Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

jeudi 28 mars 2013

La remise de la médaille commémorative de la guerre 1870 à Milly-la-Forêt


MÉDAILLE COMMÉMORATIVE
DE LA GUERRE 1870 - 1871
- 9 novembre 1911 -

HISTORIQUE et MODALITÉS D’ATTRIBUTION

Suite à un différent, puis un malentendu au sujet de la succession du trône d’Espagne, la France, trop confiante dans la toute puissance de ses armées, déclarait inconsidérément la guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870. Après une série de revers, la dernière armée française, piégée à Sedan, fut capturée le 2 septembre 1870, avec l’Empereur Napoléon III à sa tête et, le 4 septembre la République fut proclamée. Enfin, le 28 janvier 1871, l’armistice était signé et mettait fin à ce conflit perdu pour la France. Malgré la perte de 50 000 hommes, cette guerre de 1870 - 1871 nous vit céder l’Alsace, la Lorraine et verser en trois ans une indemnité de cinq milliards de francs, lors de la signature de la paix avec le nouvel empire d’Allemagne (traité de Francfort en mai 1871).

Après la guerre, nos soldats les plus braves furent récompensés par l’octroi de la Légion d’honneur ou de la Médaille militaire. Cependant, les autorités refusèrent obstinément la création d’une médaille commémorative spécifique au profit des anciens combattants. Sans doute était-ce le besoin d’oublier, ou la honte de devoir évoquer cette funeste guerre, qui fit donc que ces derniers durent patienter quarante ans pour recevoir, enfin, une médaille commémorative officielle ; témoignage tangible reconnaissant leur engagement et leur participation à ces noirs combats...

Car ce fut en effet par la loi du 9 novembre 1911, que la Médaille commémorative de la Guerre de 1870-1871 était créée pour être remise avec un diplôme nominatif, à 150 000 anciens combattants survivants. Ce projet de médaille, à l'initiative du sénateur BERTEAUX, avait été entériné par un vote de la Chambre des députés le 3 juillet précédent et, le 12 juillet, par celui du Sénat.

Obtenue par l'intermédiaire des sociétés d'anciens combattants, elle était décernée par le Président de la République, sur proposition des ministres de la Guerre et de la Marine. Les engagés volontaires eurent droit au port d'une agrafe sur le ruban et à la mention, sur le brevet, de leur titre.

Une variante rare, au gros module en bronze de 36 mm, fut frappée spécialement par la maison Arthus-Bertrand à la demande du Duc Louis Albert Philibert Auguste de Pérusse des Cars ( 1849-1920 ). Ces médailles, dont la légende normale du revers est remplacée par la dédicace en relief  " LE DUC DES CARS A SES FRERES ARMES ", furent remises par ses soins, le 16 décembre 1911, à 18 ou 19 de ses camarades survivants de la 55e promotion "la revanche" ( 1870-1872 ) de Saint-Cyr.

Il est à noter, qu'avant cette reconnaissance officielle, les vétérans de cette guerre se distinguaient par le port d’insignes et de médailles non officielles remises par les différentes associations d’anciens combattants de 1870-1871.

BÉNÉFICIAIRES

La Médaille commémorative de la Guerre de 1870-1871 récompensait les combattants de 1870-1871, qui justifiaient, par pièces authentiques, de leur présence sous les drapeaux en France ou en Algérie, ou à bord des bâtiments armés, entre le mois de juillet 1870 et de février 1871 inclus.

Pouvaient donc prétendre à la médaille, les anciens combattants qui étaient présents sous les drapeaux :

-       dans l'armée active ;
-       dans la Garde nationale mobile (organisée en 1868) ;
-       dans les corps-francs reconnus ;
-       dans la Garde nationale mobilisée (levée en octobre et novembre 1870) ;
-       dans la Garde nationale sédentaire des villes assiégées ;
-       dans les Gardes nationales sédentaires des villes ouvertes ;
-       dans les corps et services de la Marine ;
-       dans les corps organisés, mobilisés en 1870 (douaniers, agents et gardes des forêts, gardiens de la paix de la ville de Paris) ;
-       dans les services de la Trésorerie et des Postes aux armées ;
-       dans les gardes nationales sédentaires des villes ouvertes, attaquées en 1870-1871 ; villes dont le courage a été reconnu par le gouvernement, par l'attribution dans leurs armes de la croix de la Légion d'honneur.

La loi du 27 mars 1912 étendra la remise de la médaille aux médecins, infirmiers, infirmières, aumôniers, pouvant justifier de leur présence sur les champs de bataille, dans les ambulances et hôpitaux, ainsi qu'aux aérostiers ayant quitté Paris en ballon pour assurer un service public.

Enfin, le 13 juillet 1923, une nouvelle loi étendit son attribution :

-       Article 1er : aux enfants volontaires qui, ayant moins de quatorze ans à la déclaration de guerre de 1870, ont été enrôlés dans les bataillons de la Garde nationale ont droit à la médaille commémorative avec agrafe. Le brevet mentionnera le titre d'Enfant Volontaire, avec l'indication du numéro de la compagnie et du bataillon. La pièce justificative sera une attestation d'incorporation délivrée d'après les états de contrôle de la Garde nationale déposés aux archives.

-       Article 2 : aux enfants de moins de dix-huit ans qui, n'étant pas incorporés pendant la guerre, ont accompli un acte de courage civique dont ils pourront faire preuve par acte authentique.

CARACTÉRISTIQUES

Ruban :

Largeur de 36 mm.

Vert coupé par quatre raies verticales noires ; l’ensemble formant une alternance de neuf raies de 4 mm.

Agrafes :

Une agrafe de style oriental en argent ou métal argenté avec l’inscription  ENGAGÉ  VOLONTAIRE.

Une agrafe rectangulaire, non réglementaire, en émail noir avec la date  1870 - 1871.

Insigne :

Médaille ronde en bronze patiné, du module de 30 mm.

Gravure de Georges LEMAIRE.

Sur l’avers : l’effigie de la République casquée et cuirassée, tête à gauche, entourée de la légende  REPUBLIQUE  FRANÇAISE.

Sur le revers : un cartouche portant l’inscription  AUX  DÉFENSEURS  DE  LA  PATRIE, sur un fond de panoplie d’armes, était surmontée d’un étendard et du millésime  1870 - 1871.

C’est le profil d’une artiste à la mode, mademoiselle Fernande DUBOIS, de l’Opéra-comique, qui fut choisi pour représenter l’effigie de la République.

Il a existé des modèles de fabrication fantaisie dite « gros module », en bronze patiné, argenté ou doré et du module de 36,5 mm, réalisés, notamment, par la maison ARTHUS-BERTRAND.


A Milly, la médaille commémorative fut remise le 23 juin 1912 à :


- BAUDIN Etienne Fernand ; Président de la Section à Milly
- MALLE Lubin ; Trésorier de la Section à Milly
- LOGEROT Pierre Emile ; Vétéran à Milly
- MENEUX René ; Vétéran à Oncy
- JACQUEAU Paul ; Vétéran à Maisse
- GALLET Pierre ; Vétéran à Milly
- GALLET Charles Adolphe ; Vétéran à Milly
- PLISSON Adrien ; Vétéran à Maisse
- NORMAND Pierre ; Vétéran à Oncy
- DELAPORTE Raphaël ; Vétéran à Noisy
- COMBES François ; Vétéran à Milly
- DOUARD Lucien ; Vétéran à Milly
- PARATTE Jean ; Vétéran à Milly
- ROUSSEAU Auguste ; Vétéran à Milly
- LEPICIER Victor ; Vétéran à Maisse
- DECROIX Louis ; Vétéran à Maisse
- LELOUP Auguste ; Vétéran à Maisse
- WETZEL Jean ; Vétéran à Maisse
- GRANDJEAN Pierre Eugène ; Vétéran à Maisse
- ARNOULT Pierre ; Vétéran à Moigny
- COURTOIS JULES ; Vétéran à Courdimanche
- LEPICIER Hippolyte ; Vétéran à Courdimanche
- MARTIN Adrien ; Vétéran à Buno-Bonnevaux
- CHARPENTIER Cyrille ; Vétéran à Dannemois
- FEVE Pierre ; Vétéran à Milly
- MINIER Louis ; Vétéran à Maisse
- HAMARD Zéphir ; Vétéran à Dannemois
- BAUDET Hippolyte ; Vétéran à Buno-Bonnevaux
- HUREAU Etienne ; Vétéran à Buno-Bonnevaux
- LEROY Germain ; Vétéran à Courances
- CHARPAGNE Léon ; Vétéran à Boigneville
- MARLIN Céleste ; Vétéran à Milly
- DESCOMBES Claude ; Vétéran à Milly
- CHAUVEAU Clément ; Vétéran à Saintry
- FLAGIS Henri ; Vétéran à Milly
- LEPICIER Alfred ; Vétéran à Milly
- THOMAS Jules ; Vétéran à Courances
- SUMELLE Léopold ; Vétéran à Cély
- SOURCEAU Amédée ; Vétéran à Buno-Bonnevaux

