Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

samedi 17 novembre 2012

Les reliques de Saint Vulfran à Milly


Les fidèles d'Abbeville apprendront avec plaisir que le culte de Saint Vulfran a été établi à Milly (anciennement Maurillac) Seine-et-Oise. C'est à Milly même qu'est né notre glorieux patron. M. l'abbé Norgeot, doyen de ce canton, nous a écrit pour nous demander des reliques de Saint Vulfran et nous annoncer que Mgr. l'Évêque de Versailles l'a autorisé à prendre Saint Vulfran pour le second patron de sa paroisse et  à en faire l'office tel que nous le célébrons.
Voici une partie de la lettre qu'il nous a fait l'honneur de nous écrire à ce sujet.

Milly (Seine-et-Oise), 20 mars 1841.


MONSIEUR ET TRÈS-DIGNE CURÉ
II y a aujourd'hui 1 121 ans que le saint patron de votre église et de votre paroisse est allé recevoir la récompense de ses travaux.
La paroisse, à la tête de laquelle la divin providence m'a placé revendique aussi son glorieux patronage auprès de Dieu ; car Saint Vulfran est un de ses enfants, la tradition du pays le regarde comme né à Milly, l'on y montre encore les vieux murs de l'ancien château où il prit naissance et Monsieur Fleury ( livre 41m\ de son histoire ecclésiastique n°. 2), marque expressément que Saint Vulfran naquit à Maurillac à présent Milly en Gatinois dont son père était seigneur ; cependant nous ne sommes pas aussi favorisés que vous, nous n'avons pas le bonheur de posséder aucunes de ses saintes reliques.
Je viens donc vous demander bien humblement si par votre moyen nous pourrions espérer que prochainement nous aurons cet insigne avantage. D'ailleurs nous ne serions pas difficiles, la moindre petite parcelle bien et dûment authentiquée satisferait notre piété, et la paroisse de Milly en général et particulièrement son pasteur vous conserverait une longue reconnaissance. A la demande de ce vénérable doyen, nous lui avons envoyé une relique de notre saint Patron. La fête de l'inauguration de la chapelle, élevée en son honneur, dans l'église de sa ville natale, a eu lieu avec une grande solennité le dimanche 17 d'octobre 1841.

Monsieur le doyen de Milly vient de nous envoyer le procès-verbal de l'inauguration de la relique de Saint Vulfran que nous lui avions envoyée. Nous nous empressons de le joindre ici avec les autres pièces relatives à ladite inauguration, trois cantiques composés pour la circonstance, et surtout avec un extrait d'un ouvrage manuscrit de M. Armand Sougit, avocat à la cour royale de Paris. Cet extrait sera d'autant plus agréable à nos lecteurs qu'il renferme des détails intéressants sur Sainte Bathilde reine de France, qui honora particulièrement Saint Vulfran, le retint à sa cour et se fit gloire de n'agir quepar les conseils du saint Pontife.

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Diocèse de Versailles. Département de Seine et Oise. Arrondissement d'Etampes - Canton de Milly.

PAROISSE NOTRE-DAME DE LA VILLE MILLY.

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EXTRAIT

Du registre des délibérations du conseil de fabrique pour l'année 1841.


