Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

dimanche 6 avril 2008

Centenaire de l'Hôtel de Ville de Milly-la-Forêt

Ils doivent s’en retourner d’aise dans leur tombe ! Les Casimir Périer, député-docteur Amodru, préfet Gentil, sous-préfet Rainer, conseiller général Legendre et autres Léopold Bedu, maire, n’avaient sans doute pas imaginé qu’un siècle plus tard, les Milliacois leur emboîteraient le pas sur leurs traces pour une reconstitution historique de l’inauguration de l’Hôtel de Ville.

Haute en couleur et en tout point charmante, la manifestation a drainé la population autour de l’édifice durant toute la journée. Les deux expositions ont passionné le public et les personnalités invitées, dont Jean de Boishue, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur ; grâce à M. Le Cesne et M. Gachot, d’anciennes photos du village étaient exposées : le chemin de fer, la rivière, le château et les édifices bourgeois, les zouaves, les cavalcades et les différents quartiers sans oublier toute la documentation récupérée par les maires adjoints, MM. Chevrier et Gallois, pour qui Milly n’a plus de secret. De projets en pétitions, on apprend que le projet de construction de l’hôtel de ville ne faisait pas l’unanimité à cette époque et qu’après bien des péripéties, la première pierre fut posée le 3 Février 1894.

Samedi 21 Octobre, donc, cent années plus tard, les élus-acteurs parmi lesquels on reconnaissait le conseiller général, Jean-Jacques Boussaingault, en habit de préfet, MM. Chevrier, Clérico, Coste, Lajon, Perrot, Beury, Briand, Deroin, Meydiot, membres du conseil municipal et Verdier, trésorier de l’APAM, dans les rôle des « chapeaux haut – de forme et queue-de-pie », ont coupé le ruban officiel. Point de dame parmi les élus : elles n’avaient pas encore le droit de vote ; d’ailleurs, un groupe de féministes avant-gardistes se trouvait là pour faire entendre cette revendication. Discours, découverte de la plaque commémorative, feu d’artifice sur la place cédaient ensuite la place au défilé des canotiers, des zouaves, des pompiers tirant leur pompe à bout de bras, des écoliers et des calèches suivies de près par quelques rares automobiles révolutionnaires… Une mise en scène et un défilé savamment orchestrés par Jean-Claude Baudoin et l’Association pour l’animation de Milly. La reconstitution se poursuivait ensuite sous la halle, où le diner-spectacle prenait la relève dans un décor de rêve. Tout le charme d’antan avec ces toilettes et dentelles raffinées et ces messieurs bien mis, s’est réuni en fin de soirée pour danser un quadrille endiablé ! Encore une soirée que l’on est pas près d’oublier…

G. L.
Le Républicain du jeudi 26 octobre 1995








Le ruban est coupé, c’est le moment des discours. Le préfet est joué par Jean-Jacques Boussaingault, conseiller général du canton de Milly-la-Forêt.



dimanche 30 mars 2008

Inauguration de l’Hôtel de Ville de Milly, le 27 octobre 1895

Ainsi que nous l’avons annoncé, Milly est doté d’un nouvel hôtel de ville. La construction en est aujourd’hui parachevée et l’inauguration doit avoir lieu demain dimanche 27 octobre.

Cette fête exceptionnelle attirera certainement une quantité de visiteurs étrangers dans la coquette petite ville de Milly, d’autant plus, certainement que le temps paraît se remettre au beau.

En voici le programme :

Dimanche 27 octobre 1895, à trois heures précises, inauguration solennelle de l’hôtel de ville, sous la présidence d’honneur de M. le député de l’arrondissement.

A deux heures et demie, réception officielle à l’école des garçons par le maire et le conseil municipal de Milly, de MM. Le député, le sous-préfet, le conseil général, les conseillers d’arrondissement, et autres autorités.

Défilé du cortège de l’école des garçons à l’hôtel de ville, précédé de la fanfare l’Union musicale et escorté de la compagnie des sapeurs-pompiers.

Cérémonie de l’inauguration de l’hôtel de ville, concert par la fanfare.

De quatre à cinq heures, visite de l’hôtel de ville. A la sortie, distribution de médailles commémoratives.

A sept heures, retraite aux flambeaux.