Voici ce que l'on pouvait lire dans l'Abeille d'Etampes du 22 juin 1912 :
Nous rappelons que dimanche 23 Juin à 10 h ¾ du matin, salle de la Justice de Paix (Hôtel de Ville) se fera l’assemblée générale-annuelle de la 1160ème section des Vétérans.
A l’issue de l’assemblée, banquet chez le camarade Legrain, hôtel du Lion d’Or, et à 2 h ½ sur la place du Marché (Halles), réunion des sociétés qui se joindront à celle des Vétérans et invités pour le défilé à l’Hôtel de Ville où aura lieu la remise de la médaille commémorative de 1870-1871 aux combattants de l’Année Terrible.
La cérémonie terminée et comme il a été dit, le cortège se reformera pour un nouveau défilé et viendra se disloquer sur la place du Marché.
En raison de la manifestation patriotique de dimanche, les habitants sont invités à pavoiser leurs habitations. Disons que de Milly et des communes du canton, les adhésions au banquet sont nombreuses. Toutefois, les camarades qui ont prévu l’empêchement d’y assister et qui au dernier moment se trouveraient libre de leur engagement, sont assurés de trouver, demain, place au repas. Le camarade Legrain mettre le nombre de couverts nécessaires pour pourvoir à tout imprévu.


dimanche 17 mars 2013

Courses cyclistes Paris à Milly


C'est en 1911, à l'occasion de la fête Saint-Pierre que fut organisé la première course cycliste Paris-Milly. Voici que que l'on pouvait lire dans l'Abeille d'Etampes.
 
Le journal Le Coureur de dimanche dernier publie les renseignements suivants sur la course Paris-Milly qui aura lieu le 2 Juillet prochain :
Dans quinze jours, la France Athlétique et Sportive, non contente du gros succès remporté par sa course Paris – Paris Plage, va organiser de nouveau une grande épreuve interclubs sur route.
Elle annonce en effet pour le 2 Juillet une course Paris-Milly, appelée à devenir populaire et classique, car elle possède toutes les qualités qui tentent les coureurs. La distance en premier lieu (65 km) en est accessible à tous ; de plus, elle conduit les concurrents en un des sites les plus charmants de la forêt de Fontainebleau ; en outre, les frais qu’elle occasionne sont fort minimes, et enfin elle est très richement dotée de 500 francs de prix, espèces et nature.
Le départ sera donné de Versailles à 9 heures du matin. Le parcours passera probablement par Palaiseau, Longjumeau et Essonnes.
A l’arrivée, les cyclistes trouveront la ville de Milly en fête pour les recevoir ; une foire champêtre leur fera joyeusement passer l’après-midi, et le soir un brillant feu d’artifice, suivi d’un bal, clôturera la journée.
La réduction de 50 %, accordée pour le retour en chemin de fer, permettra tout aussi bien de regagner Paris pour le dîner, que de n’y rentrer qu’après les fêtes du soir.
La liste des prix s’établit de la façon suivante : 100, 75, 50, 30, 20, 15, 10, 10, 10 et 10 Fr en espèces ; puis objets d’art, services de table, services à café, à chocolat, à liqueurs, à crème, médailles, plusieurs prix de 5 fr., objets d’utilité, montres, etc. En tout vingt-cinq prix. Pour une course de 65 kilomètres, c’est plutôt coquet…
Les engagements (1 fr.50 les membres de sociétés reconnues, 2 fr. les isolés) sont reçus tous les soirs de 6 h 15 à 9 h 15 aux bureaux de la Société des Courses, 37 rue Saint-Georges, Paris 9ème (Nord-Sud : N.D. de Lorette).
Paris-Milly, comme toutes les épreuves de la Société des Courses, est ouverte à tout cyclise : la licence 1911 n’est que de 1 franc.

Sources : L'Abeille d'Etampes du 24 juin 1911.
 
 
Le temps fut superbe pendant les trois jours de la fête annuelle. Dimanche matin à 11 h 5, arrivaient les premiers coureurs de la course Paris-Milly, but d’arrivée sur la route de Paris. Etaient présents : MM. Robinet, maire ; Chagot, Sebille, Bedu, Tazé, Picard, Luguet, Baudin, conseillers municipaux : M. Langlois, Président et M. Baffoy, vice-président du Comité commercial et des fêtes ; M. Malle, trésorier, etc, etc.

A cette heure, le clairon placé à 500 mètres en avant du but d’arrivée annonçait les coureurs, qui arrivèrent par groupes de quatre ou cinq ou isolément ; citons les 25 premiers arrivés : 1er Morin, couvrant les 65 kilomètres en 1 h 45 ; 2ème : Van den Hove ; 3ème Boivin ; 4ème Nirèves, 5ème Sabatier, 6ème Cléret, 7ème Maniez, 8ème Loisel, 9ème Duquesnoy ; 10ème Overget ; 11ème Rousset, 12ème Dhome, 13ème Lallemand, 14ème Carnet, 15ème Betemps, 16ème Presle, 17ème Bejean, 18ème Fouinet, 19ème Lion, 20ème Turpin, 21ème Mulin, 22ème Thomas, 23ème Grosnaux, 24ème Dutertre, 25ème Agnelet.

81 coureurs sont arrivés sur 108 concurrents, dont les derniers vers midi.

L’après-midi, de 4 heures à 5 heures, la Fanfare nous donna, sous la direction de son habile chef, un fort joli concert, puis eut lieu la distribution des prix aux lauréats des coureurs de la matinée.

Le soir à 9 h ½, un feu d’artifice tiré sur la route de Fontainebleau avait attiré une foule compacte. Ce divertissement avait été aimablement offert par la Société des coureurs F.A.S. qui en fut vivement remerciée. Puis la foule se répandit dans les bals Lévêque et Duché, qui jusqu’au jour présentèrent une joyeuse animation.

Le lendemain lundi, une course locale organisée par la Société cycliste de Milly sur le parcours de Milly à Fontainebleau et retour, prenait son départ à 3 h 20 et le retour à Milly s’effectuait à 4 h 20, soit une heure pour les 36 kilomètres qui séparent les deux villes.

Le premier prix a été gagné par M. Desrues et le second par M. Duché.

Un bal d’enfants tout à fait gracieux a réjoui notre population enfantine. Les gentils bambins auxquels de grands enfants n’ont pas dédaigné de se mêler, a clos les divertissements de la Saint-Pierre de 1911.

Ajoutons que tous les forains, et notamment le cinéma Stevens, dont la salle était toujours comble, ont fait de bonnes journées.

Sources : L'Abeille d'Etampes du 8 juillet 1911.


Nos lecteurs se souviennent du très gros succès remporté l’année dernier, à pareille époque, par une course cycliste, de Paris à Milly, qu’avait organisée une des plus grandes sociétés de Paris : La France Athlétique Sportive.

Cette course va avoir dimanche prochain, 30 juin, sa réédition ; c’est encore la F.A.S. qui l’organise, avec le bienveillant concours de la municipalité et du Comité des Fêtes de Milly. Elle promet de remporter un succès plus grand encore qu’en 1911.

