Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

dimanche 4 novembre 2012

BUNO-BONNEVAUX - La nécropole gallo-romaine de Chantambre



La découverte en 1976 dans le vallon retiré de Chantambre d'un cimetière rural fréquenté entre 150 et 310 de notre ère, comportant 518 sépultures individuelles réparties en 472 inhumations et 46 incinérations, apporte une somme impressionnante de renseignements sur nos ancêtres gallo-romains.

Les sépultures sont groupées dans un espace circulaire sablonneux dégagé à flanc de coteau, entouré de roches. Une multitude de tessons indiquant un rite de bris de céramique sur le rocher axial est à l'origine de la découverte du site. Cette coupe provient de la sépulture d'une toute jeune fille inhumée dans un cercueil de bois. Le riche mobilier comprenant divers gobelets et flacons de céramique et de verre indique une famille aisée, ainsi que la pièce de monnaie de Faustine-mère déposée à main droite du sujet afin de payer son passage dans l'au-delà. L'absence de cette obole païenne dans certaines des dernières sépultures (fin du IIIe et début du IVe siècles) laisse supposer que celles-ci contiennent déjà des chrétiens.
La découverte dans le cimetière gallo-romain de Chantambre d'un individu présentant une prothèse dentaire ostéo-intégrée en fer fait sensation dans le monde scientifique et montre les Gaulois sous un jour nouveau.
Coupe du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Biberon du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes

Ce biberon, accompagné d'une écuelle à bouillie, meuble la sépulture d'un enfant de dix mois. Cette sépulture réalisée en pleine terre sur un lit de cendre fait l'objet des mêmes soins que celle des autres membres de la communauté. Sans compter les sépultures périnatales, les inhumations d'enfants représentent 1/10e de l'ensemble, ce qui semble indiquer un assez bon niveau sanitaire dans cette communauté rurale.
Vase cercueil du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Cette jarre ovoïde est volontairement éventrée pour accueillir la sépulture d'un nouveau-né. Les morts périnatales donnent lieu à 163 inhumations similaires en vases-cercueils, disposées en marge des autres sur le flanc nord du site. Elles représentent un tiers des inhumations. Ce nombre élevé évoque une mortalité périnatale importante, mais aussi un sens développé de la communauté et du respect de l'individu.
Urne funéraire du IIe siècle - Musée municipal d'Etampes
Les pratiques de l'inhumation et de l'incinération sont contemporaines sur ce site, laissant supposer que la communauté qui l'exploite est d'origine composite. Cette urne de verre est une exception dans la nécropole où les 45 autres incinérations sont déposées en pleine terre. Cependant, plusieurs champs d'urnes sont connus non loin de là sur le bord du plateau.

vendredi 26 octobre 2012

Exposition "Milly dans la tourmente" à Oncy-sur-Ecole

 
En partenariat avec la ville d'Oncy-sur-Ecole et le Souvenir Français, l’association « Les Amis de Milly-en Gâtinais et Environs » présentera l’exposition « Milly dans la tourmente », qui se tiendra du 8 au 15 novembre 2012 dans la salle Lantara à Oncy-sur-Ecole.
 
 
 
Les visiteurs pourront y découvrir de nombreux documents relatifs au camp d’instruction de zouaves qui fut installé à Milly de 1915 à 1919.
 
En effet, c’est en juillet 1915, que les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s’installer à Milly. La Ville devint un important centre d’instruction, accueillant près de 3000 soldats, presque autant que d’habitants !!
 
De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune et les communes voisines telles que Moigny, Oncy, Dannemois, Noisy, Buno-Bonneveaux. Milly ne pouvant accueillir la totalité de ces militaires, le 21eme régiment d’infanterie coloniale fut stationné à Maisse et le 23 eme à Vayres.
 
Cette exposition se poursuivra par une étude sur les Monuments aux Morts du canton de Milly et par la présentation de nombreuses cartes postales des Fêtes de la Victoires du 14 juillet 1919 à Paris.

Du 8 au 15 novembre 2012
tous les jours sauf le mardi de 10h à 12 h et de 14h à 17h
Salle Lantara à Oncy-sur-Ecole.

jeudi 11 octobre 2012

Milly : Histoire des six canons


Le roi Suède avait fait cadeau au marquis de Lammary, qui était ambassadeur de France à Stockolm, de six petit canons en bronze et ciselés avec art. Ils avaient été placés par ces soins sur les deux donjons du château de Milly.

