Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

mardi 10 juin 2008

Henri IV à Milly-la-Forêt

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En 1598, la seigneurie est en possession de François d’Averton. C’est à cette époque que HENRI IV, roi de France et de Navarre, vient à Milly. Il descend à l’ancienne hostellerie du « Lion d’Or », place du marché, en venant de Paris en diligence. HENRI IV chasse souvent dans les bois environnants : la forêt de Fontainebleau, la forêt de Milly et celle de Malesherbes. Il séjourne à Fontainebleau avec Gabrielle d’Estrée, sa favorite, et rend souvent visite à Henriette d’Entragues au château de Malesherbes après la mort de Gabrielle.
Un jour de 1603, le bon roi HENRI IV descend à Milly en venant de Paris en diligence. Il rencontre un Milliacois attardé dans une auberge, près de la Halle. HENRI IV est habillé en simple voyageur. Il converse avec le Milliacois avec bonne humeur et lui demande après un court entretien ce qu’il pense et ce que pensent les gens du roi de France. Le Milliacois, tout calmement et sans chercher à éviter de donner son opinion, lui répond que le roi aime trop ses aventures galantes. HENRI IV, sans se vexer, lui pose aussitôt une petite devinette que voici :
« Quelle différence y a-t-il entre un gaillard et un paillard ? »

Et le Milliacois lui donne cette réponse pleine de bon sens et d’esprit :
« Sire, il n’y a que la table qui les sépare ! »

Il semble que le Milliacois ait reconnu le roi et ait voulu prouver qu’à Milly il y a des gens qui, le moment venu, savent donner la bonne réponse.


Le véritable Hôtel du Lion d'Or, 20 place du Marché, où descendait Henri IV lorsqu'il se rendait à Malesherbes pour y retrouver sa maîtresse Henriette d'Entragues. Il fut démoli en 1907.

mercredi 4 juin 2008

Boulevard de l'Ouest à Milly la Forêt

Le Boulevard de l’Ouest a été établi sur une partie des anciennes fortifications, qui, à cet endroit, se composaient d’un mur d’enceinte, défendu par un double fossé d'eau vive. Il s’appelait autrefois Boulevard de la Tour du Goblet à cause d’une tour de ce nom qui fortifiait l’enceinte de la ville à l’angle du Boulevard et de la route de Boutigny. Ce boulevard est traversé par le « Coul’d’eau », petit ruisseau alimenté par une source à l’entrée de la rue Notre-Dame. Il existait anciennement, entre le boulevard et la rivière l’Ecole, des tanneries dont la production était assez importante.


Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

Ce boulevard fut rebaptisé boulevard Félix-Eboué le 3 juillet 1949 lors de la fête de l’Union Française.


Restaurant LA CHAUMIERE NORMANDE au 1 Bd Félix-Eboué
Ce restaurant s'appela successivement :
Café du Rat d'Eau, vers 1955,
La Chaumière Normande, vers 1970,
La charrue, vers 1985,
Au Passé retrouvé, vers 2000

mardi 27 mai 2008

La Rue Notre-Dame à Milly la Forêt

Rue de la Raison sous la Terreur. Part de la rue du Lau, passe devant l’église, traverse la rue Langlois et va jusqu’à la fontaine ou lavoir du « Coul d’Eau ». Cette dernière partie s’appelait ruelle du Cheval Blanc. La partie devant l’église se nommait rue du Cloître et dépendait du Cloître des chanoines. Elle s’appela aussi rue Traversière.

M. de Lacroix, administrateur de l’Ecole Militaire de Paris, possédait rue Notre-Dame, une petite maison où il venait passer le temps de ses vacances. C’est dans le courant de l’année 1785 qu’il y amena le jeune Bonaparte.

Face à l’église, dans les bâtiments occupés aujourd’hui par la gendarmerie, se trouvait la fameuse Maîtrise de Milly fondée par l’amiral de Graville. Par acte du 29 Septembre 1495, il instituait une maîtrise à l’église collégiale de Milly ; le 4 Mars 1497, il affectait à sa fondation une ferme sise à Nangeville, des rentes et des redevances en grains à Tousson, et une redevance à prendre sur le Moulin de Milly qui depuis cette donation prit le nom de « Moulin de la Maîtrise ». Puis il donnait une maison pour le logement des enfants de chœur et du maître.

Dans la suite, on vit les doyens et chanoines se plaindre des désordres qui existaient dans la maîtrise des enfants de chœur. En 1640, ils demandèrent que la charge dut donnée à l’avenir à un ecclésiastique et que les laïcs mariés en soient exclus (c’était à la suite d’une histoire rabelaisienne au sujet de la femme du maître de la maîtrise !).