En effet, depuis que Paris-Milly a été annoncé, c’est-à-dire depuis une quinzaine de jours, une véritable effervescence règne dans tous les clubs cyclistes ; chacun se prépare avec acharnement  et les sociétés préméditent toutes de faire des excursions sur le parcours le jour de l’épreuve.

Près de 150 coureurs ont pris part l’année dernière à Paris-Milly ; or, en présence de la grande popularité de la course, il est presque certain que ce chiffre sera, dimanche prochain, dépassé. C’est donc un véritable bataillon de coureurs qui va passer en trombe dans nos localités, et le spectacle en sera des plus captivants, d’autant plus que les meilleurs routiers de France ont promis de s’inscrire ; il viendra même des coureurs de plus de 100 kilomètres à la ronde !

Il est vrai que la liste des prix en vaut la peine, soit 500 francs ont été affectés à la course, ainsi répartis :

Au premier : 100 francs, au second : 60 fr ; puis 40, 25, 15, 10, 10, 5, 5, 5 francs tous en espèces, suite de très nombreux prix en nature, objets d’art, service de table, service à café, médailles, montres, etc. En tout : 25 prix. On le voit : il y a peu de courses dans toute l’année qui soient dotées aussi richement : c’est pour cela que dans les milieux cyclistes, Paris-Milly est considéré comme une des principales épreuves de la saison.

De façon à allonger suffisamment la distance le parcours par Versailles, Jouy-en-Josas, Palaiseau, Longjumeau, Sainte-Geneviève-des-Bois, Courcouronnes, Essonnes, Auverneaux, Moigny et Milly, au total 65 kilomètres. Il y aura un contrôle fixe à Essonnes.

Le départ devant être donné vers 9 heures, on peut escompter le passage des premiers vers 9 h ½ à Palaiseau, 9 h 40 à Longjumeau, 9 h 50 à Sainte-Geneviève, 10 heures Courcouronnes, 10 h ¼ à Essonnes, l’arrivée vers 11 h ¼ à Milly.

Un service important d’ordre et de contrôle sera établi tout le long de l’itinéraire.

Indiquons aux jeunes gens de Seine-et-Oise qui désireraient prendre part à la course qu’il leur suffit d’adresser leur engagement avant vendredi soir, à la Société des Courses, 37, rue Saint-Georges, à Paris, sous les règlements de laquelle l’épreuve se dispute. Pour pouvoir courir, il faut être licencié de cette fédération (cout de la licence 1912 : 1 franc). Le droit d’inscription est de 2 francs. Les effets seront transportés du départ à l’arrivée par les organisateurs.

Paris-Milly va donner un éclat de plus à la fête patronale de Saint-Pierre qui tombe, à Milly le même jour… Gageons en outre qu’il y aura foule sur tout le parcours pour applaudir les vaillants coureurs…

Sources : L'Abeille d'Etampes du 22 juin 1912. 

dimanche 3 mars 2013

Louis Malet de Graville


Louis Malet de Graville est peut-être né en 1438, à Paris. Il est mort au château de Marcoussis, le 30 octobre 1516 et enterré en l’église des Cordeliers de Malesherbes, qu’il avait fondée.
 
 
Louis Malet de Graville est comblé de dons par Louis XI, qui lui accorde la justice de Chastres, en 1470, et de Graville en 1471. Dans une lettre du 20 août 1476 le roi le qualifie son amé et féal cousin . Capitaine de Dieppe en 1480, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, Louis Malet de Graville est nommé amiral de France en 1486, après la mort de Louis de Bourbon, comte de Roussillon. Il le reste jusqu’en 1508. Il assiste à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, où le duc d'Orléans (futur Louis XII) est fait prisonnier par Charles VIII. En septembre 1489, Brest étant assiégée par les anglais. L'amiral avec 25 vaisseaux disperse la flotte anglo-bretonne, forte de soixante voiles. Il force l'armée de terre à battre en retraite et à laisser son artillerie. Louis Malet de Graville suit le roi de France Charles VIII à la conquête du royaume de Naples et est remboursé de 23.175 livres pour nolage et entretènement de deux vaisseaux. Il est capitaine des ville et château de Saint-Malo, en 1489, 1490 et 1491, puis de Vincennes. En 1505, il est témoin du mariage de Germaine de Foix avec le roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon, veuf d'Isabelle la Catholique. Louis Malet de Graville prête à Louis XII 90.000 livres en 1513. Il se démet, en 1508, de la charge d'amiral en faveur de Charles II d'Amboise de Chaumont, son gendre. Louis Malet de Graville est aussi nommé, gouverneur de Picardie et de Normandie, capitaine des cent gentilshommes de la maison du roi. Il redevient amiral de France en 1511 et le reste jusqu’à se mort. Il fait son testament dans lequel il abandonne une somme importante aux pauvres selon le bon vouloir du roi : Afin que le povre peuple prie Dieu pour luy et pour moy. L'amiral de Graville meurt en 1516, âgé de 78 ans. Il passe pour immensément riche. Graville joue un rôle important du temps des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII.
 
SA FAMILLE
 
Le nom de Malet est l’un des plus anciens de France et du Royaume-Uni  :
 
Guillaume Malet se distingue à la bataille d'Hastings, en 1066.
Durand et Robert Malet, chevaliers, suivent aussi Guillaume de Normandie à la conquête de l'Angleterre.
Guillaume Malet, banneret normand, accompagne Godefroy de Bouillon à la première croisade, en 1096.
Robert Malet, IIe du nom, est qualifié du titre de comte dans un acte de 1199, et il figure parmi les bannerets normands à la bataille de Bouvines.
Jean Malet, Ier du nom, est mentionné par Joinville sur la liste des chevaliers de l'ostel du Rey, qui suivent Saint-Louis à la croisade de Tunis.
Jean, Ve du nom, sire et baron de Graville, se distingue dans maints combats contre les Anglais, comme grand maître des arbalétriers sous Charles VII.
On a aussi Guillaume Malet et Guillaume Malet, le banni. Comme pour Jean Malet, leurs armes figurent dans la salle des croisades au château de Versailles, elles sont : De gueules à trois fermeaux d'or de deux et un. Leur devise est : Ma force d’en haut.

Les Malet forment plusieurs branches, l'aînée, celle de Graville, éteinte au XVIe siècle, celle d'Angleterre, celle de Picardie et celle du Périgord. Graville se dit descendant de César et veut glorifier son lignage par le superbe exemplaire du Romuleon qu’il se fait copier. Même s’il n’est pas descendant de César, un proverbe normand à cette époque rappelle qu’il y eut un seigneur de Graville avant un roi de France.

Dans leur chronique, Orderic Vital et Guillaume de Poitiers mentionnent un Guillaume. Dumoulin et Duchesne mentionnent les Graville dans la liste des seigneurs normands dont les noms étaient inscrits dans l'ancienne abbaye du Mont-Saint-Michel. Seigneur de Graville, près du Havre et d'Eye, dans le Suffolk, le roi fit de Guillaume l’un de ses barons anglo-normands.

 Louis Malet de Graville est le fils de Jean VI Malet. Son père est chambellan du Dauphin en 1445 (le futur roi Louis XI), seigneur de Graville, Marcoussis, Montaigu et Bois-Malesherbes, châtelain de Brétencourt. Il est fait prisonnier en Angleterre en 1467, lors campagne de Marguerite d’Anjou. Marie de Montauban, sa mère est la fille de Guillaume, seigneur de Montauban, et de Bonne Visconti, dite de Milan, soeur de Valentine, femme du duc Louis d’Orléans.

Louis Malet de Graville est le petit-fils de Jean V de Malet (+ ap. 1438) et jouit de tous ses biens. Ce Jean était seigneur de Graville, Marcoussis, Montaigu et Bois-Malesherbes, seigneur de Montcontour (Poitou) et de Marnes (Poitou), Grand Panetier de France (1414 et 1423), Grand Fauconnier de France (1415-1416), partisan et chambellan du Dauphin. Il avait négocié le mariage de Charles de France VII avec Marie d’Anjou en 1416. Grand maître des arbalétriers de France (1425), il fut l’un des compagnons de Jeanne d’Arc. Louis ne peut toutefois récupérer les terres normandes sont confisquées par le roi d’Angleterre. Sa grand-mère paternelle, Jacqueline de Mointaigu est la fille de Jean de Montaigu, bâtard de France, fils de Charles V. Ses descendants sont dits cousins du Roi.