Lors de la révolution de 1789 les habitants pensèrent que M. Du lau d’Allemans, qui possédait le château à cette époque, pourraient faire usage de ces canons pour tirer sur la ville (10 août 1789 – archives de la ville).
 

Ils demandèrent que les canons fussent retirés, M. d’Allemans ayant refusé, la municipalité s’adressa à Paris pour avoir la force nécessaire. Aussitôt M. d’Allemans remis ses canons à la municipalité. Ils y demeurèrent jusque sous l’Empire, où Napoléon permit à leur ancien propriétaire de les reprendre. Vint 1830. Les canons étaient encore au château ; même crainte des habitants, même demande à M. d’Allemans fils, qui, lui ne fit pas de difficultés de les rendre. Ils furent de nouveau portés à la mairie d’où Louis-Phlippe autorisa une dernière fois de les sortir de la mairie. M d’Allemans les fit monter sur des affûts dans la cour de son hôtel à Paris. A sa mort, son mobilier fut vendu et les canons achetés par des Anglais pour un de leur musée.


mercredi 3 octobre 2012

Monsieur Papineau, un instituteur militant à Oncy


Dans l'Abeille d'Etampes du 18 juillet 1896, on pouvait lire ceci :


De quoi s'agissait-il ?

C'était une époque où l'Ecole laïque était en lutte avec l'Ecole confessionnelle. Les Instituteurs, comme les nommait Charles Peguy, étaient les « Hussards noirs de la République ». L'Episcopat, dans son ensemble, bien que salarié par elle, n'avait pas encore accepté l'Etat républicain.

Un grand mouvement d'éducation, la Ligue de l'Enseignement qui avait tant milité pour les lois scolaires de Jules Ferry, continuait son œuvre d'Education en donnant aux instituteurs les moyens de prouver leur efficacité au sein de comités locaux. Cet hiver 1895-1896 une campagne de conférences pour adultes fut lancée. Il faut dire que si le ministre de l'Instruction publique … et des Cultes était M. Combes, le Président du Conseil (aujourd'hui Premier Ministre) était M. Léon Bourgeois. Il était également président de la Ligue de l'Enseignement. Ceci expliquant certainement cela.

L'Abeille d'Etampes ne signale que l'intitulé d'une seule conférence : La Révolution de 1793. Mais comme ce fut un mouvement national qui fut étudié avec précision pour une commune de la Haute-Vienne, il est permis de supposer que les autres conférences traitèrent de: Charlotte Corday ; Jeanne d'Arc ; Les grands rendements dans l'agriculture (les instituteurs recevaient des cours d'agriculture à l'Ecole Normale) ; les bienfaits de l'union et de l'association (normal ! Venant de la Ligue de l'Enseignement qui sera la première association à se déclarer selon la loi du 1er juillet 1901) ; Rossbach et Valmy ; L'Algérie, Tunisie, Soudan ; La gelée, ses causes et ses effets (l'hiver précédent fut terrible dans notre région : il tomba tellement de neige que les travaux agricoles furent impossibles ce qui fit que les journaliers agricoles ne reçurent aucun salaire et qu'il fallut, pour venir à leur secours, lancer une grande souscription. Le froid fut si intense que le gel fit éclater les troncs sur des hectares en forêt de Fontainebleau);Les bienfaits du travail ; Du patriotisme (pendant la guerre qui suivra, les instituteurs, sous officiers, sortaient des tranchés à la tête de leurs troupes. C'est pourquoi ils furent la catégorie socio-professionnelle la plus atteinte) ; Madagascar : ile que les troupes coloniales françaises venaient de conquérir à grand peine et dont un des soldats, natif d'Oncy venait de rentrer.

Ces conférences furent très suivies et la salle de classe contenait avec peine tous les nombreux auditeurs.

D'après l'article de l'Abeille, il faut peut-être comprendre que M. Papineau fut le seul, ou un des rares pour cette action militante dans l'Arrondissement d'Etampes.

L'année suivante, ce sont des cours pour adultes qui furent organisés, non seulement à Oncy, mais également à Milly et sans doute partout en France.

Mais Monsieur Papineau n'avait pas que des amis : voici ce qui a paru dans l'Abeille en date du 18 mai 1895.


Et quand il prodiguera ses conférences du soir, des « garnements » viendront tirer sa sonnette à plusieurs reprises ; il dû porter plainte à la gendarmerie.


Ces « garnements » avaient-ils agit de leur propre initiative, ou bien était-ce dû à l'ambiance du moment, comme l'indiquerait cet article paru dans l'Abeille du 17 mars 1894.