Rue Notre-dame

Le « Coul d’eau » dont nous avons déjà parlé au boulevard de l’Ouest, s’appelait autrefois Fontaine du Cheval Blanc. Ce n’est pas d’aujourd’hui que des plaintes se sont élevées par les habitants de la rue Notre-Dame sur le non écoulement des eaux du lavoir. Nous voyons qu’en 1793 « l’eau ne s’écoulait plus et dégageait de mauvaises odeurs qui incommodaient les habitants du quartier ».
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Lavoir du Coul-d'Eau

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mercredi 21 mai 2008

Le rescapé du Guichet à Milly la Forêt

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Il y a quelques temps, les journaux relataient la disparition inquiétante d’un ancien commerçant habitant Milly (Seine-et-Oise), M. Thiercelin qui, parti le matin pour la chasse, n’était pas rentré chez lui la nuit venue.
Dans la localité, on ne parla de rien moins que d’un attentat. Et immédiatement une battue fut organisée dans la campagne et les bois pour retrouver M. Thiercelin, mort ou vif. Gendarmes, sapeurs-pompiers, chasseurs s’en allèrent par une nuit obscure et glaciale, sous la pluie, à la recherche du disciple de saint Hubert.
Pendant de longues heures on parcourut les environs sans relever le moindre indice. Déjà l’on désespérait, lorsque, vers huit heures du matin, la petite troupe qui revenait vers Milly, navrée de n’avoir rien trouvé, fut attirée par un bruit insolite provenant d’un bois.
On y courut et l’on fut tout étonné d’apercevoir, émergeant d’un trou, deux pieds qui s’agitaient désespérément. C’étaient les pieds de M. Thiercelin.
Le chasseur était pris dans un terrier à lapins. Entraîné par l’ardeur de sa chasse, l’ancien commerçant, n’ayant pas de furet à sa disposition, avait voulu forcer lui-même dans sa retraite un lapin qui venait de lui échapper et qu’il avait poursuivi jusque là. Le trou était plus profond qu’il le croyait, et l’infortuné s’y était enfoncé presque entièrement sans parvenir à se dégager.
Ceux qui l’avaient cherché pendant toute la nuit lui rendirent ce service. A leur grande stupéfaction, M. Thiercelin sortit de là en parfaite santé, mais dans quel état !
Et, leur contant sa mésaventure dont il était le premier à rire, il affirma être demeuré dans cette fâcheuse situation pendant vingt-trois heures et avoir désespéré un moment d’en pouvoir jamais sortir.
On juge de la réception que les habitants firent à son retour à Milly à l’ « homme-furet », qu’ils ont ainsi baptisé, et qui désormais, bon gré mal gré, conservera probablement ce surnom.

Transcription du texte publié dans le journal « Le petit Parisien illustré » du 2 décembre 1906