SA JEUNESSE

Les parents de Louis étant morts jeunes, il reçoit un complément d'éducation de la part de ses oncles maternels après avoir fait ses humanités au collège de Montaigu, à Paris. Simon de La Mothe écrit à ce propos : Les sages avis de son oncle maternel, Messire Jean de Montauban ou de Rohan, grand amiral et grand maître des eaux et forêts de France, sous la conduite duquel il se fait renommer dans les armées comme il croit en âge aussi bien qu'en générosité de courage... Grâce à des dons de l'amiral de Graville et de Jean de Pontville, vicomte de Rochechouart, chambellan de Charles de France (1446-1472), Jan Standonck va pouvoir construire de nouveaux bâtiments pour le collège de Montaigu.

UN HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR

Louis Mallet est seigneur de Graville, Sées et Bernay, Montagu (près de Poissy), Marcoussis, Milly-la-Forêt, de Bois-Malesherbes, Gometz-le-Châtel, Brétencourt, Chevreuse, de Pontchartrain et Groussay (dès 1499), de Fontenay-le-Fleury et de Bois-d’Arcy et de Chastres (= Arpajon).

 Louis Malet de Graville est comblé de dons par Louis XI. Le roi lui accorde la justice de Chastres en 1470 et Graville en 1471. Louis Malet de Graville instruit, sur ordre du roi, le procès du duc Jacques d'Armagnac-Nemours. Il hésite à le condamner, mais le duc est néanmoins décapité en 1477. Louis XI remercie Graville en lui donnant une partie des biens du condamné. Le Parlement de Paris oppose une grande résistance à cette donation et met treize mois à obéir. Nemours échoit à Malet de Graville avec plusieurs châtellenies. Il ne se qualifie pas, malgré d’autres terres dans le duché, duc de Nemours, mais uniquement seigneur de Nemours. Cela ne dure pas. Pris de remords, il restitue aux héritiers du duc leurs biens contre une somme dérisoire. Il semble n’avoir conservé qu’une partie de la bibliothèque du supplicié.
Louis Malet de Graville n'hérite de son père qu'en 1482. Il fait rebâtir et fortifier Milly. La ville compte sept portes fortifiées (celle du château, la porte Saint-Pierre, la porte de Melun, celle de Fontainebleau, une autre dite de Lyon, la porte Saint-Jacques et la porte aux Grenouilles). En 1479 Louis XI accorde une lettre patente à Graville qui lui permet de bâtir une halle couverte et créer l’une des plus importantes foires franciliennes. Comme l’écrit Christiane Prigent, dans Art et société en France au XVe siècle, seul un puissant seigneur peut être à l’origine d’une grande halle et d’une foire. À cette époque, le comté de Milly s'étend sur les châtellenies de Fleury, Achères, Nainville, Boutigny et Cély. En ce qui concerne la collégiale Notre-Dame de l’Assomption de Milly, il engage sa reconstruction dans un style gothique. Le chœur et la nef sont inaugurés en 1495. Louis XI séjourne plusieurs fois au château de Milly.
Louis Malet de Graville fait aussi construire vers 1470, un château à Milly, mais celui-ci est situé dans le Cotentin.


AU SERVICE DU ROI LOUIS XI (1463-1483)

Jean de Saint-Gelais, père de Mellin de Saint-Gelais remarque que Louis Malet de Graville est le plus fort du Conseil du roi. Louis Malet de Graville va effectivement devenir d’un des favoris de Louis XI ou plutôt un de ses compères fidèles. Il est tout d’abord un jeune serviteur du roi, qui lui accorde la jouissance du château et des terres de Chanteloup, à Saint-Germain-lès-Arpajon, qui est en partie une dépendance de la châtellenie de Montlhéry au XIIIe siècle. Il obtient aussi un droit de présentation à la maladrerie de Saint-Eutrope et Arpajon.

Toutefois, Louis Malet de Graville, l’un des cent gentilshommes de l’hôtel du roi est fait prisonnier en Angleterre en 1467. Il est très bien traité par ses ennemis. Le roi d’Angleterre le remet en liberté avec ses compagnons, alors que son père, Jean VI Malet, était resté seize ans prisonnier en Angleterre.

Écuyer et chambellan du roi en 1473, Malet de Graville est toujours capitaine des cent gentilshommes de l’hôtel du roi, ancêtres des gardes du corps des rois. Graville sera remplacé dans cette fonction par Thibaut de Beaumont. Avant cela, Louis Malet, sire de Graville, capitaine des cent gentilshommes de la Maison du roi, est l'un de ceux qui ont le plus de crédit à la Cour de Louis XI. Graville est aussi récompensé en permanence pour ses services par Louis XI. Il obtient en 1473 une partie de la forêt de Dourdan. Il se voit restituer en 1474 les terres de Bernay et de Sées confisquées à ses aïeux et, en 1476, son souverain le fait seigneur de Radeval et le pourvoie de l'importante capitainerie de Pont-de-l'Arche.

Dans une lettre du 20 août 1476, Louis XI le qualifie son amé et féal cousin. Louis Malet de Graville est son conseiller, en 1476, comme Louis, bastard de Bourbon avant lui. Il va par la suite le remplacer cette fois là en tant qu’amiral de France. Louis de La Roque remarque que : Grâce à ses glorieux états de service, Malet de Graville brille au premier rang sur les champs de bataille, à la cour, dans les conseils royaux. Louis XI l'emploie dans les négociations qui ont pour but de faire accepter au roi René la perte de l'Anjou et le préparer à sa renonciation au comté de Provence en faveur du roi de France. Graville cumule les fonctions et est couvert d’honneurs. En 1480, il est capitaine de Dieppe, et fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel.

UN SERVITEUR ZELE DE LA REGENTE

Au début du règne de Charles VIII, Graville devient l'un des partisans les plus dévoués de la politique de la Régente, Anne de France, la fidèle continuatrice de l'oeuvre considérable de son père. Louis Malet de Graville obtient sa charge d’amiral de France en 1486, après la mort de Louis, bastard de Bourbon, comte de Roussillon.

Seigneur féodal, en rien courtisan, Louis Malet de Graville défend la personne et la politique de la Régente contre tous ses ennemis, y compris le futur roi Louis XII. Il va dans le Bourbonnais pour empêcher le prince de rien faire de préjudiciable aux intérêts de la cour. Granville est celui qui a le plus de crédit auprès de sa majesté. Il apparaît aux yeux de ses contemporains comme la créature d'Anne de France. Louis devenu roi n’aura aucune rancune. Il est vrai qu’il a lui aussi une grand-mère Visconti et le considère comme l’un de ses parents. Et puis, si Georges d'Amboise, évêque de Montauban, est élargi après une longue détention, d'est grâce à Graville. Or, il est plus fidèle conseiller du prince captif, futur Louis XII. Georges d'Amboise remue tant qu'il gagne l'amiral de Graville, très puissant dans le conseil, aisi que le chambellan Miollans et d'autres jeunes seigneurs qui entourent le roi.

A la fin de la régence le roi Charles VIII gouverne déjà à la place de sa sœur. Madame la Grande n’a plus qu’une simple influence. Néanmoins, Louis Malet de Graville va rester très proche de l’ancienne Régente.
 
AU SERVIVE DU ROI CHARLES VIII (1483-1498)

Selon certains historiens, les lettres du roi Charles VIII, publiées par le duc de La Trémoille, sont toutes ou presque toutes rédigées par les secrétaires du roi, après avoir été au moins inspirées par l'amiral. Mais son rôle n’est pas que politique.

 Agé de 50 ans, Louis Malet de Graville est l'un des généraux lors de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, où le duc d'Orléans (Louis XII) est fait prisonnier par Charles VIII. Cette bataille a lieu le 28 juillet 1488, entre d'une part, les troupes de Charles VIII de France, et d'autre part, celles du duc de Bretagne François II de Bretagne.