Monsieur Papineau continua son action militante en organisant, toujours à l'instigation de la Ligue de l'Enseignement, des concours de tir très prisés.

Pour l'Exposition Universelle de 1900, il rédigea, comme tous les instituteurs de France, une monographie sur son village : travail pénible car il ne disposait pas de toutes les facilités dont nous disposons aujourd'hui.

Cette monographie vous sera présentée prochainement.

Maurice Gelbard

dimanche 26 août 2012

Les marais d'Oncy


Ceci est un extrait de la carte du Royaume de France telle que la famille Cassini avait mis 50 ans à l'établir au XVIII° siècle.

            Cette carte constituait pour l'époque une véritable innovation et une avancée technique décisive. Elle est la première carte à s'appuyer sur une triangulation géodésique.  La carte ne localise pas précisément les habitations ou les limites des marais et forêts, mais le niveau de précision du réseau routier ancien est tel qu'en superposant des photos satellite orthorectifiées aux feuilles de la carte de la France on obtient de spectaculaires résultats.

            Voici comment César-François Cassini (Cassini III) voyait la carte qu'il allait commencer :

ñ « mesurer les distances par triangulation et assurer ainsi le positionnement exact des lieux » ;
ñ « mesurer le Royaume, c’est-à-dire déterminer le nombre innombrable de bourgs, villes et villages semés dans toute son étendue » ;
ñ « représenter ce qui est immuable dans le paysage ». (Wikipédia)

            Que voyons nous « d'immuable »  pour cette époque ?

            - Milly est une ville fortifiée établie sur la rive droite de la rivière École, à l'entrée d'une petite vallée, sans que l'on puisse deviner si la ville est construite sur un promontoire, comme celui qui est visible sur la rive gauche, ou si elle suit la pente vers l'eau, comme le laisseraient supposer des indices qui indiquant qu'à une certaine époque (quand ???) le niveau de la place du marché aurait été de un mètre plus bas que son niveau actuel, et de deux mètres à la place de la République (Mairie) .....

            - Entre Milly et Moigny, on compte 5 moulins, 2 autres à Dannemois, 3 sur Soisy. Plus précisément : deux moulins à Milly (Moulin du Coudray-Moulin de la Maitrise), deux moulins à Courances (Moulin du Ruisseau et Moulin Grena),  plus le moulin " Le grand Moulin ou le Moulin de Choiseau transformé en scierie.....  Un moulin à Moigny, (le Moulin Gauffin)  deux moulins à Dannemois (Moulin ancien - Moulin à l'huile qui fut transformé en Moulin à Blé ....à Soisy sur Ecole  , (le Moulin Neuf- Moulin du Réau -Moulin des Noues) puis il y a St Germain  etc.... jusqu'à Ponthierry !!! 

            - L'Ecole n'est que marécage peu après sa source jusqu'à un pont (celui qui sépare aujourd’hui Oncy de Milly ?) et y coule en faisant de nombreux détours.

            Plusieurs siècles avant, ces marais étaient biens plus vastes.

            Voici une idée de son étendue, selon des relevés géologiques et topographiques.

            On remarquera :

ñ  un rétrécissement au niveau de l'église de Noisy, ce qui permit l'établissement d'un pont et d'habitat ;

ñ  un autre au niveau de Milly ; ce qui facilita, sans doute, l'établissement d'un passage et l'installation d'une ville dans un espace plus vaste qu'à Noisy.

ñ  que le chemin de la Procession (sur Milly) suivi du chemin de Moigny (sur Oncy) le longe. Ce qui était normal … il y a 2000 ans. Sur la carte Cassini, c'était même la route qui allait de Milly à Oncy. Est-ce que ce fut une voie romaine ? On peut le penser  pour deux raisons au moins. La première est que le creusement de fondations a permis de rencontrer des pavements. La deuxième serait l'explication de l'origine du nom d'Oncy ; Oncia, qui signifie la douzième partie d'un tout. Les historiens qui se sont penchés sur l'origine des noms de lieu (toponymes) on relevé que ces genres de noms se trouvaient le long de voies romaines à un certaine distance de l'origine : ici ce serait à la douzième partie de sa longueur. Mais …. d'où à où ?

ñ  Le cours de l’École à été redressé.

            Contrairement à une idée couramment répandue, les terres cultivables ont été gagnées bien plus par l'assainissement des marais que par le déboisement.