A huit heures, grand feu d’artifice route de Fontainebleau ; illumination de l’hôtel de ville.

A neuf heures, bal public et gratuit sous la tente.

La fête sera annoncée la veille et le dimanche matin par des salves d’artillerie et les sonneries des cloches.

Les habitants sont invités à pavoiser et illuminer leurs habitations, et à prendre part aux cérémonies de cette fête.

Pour quiconque a pu se rendre compte des travaux exécutés par les architectes et les entrepreneurs, la ville de Milly doit se montrer reconnaissante envers eux de l’habileté et surtout de la ténacité opiniâtre qu’ils ont su employer pour mener à bonne fin le projet. L’habileté de ces messieurs est en ce moment hors de doute.

L’hôtel de ville, dont tous les services ont été raisonnés avec le plus grand soin, a pour façade une large construction, style Louis XIII, brique et pierre, d’un effet grandiose.

La place qui précède le monument est modeste, mais le perron en belle pierre blanche relève l’entrée monumentale.

Cette œuvre a été faite en moins d’une année, c’est constater combien il a fallu de soins et de persévérances à MM. Allain, père et fils, architectes à Boutigny, pour mener en aussi peu de temps à bien une construction aussi importante.

Il y a lieu de signaler à l’admiration de tous la belle exécution qui a été faite par MM. Arthur Hamelin, pour la maçonnerie ; Blondeau, pour la menuiserie et la serrurerie, Voiturin, pour la couverture ; Mitton, pour la charpente ; Turlais et Fournelle pour la peinture.

Nous n’hésitons pas à croire qu’un grand nombre de nos concitoyens ne tienne à assister ce jour là et ne saisissent cette occasion de visiter le gracieux hôtel de ville de Milly.

Le Réveil d’Etampes du 26 octobre 1895

Dimanche dernier, 27 Octobre, a eu lieu comme l’avait annoncé le Réveil, l’inauguration du nouvel Hôtel de Ville.

Dans la matinée, un déjeuner tout intime réunissait chez M. le Maire et conseiller d’arrondissement de Milly, l’élite de nos visiteurs. Remarqué parmi les convives : MM. Le Député, le Sous-Préfet, le Conseiller général, les Conseillers d’arrondissement, en tout environ vingt-cinq couverts.

A 2 h ½ de l’après-midi, le cortège s’est formé à l’école des garçons. Y ont pris place aux côtés de M. Bédu, maire, M. le député, M. le sous-préfet d’Etampes, MM. Legendre, conseiller général ; Servant, conseiller d’arrondissement ; MM. Les conseillers municipaux de la ville, M. Lézé, juge de paix, son greffier ; MM. Les Notaires ; beaucoup de Mairies et Adjoints du canton, et les fonctionnaires de la ville. La fanfare l’Union musicale ouvrait la marche par l’exécution du pas-redoublé Sambre et Meuse.

Les pompiers formaient l’escorte.

A l’arrivée devant l’hôtel de ville et chacun installé, M. Bédu prit la parole et s’adressa à la nombreuse assistance qui se pressait tant sur les bancs disposés à cet effet, que sur la place de la mairie ; il lui présenta ses remerciements pour le précieux concours qu’elle apportait à cette fête.

M. Le député de l’arrondissement, a fait ensuite l’historique des faits de la grande Révolution dont l’ancienne mairie avait été témoin ; il a parlé du respect que chacun doit au nouveau monument élevé sur cette place, à cause des actes qui s’y accomplissent. Toute notre vie publique et politique se passe là : actes de naissances, mariages, décès, exercice du suffrage universel, tirage au sort, conseil de révision.

M. le sous-préfet a ajouté quelques mots pour se joindre aux deux précédents orateurs ; puis il a attaché sur la poitrine de M. Darbonne-Chevence, jardinier-herboriste, à Milly, la croix du Mérite Agricole ; et il a remis à M. Carrassus, déjà Chevalier de la légion d’honneur un diplôme d’honneur pour sa longue participation aux travaux de l’instruction primaire dans le canton de Milly.

Entre chacun de ces discours, la fanfare a joué plusieurs morceaux de son répertoire, notamment la Marseillaise et l’Hymne Russe.

A 4 heures, les autorités ont parcouru l’hôtel de ville dans tous ses détails et le public a été ensuite admis, mais la foule était si grande que tout le monde ne put y entrer.