Ajoutons que Graville est en 1488, pendant la campagne de Bretagne, un véritable et habile ministre de la guerre. Comme amiral il associe son nom aux premiers essais de création d'une marine nationale. Et surtout il se distingue par des vertus rares parmi les hommes politiques formés à l'école de Louis XI. Il se désiste au profit du roi d'une créance de 88.000 livres par lui avancées à la couronne. Il se fait gratuitement, l'avocat des Rouennais. Graville mérite bien que dans cette province de Normandie, dont il est gouverneur, on le déclare publiquement affecté au bien du pays.

En septembre 1489, Brest étant assiégée par les anglais, l'amiral avec 25 vaisseaux disperse la flotte anglo-bretonne, forte de soixante voiles, et force les armées ennemies à battre en retraite en abandonnant leur son artillerie. Malet de Graville est remboursé de 23.175 livres pour nolage et entretènement de deux vaisseaux. Louis Malet de Graville est capitaine de Saint-Malo, le 10 juin 1489, puis capitaine de six lances de la Grande Ordonnance et 3.000 archers de morte-paye en garnison à Saint-Malo en 1490. Puis il est nommé Lieutenant général de province en Normandie (1490/91), capitaine de Vincennes (1494), Beauté-sur-Marne et Fontainebleau.

Le sire de Graville, grand amiral de France, prend part à la conquête du royaume de Naples en 1494, sous Charles VIII. Il a le mérite, qui n'est pas mince, de deviner, soit par un heureux instinct, soit par une sagacité qui fait défaut à la plupart des conseillers du roi, que le roi de France fait fausse route en envahissant l'Italie. Pour Louis Malet, le véritable ennemi contre lequel, dès la fin du XVe siècle, la France délivrée des Anglais doit tourner ses efforts, ce sont les Habsbourgs. L'amiral de Graville rejette la responsabilité des désastres en Italie sur les malversations indéniables des Trésoriers. Louis Malet, sire de Graville, est remboursé au retour des guerres d’Italie par ce Prince, d'une fomme de 23.175 livres qu'il avoit avance de fes deniers pour cette expédition.

La Trémoille a un conflit avec Louis Malet de Graville. Il a des droits d’épave sur les seigneuries d’Olonne et de Ré et demande une amirauté en Guyenne à Charles VIII. Graville, qui touche dix pour cent des revenus du trafic maritime pour les côtes de la Normandie à la frontière de l’Espagne, n’est bien entendu pas d’accord. Continuant à être le ministre de la guerre de Charles VIII, sans en avoir le titre, et le revendiquer, il n’apprécie guère que La Trémoille s’autoproclame en juillet 1497 admiral en les terres maritimes du Roy. Leurs relations d’amicales deviennent conflictuelles. Le 14 août 1488, La Trémoille, après la reddition de Saint-Malo, pille la ville, pourtant en tant que port elle dépend de l’amiral de France. Graville se montre à la différence de son rival très digne. Le roi lui en est reconnaissant et le lieutenant-général doit rendre les fruits de ses larcins à Graville.
 
DU TEMPS DE LOUIS DE LOUIS XII (1498-1515)
 
Louis Malet de Graville devient un personnage très important. Aux Amériques ou en Afrique les missionnaires dressent des croix immenses où sont gravés le nom du pape (Alexandre VII), celui du roi (Louis XII) et ceux de l'amiral de France (Louis Malet de Graville).

Sa fille, Jeanne, se marie à Charles II d'Amboise de Chaumont, neveu de Georges d'Amboise, qui est à partir de 1498, premier ministre de Louis XII, Louis Malet de Graville est donc cousin du roi, mais aussi parent très proche de son premier ministre. Du fait de ses liens familiaux et de ses compétences, il est nommé gouverneur de Paris en 1505. La même année, il est témoin du mariage de Germaine de Foix avec le roi d'Espagne, Ferdinand II d'Aragon, veuf d'Isabelle la Catholique.

Louis Malet de Graville se démet, en 1508, de sa charge d'amiral en faveur de Charles II d'Amboise de Chaumont, son gendre. Mais celui-ci va mourir plutôt jeune en 1511. Graville reprend alors ses fonctions d’amiral de France.

En 1509, il acquiert l’ancien hôtel d’Hugues Aubriot (ancien Hôtel des Prévôts), rue Charlemagne. Pour le château de Graville, c’est également une période de fastes, car l'amiral Louis Malet de Graville est un homme colossalement riche. D'ailleurs il prête à Louis XII, 90.000 livres, somme considérable, en 1513. Le roi lui dit que s'il ne lui rend pas l'argent prêté, il lui donnera plusieurs villes de France dont Orléans. Mais finalement il ne lui engage à vie, par Lettres données à Blois le 17 mai 1513, que les domaines de Melun, de Corbeil et de Dourdan.

Fatigué et malade, Louis Malet de Graville se retire dans ses terres. Il a un procès ridicule avec un prieur des environs de Chevreuse au sujet de pourceaux, conflit juridique qui va durer sept ans. Il ne veut pas céder le moindre de ses biens, surtout aux religieux. Louis Malet de Graville fait son testament dans lequel il abandonne par contre les 90.000 livres prêtées au roi aux pauvres : Afin que le povre peuple prie Dieu pour luy et pour moy. Il ordonne que les domaines soient rendus au Roi en confidération des grands bienfaits qu'il avoit rejus de ses prédécefleurs, le fuppliant de décharger de pareille fomme les Bailliages de fon Royaume les plus chargés d'impôts, afin que ce legs revint au foulagement du peuple.

 L'amiral de Graville meurt au château de Marcoussis, le 30 octobre 1516, selon les Mémoires de Philippe de Commynes, âgé de 78 ans. Il passe pour immensément riche. Il a joué un rôle important politique et militaire très important sous les rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Son corps est inhumé dans un gisant en l’église des Cordeliers de Malesherbes, qu’il a fondée. Cette ville, autrefois nommé Bois-Malesherbes.

Avec lui s'éteint la branche aînée de la maison de Malet.
 
MARIAGES ET DESCENDANCE

Louis Malet de Graville et ses fils

Louis Malet de Graville se marie vers 1480 avec Marie de Balsac. Marie est la fille de Roffec de Balsac, sénéchal de Nîmes et Beaucaire, capitaine de 4.000 francs-archers, gouverneur du Pont-Saint-Esprit, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, conseiller et chambellan du roi Louis XI. Elle prétend être une descendante de Guigues IV d'Albon, premier à porter le surnom de Dauphin (Guigo Delphinus) du Viennois. Toutefois son ancêtre, André d’Albon (+1298) était un bourgeois de Lyon, banquier du Dauphin, puis chevalier. Marie de Balsac a recours aux soins du médecin italien Jérôme. La Faculté de médecine l’autorise à la soigner à Paris. Louis Malet de Graville et Marie de Balsac ont deux fils morts jeunes et trois filles :

Louis et Joachim Malet de Graville, ses fils morts jeunes.

Louise Malet de Graville, dame de Graville, mariée en 1497 à Jacques de Vendôme, vidame de Chartres, prince de Chabanais, grand-maître des eaux-et-forêts de France et Bretagne. Jacques de Vendôme, mari de Louise de Graville, décède et laisse ses trois enfants, Louis, Charles et Louise, sous la tutelle de l'amiral Louis de Graville, leur aïeul en 1408.

Jeanne Malet de Graville épouse d'abord Charles II d'Amboise de Chaumont, vice-roi de Lombardie, seigneur de Chaumont. Ce dernier, après avoir dirigé l'artillerie française, aux prises d'Alexandrie et de Tirano est l'un des principaux chefs militaires des guerres d'Italie. Pour le récompenser Louis XII le nomme successivement, Grand maître de France, en 1502, maréchal de France, à la place du |maréchal de Gié, en 1504, puis amiral de France, en 1508, du fait de la démission de Louis Malet de Graville, son beau-père. Il meurt en Italie en 1511. Jeanne Malet de Graville se remarie, avant 1528, avec René d'Illiers, auquel elle donne par contrat de mariage les terres de Marcoussis, de Saint-Clerc, de Chastres, de Gometz-le-Châtel et de Nozay. Le Parlement de Paris reçoit des plaintes de Jeanne Malet de Graville, car René d'Illiers vend les terres de sa femme. Il est ordonné qu'elle reçoive par provision le château de Marcoussis et 3.000 livres de rente.