De nombreux fossés de drainage ont été creusés et ce qui ne devait être qu’un marais dans une vallée entre le Vaudoué et Ponthierry a été canalisé pour devenir une rivière qui évacuait l'eau plus rapidement ; ce qui serait l'origine de son nom : écoulement …. écoule … école ; l’École ? L'humidité en profondeur de cette terre ainsi gagnée a permis  la culture des plantes médicinales dans notre canton.

La canalisation se remarque particulièrement en Seine-et-Marne au niveau de La Planche, où l'Ecole ne coule pas au fond de la vallée, comme le font normalement tous les cours d'eau, mais la suit  environ deux mètres plus haut !

Maurice Gelbard

dimanche 12 août 2012

MILLY, PARCOURS À TRAVERS LE TEMPS


A l’occasion des Journées du patrimoine 2012, l’association « Les Amis de Milly-en Gâtinais et Environs » (LAMGE), propose une petite promenade dans Milly-la-Forêt à travers le temps : exposition de nombreuses cartes postales et évocations de faits divers. Ce sont là de nombreux traits de vie qui s’offrent à nous…



Espace culturel du Moustier - Entrée libre
Du 8 au 16 septembre 2012 - Ouverte du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h

dimanche 15 juillet 2012

Les polissoirs dans la région de Milly-la-Forêt


Les (très) anciens habitants de notre Gâtinais ont laissés d'autres témoignages que les menhirs et autres dolmens.

A Noisy sur Ecole, il y le polissoir du Goulet.

Polissoir du Goulet, à Noisy sur Ecole

Il y a d'autres polissoirs autour de Milly : l'un d'entre eux a été transporté à côté de l'église de Buno-Bonnevaux, le polissoir « Les sept Coups d'Epée de Roland » est proche de son aérodrome ; le polissoir dit « La roche de Grenolet » est situé sur la commune de Moigny-sur Ecole, et enfin, un cinquième (en comptant celui de Noisy) est sur Arbonne, où, sur la route qui va à Courances, il suffit de tourner au chemin du ... polissoir.
Polissoir situé à côté de l’église de Buno-Bonnevaux
Polissoir "Les sept Coups d'Epée de Roland", à Buno-Bonnevaux
Polissoir "la roche Grenolet", à Moigny sur Ecole
Polissoir d’Arbonne




Comme son nom l'indique, les roches n'étaient plus taillées,




mais usées ; polies.










Vous vous doutez bien que polir une pierre prenait du temps ! Ce qui signifie qu'obligatoirement, il y avait un habitat à proximité. Ces gens là n'étaient plus des S.D.F. chasseurs-cueilleurs, mais des agriculteurs sédentaires. Voici l'objet une fois terminé tel qu'on peut le retrouver dans des musées :


Sa version « moderne » est toujours en usage dans certains pays : Comme pour son ancêtre, elle n'est utilisé que dans des terres faciles à travailler … à la main ; comme dans nos terres assez sablonneuses.


Dans notre région où le silex est un matériau d'importation, ce sont ces objets là que l'on trouve également : du grès quartzitique. C'était il y a six ou 7000 ans.


A l'époque où le labourage des champs se pratiquait à l'aide d'une charrue tirée par un animal, l'agriculteur qui suivait le sillon avait le temps de remarquer ces outils de pierre qu'il ramassait et allait porter à M. Angelier, pharmacien à Milly. Celui-ci  pratiquait des fouilles dans la région et exposait ses découvertes dans son officine.
En 1950, la municipalité mis à sa disposition une salle de l'ancienne école maternelle (aujourd'hui le Musée Bedu) pour créer un musée.
Ces collections sont   aujourd'hui sous la protection du Musée de la préhistoire de Nemours.

A suivre

Maurice Gelbard

mercredi 13 juin 2012

Souscription livre "Milly dans la tourmente"


Avec Monsieur Jacques Fournillon, nous avons présenté en 2006, à l’Espace Culturel Paul Bédu de Milly-la-Forêt l’exposition « Milly dans la tourmente », puis en 2008, l’exposition « Hommage aux Poilus ».
 Ces deux expositions principalement consacrées au camp d’instruction de Zouaves, furent très appréciées.
 En juillet 1915, les premier et quatrième régiments de Zouaves de Rosny-sous-Bois sont venus s'installer à Milly. La Ville devint un important centre d'instruction, accueillant près de 3000 soldats. De nombreux travaux d’intérêt militaire (tranchées, champs de tir, etc.) et cantonnements furent réalisés à cette occasion dans la commune et les communes voisines telles que Moigny, Oncy, Dannemois, Noisy, Buno-Bonneveaux. Milly ne pouvant accueillir la totalité de ces militaires, le 21eme régiment d’infanterie coloniale fut stationné à Maisse et le 23 eme à Vayres.
 Nous avons souhaité rassembler tous ces documents en un livre, afin de les rendre accessible à tous. La réalisation de cet ouvrage est pour nous l’aboutissement de plus de cinq années de recherche.
 Au travers de ce livre de 170 pages, les lecteurs découvriront environ 300 reproductions de photos, cartes postales et articles de journaux.
 En souscrivant avant le 1er septembre 2012, vous contribuerez à la publication de cet ouvrage et bénéficierez d’un tarif préférentiel sur le prix de vente public.
Cliquez sur le bulletin pour l'imprimer avant de nous le retourner accompagné de votre règlement

