Trois ans plus tard, après avoir beaucoup travaillé ; toujours chez Katia Granoff, une exposition qui a pour titre Subconscientisme se tient place Beauvau. Le succès est grand. Les œuvres, selon ce qu'écrit Sam Aberg, "étaient d'une saisissante beauté. De Wisches, ne cesse de séduire son public, par ses ballets chromatiques qui sont une fête pour la vue. Au cours de cette soirée, Katia Granoff lance son dernier recueil de poèmes. Toute l'académie est là. Et, devant cette exposition captivante, Maurice Genevoix s'enthousiasme : - Quel bonheur vous avez de rêver vos toiles !... dit-il à l'artiste."



Pierre-André de Wisches, inlassablement, va poursuivre sa recherche de l'expression exclusivement subconscientiste. Dans son atelier de la "Boisserande" près de Milly-la-Fotêt, puis plus tard dans celui de sa propriété languedocienne, près de Montpellier, il ne cessera de perfectionner les moyens intellectuels et techniques nécessaires à l'accomplissement de son œuvre créatrice. De jeunes peintres, tels Rutvanowska ; Desourdy ; Magraner ; auront le privilège de devenir ses disciples, et s'imprègneront à leur tour du subconscientisme dont ils peuvent se reclamer héritiers. Jusqu'au début des années 90, De Wisches exposera dans de nombreuses galeries de renommée internationale ; mais c'est chez Katia Granoff, avec laquelle il s'était lié d'amitié, qu'il trouvera, jusqu'à la dernière exposition vers le milieu des années 70, un réel bonheur de présenter ses œuvres. Créateur très exigeant, écartant toutes les autres, le peintre n'a conservé de ses œuvres que celles qui étaient à ses yeux purement subconscientistes et dont le sujet, dans toutes ses formes, pouvait favorablement se révéler, parfois de façon obsédante, à l'être humain. Le peintre s'est éteint le 26 septembre 1997 à Abano Terme en Italie.



Bibliographie

Sam Aberg, P.A. de Wisches, génie visionnaire de l'art = P.A. de Wisches, a visionary genius of art.
Laval [Québec] : Éditions Renaissance, c1990. ISBN: 298007327X

Sources : Wikipédia

Je remercie Claude Herblot pour nous avoir fait découvrir cet artiste.

2 commentaires:

VKG a dit…

génial ! je passais par hasard...tu ne l'as publié sur FB? dommage... ou alors j'ai loupé ! mais très très sympa. quelle vision ! quel talent! un grand merci ! A+ biz

Anonyme a dit…

Artiste du XXe siècle extrêmement intéressant. Je trouve sa démarche picturale originale et les œuvres très belles ; d'une incroyable richesse. Où peut-on voir des toiles de ce peintre ? galerie d'art ; musée ?
Milly-la-forêt possède-t-elle des œuvres de Pierre-André de Wisches ?