Anne Malet de Graville, née vers 1490, se marie en 1508 avec son cousin, Pierre de Balsac (1479-1501), seigneur d'Entragues. Dame de Montaigu et du Bois-Malesherbes, elle est Dame d’honneur de la reine Claude de France (1499-1524) et confidente de Marguerite de Navarre (1492-1549). Par ordre de la reine Claude, femme de François Ier, elle met en vers le roman des amours d'Arcite et Palémon, d'après le poème italien, la Théséide, de Boccace. Pierre de Balsac, son mari, est lieutenant du roi, lieutenant général au gouvernement des duchés d’Orléans et d’Étampes, capitaine de Corbeil, Fontainebleau, Tournon, gouverneur de la Haute-Marche. Pierre de Balsac prend possession du château de Paulhac, le 12 juin 1504. Il devient du fait de sa femme propriétaire du château de Malesherbes, jadis châtel de Bois-Malesherbes, acquis en 1398 par Jean de Montagu, surintendant des finances de Charles VI. Dans son testament, Pierre de Balsac prie Marguerite de Valois, reine de France, de prendre ses enfants sous sa protection.

La première femme de Louis Malet de Graville décède le 23 mai 1503. Louis Malet de Graville se remarie avec Jeanne de Garlande, petite-fille de Charles d'Allonville, qui lui apporte en dot, le fief de La Roue. Elle est la fille d'Amanieu de Garlande, riche seigneur beauceron. Malet de Graville, devenu seigneur de la Roue utilise son droit féodal en dépossédant les Célestins au profit de son valet de chambre, Richard Hochet, pour le récompenser de ses bons services. Jeanne de Garlande est veuve de Pierre du Monceau.
 
Sources : Encyclopédie Larousse

A noter que l'Association Historique de Marcoussis présentera une exposition sur l'Amiral de Graville du 14 au 22 septembre 2013.

samedi 26 janvier 2013

Concert au café de la Renaissance le 24 mars 1927


La soirée du jeudi 24 Mars a été un nouveau succès pour la « Renaissance ». Dès 8 heures du soir, la foule stationnait devant la salle de spectacle. La salle était archi-pleine. M. Fournillon avait été obligé de supprimer le passage central pour caser le surplus de spectateurs. Malgré un embouteillage inévitable, chacun trouva des places, grâce à la bonne volonté de tous. Comme toute chose comporte un enseignement, M. Fournillon rétablira l’ancienne disposition au prochain concert, qui nous l’espérons, aura lieu à une date assez proche.


A son entrée, la reine de Milly au bras du roi fut vivement acclamée, Mlle Jeulin était vraiment délicieuse sous son diadème. Habillée avec goût, elle portait un magnifique manteau garni de fourrure, offert par les ateliers de la « Bonneterie de Milly », où elle est une habile ouvrière.

Mandat des établissements Jullemier
Le Roi, M. Gay, est un jeune homme d’une élégance et d’une correction parfaites, qui s’acquitta de son rôle de la façon la plus brillante. La Reine était encadrée de deux Demoiselles d’honneur, fraîches et jolies à ravir avec leurs cavaliers, d’une amabilité accomplie. Ils prirent place dans la galerie de gauche et l’orchestre attaqua vigoureusement son morceau d’ouverture.

Mme Fournillon qui s’est dépensée pour la réussite de sa soirée avait fait appel à l’excellente troupe du « Cercle Artistique Milliacois ».

On s’instruit en voyageant et l’on apprend beaucoup, mais d’un autre côté l’on apprend jamais ce que l’on sait déjà : que nos artistes amateurs du Cercle artistique sont incomparables. Disons que M. Ch. Dezert interpréta « S’ils revenaient », chanson réaliste, malheureusement à la seconde partie, une extinction de voix l’empêcha de changer « En avez-vous », chanson d’actualité qu’il interprétera au prochain concert.

M. Edmont Dezert donna deux belles chansons « Les Mamans » et « Derrière les volets ».

M. René Cathrina a chanté de sa belle voix « Les papillons de Nuit » et « Si vous aimez ». Avec Charles Cathrina, on tombe dans le fou-rire : « C’est la faute à mon grand-père », « Gavotte Louis XIV ».

Mme Tremblay interpréta à merveille « Quand on aime » et « Ninon je vous aime ». Mme Rôle obtint son succès habituel avec « Les bords du Colorado » et « La rentrée du troupeau ». Enfin Mme Nevers vint dire avec son talent reconnu « C’est le vent ».


La première partie fut terminée sur une comédie militaire : Fine Carotte, interprétée par MM. Charles et Edmond Dezert, tous deux excellents dans les rôles qui leur avaient été confiés.

La deuxième partie comprenait la fine comédie de M. Devilliers : L’œil de Verre qui fut interprétée par Mme Nevers (Aline Bouleau) et Mme Tremblay (Mariette).

M. Charles Cathrina rendit à souhait un vicomte Roger de Bergamote. Le public fit à nos artistes amateurs une chaleureuse ovation.

L’orchestre symphonique a interprété un programme sélectionné qui a été fort goûté des spectateurs. Il était composé de Mlle Fontaine au piano, Mme Nevers, MM. Reltien et Rôle comme violons.

A l’ouverture du bal, sa Majesté la Reine, on ne peut plus gracieuse, fit son entrée triomphale dans la salle, portée par quatre jeunes gens sur un fauteuil garni de fleurs. Le bal fut plein d’entrain.

Le jazz était composé de Mme Nevers, piano ; Reiltien, violon ; Rôle, banjo ; M. Charles Dezert tenait la batterie et M.Phillipart l’accordéon. Cet excellent orchestre fit tourner les couples jusqu’au matin.

M. et Mme Fournillon adressent à la population un chaleureux remerciement pour l’accueil enthousiasme qu’elle a réservé à sa petite Reine, à son Roi, à ses demoiselles d’honneur, à leurs chevaliers servants et enfin aux sympathiques artistes du Cercle artistique Milliacois.


L’Abeille d’Etampes du 2 avril 1927

dimanche 23 décembre 2012

La monographie d'Oncy


En 1899, M. Georges Leygues, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts avait « invité» les instituteurs de France à rédiger une monographie sur leur village. Voici celle d’Oncy que j’ai dactylographiée.
La photocopie de l’original est consultable aux Archives départementales.
Maurice Gelbard



II Partie géographique
§ 1er
Oncy est une petite bourgade située au  sud-est du département de Seine-et-Oise, dans une vallée très large et très pittoresque, arrosé par un petit cours d’eau « l’Ecole », dont la source est à quelques kilomètres, dans la commune du Vaudoué (Seine-et-Marne).
On y trouve de très beaux sites aux environs. La Forêt de Fontainebleau, si recherchée des touristes, est à la porte d’Oncy. Le village est limitrophe du département de Seine-et-Marne. Le territoire d’Oncy est limité au Nord et à l’Ouest par la commune de Milly, à l’Est par la commune de Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne), au Sud par les Communes de Buno-Bonnevaux (Seine-et-Oise) et de Tousson (Seine-et-Marne).
La population est de 204 habitants (Recensement de 1896) et la superficie territoriale de 537 hectares.
La vallée est à 68 mètres d’altitude et le plateau à 125 mètres sur des terrains siliceux. On y cultivait beaucoup la vigne autrefois, mais depuis l’invasion du phylloxera, cette culture a abandonnée.