L'an mil huit cent quarante et un le dimanche dix-sept octobre ; Vu l'histoire ecclésiastique de M. l'abbé Fleury, portant, livre 41me, paragraphe second : « La réputation de Saint Villebrod attira en Frise Saint Vulfran pour travailler à la même œuvre (la conversion de ce peuple). II était né à Maurillac à présent Milly en Gatinois, dont son père était seigneur, et le reste qu'on peut y lire et qui fait l'objet de tout le paragraphe second et de la seconde partie du paragraphe 35me du même livre 41me. Vu la vie des saints par l'abbé Godescard, sous la rubrique du 20 mars ; vu le père Turien Lefèvre, jésuite également sous la rubrique du 20 mars, chez lequel on lit : « Vulbert, grand seigneur des Gatinois, s'acquit beaucoup de gloire dans la cour du roi Dagobert et de Clovis son fils, par ses exploits militaires, mais il en mérita une plus signalée pour avoir mis au monde Saint Vulfran, l'honneur de la France, la perle des prélats et l'apôtre des Frisons ».
Vu un diplôme donné par Mr. Jean-Marie Mioland, évêque d'Amiens, certifiant à tous ceux à qui il appartiendra qu'il a détaché une portion d'une des côtes de Saint Vulfran dont le corps repose et est honoré dans l'église principale d'Abbeville département de la Somme, en son diocèse et qu'il l'a renfermée dans un reliquaire d'argent, muni par devant d'un cristal, et sur le derrière de son sceau en cire rouge pareil à celui apposé sur le diplôme, le tout bien noué et arrêté par des fils en soie rouge, ledit reliquaire portant extérieurement en forme de couronne ces mots ; « mère des chrétiens priez pour nous ».
Vu ledit reliquaire exactement dans l'état décrit au diplôme de Mgr. d'Amiens.
Vu le vidimus et l'autorisation d'exposer cette précieuse relique à la vénération des fidèles donnée par Mgr. Louis-Marie-Edmond Blancart de Bailleuil, évêque de Versailles. Nous prêtre du diocèse de Versailles curé de Milly soussigné, après avoir dès longtemps auparavant et notamment les dimanches trois et dix du présent mois, prévenu les fidèles du saint dépôt qui était fait à la paroisse de Milly, et les avoir avertis que l'inauguration de ces saintes reliques se ferait en ce jour de dimanche dix-sept octobre mil huit cent quarante et un nous y avons en effet procédé à l'heure accoutumée de la grand'messe de paroisse, en vertu des ordres exprès émanés de Mgr. l'évêque de Versailles et en présence de Monsieur l'abbé Narcisse de Perramon vicaire de la paroisse des marguilliers de cette église et d'un grand nombre de paroissiens rendus à notre invitation. Premièrement, nous avons béni la châsse qui devait renfermer les saintes reliques.
Secondement, nous avons été les prendre processionnellement à la chapelle de Saint Valentin du château de Milly où précédemment elles  avaient été déposées.
Troisièmement, en observant te rit marqué dans le processionnal du diocèse pour la translation des reliques, nous avons fait avec les reliques la procession autour de la ville ; quatrièmement, rentrés dans l'église, nous avons fait au peuple assemblé une allocution sur le culte des saintes reliques en général et sur la vénération en particulier qu'il nous semblait que les fidèles de Milly devaient avoir pour Saint Vulfran cinquièmement, après le sermon et pendant que le chœur chantait alternativement avec l'orgue l'hymne de Saint Vulfran, le clergé et le peuple ont rendu leurs pieux devoirs aux restes précieux de St. Vulfran, exposés dans la châsse au milieu du chœur ;sixièmement, la messe de Saint Vulfran a été chantée solennellement les saintes reliques demeurant toujours exposées au milieu du chœur septièmement, enfin le soir, après les complies, on a encore chanté un hymne à Saint Vulfran, et cependant nous avons porté processionnellement la châsse de Saint Vulfran et l'avons déposée au lieu préparé pour la recevoir dans un monument fort modeste élevé au milieu de la nef de l'église, sur le mur à côté de la chaire ; et ce nouvel autel ayant été préparé, nous y avons donné la bénédiction ordinaire aux saints jours de dimanche avec le saint ciboire, ensuite nous étant retirés nous avons consigné tout ceci en abrégé aux registres des actes courants de baptême et plus au long dans ce présent registre des délibérations du conseil de fabrique, sur lequel à la suite du présent procès-verbal nous avons écrit en entier les différents diplômes dont nous avons parlé dans le cours du présent procès-verbal. Suivent les signatures: l'abbé Narcisse de Perramon, vicaire ; le chevalier Cagnot, président de la fabrique ; Daix, trésorier ; Sougit père, secrétaire ; deLeyde, juge-de-paix, conseiller Pierre, maire de Milly le marquais du Lau d'Allemans; la marquise du Lau d'Allemans, Norgeot, curé.

ANNEXE

Extrait d'une lettre missive de Monseigneur l’Evêque de  Versailles,  à Monsieur curé de Milly.

Versailles, le 20 septembre 1841.

Je crois, mon cher curé, qu'il doit vous suftire d'avoir une belle cérémonie et une instruction le jour de la translation de St. Vulfran. La relique de St Vulfran est déjà suffisamment authentiquée, puisqu'elle est enfermée dans un médaillon garni du sceau de Mgr. d'Amiens et du mien la châsse dans laquelle vous placerez ce médaillon n'a pas besoin d'être fermée immédiatement, je pourrai la clore quand j'irai dans vos parages. Comme vous n'avez pas, je crois, de second patron, je vous autorise à prendre Saint Vulfran : comme cela, vous pourrez en transférer la fête au dimanche qui suit le quinze octobre. Croyez-moi mon cher curé, en J.-C., votre dévoué et affectionné.

