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Exposition
« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »

Du 10 septembre au 2 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LE PATRIMOINE RELIGIEUX DE MILLY-LA-FORET ET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES DE 2 VALLEES »






lundi 22 juin 2009

La libération de Milly le 22 août 1944

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Le 22 Août, c’est la libération de Milly par les troupes du Général PATTON. Un service de premier secours organisé à l’Ecole Maternelle est destiné à recevoir les premiers blessés éventuels. Vers 2 heures du matin, un gendarme qui faisait sa ronde vers Courances, est blessé. Depuis plusieurs jours, un détachement de S.S. stationne sur le boulevard Lyautey, ce qui surprend les Milliacois, mais qui présage que quelque chose va se passer. Dès le matin du 22 Août, par temps chaud et clair, des tirs d’artillerie alliée entre Etampes et Milly se rapprochent d’heure en heure, des avions de reconnaissance alliés survolent le plateau des fermes et orientent le tir. On s’attend au pire et c’est grâce à des renseignements précis que la ville de Milly est épargnée. Vers 14 heures, le tir reprend de plus belle ; il est dirigé cette fois sur la route de Fontainebleau et la route de Nemours sur lesquelles fuient les soldats allemands en déroute. Les S.S. quittent brusquement le boulevard en direction de l’Est et sont surpris par les avions anglais qui les mitraillent à l’extrémité jusqu’au parc de Chambergeot. Une fumée noire s’étend sur la route de Fontainebleau et sur celle de Nemours, il y a des morts et des blessés parmi l’armée en déroute. Les obus sifflent au-dessus de la ville. Une pièce d’artillerie allemande est mise au silence sur la route de Fontainebleau, près de la Guichère et un char ennemi détruit dans la «Vendée » non loin de la ferme Saint-Georges.
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Camion Allemand incendié après mitraillage par les Mosquitos en face la ferme St-Georges près Milly Route de Fontainebleau.
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Le tir est vigoureusement soutenu par des avions alliés qui nettoient le terrain. Pendant le tir de l’artillerie alliée, quelques obus tombent sur les parties Sud de la ville, le faubourg Saint-Blaise, à une cinquantaine de mètres du Monument aux Morts où la toiture d’une maison est percée par un obus ainsi qu’un coin de la Chapelle Saint-Blaise. Vers 17 heures environ, le tir quelque peu interrompu reprend de plus belle puis s’arrête. Il y succède un grand silence, un silence inaccoutumé, cachant à la fois l’anxiété et l’espoir. L’anxiété pour les moments à venir, l’espoir dans la joie confuse encore, mais réelle de retrouver la liberté après quatre longues et pénibles années d’occupation, de restrictions et d’incertitude.
A 18 heures, le craquement des mitrailleuses dans la Garenne, sur la Butte de Chatillon, sur les routes de Maisse et de la Ferté-Alais et dans les bois de Milly, suivis de l’apparition des premiers résistants milliacois et autres annonçant l’arrivée imminente de l’armée américaine. On doute encore, on hésite parfois, mais déjà naît la joie de la libération prochaine.
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Soldats américains, rue Langlois

Dans les rues circulent des cyclistes qui distribuent des petits drapeaux américains avec des drapeaux français, et déjà l’armée de la libération américaine, précédée de l’Infanterie, armes à la main, suivie d’une quantité d’infirmiers aux casques marqués d’une énorme croix rouge pour mieux les reconnaître, contrôlant les rues et les maisons, se dirigeant d’un pas pressé vers l’Est sur les routes de Fontainebleau et de Nemours, suant et haletants, pleins d’entrain malgré la fatigue du jour, mais heureux d’avoir libéré dans la journée au moins 30 kilomètres de notre territoire, prend possession de la cuvette de Milly en la libérant de l’occupant ; mais les fantasssins ne sont pas seuls, car le gros de l’armée Patton les suit de près avec ses chars modernes et colossaux de 65 à 105 tonnes, des jeeps, des auto-mitrailleuses, l’artillerie lourde motorisée et des voitures amphibies.
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Rue Langlois - Soldats américains et GMC