Les pentes assez élevée conduisant du plateau dans la vallée sont couvertes de rochers et sont boisés. De nombreuses carrières de grès sont ouvertes à l’exploitation dans le flanc de ces collines.
Le sol de la vallée comprend en partie des terres franches propres à la culture des céréales. En approchant de la rivière le sol se modifie et devient léger, et alors nous voyons la culture maraîchère et l’herboristerie. Des plantes telles que l’absinthe, la menthe, la stramonium, la guimauve y réussissent très bien. Autrefois on y cultivait beaucoup le chanvre, mais cette culture a complètement disparu.
Il y a quelques années, cette partie du territoire était couverte d’arbres fruitiers dont les fruits étaient renommés à plusieurs lieues à la ronde et constituait une des ressources de la population. Plusieurs de ces arbres étaient presque séculaires, on en voit encore aujourd’hui de rares spécimens. Malheureusement le terrible hiver de 1879-1880 a détruit tous ces arbres. La gelée les faisait craquer et les habitants entendaient de leurs demeures le bruit produit par ces craquements.
De chaque côté du cours d’eau se trouvent des terrains herbeux qui ne donnent qu’un foin grossier, néanmoins ces marais commencent à être amendés et tout fait prévoir que dans un avenir prochain ils seront en pleine culture.
Sous le rapport du climat, le territoire d’Oncy fait partie du climat séquanien. Les orages y sont rares. Il a été observé que la plupart des nuées orageuses suivent la vallée de l’Essonne ou bien se dirigent sur la forêt de Fontainebleau.

Le territoire d’Oncy ne renferme pas de montagnes, mais on y remarque de colline boisées, dont les flancs sont couverts de rochers, et qui se terminent par un plateau d’une altitude moyenne de 125 mètres, principalement livré à la culture des céréales.
La commune appartient au bassin de la Seine. Elle est arrosée par la rivière « l’Ecole » qui la sépare du territoire de Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne) et qui par conséquent sert de limites au deux Départements de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne. Cette rivière a été détournée de son cours il y a plus d’un siècle pour traverser le château de Milly et alimenter le canal et différentes pièces d’eau.

Elle prend sa source au Vaudoué (Seine-et-Marne) à 7 kilomètres d’Oncy ; entrée le département à la hauteur d’Oncy elle en sort après un parcours de 12 kilomètres, à la hauteur de Soisy-sur-Ecole, après avoir arrosé Milly, Moigny, Dannemois et Soisy-sur-Ecole. Elle va se jeter directement dans la seine, à Ponthierry, dans le département de Seine-et-Marne. Cette rivière ne commence à être utile à l’industrie que vers Moigny où elle fait mouvoir quelques moulins. On trouvait autrefois beaucoup d’écrevisses dans cette rivière, mais une maladie, dit-on, les a fait complètement disparaître.
Oncy est traversé par l’ancienne route départementale n°30, aujourd’hui chemin de grande communication n°144 de Corbeil à Malesherbes. Cette route est très fréquentée par suite des marchés assez importants de Corbeil, Melun, Milly, Malesherbes, Puiseaux et Pithiviers. Deux chemins vicinaux relient Oncy aux communes voisines. L’un appelé chemin du Coudreau part d’Oncy, conduit sur le plateau et va rejoindre la route de Gironville ; l’autre appelé chemin de la Madeleine traverse la rivière et va rejoindre la route de Milly à Nemours.


§ II
La propriété à Oncy est très morcelée. On n’y voit point de grandes fermes, ni par conséquent de grandes pièces de terre. Chacun possède un peu de terrain et vit du produit de ses terres. Les plus forts propriétaires possèdent de 10 à15 hectares de terrain, pas plus.

Il y a beaucoup de bois sur le territoire d’Oncy. Les bois occupent environ la 6° partie du territoire. Le territoire est divisé en plusieurs milliers de parcelles. On y cultive principalement les céréales. Cependant une bonne partie du terrain bordant la rivière est consacrée à la culture maraichère et à l’herboristerie. Aux abords du village, chacun possède un petit coin de terre où il récolte les légumes nécessaires à son alimentation. On voit une foule de petits jardins de 2 ou 3 ares au plus. Les légumes y poussent très bien en raison de la fraicheur du terrain, qui e, été, ne redoute pas la sécheresse. La culture de l’asperge et de l’artichaut y réussit à merveille.
L’élevage du bétail est pour ainsi dire nul. A peine y a-t-il dans la Commune une vingtaine de chevaux destinés à aider l’homme dans ses travaux des champs. Point de bœufs. Chaque cultivateur a quelques vaches qu’il nourrit pour en tirer produit par la vente du lait et de l’élevage des veaux destinés à la boucherie. On compte 60 vaches pour toute la Commune. Un seul cultivateur possède un petit troupeau de moutons. Peu de volailles également. Quelques poules dont on vend les œufs. Point de canards, ni d’oies, ni de dindons.

Le territoire d’Oncy était assez giboyeux autrefois, mais le braconnage a détruit la majeure partie du gibier. La perdrix est assez commune. Il n’y a presque plus de lapins, en revanche on y rencontre assez de lièvres. Quelques faisans dans les prés. Et encore ce gibier provient des châteaux environnants. Il n’y a point d’oiseaux, ni d’insectes particuliers à signaler. Les corbeaux causent beaucoup de dégâts aux cultivateurs au moment des couvées. Ces nuées de corbeaux viennent en majeure partie des parcs de Courances et de Chamberjot où ils pullulent. Parmi les animaux nuisibles je citerai : le renard, la belette, la fouine, le putois qui détruisent une bonne partie du gibier, la vipère qui cause assez fréquemment des accidents. On rencontre beaucoup de vipères à Oncy ainsi que dans les environs. Certains bois du territoire en sont infestés. Le gentil écureuil est un habitant de ces bois, il est très commun.

§ III
A part quelques carrières de grès, l’industrie est complètement nulle à Oncy, et encore, beaucoup de carrières commencent à être abandonnées et tout fait prévoir que dans un avenir prochain, cette industrie aura complètement disparue. Le commerce est également nul à Oncy. C’est un pays essentiellement agricole. Les cultivateurs vont vendre leurs grains au marché de Milly. Les maraîchers fréquentent les marchés de Corbeil et de Melun.

III Esquisse historique
Au point de vue historique, aucun fait saillant n’est relevé dans les annales de la Commune. Bien qu’Oncy paraisse remonter à des temps assez reculés, rien dans les archives communales ne permet de faire une esquisse historique. Il n’y a aucun monument ancien signalé, aucun objet n’a été trouvé sur le territoire de la Commune qui puisse permettre de porter un jugement sur son origine. Avant 1892, les archives étaient déposées chez le Maire M. Gillet de la Renommière. Le peu de papiers qui a été réintégré à la Mairie n’a aucune importance au point de vue historique. S’il existait quelques pièces intéressantes, elles n’ont point été remises aux archives. Je n’ai pu trouver aucune pièce remontant avant 1789 sauf pour les registres de l’Etat-Civil dont la première année remonte à 1674. Le dernier registre ancien des délibérations du Conseil municipal ne remontent qu’à l’année 1838. Avant 1844, il n’y avait point de Mairie à Oncy. La Mairie était au domicile particulier du Maire. Il était donc détenteur des archives. Il est regrettable que les municipalités qui se sont succédé n’aient pas fait le nécessaire pour faire rentrer à la Mairie les archives antérieures qui devaient certainement exister. La période révolutionnaire, sans aucun doute, à Oncy comme ailleurs, a dû être remplie de faits intéressants. Il m’est donc complètement impossible de tracer l’histoire de cette époque faute de documents.

Le château – s’il est permis de lui donner ce nom – appelé château du prieuré, était autrefois un couvent occupé par des Prieurs. Il fut habité longtemps par la famille Gillet de la Renommière. Cette propriété entourée de murs renferme environ 7 hectares de terrain qui étaient couvert d’arbres. Elle vient d’être vendue dernièrement et le nouveau propriétaire, après avoir abattu les arbres et défoncé le terrain, l’a livrée à la grande culture. La maison d’habitation ne renferme rien de remarquable et ressemble plutôt à une ferme qu’à un château. Aucun souvenir historique ne s’y rattache.

L’église – ou plutôt une chapelle – dépendant de la paroisse de Milly, ne renferme rien d’intéressant, si ce n’est une bannière représentant Saint Martin, patron de la paroisse, à cheval, partageant son manteau avec un pauvre. Cette bannière est une tapisserie magnifique très antique, et d’une très grande valeur au dire d’amateurs. Il n’y a aucune architecture dans ce bâtiment et rien ne peut faire prévoir de quelle époque il date.