dimanche 3 juin 2012

Fête à Oncy en l'honneur de Lantara


Dimanche prochain, 6 juin, une cérémonie touchante va se passer à Oncy, l'une des communes du canton du Milly . Des membres de l'Institut, des artistes illustres, une société d'élites, vont se transporter au village d'Oncy, et inaugurer dans la modeste chaumière qui l'a vu naître, le buste du peintre Lantara.

Simon - Mathurin Lantara s'est rendu célèbre comme paysagiste. II excellait surtout a représenter dans ses tableaux les différentes heures du jour. On sait que, dans sa  jeunesse, il gardait les bestiaux, lorsque la vue de l'admirable campagne et des beaux sites qui l'entouraient  lui révéla son génie.  II vint étudier à Paris, où sa réputation se répandit rapidement, mais si l'on en croit la tradition, il avait conservé de sa vie passée l'habitude de  l'indolence et le goût du vin. On croit même généralement quel était adonné à l'ivrognerie. Un vaudeville de Picard,  joué en 1809, et intitulé: Lantara, ou le Peintre au cabaret, a contribué  à répandre cette opinion  dans le public. Ce qui est certain, c'est qu'il vécu dans la misère, au jour le jour, et que, plus d'une fois, il paya ses dépenses ou ses créanciers avec des dessins ou des tableaux. Il mourut à l'hôpital de la Charité le 22 décembre 1778.
Au bas de son portrait, peint d'après nature par Watteau, se trouve ce quatrain qui résume toute sa vie :

Je suis le peintre Lantara,
La foi m'a tenu lieu de livre;
L'espérance me faisait vivre,
Et la Charité m'enterra.

On savait que Lantara était né aux environs de Fontainebleau ou de Montargis, mais on ignorait dans quel lieu. Un ami des arts, M. de la Chavignerie, de la Chapelle-la-Reine, et M. Sougit, ancien notaire à Milly, guidés par quelques indices, ont mis en commun leurs efforts. Après de nombreuses recherches, ils ont acquis la preuve la plus authentique que Lantara était né au village d'Oncy, le 24 mars 1729. Dans une brochure que nous recommandons à tous ceux qui aiment les arts (1), M. de la Chavignerie nous fait connaître les documents très-curieux qui viennent d'être découverts, et il donne sur Lantara, sur son caractère, sur ses ouvrages, les renseignements les plus complets qui aient paru jusqu'à ce jour. Cette découverte est une bonne fortune pour notre arrondissement, et désormais Lantara viendra augmenter le nombre des hommes illustres qui ont vu le jour parmi nous.

Huile de Lantara

Hier tout le monde s'occupait avec ardeur, à Milly et à Oncy des préparatifs de l'inauguration Les habitants notables de Melun et de Fontainebleau ont été conviés à cette fête de famille, et ils n'auront garde d'y manquer. A ce sujet, une réflexion bien simple vient à l'esprit ; Oncy est une de nos communes, et cependant la ville d'Étampes semble rester étrangère à un événement qui la touche de si près. On ignore généralement et l'heureuse découverte, et jusqu'à la fête de dimanche prochain. Tous ceux à qui nous l'avons annoncée en entendaient parler pour la première fois. C'est Fontainebleau, Melun et Corbeil qu'on appelle pour fêter Lantara; il est à peine question d'Étampes. Si l'on en cherchait les causes, on pourrait en citer plusieurs, mais la principale, c'est à coup sûr l'absence d'une route et la difficulté des communications.
Quoi qu'il en soit, nous espérons que les artistes d'Étampes et tous les amis de la peinture se rendront à Oncy pour honorer la mémoire de notre compatriote Lantara.