Le vrombissement des puissants moteurs fait trembler la chaussée et les maisons qui la bordent et de tous les quartiers de Milly, la foule se presse pour admirer les nouveaux venus et pour leur témoigner de la gratitude et exprimer la joie. A leur passage, des paquets de chocolat, de cigarettes et de chewing-gum sont lancés dans les rangs de leurs admirateurs. Les enfants remuent leurs petits drapeaux, et sans pouvoir donner libre cours à leur joie qu’ils partagent avec leurs aînés, ils se sentent heureux et émerveillés, car pour eux, c’est la fête, une fête inattendue, malgré le bruit infernal et le branle-bas, une fête de « douceurs » et de satisfaction. Milly tout entier est en fête. On recommence à respirer et à apprécier le prix de la liberté. Le roulement des voitures et des chars continue jusqu’à la tombée de la nuit. L’armée installe en hâte son infirmerie à l’Ecole Maternelle ainsi qu’une « roulante ».


Rue Langlois - Hotel des quatres vents avec la foule pour accueillir les forces américaines.

Dans la nuit, on entend encore des tirs d’artillerie isolés dans la forêt de Fontainebleau et, le lendemain continue le défilé ininterrompu de l’armée alliée à travers la ville en se dirigeant vers l’Est. Le quartier général se trouve alors au château du Rousset où séjourne le Général PATTON, chez Mme BEDU.
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M. Poiget, maire de Milly et des FFI.

La libération de Milly est accomplie dans les meilleures conditions possibles et sans grands dégâts. La bifurcation de la route de Maisse et celle de Gironville d’où est arrivée l’armée libératrice a reçu le nom de « carrefour de la libération ». Des bornes kilométriques coniques sur lesquelles est marqué un flambeau, jalonnent la « Voie de la Liberté » de la Normandie jusqu’à la frontière, voie parcourue victorieusement par l’armée du Général PATTON. Cette voie traverse Milly d’Ouest en Est.


Hôpital américain installé sur le plateau de Maisse.


Sources : Milly et son histoire par Raymond-Auguste GEBER et Marcel HOUDY

2 commentaires:

morvic a dit…

Le 22 août 1944, j'avais presque 9 ans, je me trouvais, avec mes parents, mes deux frères et deux domestiques, dans la propriété "Les Charmes" entre Milly et Arbonne sur la route de la Libération. A 300m du Coquibus. La maison était en retrait de la route d'environ 50 mètres. Toute la journée, les allemands, dans un convoi ininterrompu, complètement débraillés et hagards se dirigeaient vers Milly...? J'ai assisté dans l'après-midi à un combat aérien juste au-dessus de la propriété. Le soir venu, mon père a fait coucher tout le monde dans des pièces de la cave dont les ouvertures vers l'extérieur avaient été protégées par des sacs de sable. Difficile de dormir, de nombreux tirs et explosions se faisaient entendre et semblant provenir de la plaine de la ferme Saint-Georges (j'ai vu quelques jours plus tard, à la hauteur de cette ferme, de nombreuses carcasses de véhicules calcinés). Puis un certain calme. Au petit matin du 23, nous nous sommes risqués à l'extérieur de la maison et, en se rapprochant du portail, nous avons aperçu une colonne ininterrompue de soldats, de tanks et de camions se dirigeant vers Arbonne. La langue parlée n'était plus l'allemand mais l'anglais...!
Nous venions, à notre tour d'être libérés...!
Une joie indéfinissable s'est emparée de nous. Ma mère s'est précipitée pour fixer au-dessus des colonnes du portail, d'un côté le drapeau français, de l'autre le drapeau norvégien (ma mère était norvégienne). Quelques jours plus tard un capitaine de l'armée américaine, d'origine norvégienne, et installé dans un camp juste à côté de chez nous, nous a rendu visite. Il s'en est suivi de nombreuses fêtes organisées par mes parents avec des officiers de l'armée américaine. Par gentillesse, lors du départ de la région de cette unité, plusieurs jerricans d'essence avaient été cachés sous des branchages, en cadeau pour mon père. Pendant des semaines, des convois militaires se sont succédés sans aucune interruption. Il suffisait de sortir de la propriété, de faire quelques mètres sur le bord de la route, pour recevoir des dizaines de paquets de gâteaux, de chewing-gum et de cigarettes (par paquets de cinq et essentiellement des "Chesterfield" et des"Camel")
Un jour que je me promenais avec mon chien, un berger allemand, sur la route, à 50m de notre portail, en direction d'Arbonne, j'aperçois un GMC arrêté au bord de la route. Je m'approche, et je vois une dizaine de soldats noirs américains, assis par terre, en train de manger. Quand ils m'ont vu, aussitôt ils m'ont appelé et m'ont offert de tout, ils ont tous été d'une gentillesse extrême que je n'oublierai jamais.
Voilà, je voulais raconter cette petite tranche vécue liée à la libération de Milly où j'ai souvent vécu entre 1942 et 1950.
morvic@bluewin.ch