A la sortie du public, il a été remis à chaque visiteur une médaille commémorative : Mille médailles ont été distribuées et ce nombre n’a pas suffi.

A 5 heures, la réunion officielle était disloquée. Le soir, la façade de la mairie était brillamment illuminée et un grand nombre de visiteurs n’ont cessé de stationner devant l’édifice jusqu’à une heure assez avancée de la nuit.

De 7 h ½ à 8 h ½, retraite aux flambeaux par la fanfare, accompagnée des sapeurs-pompiers. A 8 h ½, feu d’artifice sur la route de Fontainebleau.

A 9 h ½, la rentrée en ville eut lieu et au bal gratuit aussi bien qu’au bal payant, on dansa toute la nuit.


Le Réveil d’Etampes du 2 novembre 1895

lundi 24 mars 2008

La mission militaire américaine.

Mardi, de très bon matin, les troupes du Centre d’instruction de Milly quittaient avec armes et bagages leur cantonnement respectif pour se rendre aux tranchées et terrain de manœuvre de la ferme Saint-Georges.

Milly avait pris son aspect des grands jours : l’Hôtel-de-Ville, la place du Marché et les principales rues étaient pavoisées aux couleurs françaises et alliées, particulièrement aux couleurs américaines ; certaines maisons étaient fort bien décorées, celles de MM. René Poirrier et Belonget, en particulier.

M. Aubry, le sympathique conseiller, avec le dévouement et le bon goût dont il a fait preuve en maintes circonstances, avait fait pavoiser de drapeaux et d’oriflammes aux différentes couleurs, la Halle et l’entrée des principales rues ayant accès sur la place du Marché ; de place en place, des cartouches aux armes de la ville, supportaient des trophées de drapeaux.

Avant 8 heures du matin, un nombreux public se tenait aux abords du terrain de manœuvre et des tranchées, et à 9 heures, les enfants des écoles, avec leurs maîtres, venaient se ranger sur les trottoirs de la place du Marché. M. Chagot, fonctionnaire-maire, était présent.

Pourquoi ce branle-bas de fête ?… Pour recevoir dignement la Mission militaire américaine et les personnalités qui devaient l’accompagner.

Hélas !…

A 8 heures, la mission n’arriva pas ; à 9 h rien à signaler ; à 9 heures et demie, pas de nouvelles. Enfin, à 10 heures… un coup de téléphone informait le colonel Rollin qu’il y avait eu contrordre et que la mission ne viendrait pas. On juge de la déception générale !Il fallut rentrer drapeaux et oriflammes et garder pour une date ultérieure les bravos et acclamations enthousiastes que chacun réservait à l’adresse de nos nouveaux alliés.

Néanmoins, M. Le Colonel Rollin nous donna une sérieuse compensation en faisant exécuter d’intéressantes opérations de guerre : explosion de mines, lancement de fusées, tir de grenade au fusil spécial, lancement de grenades incendiaires et asphyxiantes, feux de barrages, etc.. Un magnifique défilé d’environ 2.000 hommes, zouaves, chasseurs à pied, coloniaux, sections de mitrailleuses attelées, termina cette belle prise d’arme ; la clique des chasseurs et des zouaves entraîna les troupes de ses alertes sonneries, tandis que la fanfare des coloniaux déchaînait l’enthousiasme en jouant la Marseillaise. M. le Colonel Rollin peut être fier de ses troupes.




Cette prise d’armes se termina à midi. Si bien que quantité de ménagères durent joindre au regret de n’avoir pas vu la fameuse Mission américaine, celui d’avoir manqué l’heure du déjeuner.

L'Abeille d’Etampes du 14 juillet 1917

jeudi 20 mars 2008

Place de l’Hôtel-de-Ville de Milly la Forêt

Ancienne place de la Croix d’en Bas. Il y avait autrefois une croix sur la petite place dont « les degrés étaient très étendus et dans le plus mauvais ordre ».

Elle fut démolie à la Révolution. Il existait un puits public au milieu de la place. Elle s’appela aussi place de la Belle-Croix, puis « place des Sans-Culottes » sous la Terreur.

A la foire Sainte-Croix de May, les marchands d’oignons étalaient leurs denrées sur cette place.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).