LOUIS-MARIE,
Évêque de Versailles.

Copie d'une ordonnance de Monseigneur l'Evêque de Versailles s plaçant l'église et la paroisse de Milly sous l'invocation de Saint Vulfran, comme patron secondaire.

Louis-Marie-Edmond BLANQUART DE BAILLEUL par la miséricorde divine et la grâce du saint siège apostolique, évêque de Versailles Vu une supplique de M. l'abbé Norgeot curé de Milly en notre diocèse tendant à ce qu'il nous plaise rendre une ordonnance qui établisse la fête St. Vulfran dans son église et paroisse ; Considérant que St. Vulfran vingt-huitième archevêque de Sens apôtre des Frisons mort en odeur de sainteté au monastère de Fontenelle, près Abbeville diocèse d'Amiens, le vingt mars sept cent vingt, a pris naissance dans ladite paroisse de Milly, comme il est justifié par l'histoire ecclésiastiques de M. l'abbé Fleury et encore par les recherches qui ont été faites aux archives du royaume, à la bibliothèque royale et à celle de Sainte-Geneviève t à Paris Considérant que, si conformément au saint concile de trente, tous les saints en général sont à honorer et à invoquer, il y a lieu de décerner un culte plus particulier à ceux qui nous sont plus particulièrement unis par quelques liens de naissance et de patrie Considérant que la paroisse Notre-Dame de Milly vient d'obtenir un fragment d'une des côtes de Saint Vulfran tiré du reliquaire dans lequel le corps de ce saint archevêque est religieusement conservé à Abbeville diocèse d'Amiens, ledit fragment renfermé dans un reliquaire d'argent, de forme ronde bien fermé muni du sceau de Mgr. Jean-Marie Mioland évoque d'Amiens, accompagné d'un document ou authentique signé par mon dit Seigneur d'Amiens, la date du dix-huit mai mil huit cent quarante et un le tout reconnu par nous le six juillet mil huit cent quarante et un. Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1er : A partir de la date de ta présente ordonnance, l'église et la paroisse de Milly sont placées spécialement sous l'invocation de Saint Vulfran, comme patron secondaire.

Art. 2. : La fête de Saint Vulfran, patron secondaire de Milly sera célébrée chaque année, savoir: en particulier, par les prêtres attachées à cette église le quatorze du moins d'octobre et publiquement par les fidèles de la paroisse de Milly le dimanche qui suivra le quatorze d'octobre, selon le rit adopté dans notre diocèse pour les fêtes patronales secondaires, permettant qu'il soit chanté à la messe une prose par nous approuvée en l'honneur du Saint.

Art. 3. : Copie de la présente ordonnance sera envoyée à M. le curé de Milly et par lui inscrite en son entier dans les registres courans de la fabrique.

A Versailles, le 20 novembre 1841.

L.-M. évêq. de Versailles,

Ces différents extraits du registre des délibérations du conseil de fabrique pour l’année mil huit cent quarante et un feuilles 59, 60, 61 et 62 ont été copiés fidèlement par nous prêtre curé de Milly, pour faire droit à la demande que nous a faite M. l'abbé Michel prêtre, curé de Saint Vulfran d'Abbeville, archiprêtre de l'arrondissement par sa lettre du mardi 27 d'octobre 1846.
A Milly, en notre presbytère le 9 novembre 1846.

NORGEOT
Curé de Milly doyen du canton.



Sources : Vie de Saint Vulfran par M. Michel Curé de la paroisse de Saint-Vulfran à Abbeville

dimanche 4 novembre 2012

BUNO-BONNEVAUX - La nécropole gallo-romaine de Chantambre



La découverte en 1976 dans le vallon retiré de Chantambre d'un cimetière rural fréquenté entre 150 et 310 de notre ère, comportant 518 sépultures individuelles réparties en 472 inhumations et 46 incinérations, apporte une somme impressionnante de renseignements sur nos ancêtres gallo-romains.