    (1) M. J.-B. Dumoulin, libraire-éditeur, quai des Augustins, 13

Sources : L'Abeille d'Etampes du 5 juin 1852

Décret de Louis-Napoléon en date du 10 juin 1852 approuvant la pose d'une plaque commémorative sur la maison natale du peintre Lantara




Dans notre numéro du 5 courant, nous annoncions à nos lecteurs qu'une fête devait avoir lieu le dimanche suivant, à Oncy, canton de Milly, en l'honneur du peintre Lantara. Plusieurs journaux ont rendu compte de cette fête, entre autres l'Illustration et l'Indicateur général de Seine-et-Marne. Nous extrayons les passages suivants d'une lettre publiée par ce dernier journal.

                        "A Monsieur le Rédacteur de l'Indicateur général.

                                        Monsieur,
Veuillez me permettre, comme témoin oculaire, de vous rendre compte d'une simple fête de village. C'est bien peu, direz-vous peut-être, pour vos nombreux lecteurs, accoutumés qu'ils sont au récit de plus grands événements : mais j'ai osé espérer qu'il se trouverait encore parmi eux beaucoup d'esprits assez honnêtes et de cœurs assez bien faits pour se complaire au récit de ces scènes de la vie humaine où la manifestation des plus nobles et des plus rares sentiments repose l'âme de l'affligeant tableau des désordres et des périls de la société.

Cette fête avait un pieux motif : on venait de découvrir qu'un artiste, qui a laissé une réputation méritée et des ouvrages estimés, était né au siècle dernier, dans le village d'Oncy : et les bons habitants de ce petit village, justement ambitieux de s'associer à la renommée de leur compatriote, qui fut d'abord un pauvre berger, ont voulu l'honorer par un témoignage de leur affection, et la consacrer par un modeste monument. Une inscription sur du marbre décore aujourd'hui le mur le plus apparent de la chaumière natale du berger devenu peintre.
Il se nommait SIMON-MATHURIN LANTARA; il naquit à Oncy, le 24 mars 1729, et mourut à Paris, le 22 décembre 1778.
Le vœu public a secondé le projet des habitants d'Oncy : une souscription a pourvu à toutes les dépenses; l'autorité publique a favorisé cette honorable manifestation, et, après l'approbation obtenue de M. le Ministre de l'intérieur, sur la demande de M. le préfet du département de Seine-et-Oise, le jour de la cérémonie a été fixée au dimanche 6 juin, et M; le Sous-Préfet d'Étampes a été officiellement délégué pour la présider.

Pour ce même jour, et d'après la convenance de M. le Sous-Préfet, président, le rendez-vous général avait été indiqué pour dix heures du matin, à la mairie de la commune de Milly, chef-lieu de canton du département de Seine-et-Oise.


Personne n'y a manqué : l'autorité municipale de Milly avait tout disposé pour assurer le plus gracieux accueil aux nombreux étrangers accourus pour la circonstance.
Le comité central des artistes, à Paris, s'y est fait représenter par MM. le baron Van-Tenac, Couder jeune, Legonisel et Guersant.
Des artistes renommés, que la belle saison ou de sérieux ouvrages ont réunis à Fontainebleu, MM. Auguste Couder, membre de l'Institut, ses amis et émules Schopin, Decamps, Biard, Joly; avec eux MM. Albert, Defouan et Tétaz, architecte, ancien prix de Rome, attaché aux travaux du Palais, se sont rendus à Milly, heureux de prendre part à l'objet de cette intéressante cérémonie.

M. le Maire de Milly et son adjoint, des membres du conseil municipal et M. le juge de paix du canton, étaient auprès de M. le Sous-Préfet; et le cortège, formé d'une nombreuse assistance, s'est mis en marche, ayant en tête la brigade de gendarmerie de Milly, une partie de celle de La Chapelle-la-Reine, et la belle compagnie de sapeurs-pompiers de Milly formant la haie.

Parvenu sur les limites de la commune de Milly, M. le Sous-Préfet a été reçu par M. le Maire et le conseil municipal de celle d'Oncy; une foule nombreuse, accourue des lieux voisins, encombrait la route et les abords de l'église, où le cortège s'est rendu pour assister au service divin; et, dans cette église, il n'y avait de places libres que celles que M. le curé avait fait réserver pour la cérémonie. Toutes les châtelaine du voisinage, parées pour un jour de fête, avaient voulu honorer, par leur présence, la mémoire du pauvre peintre d'Oncy. M. le docteur Trousseau, de Paris, membre du conseil général de Seine-et-Oise, et M. Achille Morisseau, dont le nom s'est fait remarquer dans la littérature politique, complétaient cette brillante réunion.