Ancienne maison seigneuriale du XVème siècle, située à l'est de la Place. Elle comportait à l’origine une tourelle fortifiée.

dimanche 16 mars 2008

Tombes de guerre du Commonwealth au cimetière de Courances

Durant la nuit du 7 au 8 juin 1944 un important raid allié en provenance de Grande Bretagne comprenant 195 Halifax, 122 Lancaster et 20 Mosquito avait pour objectif de bombarder les installations ferroviaires du sud-ouest de la région parisienne notamment, Versailles, Juvisy, Massy-Pallaiseaux afin d'empêcher aux renforts de la Wehrmatch de rejoindre les plages du D-Day. 17 Lancaster et 11 Halifax furent abattus par la Flak.

Bombardier Halifax
Touché par la Flak, Au terme de 10 à 15 minutes de difficultés dans le ciel corbeillois, le bombardier Halifax MZ568 EY-E qui avait décollé de Breighton (Yorkshire) à 22h52 est venu s'écraser à 1h15 sur la maison située 2 rue de Gournay à Corbeil. Le pavillon s'écroula et pris feu. Les occupants venaient d'évacuer leur pavillon pour se réfugier dans une cave de l'autre côté de la rue.

Le rapport de la Défense Passive déclare qu'à cet instant aucun corps n'a été retrouvé et qu'il s'agit d'un avion de chasse américain bimoteurs laissant supposer que le pilote avait pu sauter en parachute.

Dès le jour venu, six corps furent découverts dans la carcasse de l'avion qui était bien un quadrimoteur Halifax enfoui dans le sol et les ruines du pavillon. Les dépouilles de l'équipage anglo-canadien furent alignées près de l'avion. Les soldats allemands repoussaient les habitants de Corbeil qui venaient déposer des fleurs auprès des corps. La Feldgendarmerie emporta les six corps à la Kommandantur de Courances à 30km de Corbeil.
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L'équipage a été inhumé dans le cimetière de Courances avec les honneurs militaires rendus par l'armée allemande.

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Deux jours après, soit le 10 juin, alors que les lieux du crash étaient interdits, un Abbé de Corbeil est venu fouiller la carcasse de l'avion. C'est alors qu'il découvre un septième corps, l'officier canadien Leonard Gold qui est aussitôt soustrait à l'autorité allemande et enterré au cimetière de Corbeil. Ce qui explique aujourd'hui les six tombes à Courances et une sépulture à Corbeil.
Lors de l'inhumation à Courances, un corps était inconnu. Il a été identifié ensuite par la RAF comme étant celui de T.N.W Bisset.

jeudi 13 mars 2008

Place du Colombier de Milly la Forêt

La place du Colombier s’appelait « Cul de sac du Colombier ». Cette place triangulaire a été nommée ainsi à cause d’un ancien colombier qui faisait partie du Moustier de Péronne, encore visible aujourd’hui au fond d’une petite impasse aboutissant sur cette place.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


dimanche 9 mars 2008

Colonel Rollin : premier commandant du centre d’instruction militaire de Milly

C'est en 1915 que les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s'installer à Milly. La Ville devint un important centre d'instruction, accueillant près de 3000 soldats. De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune.

« A la municipalité de Milly, en souvenir des relations cordiales qui n’ont pas cessé d’exister entre elle et moi pendant toute la durée de mon commandement du centre d’instruction (1er et 4e Zouaves, 26e Chasseurs, 21e et 23e régiment d’infanterie coloniale, école de grenadiers bombardiers, centre de mitrailleurs), centre que j’ai crée, organisé et commandé du 5 juin 1915 au 1er octobre 1917.
Entourés de la bienveillante sympathie de la population milliacoise, des milliers de soldats de France sont venus forger à Milly les armes avec lesquelles devait se remporter la Victoire ! »

Colonel Rollin
Du 1er Zouave breveté d’Etat major




Cérémonie de remise de la décoration d’officier de la Légion d’Honneur au Colonel ROLLIN, par le Général PARREAU, le 22 février 1916


Une cérémonie des plus importantes s’est déroulée, mardi 22 février, dans la ville de Milly, que la neige rendait ce jour-là encore plus pittoresque, comparable à celle qui fut donnée, il y a quelque temps, lors de la visite de la mission japonaise.