morvic a dit…

Le 22 août 1944, j'avais presque 9 ans, je me trouvais, avec mes parents, mes deux frères et deux domestiques, dans la propriété "Les Charmes" entre Milly et Arbonne sur la route de la Libération. A 300m du Coquibus. La maison était en retrait de la route d'environ 50 mètres. Toute la journée, les allemands, dans un convoi ininterrompu, complètement débraillés et hagards se dirigeaient vers Milly...? J'ai assisté dans l'après-midi à un combat aérien juste au-dessus de la propriété. Le soir venu, mon père a fait coucher tout le monde dans des pièces de la cave dont les ouvertures vers l'extérieur avaient été protégées par des sacs de sable. Difficile de dormir, de nombreux tirs et explosions se faisaient entendre et semblant provenir de la plaine de la ferme Saint-Georges (j'ai vu quelques jours plus tard, à la hauteur de cette ferme, de nombreuses carcasses de véhicules calcinés). Puis un certain calme. Au petit matin du 23, nous nous sommes risqués à l'extérieur de la maison et, en se rapprochant du portail, nous avons aperçu une colonne ininterrompue de soldats, de tanks et de camions se dirigeant vers Arbonne. La langue parlée n'était plus l'allemand mais l'anglais...!
Nous venions, à notre tour d'être libérés...!
Une joie indéfinissable s'est emparée de nous. Ma mère s'est précipitée pour fixer au-dessus des colonnes du portail, d'un côté le drapeau français, de l'autre le drapeau norvégien (ma mère était norvégienne). Quelques jours plus tard un capitaine de l'armée américaine, d'origine norvégienne, et installé dans un camp juste à côté de chez nous, nous a rendu visite. Il s'en est suivi de nombreuses fêtes organisées par mes parents avec des officiers de l'armée américaine. Par gentillesse, lors du départ de la région de cette unité, plusieurs jerricans d'essence avaient été cachés sous des branchages, en cadeau pour mon père. Pendant des semaines, des convois militaires se sont succédés sans aucune interruption. Il suffisait de sortir de la propriété, de faire quelques mètres sur le bord de la route, pour recevoir des dizaines de paquets de gâteaux, de chewing-gum et de cigarettes (par paquets de cinq et essentiellement des "Chesterfield" et des"Camel")
Un jour que je me promenais avec mon chien, un berger allemand, sur la route, à 50m de notre portail, en direction d'Arbonne, j'aperçois un GMC arrêté au bord de la route. Je m'approche, et je vois une dizaine de soldats noirs américains, assis par terre, en train de manger. Quand ils m'ont vu, aussitôt ils m'ont appelé et m'ont offert de tout, ils ont tous été d'une gentillesse extrême que je n'oublierai jamais.
Voilà, je voulais raconter cette petite tranche vécue liée à la libération de Milly où j'ai souvent vécu entre 1942 et 1950.
morvic@bluewin.ch