Personne n’a oublié l’étrange aventure de chasse dont fut victime à la fin de l’année dernière un honorable habitant de Milly, M. Thiercelin, qui resta pris dans un terrier sous une roche du bois du Guichet, à Courances, roche qui fut baptisée depuis « la roche Thercelin ». L’affaire ébruitée par la presse parisienne eut un certain retentissement, elle donna même lieu à l’édition d’une carte postale.
Cependant le héros de cette aventure n’avait pas été sans ressentir, tant au niveau physique qu’au moral, les plus fâcheux effets d’un séjour de 23 longues heures dans le véritable sépulcre où il s’était imprudemment engagé ; il eut notamment, il y a un mois, une crise d’hallucination terrible ; il voyait partout la roche fatale et le trou où l’on voulait le précipiter, c’était l’unique objet de ses conversations : « Le trou, le trou… ! » répétait-il.
Les soins affectueux et éclairés des siens le ramenèrent au calme ; puis une nouvelle rechute se produisit, et quoi que puissent lui dire sa femme et son frère qui l’accompagnaient dans ses promenades, il était pris de cette idée fixe qu’il avait un boulet au pied.
Enfin, la semaine dernière, il paraissait tout à fait rétabli, ne parlant plus de roche, de trou, ni de boulet ; sa femme crut pouvoir le laisser sortir seul et dimanche, vers trois heures, M.Thiercelin sortait pour aller chez le coiffeur et ensuite faire sa partie au café de la Renaissance.
Vers sept heures et demie, son mari n’étant pas rentré à la maison, Mme Thiercelin se rendit au café, personne n’y avait vu son mari, pas plus que le coiffeur, pas plus que les personnes amies chez lesquelles il aurait pu se rendre ; on fouilla toute la ville, les bois avoisinants, la roche fatale même fut visitée.
Enfin, vers onze heures du soir, Mme Thiercelin découvrait son malheureux mari dans la fontaine de M. Gastellier, au lieu dit Saint-Blaise ; il avait les jambes dans l’eau et le corps renversé sur les marches de la fontaine.
M. le Docteur Laroche, appelé en toute hâte, se rendit sur les lieux et constata que M. Thiercelin respirait encore, mais il rendait le dernier soupir pendant qu’on le transportait à son domicile.
Que s’était-il passé ? Les hypothèses se donnent libre cours à ce sujet. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c’est que toujours poursuivi par cette idée fixe qu’il n’avait plus les pieds comme tout le monde, le « rescapé » du Guichet s’en alla pour les soulager se mettre les pieds à l’eau de la fontaine de M. Gastellier située à proximité de chez lui ; il aurait été frappé d’une congestion provoquée par la fraîcheur de l’eau.
M. Thiercelin a été inhumé mardi dernier, dans une concession de famille, au cimetière de Milly. La cérémonie religieuse avait eu lieu à l’Eglise Notre-Dame. Une grande partie de la population a tenu à l’accompagner à sa dernière demeure, pour témoigner à sa veuve et à sa famille qu’elle partage pleinement leur douleur. Nous aussi nous leur adressons nos sincères condoléances.

Transcription du texte publié dans le journal « L'Abeille d'Etampes » du 20 avril 1907


lundi 12 mai 2008

La rue du Lau de Milly la Forêt

Cette petite rue pittoresque, bien connue des peintres, va de la rue Farnault à l’entrée du Château.

Elle s’appelait rue du Château et rue du Cloître Notre-Dame. Dans cette rue était autrefois la geôle dont les bâtiments servirent d’usine à gaz. A la Révolution, la prison comprenait « 2 bâtiments et 27 ares de jardin ».

Sur la petite place située entre la rue Farnault et la carrosserie Poiget, existait un puits public connu autrefois sous le nom de Puits du Pressoir.

La rue du Lau se termine en cul-de-sac devant une double porte roman flanquée de deux tourelles à demi engagées dans un vaste bâtiment qui était autrefois le logement du gouverneur. C’est devant cette porte que les vassaux venaient rendre foi et hommage aux seigneurs de Milly. Cette coutume qui était tombée en désuétude dans beaucoup de seigneuries, bien avant la Révolution, existant encore à Milly au commencement du XVIIIè siècle et y fut conservée jusqu’en 1789.
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Un acte conservé aux Archives de l’Hôtel de Ville de Milly nous apporte de curieux renseignements à ce sujet. Le dimanche 13 Juin 1723 à midi, après la messe, Pierre Babin, vigneron à Moigny, rend foi et hommage pour son fief de « Cochet ». « Pierre Babin, - dit l’acte – s’est transporté à la principale entrée de chasteau de Milly, où à haute voix, il aurait par trois fois appelé et demandé si haut et puissant seigneur messire Marc Antoine Front de Beaupoil de Saint Aulaire, chevalier, marquis de Lan Mary, grand Echanson de France, mestre de camp de cavalerie, seigneur Baron de Milly et austres lieux, estoit en son château… à quoi est apparu ledit seigneur marquis de Lanmary, Baron de Milly, auquel ledit Babin a déclaré et fait entendre qu’il estoit venu exprès pour luy faire et porter les foy, hommage et serment de fidélité qu’il est tenu de luy faire et porter à cause du fief de Cochet ses appartenances et dépendances assis dans la paroisse de Moigny. C’est pourquoi ledit Babin estant en tout devoir de vassal, sans épée, bottes, ny éperons, teste nue, ayant un genouil à terre a réellement et actuellement faict et porté audit seigneur lesdits foy et hommage et serment de fidélité ».

Tout ceci se passait publiquement, à la sortie de la messe, devant une foule d’habitants et avec l’assistance d’un notaire « avec paraphe ». Babin déboursa 200 livres de droits seigneuriaux et les frais en plus…

Lorsque le vassal n’était pas un manant, la cérémonie se déroulait à l’intérieur du château.
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Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).