Le général Parreau avait tenu à remettre lui-même au lieutenant-colonel Rollin, commandant le centre d’instruction militaire de Milly, la distinction d’officier de la Légion d’honneur, annoncée dernièrement par l’Abeille-Réveil.

L’arrivée des troupes

Dès une heure de l’après-midi, retentissait dans le quartier du Marché la fameuse marche des chasseurs à pied. C’était le …e chasseurs qui arrivait et allait se placer sous la Halle. Les habitants arrivent de tous côtés et se placent sur les trottoirs de la place du Marché, réservés à cet effet. Puis quelque temps après, des compagnies des …e et …e régiments d’infanterie coloniale, arrivant des communes voisines où ils sont cantonnés, rejoignent les « vitriers ». Ensuite, les régiments de zouaves sous le commandement du chef de bataillon Mayeux se massent sur la place du Marché, bientôt trop petite pour réunir tant de troupes. L’ensemble est magnifique et vraiment imposant, d’autant plus beau que le temps resta clément jusqu’à la fin de cette inoubliable cérémonie.

Un espace avait été réservé devant la maison Charpentier, face à la rue Paul-Houdin. Les enfants des écoles sous la direction de leurs maîtres s’alignaient sur le trottoir. Le conseil municipal de Milly y assistait en grande partie ainsi que différents fonctionnaires. On remarquait notamment M. Emile Chagot, faisant fonctions de maire ; M. Sergent, conseiller d’arrondissement ; M. Baudin, vice-président de la chambre de commerce ; M. Darbonne, adjoint ; MM. Tazé, Aubry, Georges Poirrier, conseillers municipaux ; MM. Lasserre, secrétaire de mairie, zouave honoraire ; Brosset, percepteur ; Freslon, direteur de l’école des garçons ; Pasquet, notaire ; l’abbé Tressy, curé doyen ; David, Chagot, Arthur, Gallot, A. Broc, Descambes, Guillet, etc… Presque toute la population de Milly se pressait dans les endroits restés libres et malheureusement trop exigüs de la place du Marché. Aux fenêtres de nombreuses personnes s’entassaient pour jouir du coup d’œil vraiment féerique.

La revue

A deux heures et demie, la fanfare de zouaves attaque la Marseillaise et le général Parreau suivi de ses officiers d’état-major passe devant les troupes.

La revue terminée, le général vient se placer sur le front face au colonel Rollin.

Des clairons ouvrent le ban. La cérémonie, impressionnante, émouvante dans sa simplicité, se déroule au milieu d’un silence général. Dès que le général eut épinglé la croix d’officier, les bravos éclatèrent dans les rangs de nombreux spectateurs présents. Au même instant, un jeune élève de l’école des garçons, le jeune Ribet, vient offrir au colonel une magnifique gerbe de fleurs et lui débite très gentiment la touchante allocution qui suit :

« Mon colonel,

Au nom de la municipalité de Milly, au nom de la ville, au nom des Ecoles, je viens, bouton de bleuet de la classe 22, vous prier de bien vouloir accepter ces fleurs. Elles vous diront mon Colonel, toute l’admiration et toute la reconnaissance que nous nourrissons pour la vaillante et superbe armée française ; tout le grand respect que nous avons pour votre personne et toute la part de fierté que nous prenons à la haute distinction qui vous est accordée et que vous avez si loyalement méritée ».

Le colonel remercie l’enfant avec effusion à cette délicate attention.

La Municipalité allait ensuite présenter ses félicitations au colonel Rollin.

La cérémonie se continua par la remise de la croix de guerre à l’adjudant Lermigny, au sergent X … et au caporal Berger, les belles citations concernant ces trois braves disent combien ils ont mérité la Croix de guerre. Ils reçurent les félicitations du colonel Rollin, puis du général Parreau et les applaudissements de la foule.

Le Défilé

Après la fermeture des bans, les troupes se rendent sur les boulevards prendre leur dispositions pour le défilé. La place est bientôt libre, les différentes personnalités se rangent sur le côté ouest pour assister au défilé.

Le colonel, pendant cette courte attente, présente alors au général les Membres du Conseil municipal de Milly. Le général s’entretient de différentes choses avec eux pendant un certain temps.