Après la célébration de la messe, M. le curé, accompagné de plusieurs autres ecclésiastiques, a conduit le cortège vers la chaumière, désormais historique dans sa paroisse.

Sur la place qui se trouve en face, une enceinte avait été préparée pour les autorités, les députations et les souscripteurs.

M. le Sous-préfet ayant occupé la place d'honneur, M. le curé a récité les prières de l'église pour la bénédiction du marbre monumental préalablement attaché à la chaumière; et, lorsqu'il a été découvert, les nombreux spectateurs ont eu devant leurs yeux  une grande plaque de marbre noir, sur laquelle on a lu l'inscription suivante, gravée en lettre d'or, dans l'intérieur d'un champ ayant la forme d'une tessère antique :

DANS CETTE CHAUMIÈRE
EST NE LE 24 MARS 1729 LE PEINTRE LANTARA
MORT A PARIS LE 22 DÉCEMBRE 1778
SOUVENIR DE SES CONCITOYENS.
1852

Une seconde surprise avait été réservée à la foule présente : au dessus de la tablette de marbre était un médaillon représentant, de grandeur naturelle, le portrait de Lantara, en relief et de profil, et ce joli morceau était un ouvrage et un don de l'habile auteur des sculptures décoratives de l'Hôtel de Ville de Paris, M. Guersant."

Nouvelle plaque inaugurée le 1er juin 1947
Après plusieurs discours prononcés par MM. Deszières, curé d'Oncy, de la Renomière, Morisseau, de La Chavignerie, l'Historien de Lantara, Van Tenac, président du comité central des artistes et ancien sous-préfet, et Auguste Couder, membre de l'Institut, M. de Lassus Saint-geniès, sous-préfet d'Étampes, a clos la cérémonie par ces mémorables paroles :

                        "Messieurs,

A peine arrivé dans votre arrondissement j'accours à cette fête artistique, et viens m'associer avec bonheur aux nobles sentiments qui s'y épanchent, au culte de l'art, à la reconnaissance d'une population entière envers un homme éminent dont elle revendique à bon droit le nom comme son bien, comme son bonheur.

Vous venez de découvrir quelle fut l'heureuse contrée où la nature féconde sut inspirer un simple gardien de troupeau, l'un de vos ancêtres, qui devint par son seul génie un peintre distingué; et aussitôt vous accourez avec des lauriers pour couronner et faire revivre cette mémoire injustement négligée, pour tracer sur le passage des générations futures la marque de l'honneur qui signalera désormais votre illustre compatriote à leur admiration.

Permettez-moi d'apporter aussi mes applaudissements; mais ils ne sont pas seulement pour le pauvre artiste à qui vous rendez son auréole de gloire; c'est à vous encore qu'ils s'dressent, habitant d'Oncy et du canton de Milly. En glorifiant les arts dans la mémoire d'un compatriote vous vous montrez à la foi des hommes de cœur et d'intelligence.

Dans un temps où le génie du mal a tenté d'envahir la France, où il menaçait naguère d'étendre son niveau mortel sur la société, vous savez rendre justice aux esprits supérieurs et vous protestez ainsi contre les doctrines du socialisme. - Honneur à Vous !

En manifestant des sentiments aussi élevés vous secondez la glorieuse politique du prince qui, le 2 décembre, sauva la civilisation, et qui, dans toutes solennités pacifiques, dans toutes les circonstances où la prospérité publique reçoit une nouvelle consécration, doit être salué de nos hommages reconnaissants.
Grâces lui soient donc rendues comme à vous ! Vous avez organisé une magnifique fête; mais le calme qui y règne, en 1852, la sérénité qui en fait le charme, c'est Louis-Napoléon qui vous les a donnés."

"Les applaudissements unanimes qui ont accompagné ce discours étaient une franche manifestation des sentiments de gratitude et de dévouement de l'assemblée entière envers le Prince qui donne à la France, régénérée dans l'ordre, les nobles loisirs et le calme réparateur, qui sont la vie des arts et des lettres."

Sources : L'Abeille d'Etampes du 12 juin 1852


Cette image est intéressante : l'arbre que l'on voit est un tilleul, arbre de la liberté planté lors de la proclamation de la II° République en 1848.