Maison de Jean Cocteau

mercredi 7 mai 2008

Les résistants fusillés de la Plaine de Chanfroy

La plaine de Chanfroy située dans "le massif des Trois Pignons", à l’ouest de la forêt de Fontainebleau, est un site naturel remarquable. Ce vaste espace plat s’étend loin devant vers l’est jusqu’aux hauteurs des « Gorges de Franchard ». Elle est délimitée, à proximité, par deux barres rocheuses: « Corne Biche » et le « Rocher de la Reine ». Cette plaine a des allures de steppe. Son sol est composé de sable et de petit cailloux. Jusqu’au début des années 80, une carrière de grès et de sable était exploitée. C’est une terre sèche, pauvre. Un micro-climat règne d’ailleurs ici. L’hiver, la plaine est, comme son nom l’indique, un champ froid.A l’automne, la brume matinale est persistante et l’été, la réverbération des rayons du soleil sur le sol sablonneux fait croître la température du cirque. Au début de juillet 1944, alors que les combats font rage en Normandie où les alliés ont débarqué un mois auparavant, l’aviation alliée bombarde en masse les voies de communication de Seine-et-Marne. Les réseaux de résistance et les maquis sont passés à l’action, multipliant les sabotages et les attentats qui entretiennent un climat d’insécurité et de tension. La Gestapo, les Feldgendarmes et la Milice répriment sévèrement ce qu’ils appellent les « actes terroristes ». Résistants et maquisards sont abattus sur le champ ou emprisonnés, pour être interrogés et torturés. En cela, Wilhelm Korf et son équipe, qui appartiennent à la Gestapo de Melun, se distinguent particulièrement dans la région. Des otages sont raflés en grand nombre. Otages, résistants et maquisards sont internés dans la prison de Fontainebleau, rue du sergent Perrier, et dans son annexe, la caserne Damesne. Le 21 juillet 1944, dans la cour de la prison, 22 détenus, mains liées dans le dos, reçoivent l’ordre de monter dans un camion. Ils sont dirigés vers une destination inconnue. Le camion revient vide. Dans l’après-midi du 17 août, le même scénario se reproduit. Cette fois, ce sont 14 prisonniers qui sont emmenés.Le 7 décembre 1944, alors qu’ils viennent chercher du sable dans un ancien terrain d’exercice militaire situé au cœur de la plaine de Chanfroy, des soldats américains découvrent des corps en creusant le sol. Les autorités sont alertées. Un déblaiement délicat est effectué qui permet la mise au jour de deux charniers distincts. Trente-six cadavres sont découverts : le nombre des détenus de la prison de Fontainebleau. Il s’avère que les massacres ont été perpétrés à la mitraillette. On retrouve sur place quantité de douilles de 9 millimètres. L’identification des corps se révèle très difficile. Le 14 décembre 1944, des funérailles nationales se déroulent à Fontainebleau. La plupart des corps des victimes ont été rendus à leurs familles. Quelques dépouilles sont inhumées dans le grand carré militaire du cimetière de Fontainebleau.
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Quatre mois après la découverte du massacre, les corps sont retrouvés dans un état de décomposition qui rend l'identification longue et pénible pour les familles."


Environs de MILLY-LA-FORET - Le monument à la Résitance
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Si vous souhaitez en savoir davantage, je vous conseille le site : http://pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/chan01.html

mercredi 30 avril 2008

Etude sur la culture des plantes médicinales à Milly la Forêt

Les membres de l’association du « Comité pour l’Histoire et l’Architecture de Milly-la-Forêt » réalisent une étude sur la culture des plantes médicinales dans le canton de Milly-la-Forêt. Cet important travail permettra la réalisation d’une exposition et l’édition d’un livre. Si vous souhaitez nous aider, en nous apportant vos témoignages, ou par le prêt de documents, photos, outils..., vous pouvez nous contacter : eric.gachot@wanadoo.fr ou http://www.milly.fr/

La culture des plantes médicinales dans le canton de Milly-la-Forêt.