Les sépultures sont groupées dans un espace circulaire sablonneux dégagé à flanc de coteau, entouré de roches. Une multitude de tessons indiquant un rite de bris de céramique sur le rocher axial est à l'origine de la découverte du site. Cette coupe provient de la sépulture d'une toute jeune fille inhumée dans un cercueil de bois. Le riche mobilier comprenant divers gobelets et flacons de céramique et de verre indique une famille aisée, ainsi que la pièce de monnaie de Faustine-mère déposée à main droite du sujet afin de payer son passage dans l'au-delà. L'absence de cette obole païenne dans certaines des dernières sépultures (fin du IIIe et début du IVe siècles) laisse supposer que celles-ci contiennent déjà des chrétiens.
La découverte dans le cimetière gallo-romain de Chantambre d'un individu présentant une prothèse dentaire ostéo-intégrée en fer fait sensation dans le monde scientifique et montre les Gaulois sous un jour nouveau.
Coupe du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Biberon du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes

Ce biberon, accompagné d'une écuelle à bouillie, meuble la sépulture d'un enfant de dix mois. Cette sépulture réalisée en pleine terre sur un lit de cendre fait l'objet des mêmes soins que celle des autres membres de la communauté. Sans compter les sépultures périnatales, les inhumations d'enfants représentent 1/10e de l'ensemble, ce qui semble indiquer un assez bon niveau sanitaire dans cette communauté rurale.
Vase cercueil du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Cette jarre ovoïde est volontairement éventrée pour accueillir la sépulture d'un nouveau-né. Les morts périnatales donnent lieu à 163 inhumations similaires en vases-cercueils, disposées en marge des autres sur le flanc nord du site. Elles représentent un tiers des inhumations. Ce nombre élevé évoque une mortalité périnatale importante, mais aussi un sens développé de la communauté et du respect de l'individu.
Urne funéraire du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Les pratiques de l'inhumation et de l'incinération sont contemporaines sur ce site, laissant supposer que la communauté qui l'exploite est d'origine composite. Cette urne de verre est une exception dans la nécropole où les 45 autres incinérations sont déposées en pleine terre. Cependant, plusieurs champs d'urnes sont connus non loin de là sur le bord du plateau.

vendredi 26 octobre 2012

Exposition "Milly dans la tourmente" à Oncy-sur-Ecole

 
En partenariat avec la ville d'Oncy-sur-Ecole et le Souvenir Français, l’association « Les Amis de Milly-en Gâtinais et Environs » présentera l’exposition « Milly dans la tourmente », qui se tiendra du 8 au 15 novembre 2012 dans la salle Lantara à Oncy-sur-Ecole.
 
 
 
Les visiteurs pourront y découvrir de nombreux documents relatifs au camp d’instruction de zouaves qui fut installé à Milly de 1915 à 1919.
 
En effet, c’est en juillet 1915, que les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s’installer à Milly. La Ville devint un important centre d’instruction, accueillant près de 3000 soldats, presque autant que d’habitants !!
 
De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune et les communes voisines telles que Moigny, Oncy, Dannemois, Noisy, Buno-Bonneveaux. Milly ne pouvant accueillir la totalité de ces militaires, le 21eme régiment d’infanterie coloniale fut stationné à Maisse et le 23 eme à Vayres.
 
Cette exposition se poursuivra par une étude sur les Monuments aux Morts du canton de Milly et par la présentation de nombreuses cartes postales des Fêtes de la Victoires du 14 juillet 1919 à Paris.

Du 8 au 15 novembre 2012
tous les jours sauf le mardi de 10h à 12 h et de 14h à 17h
Salle Lantara à Oncy-sur-Ecole.

jeudi 11 octobre 2012

Milly : Histoire des six canons


Le roi Suède avait fait cadeau au marquis de Lammary, qui était ambassadeur de France à Stockolm, de six petit canons en bronze et ciselés avec art. Ils avaient été placés par ces soins sur les deux donjons du château de Milly.

Lors de la révolution de 1789 les habitants pensèrent que M. Du lau d’Allemans, qui possédait le château à cette époque, pourraient faire usage de ces canons pour tirer sur la ville (10 août 1789 – archives de la ville).
 