L'Abeille d’Etampes du 26 février 1916

jeudi 6 mars 2008

Rue Langlois de Milly la Forêt

Ainsi nommée en mémoire du bienfaiteur de l’Hôtel-Dieu de Milly, Etienne Nicolas Langlois, seigneur du Roussay, gouverneur et bailli de Milly, qui légua sa fortune à cet établissement charitable en 1746.

La rue Langlois s’appelait de différents noms. Ainsi de la halle à la place Grammont, elle se nommait rue de la Charonnerie ou rue Basse ; puis rue Notre-Dame en face de l’église jusqu’au boulevard de l’Ouest, et enfin rue de Galles en face de la Bonde, en souvenir de la prise de Milly par les troupes du Prince de Galles, en Mai 1371.

La partie comprise entre la hall et le boulevard de l’Est s’appelait rue de Forêt et elle porta le nom de rue de la Montagne sous la Révolution.

Dans cette rue se trouvaient autrefois de nombreuses auberges. A gauche, près de l’ancienne porte Saint-Pierre, existait l’auberge de la « Corne », dans la maison Menet, supprimée en 1840. Le célèbre peintre Lantara y descendit en Août 1773. Il était venu à Milly pour liquider la succession de son père et celle d’un oncle tisserand à Oncy. Il était accompagné d’un créancier, un nommé Henri Cochegune, bourgeois de Paris, qui fit vendre toutes les récoltes des successions pour se rembourser tout ce qui lui était du.

Jean-Louis Thibaut était aubergiste à la Corne en 1788.

Puis, on trouvait au coin de la rue Notre-Dame l’auberge du « Cheval Blanc », supprimée il y a plus d’un siècle.

L’auberge de « l’Ecu » était, jusqu’à la Révolution, à l’angle de la rue Langlois et de la rue de Melun. Après cette dernière rue se trouvait l’auberge de la « Croix d’en Bas » qui n’existait plus déjà au milieu du dernier siècle.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


dimanche 2 mars 2008

Fête du Timbre 2008 à Milly la Forêt

A l’occasion de la Fête du Timbre 2008, nous avons assisté à la salle des Fêtes de Milly-la Forêt à une très belle exposition philatélique. Les visiteurs sont venus nombreux de l’Essonne et des départements voisins pour admirer la centaine de tableaux présentés par 23 membres d’associations philatéliques d’Ile de France.
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Les plus jeunes ont particulièrement apprécié le stand qui leur était destiné. Ils ont pu s’initier à la philatélie et faire de nombreux jeux.

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Remercions M. François ORCEL, Maire de Milly ; M. Jean-Marie VALDENAIRE, Président de l’association philatélique de Milly, ainsi que tout le Comité d’Organisation, sans qui cette manifestation n’aurait pas été une telle réussite.



M. Orcel - M. Lapeyre - M. Boussaingault - M. Bidault - M. Valdenaire

Inauguration de la fête patronale Saint-Pierre de Milly en 1857

S’il est une institution qui plaise à l’esprit du peuple, qui possède sa foi et ses sympathies, c’est assurément la fête patronale du pays natal. Cette institution dont l’origine est toute morale et semble se perdre dans la nuit des temps, manquait à la ville de Milly. Ses habitants n’ont pas voulu plus longtemps en être privés, et ils ont, sous le vocable de Saint-Pierre, érigé leur fête patronale.

L’inauguration a été des plus splendides ; Milly a fait les honneurs de sa fête avec une pompe inaccoutumée. Tout ce que l’industrie moderne a inventé pour la décoration des fêtes populaires et des réjouissances publiques, figurait dans les rues, sur les places et les promenades de cette ville. L’église elle-même s’était parée avec grâce, et avait, on peut le dire, déployé toutes ses splendeurs. Une foule immense se pressait dans son enceinte pour entendre des artistes d’élite qui devaient exécuter une messe de Dietch, maître de chapelle à l’église de la Madeleine. Hâtons-nous d’ajouter que ces artistes ont dignement répondu à l’attente du public.

Le Kyrie a été dit par M. Fréret, basse-taille de l’Académie impériale de musiques, avec ses mâles accents qui caractérisent une organisation vocale des plus puissantes.

Le solo du Gloria a été chanté par M. Tasson, autre basse-taille du théâtre d’Avignon, dont la voix large et sonore est destinée, nous n’en doutons pas, à retentir sur une scène plus élevée.