Doit-on faire remonter les liens qui unissent Milly-la-Forêt et les Plantes Médicinales au XIIème siècle ? C’est probable. En Effet, une maladrerie, construite à l’époque, est vouée à Saint-Blaise, médecin réputé pour ses soins par les SIMPLES, dont les seuls restes actuels sont cette magnifique petite chapelle Saint-Blaise des Simples, décorée par Jean Cocteau.
Des inventaires de productions agricoles locales recensent au début du 19e siècle avec certitude des cultures de simples dans la région milliacoise. Mais, c’est en fait, au cours de la première moitié du XXème siècle que Milly connaît ses heures de gloire en tant que Premier Centre Français Producteur de Plantes Médicinales. Une coopérative est créée en en 1940. Elle a pour objet de produire, transformer, conserver et vendre en commun toutes les plantes médicinales. Elle regroupe jusqu’à 135 adhérents dans le début des années 1950 pour un volume des ventes de plus de 130 tonnes de plantes sèches. Elle peut alors investir dans des bâtiments, du matériel …
Sous l’impulsion de ses nombreux producteurs, le Syndicat National (S.N.P.P.M.) voit à son tour le jour en 1941, puis le Centre National d’Expérimentation en 1952.
Cependant, la situation commence à se dégrader à partir de 1955. Différente raisons peuvent expliquer cette situation :
- l’apparition sur le marché de produit de synthèse,
- l’importation à bas prix de plantes d’Europe de l’Est et d’Afrique,
- l’exigence d’une main d’œuvre importante, due à une mécanisation encore peu développée, pour ce type de culture, entraînant des coûts de production élevés,
- la fluctuation des cours et des marchés rendant les revenus instables.
Nombreux, sont alors les cultivateurs qui abandonnent les plantes, ou qui, arrivés à la retraite ne sont pas remplacés.

La « Quille au Bâton »



A la fin du XVIIIème siècle, on jouait aux quilles. La « Quille au Bâton » se jouait dans les fossés du château et le long des murs de la ville. La tenue des jeux de quilles était affermée à bail et donnait lieu à la perception d’un droit seigneurial. Le seul jour où le jeu produisait quelque chose était le 29 Octobre, fête de Saint-Simon, parce que la foire attirait à Milly une grande affluence de visiteurs. Edme-Jacques Montagne était Fermier du Jeu de Quilles (par acte du 30 Octobre 1755) et exploitait le jeu dans les fossés du château. Or, le 29 Octobre 1764, un nommé Le Comte, Exempt de maréchaussée, avec sept archers, arrête Montagne pendant la fête Saint-Simon et l’enferme dans les prisons du baillage malgré ses revendications. Le Comte écroue Montagne en ces termes : « l’an 1764, nous Hypolite Le Conte, Exempt…, avons écroué et mis ès prisons, le nommé Edme-Jacques Montagne, pour avoir fait résistance à la maraichaussée, en donnant à jouer aux quilles au bâton, contre les défenses que nous lui avions faites ». En arrêtant Montagne ce jour là, l’Exempt lui faisait perdre une de ses plus grosses recettes de l’année. La marquise du Lau ayant rencontré l’Exempt, lui fit des observations et chose extraordinaire pour l’époque « L’Exempt, le chapeau sur la tête, répondit à la marquise d’Allemans qu’il n’avait point de compte à rendre à une femme ». Finalement, le marquis prenant la défense de son fermier, porta l’affaire devant le Parlement de Paris, en vue de « dommanges et intérêts ».

mardi 22 avril 2008

La photo inattendue

Connaissez-vous la nature et la date de ces travaux ???


Photo de la Bonde faite dans les années 1980.

dimanche 20 avril 2008

Une épidémie de choléra dans la vallée de l'Ecole

L'épidémie de 1832 s'inscrit dans la longue marche de la deuxième pandémie de choléra. Nous possédons de nombreux documents scientifiques se rapportant à cette épidémie dans les grandes villes mais peu de choses sur ce qui se passait dans les villages. Nous avons eu la bonne fortune d'avoir entre les mains les registres paroissiaux de Courances et de Dannemois , alors diocèse de Versailles, pour les années 1828 à 1832. C'est l'abbé Pitet qui était curé desservant des paroisses de Courances et de Dannemois, cette dernière jusqu'au 15 avril 1832, date à laquelle il fut remplacé par l'abbé Gouaux, curé desservant de Soisy-sur-Ecole. Ce prêtre eut l'ingénieuse idée d'inscrire, dans la marge du registre, la cause du décès pour les malades morts du choléra. Plus scientifiques sont les certificats médicaux de décès demandant l'inhumation immédiate des cholériques morts foudroyés, collés au registre des décès de la mairie de Milly-la-Forêt qui signent ainsi l'authenticité de la maladie.
Par ailleurs, l'étude de la surmortalité dans les différents villages : Courances, Milly, Soisy-sur-Ecole, Moigny , Dannemois, Saint-Germain-sur-Ecole, nous permet de savoir ce que fut l'épidémie.

