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Exposition
« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »

Le 16 septembre sous la halle
Du 17 septembre au 8 octobre à l'Espace Culturel du Moustier à Milly-la-Forêt.


Edition du livre

« LA HALLE DANS TOUS SES ETATS »







dimanche 31 août 2008

Exposition "la guerre de 1870 dans le canton de Milly-la-Forêt

L’Association « Dannemois se raconte » présentera les samedis 20 et 27 ansi que les dimanches 21 et 28 septembre une très belle exposition relatant la guerre de 1870 dans le canton de Milly-la- Forêt.
L’exposition se tiendra de 10 h à 18 heures à la salle JP Cayot de Dannemois.

Voici un rapide résumé des principaux faits.

Si vous transitez par la route 448, vous pouvez voir, à l’intersection de la voie qui mène à Dannemois, un petit monument.
Celui-ci, a été érigé en 1872, en l’honneur des francs-tireurs de Paris-Châteaudun, qui livrèrent en septembre 1870, de vaillants combats contre les envahisseurs allemands dans les alentours de Dannemois, et près des roches de Montignotte, à Milly-la-Forêt.
Le récit de cette bataille a été consigné par le lieutenant-colonel Ledeuil qui commandait les francs-tireurs, de Paris-Châteaudun. En voici les faits.
Nous sommes au début du mois de septembre 1870. La ville fortifiée de Sedan vient d’être prise, consommant la défaite d’une partie de l’armée française, Louis-Napoléon Bonaparte est prisonnier des Allemands. Le 4 septembre, sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée, la 3e République est proclamée et le général Trochu proclamé président. Il doit être le militaire sous l’autorité et l'instigation de laquelle le peuple de France est appelé à continuer la lutte contre l’envahisseur prussien.
L’ambiance générale est à la résistance et au patriotisme. Victor Hugo, de retour de son exil de l’île de Guernesey, déclare : « Paris va terrifier le monde. On va voir comment Paris sait mourir. Le Panthéon se demande comment il fera pour recevoir tout ce peuple qui va avoir droit à son dôme ! ».
Parole de circonstances, car l’ennemi approche de la capitale, et le 18 septembre, deux de ses armées y arrivent, l’une par le sud, l’autre par le nord.
C’est le même jour que les francs-tireurs de Paris, après avoir essuyé quelques escarmouches près de Melun, s’installent dans la région de Milly. Il y a là près de 900 hommes qui ne peuvent tous trouver refuge dans la petite cité milliacoise. Aussi, la 6e compagnie de ce bataillon est-elle détachée à Courances, la 7e à Moigny, et la 8e à Dannemois.
A Dannemois, le 18 septembre c’est le jour de la fête patronale... mais l’ambiance n’est pas à la kermesse. Les francs-tireurs sont là, c’est donc le signe que l’ennemi n’est pas loin. Déjà, un petit groupe de la Garde nationale, composé de 25 civils, est posté aux confins de la commune. Celle-ci, pour sa défense, peut également compter sur les 83 hommes de la compagnie des francs-tireurs que commande le capitaine Bonnet.
Les francs-tireurs ne font pas partie des troupes régulières. Ils sont en quelque sorte des partisans. De ce fait, leur équipement est rudimentaire, et leur expérience du feu inexistante.
La bataille s’engage rapidement. Malgré le nombre imposant de leurs adversaires, les Français résistent bien. Le combat coûte la vie à un colonel prussien, le conte Von Horn, et à son capitaine d’ordonnance. Malheureusement pour les défenseurs, ils sont contraints à la retraite et le village de Dannemois est investi.
Les vainqueurs réclament le maire. Celui-ci M. Bocquet s’avance dignement. Il est frappé en se voyant reprocher la défense acharnée fournie par ses administrés.
Pendant ce temps, le gros du bataillon des francs-tireurs s’apprête à quitter Milly. Il ne reste plus dans la cité que l’arrière-garde avec le convoi de poudre.
Apprenant que les hussards et les uhlans ennemis arrivent, les sergents Duchamps et Very désignent un détachement d’une trentaine d’hommes avec pour mission de contenir les Allemands jusqu'à ce que le bataillon fasse demi-tour pour leur porter secours.
Le petit groupe de Français fait face pendant une demi-heure, résistant à de nombreux cavaliers, fantassins et artilleurs adverses, avant que ne surviennent les renforts qui mettent les Prussiens en fuite. Plus tard, la colonne libératrice fonce pour libérer Dannemois, et retrouve les 2 groupes de la 8e compagnie, qui s’étaient dispersés le long de l’Ecole et dans les sous-bois à proximité de Courances.
Au terme de cette bataille, le conseil municipal de Dannemois rédigea un rapport, destiné au préfet de Seine-et-Oise, dans lequel on peut lire que les Allemands auraient eu 200 tués contre 20 dans le camp français.
Le 26 septembre, un petit groupe de francs-tireurs auxquels s’étaient joints des patriotes de la Garde nationale, attaquèrent à proximité de la Montignote, un escadron de hussards de la mort qui revenait d’une réquisition de pain, vin, viandes etc., à Milly. Victorieux, les Français restituèrent ensuite ce butin au maire de Soisy-sur-Ecole.
Après leurs exploits de Milly et Dannemois, les francs-tireurs s’illustrèrent dans d’autres cités, notamment en Beauce, où ils acquirent le titre complet de « francs-tireurs de Paris-Châteaudun ».
Le 1er décembre, l’autorité militaire prussienne représenté à Corbeil par le Général Von Goltz, exige une rançon de guerre de 50 000 Francs, puis ramené à 20 000 Francs par suite de la démarche des élus de Milly, en échange d’habitants emmenés prisonniers comme otages à la suite des attaques faites dans la région. Une souscription est faite à titre de prêt à la ville chez les habitants et l’on a recueilli 10 040 Francs.
Le 11 Décembre, le Général Von Goltz réitère sa demande afin que soit payé le solde de la rançon. Monsieur Deshayes, habitant Corbeil prête 10 000 Francs à la commune et n’en demandera le remboursement qu’après la guerre.
En 1871, ce sont les Bavarois qui occupent Milly. Une « kommandatur » fonctionne au Château de la Bonde où sont délivrés les laissez-passer pour le ravitaillement de la commune.

La guerre finie on voulut honorer le souvenir des francs-tireurs qui se distinguèrent au cours de ces combats. Aussi, décida-t-on d'édifier un monument sur le territoire de la commune de Dannemois.
C’est en 1872 qu’on posa la première pierre en présence de MM. Carnot, et Tramoni, sous-préfet d’Etampes. Il y avait près de 1500 personnes.
Le cortège officiel partit de la mairie, précédé par la société musicale de Milly et par les élèves de l’institution de M. Champion, de Milly. La première pierre recouverte d’un drapeau tricolore fut dévoilée pour être prête à accueillir le monument que devait graver plus tard M. Dabon.
M. Carnot prononça un discours très émouvant, dans lequel il rendit un vibrant hommage aux francs-tireurs, combattants irréguliers mais combattants à part entière, au patriotisme fervent et il conclut son discours en disant : « la petite commune de Dannemois aura sa place dans notre histoire nationale... ».

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