Ils demandèrent que les canons fussent retirés, M. d’Allemans ayant refusé, la municipalité s’adressa à Paris pour avoir la force nécessaire. Aussitôt M. d’Allemans remis ses canons à la municipalité. Ils y demeurèrent jusque sous l’Empire, où Napoléon permit à leur ancien propriétaire de les reprendre. Vint 1830. Les canons étaient encore au château ; même crainte des habitants, même demande à M. d’Allemans fils, qui, lui ne fit pas de difficultés de les rendre. Ils furent de nouveau portés à la mairie d’où Louis-Phlippe autorisa une dernière fois de les sortir de la mairie. M d’Allemans les fit monter sur des affûts dans la cour de son hôtel à Paris. A sa mort, son mobilier fut vendu et les canons achetés par des Anglais pour un de leur musée.


mercredi 3 octobre 2012

Monsieur Papineau, un instituteur militant à Oncy


Dans l'Abeille d'Etampes du 18 juillet 1896, on pouvait lire ceci :


De quoi s'agissait-il ?

C'était une époque où l'Ecole laïque était en lutte avec l'Ecole confessionnelle. Les Instituteurs, comme les nommait Charles Peguy, étaient les « Hussards noirs de la République ». L'Episcopat, dans son ensemble, bien que salarié par elle, n'avait pas encore accepté l'Etat républicain.

Un grand mouvement d'éducation, la Ligue de l'Enseignement qui avait tant milité pour les lois scolaires de Jules Ferry, continuait son œuvre d'Education en donnant aux instituteurs les moyens de prouver leur efficacité au sein de comités locaux. Cet hiver 1895-1896 une campagne de conférences pour adultes fut lancée. Il faut dire que si le ministre de l'Instruction publique … et des Cultes était M. Combes, le Président du Conseil (aujourd'hui Premier Ministre) était M. Léon Bourgeois. Il était également président de la Ligue de l'Enseignement. Ceci expliquant certainement cela.

L'Abeille d'Etampes ne signale que l'intitulé d'une seule conférence : La Révolution de 1793. Mais comme ce fut un mouvement national qui fut étudié avec précision pour une commune de la Haute-Vienne, il est permis de supposer que les autres conférences traitèrent de: Charlotte Corday ; Jeanne d'Arc ; Les grands rendements dans l'agriculture (les instituteurs recevaient des cours d'agriculture à l'Ecole Normale) ; les bienfaits de l'union et de l'association (normal ! Venant de la Ligue de l'Enseignement qui sera la première association à se déclarer selon la loi du 1er juillet 1901) ; Rossbach et Valmy ; L'Algérie, Tunisie, Soudan ; La gelée, ses causes et ses effets (l'hiver précédent fut terrible dans notre région : il tomba tellement de neige que les travaux agricoles furent impossibles ce qui fit que les journaliers agricoles ne reçurent aucun salaire et qu'il fallut, pour venir à leur secours, lancer une grande souscription. Le froid fut si intense que le gel fit éclater les troncs sur des hectares en forêt de Fontainebleau);Les bienfaits du travail ; Du patriotisme (pendant la guerre qui suivra, les instituteurs, sous officiers, sortaient des tranchés à la tête de leurs troupes. C'est pourquoi ils furent la catégorie socio-professionnelle la plus atteinte) ; Madagascar : ile que les troupes coloniales françaises venaient de conquérir à grand peine et dont un des soldats, natif d'Oncy venait de rentrer.

Ces conférences furent très suivies et la salle de classe contenait avec peine tous les nombreux auditeurs.

D'après l'article de l'Abeille, il faut peut-être comprendre que M. Papineau fut le seul, ou un des rares pour cette action militante dans l'Arrondissement d'Etampes.

L'année suivante, ce sont des cours pour adultes qui furent organisés, non seulement à Oncy, mais également à Milly et sans doute partout en France.

Mais Monsieur Papineau n'avait pas que des amis : voici ce qui a paru dans l'Abeille en date du 18 mai 1895.


Et quand il prodiguera ses conférences du soir, des « garnements » viendront tirer sa sonnette à plusieurs reprises ; il dû porter plainte à la gendarmerie.


Ces « garnements » avaient-ils agit de leur propre initiative, ou bien était-ce dû à l'ambiance du moment, comme l'indiquerait cet article paru dans l'Abeille du 17 mars 1894.


Monsieur Papineau continua son action militante en organisant, toujours à l'instigation de la Ligue de l'Enseignement, des concours de tir très prisés.

Pour l'Exposition Universelle de 1900, il rédigea, comme tous les instituteurs de France, une monographie sur son village : travail pénible car il ne disposait pas de toutes les facilités dont nous disposons aujourd'hui.

Cette monographie vous sera présentée prochainement.

Maurice Gelbard

dimanche 26 août 2012

Les marais d'Oncy


Ceci est un extrait de la carte du Royaume de France telle que la famille Cassini avait mis 50 ans à l'établir au XVIII° siècle.

            Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique.  La carte ne localise pas précisément les habitations ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de précision du réseau routier ancien est tel qu'en superposant des photos satellite orthorectifiées aux feuilles de la carte de la France on obtient de spectaculaires résultats.

            Voici comment César-François Cassini (Cassini III) voyait la carte qu'il allait commencer :

ñ « mesurer les distances par triangulation et assurer ainsi le positionnement exact des lieux » ;
ñ « mesurer le Royaume, c’est-à-dire déterminer le nombre innombrable de bourgs, villes et villages semés dans toute son étendue » ;
ñ « représenter ce qui est immuable dans le paysage ». (Wikipédia)

            Que voyons nous « d'immuable »  pour cette époque ?

            - Milly est une ville fortifiée établie sur la rive droite de la rivière École, à l'entrée d'une petite vallée, sans que l'on puisse deviner si la ville est construite sur un promontoire, comme celui qui est visible sur la rive gauche, ou si elle suit la pente vers l'eau, comme le laisseraient supposer des indices qui indiquant qu'à une certaine époque (quand ???) le niveau de la place du marché aurait été de un mètre plus bas que son niveau actuel, et de deux mètres à la place de la République (Mairie) .....

            - Entre Milly et Moigny, on compte 5 moulins, 2 autres à Dannemois, 3 sur Soisy. Plus précisément : deux moulins à Milly (Moulin du Coudray-Moulin de la Maitrise), deux moulins à Courances (Moulin du Ruisseau et Moulin Grena),  plus le moulin " Le grand Moulin ou le Moulin de Choiseau transformé en scierie.....  Un moulin à Moigny, (le Moulin Gauffin)  deux moulins à Dannemois (Moulin ancien - Moulin à l'huile qui fut transformé en Moulin à Blé ....à Soisy sur Ecole  , (le Moulin Neuf- Moulin du Réau -Moulin des Noues) puis il y a St Germain  etc.... jusqu'à Ponthierry !!! 

            - L'Ecole n'est que marécage peu après sa source jusqu'à un pont (celui qui sépare aujourd’hui Oncy de Milly ?) et y coule en faisant de nombreux détours.

            Plusieurs siècles avant, ces marais étaient biens plus vastes.

            Voici une idée de son étendue, selon des relevés géologiques et topographiques.

            On remarquera :

ñ  un rétrécissement au niveau de l'église de Noisy, ce qui permit l'établissement d'un pont et d'habitat ;

ñ  un autre au niveau de Milly ; ce qui facilita, sans doute, l'établissement d'un passage et l'installation d'une ville dans un espace plus vaste qu'à Noisy.

ñ  que le chemin de la Procession (sur Milly) suivi du chemin de Moigny (sur Oncy) le longe. Ce qui était normal … il y a 2000 ans. Sur la carte Cassini, c'était même la route qui allait de Milly à Oncy. Est-ce que ce fut une voie romaine ? On peut le penser  pour deux raisons au moins. La première est que le creusement de fondations a permis de rencontrer des pavements. La deuxième serait l'explication de l'origine du nom d'Oncy ; Oncia, qui signifie la douzième partie d'un tout. Les historiens qui se sont penchés sur l'origine des noms de lieu (toponymes) on relevé que ces genres de noms se trouvaient le long de voies romaines à un certaine distance de l'origine : ici ce serait à la douzième partie de sa longueur. Mais …. d'où à où ?

ñ  Le cours de l’École à été redressé.

            Contrairement à une idée couramment répandue, les terres cultivables ont été gagnées bien plus par l'assainissement des marais que par le déboisement.



De nombreux fossés de drainage ont été creusés et ce qui ne devait être qu’un marais dans une vallée entre le Vaudoué et Ponthierry a été canalisé pour devenir une rivière qui évacuait l'eau plus rapidement ; ce qui serait l'origine de son nom : écoulement …. écoule … école ; l’École ? L'humidité en profondeur de cette terre ainsi gagnée a permis  la culture des plantes médicinales dans notre canton.

La canalisation se remarque particulièrement en Seine-et-Marne au niveau de La Planche, où l'Ecole ne coule pas au fond de la vallée, comme le font normalement tous les cours d'eau, mais la suit  environ deux mètres plus haut !