I. — LA DEUXIEME PANDEMIE DANS LE MONDE

Le choléra venant du delta du Gange, de «chez les Birmans », débute en Europe le 6 février 1830 dans la province d'Orenburg au sud de la Russie et, malgré quarantaines, limi­tation du commerce et de la circulation des marchandises et des hommes, il allait ravager l'Empire russe et envahir toute l'Europe par les ports de la Baltique. Un corps d'armée russe, envoyé « rétablir l'ordre à Varsovie », le diffusa à travers la Pologne puis, la Prusse, l'Autriche, l'Angleterre furent touchées.

II. — EN FRANCE

L'épidémie débute à Paris vraisemblablement le 18 février 1832, importée par les médecins de retour de Pologne où ils avaient été étudier cette maladie inconnue. Certains l'avaient attrapée. Le premier cas, un portier de la rue des Lombards, avait justement comme médecin un de ceux-là. Calais était tou­chée en mars par la maladie venant d'Angleterre.
Devant l'importance de la contagion à Paris, le Ministre du Commerce Intérieur, dont dépendait la Santé Publique, réu­nit à l'Hôtel-Dieu des médecins venus des différentes provinces afin de leur montrer des cholériques et de leur enseigner un traitement bien aléatoire. Sans nul doute, ces médecins furent à leur tour les disséminateurs inconscients de la maladie au même titre que les colporteurs, les compagnons, les chômeurs, les nourrices venues chercher du travail dans la capitale, qui s'en retournaient dans leurs provinces dénutris et fatigués. Au total, 57 départements furent visités par la maladie. Il y eut officiellement 229 534 malades dont 94 666 sont morts ; pour Paris: 44811 malades et 21531 morts en quelques mois.

III. — A CORBEIL

Le premier cas de choléra à Corbeil est celui d'une femme (habitant rue Galande à Paris), le 4 avril 1832, bientôt suivi le 7 avril par un homme « venant de Paris où il avait été cher­cher de l'ouvrage ». Le 9, c'est une nourrice de 37 ans qui meurt à son tour. La maladie va surtout se développer à l'embouchure de l'Essonne sur les deux rives de la Seine. Elle fera 148 malades (58 hommes, 79 femmes, 11 enfants). Il y aura 46 morts et 102 guéris. Le docteur Edouard Petit, médecin des épidémies, a donné une excellente description de l'épidémie à Corbeil dans La Gazette Médicale de juin 18321.

IV. — DANS LA VALLEE DE L'ECOLE

En 1832, Courances et Dannemois sont deux petits villages respectivement de 369 et 411 habitants, aussi importants qu'aujourd'hui. Tous les métiers y sont représentés : cabaretier, tuilier, chaudron-nier, vigneron, boulanger, maréchal-ferrant, cor­donnier, nourrice, propriétaire. La vie s'écoule tranquillement, apportant chaque jour ses joies et ses peines.
A Dannemois, les cas de choléra seront authentifiés par l'inscription de l'abbé Gouaux sur le registre paroissial. Il y en aura 18 au total entre le 2 juillet et le 9 septembre.
Le 2 juillet meurt le fils Vedée, âgé de 7 ans ; le 4, le père ; la mère (et épouse) mourra 10 jours plus tard à Courances. Le 5, une mère et sa fille meurent de choléra et les cas vont se succéder, touchant régulièrement une ou deux personnes de la même famille : un autre cas le 6, un cas le 8, deux cas le 9 juillet, deux cas le 10 juillet dont un frère et sa sœur, un cas le 11 juillet puis, le 19 juillet, deux morts, un cas au mois d'août, le 17. Celui-ci, du fait de la longueur de l'incubation) pourrait sembler douteux s'il ne s'agissait d'une parente de cholérique et de l'affirmation de l'abbé Gouaux. Deux cholé­riques meurent les 20 et 30 août. Un dernier cas est signalé le 5 septembre.
A Courances, brutalement, le 27 juin à 10 heures du matin, la femme du meunier du moulin du Ruisseau, Marie-Rosé Jubert, épouse Venard, meurt. A 8 heures du soir, l'oncle du premier cas de Dannemois, Pierre Guérin, charretier, 51 ans, décède à son tour. C'est le début de l'épidémie qui va faire 14 morts à Courances entre le 27 juin et le 28 juillet. Le 28 juin, c'est Marie-Catherine Leclère, 67 ans, veuve Couderc, apparentée aux deuxième et troisième cas de Dannemois, qui meurt à son tour. Ce cas est important dans la marche de l'épidémie puisque le troisième cas de Dannemois sera une parente de Catherine. Et puis, les malades et les morts vont se succéder. Le 2 juillet, un autre charretier meurt à 6 heures du matin. Le 3 juillet, deux morts : une fillette de 13 ans à 3 heures du matin, le fils de Pierre Guérin à 8 heures du soir. Les cas vont continuer à se succéder: le 5 juillet, à 11 heures du soir, une femme de 40 ans dont la nièce âgée de 12 ans sera emportée par la mala­die ; le 8 juillet, une femme de 66 ans ; le 11 juillet, à 8 heures du matin, une autre femme ; le 8 juillet, à 6 heures du matin, Marie-Charlotte Leclère, sœur de Marie-Catherine ; le 10 juillet, à 10 heures, un « malheureux mendiant ». Et puis, la mère du premier cas de choléra de Dannemois, femme du deuxième cas, va mourir à Courances à la maison des sœurs (où elle s'était réfugiée) le 12 juillet, à 7 heures du matin, soit 10 jours après son fils et 6 jours après son mari. Pour clore cette longue suite de décès, une femme, sœur du deuxième cas, va mourir le 20 juillet et son mari la suivra dans la tombe 7 jours après.