C’est Mme Duménil qui, pour le Benedictus durant l’élévation, a laissé tomber de ces notes si pures et si suaves qu’elle a dû causer dans l’auditoire de biens douces émotions.

C’était M. Loüault, premier ténor de l’opéra de Marseille, qui a chanté l’Agnus, avec cette voix pleine d’éclat et de puissance, qui lui présage un si bel avenir.

M. Godefroy a exécuté sur l’harmonium de brillantes mais trop courtes symphonies, suffisantes toutefois pour nous faire apprécier l’immense talent de son jeu, dont est heureusement doué cet organiste distingué de la cathédrale de Rouen.

Remercions M. Calabrési, ancien chef d’orchestre et directeur du théâtre de Liége, qui a su réunir des talents si variés, et les diriger dans l’exécution de l’œuvre musicale dont nous parlons. Les uns et les autres ont droit à nos sympathies et à nos félicitations.

Durant la messe, une quête au profit de l’église a été faite par Mme Jom…, qui eu l’heureux don de la rendre productive, chacun voulant sans doute que son offrande passât par des mains aussi dignes de la présenter.

A la fin de la cérémonie une centaine d’ouvriers, tous membres de l’association mutuelle, se sont rendus sur la place centrale pour s’asseoir à un banquet auquel avaient été conviés quelques notabilités de la ville. La cordialité la plus franche, la gaieté la plus expansive n’ont cessé de régner durant ce repas que présidait l’honorable M. Mortera, dont le zèle dévoué et les soins intelligents ont si puissamment contribué à l’union et au développement de cette société. Des toasts et des discours souvent interrompus par de chaleureux applaudissements, ont été prononcés au dessert.

Dans l’après-midi, des jeux publics excessivement variés, des concerts pleins d’harmonie ont constamment fixé l’attention de la foule.

Mais que dire de la fête de nuit, et de l’animation des bals, et de l’éclat des illuminations, et de l’heureux succès obtenu par Ruggieri pour son feu d’artifice, dans lequel a été représenté le donjon du château de Milly avec ses tours et ses créneaux. Toute description nous paraît impossible.

En voyant cette affluence de monde qui partout tourbillonnait faisant éclater sa joie et son admiration, en voyant ses gerbes de feu qui sillonnaient les rues, toutes ces mille lumières aux couleurs si variées, et dont l’éclat scintillant semblait le disputer à la clarté du jour, au milieu de ce tumulte et de ce luxe éblouissant, on eût pu se croire subitement transporté dans une de nos grandes cités, et assister à une de ces fêtes nationales que les peuples, dans leur enthousiasme, décernent à leur souverain. Mais non, c’était bien Milly, cette petite ville industrieuse, si coquettement située dans la vallée qu’arrose l’Ecole, Milly, avec ses grandes allées ombragées qui l’entourent, avec ses roches pittoresques qui bornent son horizon. Milly enfin, qui tous les jours attend sa voie ferrée pour devenir ce qu’elle fut autrefois, la reine du Gatinais, c’était bien, disons-nous, cette petite ville si riche d’avenir qui fêtait avec cette magnificence les populations voisines.

Pour accomplir ce prodige d’enchantement, il a fallu non pas, comme diraient les poètes, la présence d’une fée, mais bien d’abondantes largesses d’une part et de l’autre, un goût sûr et éclairé qui en déterminât l’emploi. Avec ces deux éléments, on est toujours assuré de retrouver la baguette féerique du moyen-âge, celle d’or de notre siècle avec laquelle on crée souvent des merveilles et on charme la société. C’est à quoi sont parvenus avec le plus grand succès les organisateurs (1) de cette fête. Un résultat inespéré a couronné leurs efforts. Grâce leur soit rendu d’avoir si dignement rempli leur mission.

CARASSUS, docteur médecin.
Milly, 7 Juillet 1857

(1) MM. Delacourcelle, secrétaire de la Mairie ; Laribe, receveur de l’enregistrement ; Lonault, percepteur ; Mortera, président de la Société de Secours Mutuels ; François, Quinton et Toussain, conseillers municipaux.


Délibération du Conseil Municipale du 24 mai 1857,
qui fixe la fête patronale Saint-Pierre aux
dimanche et lundi qui suivent le 29 juin.


Défilé Place du marché