Maurice Gelbard

dimanche 12 août 2012

MILLY, PARCOURS À TRAVERS LE TEMPS


A l’occasion des Journées du patrimoine 2012, l’association « Les Amis de Milly-en Gâtinais et Environs » (LAMGE), propose une petite promenade dans Milly-la-Forêt à travers le temps : exposition de nombreuses cartes postales et évocations de faits divers. Ce sont là de nombreux traits de vie qui s’offrent à nous…



Espace culturel du Moustier - Entrée libre
Du 8 au 16 septembre 2012 - Ouverte du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

dimanche 15 juillet 2012

Les polissoirs dans la région de Milly-la-Forêt


Les (très) anciens habitants de notre Gâtinais ont laissés d'autres témoignages que les menhirs et autres dolmens.

A Noisy sur Ecole, il y le polissoir du Goulet.

Polissoir du Goulet, à Noisy sur Ecole

Il y a d'autres polissoirs autour de Milly : l'un d'entre eux a été transporté à côté de l'église de Buno-Bonnevaux, le polissoir « Les sept Coups d'Epée de Roland » est proche de son aérodrome ; le polissoir dit « La roche de Grenolet » est situé sur la commune de Moigny-sur Ecole, et enfin, un cinquième (en comptant celui de Noisy) est sur Arbonne, où, sur la route qui va à Courances, il suffit de tourner au chemin du ... polissoir.
Polissoir situé à côté de l’église de Buno-Bonnevaux
Polissoir "Les sept Coups d'Epée de Roland", à Buno-Bonnevaux
Polissoir "la roche Grenolet", à Moigny sur Ecole
Polissoir d’Arbonne




Comme son nom l'indique, les roches n'étaient plus taillées,




mais usées ; polies.










Vous vous doutez bien que polir une pierre prenait du temps ! Ce qui signifie qu'obligatoirement, il y avait un habitat à proximité. Ces gens là n'étaient plus des S.D.F. chasseurs-cueilleurs, mais des agriculteurs sédentaires. Voici l'objet une fois terminé tel qu'on peut le retrouver dans des musées :


Sa version « moderne » est toujours en usage dans certains pays : Comme pour son ancêtre, elle n'est utilisé que dans des terres faciles à travailler … à la main ; comme dans nos terres assez sablonneuses.


Dans notre région où le silex est un matériau d'importation, ce sont ces objets là que l'on trouve également : du grès quartzitique. C'était il y a six ou 7000 ans.


A l'époque où le labourage des champs se pratiquait à l'aide d'une charrue tirée par un animal, l'agriculteur qui suivait le sillon avait le temps de remarquer ces outils de pierre qu'il ramassait et allait porter à M. Angelier, pharmacien à Milly. Celui-ci  pratiquait des fouilles dans la région et exposait ses découvertes dans son officine.
En 1950, la municipalité mis à sa disposition une salle de l'ancienne école maternelle (aujourd'hui le Musée Bedu) pour créer un musée.
Ces collections sont   aujourd'hui sous la protection du Musée de la préhistoire de Nemours.

A suivre

Maurice Gelbard

mercredi 13 juin 2012

Souscription livre "Milly dans la tourmente"


Avec Monsieur Jacques Fournillon, nous avons présenté en 2006, à l’Espace Culturel Paul Bédu de Milly-la-Forêt l’exposition « Milly dans la tourmente », puis en 2008, l’exposition « Hommage aux Poilus ».
 Ces deux expositions principalement consacrées au camp d’instruction de Zouaves, furent très appréciées.
 En juillet 1915, les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s'installer à Milly. La Ville devint un important centre d'instruction, accueillant près de 3000 soldats. De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune et les communes voisines telles que Moigny, Oncy, Dannemois, Noisy, Buno-Bonneveaux. Milly ne pouvant accueillir la totalité de ces militaires, le 21eme régiment d’infanterie coloniale fut stationné à Maisse et le 23 eme à Vayres.
 Nous avons souhaité rassembler tous ces documents en un livre, afin de les rendre accessible à tous. La réalisation de cet ouvrage est pour nous l’aboutissement de plus de cinq années de recherche.
 Au travers de ce livre de 170 pages, les lecteurs découvriront environ 300 reproductions de photos, cartes postales et articles de journaux.
 En souscrivant avant le 1er septembre 2012, vous contribuerez à la publication de cet ouvrage et bénéficierez d’un tarif préférentiel sur le prix de vente public.
Cliquez sur le bulletin pour l'imprimer avant de nous le retourner accompagné de votre règlement