A Milly-la-Forêt, en 1831, il y eut 46 morts dont 21 femmes, 23 hommes, 2 morts-nés. La répartition de cette mortalité, tant en âge que dans l'année, est homogène ; en 1832, 61 décès, 26 femmes, 33 hommes, 2 morts-nés. Nous sommes aidés, pour le diagnostic, par les certificats des médecins. Il y avait alors deux chirurgiens à Milly-la-Forêt pour 1 941 habitants. Le pre­mier décès avec certificat, qui est le premier cas de choléra authentifié « choléra foudroyant », concerne un billet collé à l'enregistrement du décès le 18 juillet ; c'est un sabotier de 47 ans. L'épidémie va se poursuivre en juillet avec 4 décès seu­lement, avec disparition en août. En septembre, reprise du choléra (certifié par les médecins) qui fera 35 morts jusqu'au 26 octobre (16 femmes, 19 hommes). Il est donc possible de situer le début de l'épidémie en juillet, cas d'importation, dispa­rition en août, mais réapparition sévère et véritable épidémie en septembre et octobre.

A Soisy-sur-Ecole (531 habitants), en aval de Dannemois, en 1831, il y eut 10 naissances, 3 mariages et 13 décès (7 hommes dont 4 de plus de 70 ans), alors qu'en 1832, il y eut 8 décès, 3 hommes et 1 femme, dont 4 de plus de 80 ans, jusqu'à fin juin. Par contre, dès le début juillet et jusqu'au 17 août, il y eut 13 décès dont 4 familiaux et, dès le 6 juillet, nous relevons le décès de la veuve et mère des deux premiers cholériques de Dannemois ; d'autres contaminés de la même famille mourront à Courances les 27 et 28 juillet.
A Soisy, nous pouvons dater le début du choléra du 5 ou 6 juillet, par contamination avec le malade de Dannemois mort le 2 juillet.

A Saint-Germain-sur-Ecole (177 habitants), petit village direc­tement sur la rivière Ecole et qui jouxte Soisy, il y eut, en 1831, deux décès, deux mariages, deux naissances. Par contre, en 1832, l'épidémie semble débuter le 20 juillet ; une femme de 32 ans meurt, mais ensuite les cas se succéderont rapidement et, à partir du 19 août, nous comptons 4 décès jusqu'au 7 septembre.

A Moigny (629 habitants), en 1831, il y eut 7 décès (dont 2 enfants de moins d'un an), 9 naissances et 3 mariages. En 1832, il y eut 8 décès, dont 1 enfant en bas âge et l'inscription du décès d'un militaire décédé à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce. Le choléra semble avoir oublié Moigny puisqu'il y eut 10 décès l'année suivante, dont 5 enfants de moins d'un an, contre 14 naissances.
Cette absence de choléra à Moigny pose un problème puis­que ce village touche pratiquement celui de Courances et est irrigué par l'Ecole. Un début d'explication paraît être le fait que peu de familles semblent être apparentées avec les familles de Courances, de Dannemois ou même de Milly. Une réserve doit être faite dans le biais apporté par les « choléras morts », les malades guéris n'ayant pas été comptabilisés.