C'est devant lui que le sous préfet d'Etampes fit son discours pour vanter le coup d'Etat du 2 décembre 1851 perpétré par le Prince-Président ; Louis-Napoléon Bonaparte. Une de ses premières actions fut d'ordonner que la devise de la République -Liberté-Egalité-Fraternité - fut effacée des bâtiments publics (où elle n'était que peinte) ainsi que retirée de tous les documents officiels, et d'arracher les arbres de la liberté. Six mois après, il trônait toujours à Oncy, peut-être protégé par la bénédiction du curé. C'est en 1983 qu'il dû être abattu.




6 juin 1852 ! Voilà 160 ans qu'Oncy fête Lantara. Cette année, c'est le week-end des 9 et 10 juin.

Maurice Gelbard

vendredi 25 mai 2012

Le Menhir de la Croix Saint-Jacques à Tousson


Le Menhir récemment redressé de Tousson (Seine-et-Marne)
par
le Dr ATGIER (de Livry, S-et-O)


Un menhir, jadis enfoui dans le sol, vient d’être redressé dans la commune de Tousson. Il est situé à vingt pas de la route de Malesherbes à Tousson, et à un kilomètre à peine de cette localité.
Il mesure environ 3 mètres d’émergence au-dessus du sol. Il a 1m25 m de largeur à sa base. Il diminue de largeur insensiblement jusqu’à son tiers supérieur où elle n’est plus que de 1m08.
A ce niveau, sa largeur diminue encore, par suite d’une sorte de brisure ancienne.
A son sommet, une autre brisure, ancienne également, le rétrécit encore davantage ; il n’a plus que 0m75 de largeur environ. Ces mesures sont prises sur sa face Nord-nord-ouest, qui est légèrement convexe, tandis que toutes les autres sont équarries ; cette face est tournée vers la commune de Tousson.
La pierre est en grès rose, fin et dur en surface ; à quelques centimètres de profondeur, il est blanc et plus dur.

A 0m10 au-dessus du sol et à droite, cette face présente une excavation ancienne, ressemblant à une petite cupule, de 0m05 de diamètre, mais en la sondant, on s’aperçoit qu’elle est plus profonde que les cupules ordinaires, car cette profondeur est de 0m12 et ne peut être qu’un ancien trou de mine.

Sa face latérale Ouest est moins large que la face antérieure ; il en est ainsi de la face latérale Est.

Quant à la face Sud, elle présente à peu près les mêmes dimensions que la face antérieure, sauf sa convexité.


Ce mégalithe fut retrouvé dans les conditions suivantes. Le propriétaire du champ trouvant qu’il était gênant pour le labour, fit creuser tout autour, dans le sol où il était enfoui à
60 centimètres de profondeur.

Quand le mégalithe fut mis à découvert le propriétaire, qui avait aussi trouvé, tout auprès des haches préhistoriques, prévint la Société archéologique de Fontainebleau, qui s’entendit avec un entrepreneur de Malesherbes, pour l’extraction et l’érection de la pierre, érection qui fut effectuée à 50 mètres environ du lieu de l’extraction.

L’extraction fut opérée de la manière suivante. On parvient à passer sous la pierre des madriers ronds et des madriers dits à lumière, c’est-à-dire percés de trous à leurs extrémités, permettant d’y introduire des leviers servant à faire tourner ces madriers à la manière d’un palan et de faire avancer ainsi la pierre, de madrier en madrier.

Quand le mégalithe eut franchi son excavation, on passa des crics au-dessous, entre les madriers ; il fut ainsi soulevé et érigé sans que l’on ait eu recours à des cordes ou des chèvres, mais non sans la brisure de plusieurs madriers.

Les brisures du sommet du menhir, le trou de mine susdit de la base prouvent qu’il y a eu, à une époque indéterminée, des tentatives de destruction par fragmentation du monolithe.

Ce bloc énorme de grès, trouvé sur un plateau élevé de terrain calcaire tend à prouver que sa présence en ce lieu n’est pas fortuite et qu’il a du y être apporté par la main de l’homme pour des raisons majeures en leur temps.

Depuis quand était-il enfoui en ce lieu ? Nul ne le sait, aucune légende, aucune croyance, sur son érection d’autrefois, sur sa disparition ou son enfouissement ne sont restées dans la mémoire des habitants. Avait-il été enfoui à l’époque des renversements de mégalithes cultuels pour éviter sa profanation ? On ne peut faire que des conjectures à ce sujet.

A deux pas du mégalithe a été trouvé aussi un fragment de couteau en calcédoine, recouvert d’une belle patine blanche. Tous ces faits permettent donc de penser qu’il existait en ce lieu une station préhistorique funéraire ou culturelle.

Sources : Bulletin de la Société préhistorique française de 1913 - Volume 10 - Numéro 4