V. — CONCLUSION

Quelles conclusions tirer de cette épidémie le long de la rivière Ecole ?
L'arrivée de la maladie : il faut la considérer comme causée par les déplacements humains et la preuve en est, c'est que le premier jour de l'épidémie de Courances, c'est un charretier qui est touché. Les relations avec Corbeil et Paris étaient fré­quentes et nous avons relevé, au début de l'année 1832, le décès d'un nourrisson de 28 jours dont les parents résidaient à Paris. Il y avait une maison de nourrices, boulevard Saint-Germain et, dès le début de l'épidémie, ces femmes regagnèrent précipi­tamment leur lieu d'origine emmenant avec elles le germe de la maladie.
La proximité des dates de décès au sein des groupes fami­liaux correspond au délai classique de l'incubation, de 4 heures à 4 jours, sauf pour les cas extrêmes pour lesquels nous pou­vons admettre une contamination par les objets souillés. Il y a des liens familiaux à Courances et à Dannemois pour 25 décédés du choléra sur 33. De ces 33 cas, on peut soustraire un mendiant, une fille d'origine inconnue et 5 personnes originaires d'autres départe-ments.
Patrice Bourdelais a pu écrire dans sa thèse2 : « Sur une population de 807 personnes, une distribution aléatoire de 26 décès n'en aurait pas concentré 25 dans 8 groupes familiaux ; on peut penser que les échanges, les contacts et les relations sont plus nombreux à l'intérieur des groupes qu'entre les autres individus d'une même communauté. Il est bien évident que le premier mort de choléra de Dannemois, le 2 juillet 1832, était allé rendre visite à son grand-oncle, l'un des trois premiers décédés à Courances. Mais les relations de travail, de voisinage, auraient-elles été si rares qu'elles n'aient permis la contami­nation hors du groupe familial ? ».
Patrice Bourdelais confirme ainsi, en partie, notre hypo­thèse selon laquelle, outre la transmission humaine, semble se faire jour une sensibilité génétique à la maladie.
Quant aux moyens sanitaires de l'époque, ils étaient à peu près nuls : peu de médecins, pas de traitement non plus. Res­taient les secours de la religion. C'est ce qui apparaît dans le fait que la mère et la femme des premier et deuxième cas de Dannemois se réfugient à l'hospice des Sœurs de la Croix de Saint-André et y meurent en même temps qu'un mendiant.
Tout aussi dramatique, et comme pour clore cette épidémie, est la fin de l'abbé Pitet, curé desservant de Courances. A l'avant-dernière page du registre, une main anonyme a inscrit le baptême de Marie-Eucherisse Coutard le 4 novembre et poursuit ainsi : « Le baptême ci-dessus mentionné a été administré par Monsieur le curé de Courances, le jour même où il a été atteint de la maladie qui l'a enlevé à sa paroisse, ce qui l'a empêché de pouvoir lui-même dresser et signer cet acte, ce qui a été constaté par Monsieur le curé de Milly sur les déclarations de personnes dignes de foi en la réunion des ecclésiastiques du canton et autres qui ont assisté à l'inhumation de Monsieur Pitet, curé de cette paroisse ». L'abbé Pitet est donc tombé malade le 4 novembre. Il est mort le 26 à l'âge de 73 ans et a été inhumé le 30 novembre 1832. A son inhumation assistaient les curés de Milly, de Buno, de Moigny, de Champmotteux, de Soisy-sur-Ecole, de Maisse, de Chailly-en-Bière, de Fleury et de Noisy. Tous ont signé l'acte d'inhumation. La dernière victime par choléra meurt près de trois mois avant. II est peu probable que l'abbé Pitet soit mort de choléra car l'épidémie était éteinte, mais il a été au bout de ses forces.
Si j'ai rapporté les heures de décès des cholériques de Courances, c'est pour mieux authentifier le dévouement de ceux qui étaient le seul recours contre l'épidémie : déplacements, veilles, réconforts tout au long de la lente agonie des cholé­riques, associés à la notion de totale inefficacité, tout cela devait venir à bout de la résistance des plus solides.
« Les anciens avaient fait un demi-dieu de Thésée pour les avoir affranchis du tribut qu'ils payaient à la voracité du Mino-taure. Cette allégeance nous dit ce qu'aurait mérité l'homme de génie qui nous affranchirait du tribut bien autrement consi­dérable que nous payons à la Peste du Gange et tout ce que la Patrie lui devrait de récompenses naturelles et de suprêmes honneurs. » C'est ce qu'écrivait Monsieur Castera dans La Gazette Médicale de 1832 (p. 263). Pasteur avait alors dix ans.


A. dodin,
Professeur à l'Institut Pasteur,
Chef de l'Unité « Choléra et Vibrions »
et du Centre national de références des Vibrions