D’après les registres de l’Etat-Civil, ou plutôt registres paroissiaux, on voit qu’en 1674, Oncy dépendait de la paroisse de Milly-en-Gastinois, diocèse de Sens. Il faisait partie du baillage de Melun. Il y avait à cette époque 44 feux. Ce qui prouve que la population d’Oncy n’a guère varié, puisqu’aujourd’hui, il n’y a que 52 feux. Les registres jusqu’à l’époque de la Révolution furent tenus par le prieur-curé, qui s’intitule également seigneur d’Oncy.
En 1791, Oncy quitte le baillage de Melun pour faire partie du district d’Etampes. Les registres de l’Etat-Civil sont alors confiés aux municipalités et sont signés de l’Officier public.
Aujourd’hui la Commune d’Oncy fait partie du canton de Milly, arrondissement d’Etampes, département de Seine-et-Oise.
Un représentant du peuple nommé Couturier y vint en 1793 ainsi que le démontre l’acte de naissance inscrit aux registres de cette époque et que je reproduis textuellement : « A Oncy, canton de Milly, district d’Etampes, décadi dix frimaire l’an 2° de la République au nom de la loi et du peuple français : Moy, Jean-Pierre Couturier, représentant du peuple en course pour régénérer l’esprit autorités constituées, m’étant arrêté audit Oncy, s’est présenté devant moy le citoyen Nicolas Victor René Sulleau, ci-devant prieur-curé d’Oncy et universellement reconnu pour un excellent patriote. Ce citoyen m’a représenté qu’après avoir le premier dans le district rempli le vœu de la nature et de la loi, et brisé la chaîne des préjugés barbares en serrant les doux nœuds du mariage avec une républicaine, il avait encore le premier l’honneur et le plaisir d’être père, qu’il m’invitait dans la vue d’affermir l’esprit public et pour éteindre les restes de l’ancien préjugé, s’il en restait aucun, à constater solennellement sur les registres de cette Commune la naissance de la fille dont Marie Félicité Dufour, son épouse, est accouché le huit du présent mois frimaire, cinq heures du matin, et de signer moi-même le nom que cet enfant devra porter. J’ai en reconnaissance du zèle que ledit citoyen Sulleau a mis pour régénérer l’esprit public, accédé à sa demande, et après m’être assuré de ladite naissance par les témoignages de son épouse, et du sieur Denis Fautrois, chirurgien à Milly, son accoucheur, j’ai donné à cet enfant le prénom de Marie Jeanne Pétronille. – Présence de la citoyenne Marie-Louise, femme de Jean-Antoine Dufour, commis es-chef du bureau de la liquidation à Paris et aïeule maternelle de nouvelle née, et de la citoyenne Marie-Madeleine Chaudé, fille majeure, domiciliée à Milly qui ont signé avec moi, ainsi que le déclarant, l’officier public, Charpentier, Membre du Directoire du département de Seine-et-Oise, Secrétaire de la Commission, et Gerosne, Président du district d’Etampes, les jour ,moi et an dit. »

En 1796, ce même Victor René Sulleau, ancien prieur-curé d’Oncy, devint commissaire du Directoire exécutif, près l’administration municipale.
Tableau des Maires qui se sont succédé depuis 1800

1800 à 1808 – M. Meneux Jacques.
1808 à 1825 - M. Beauvilliers Louis.
1825 à 1831 - M. Duché Jacques.
1831 à 1835 - M. Pasquet de Leyde.
1835 à 1836 - M. Daguet
1836 à 1852 - M. Duché Jacques.
1852 à 1892 – M. Gillet de la Renommière.
1892 - M. Meneux Irénée.

Comme je l’ai dit plus haut, on n’avait pas de Mairie avant 1844. La Mairie se tenait au domicile particulier du Maire. Il n’y avait pas non plus de maison d’école. Nous verrons plus loin de quelle façon et où les enfants recevaient l’instruction. Sous l’administration de M. Pasquet de Leyde, la municipalité avait été sollicitée par l’administration préfectorale de se conformer à la loi de 1833 relative au traitement et au logement de l’instituteur. La municipalité n’avait pas cru devoir se conformer aux instructions données et avait rejeté le projet de construction de maison d’école. La délibération ci-dessous prise en 1833 va nous faire voir les considérations invoquées par le Conseil municipal :
« Le Conseil considérant que la situation de la commune d’Oncy qui se compose seulement de 52 maisons d’habitation et formant une faible population de 200 habitants, ne lui permet pas de conserver dans son sein un Instituteur qui serait livré exclusivement à l’instruction des enfants de la commune, attendu l’impossibilité de lui fournir un traitement aussi élevé que celui exigé par la loi, et de plus une maison d’école, sans compromettre gravement les intérêts des habitants, qui en général, sont fort peu aisés – Considérant que si depuis quelques années il existe à Oncy, un instituteur, c’est parce qu’il est de la commune même, qu’il y possède une petite maison, et quelques pièces de terre, qu’il fait valoir depuis son retour de l’hôtel des Invalides, où il avait été reçu, comma ancien militaire amputé – Considérant que la détermination qui l’a porté à se livre à l’instruction, tenait à l’assurance qu’il avait reçue de la Commune de Noisy (Seine-et-Marne) limitrophe d’Oncy, de lui procurer des élèves, sans lesquels kil n’aurait pu ouvrir une école, avec l’espoir d’un bénéfice, qui malgré ce surcroît, reste encore léger. – Considérant enfin, que pour l’effet de l’exécution de la nouvelle loi, les élèves de Noisy, dont la population est importante, vont se trouver distraits de l’école d’Oncy, qui sera restreinte aux seuls enfants de cette commune, qui sont en petit nombre, et qui, par la proximité de Milly, peuvent aller y recevoir l’instruction, puisque l’école gratuite, qui y est établie, permet d’y recevoir les enfants d’Oncy. – Est d’Avis à regret, de ne pouvoir voter les fonds nécessaires exigés pour l’exécution de la loi. - Fait et délibéré à Oncy, le 1er septembre 1833. »

Ce n’est que plus tard, en 1844, sous l’administration de M. Duché, que fut construite une école-mairie pour recevoir les enfants d’Oncy. Cette école, dont je donne la description plus loin, et qui répondait ou du moins semblait répondre aux besoins, à cette époque, fut plus tard jugée insuffisante. Sur les instances de l’administration supérieure, on construisit en 1887, derrière le bâtiment communal, une salle de classe spacieuse et confortable, où l’air et la lumière étaient répandus. La municipalité actuelle jugeant que la Mairie était exiguë et le logement de l’Instituteur insuffisant et malsain voulut apporter des modifications au bâtiment construit en 1844 ; mais en présence des difficultés qu’il y avait d’arriver à rendre convenable cette habitation, elle résolut de faire élaborer un projet de reconstruction complète. Ce projet fut approuvé en 1896 et réalisé en 1898.
Oncy a vu naître un artiste de talent, dont le nom, en général, est resté ignoré. Je veux parler du célèbre paysagiste Lantara.

Simon Mathurin Lantara naquit à Oncy, le 24 Mars 1729. Ce paysagiste distingué ne dut qu’aux heureuses dispositions dont la nature l’avait doué, la place qu’il sut conquérir parmi les artistes de son temps. Né et élevé aux champs, il habita plus tard à Paris et y conserva des habitudes en rapport avec celles de sa première jeunesse ; ses tableaux, malgré leur bien reconnus aujourd’hui, lui fournissaient à peine de quoi vivre et souvent il s’estimait heureux de les échanger contre les aliments nécessaires à la nourriture du jour présent. L’enfance de Lantara s’était passée à recevoir les leçons du Magister du village d’Oncy, puis à garder les bestiaux du châtelain de la Renommière. Le paysage était délicieux : la beauté des sites fit naître la vocation du jeune artiste. Le fils de son seigneur ayant deviné le peintre dans le berger, lui donna la main et l’emmena à Paris. Lantara troqua la houlette pour le pinceau et réalisa bientôt les espérances de son protecteur. L’inhabilité proverbiale du paysagiste pour l’exécution des figures lui valut la glorieuse collaboration des célèbres peintres Dumarne, Joseph Vernet et Casanova.
Sur la mémoire de Lantara pèse le reproche d’intempérance et de paresse. M. Emile B. de la Chavignerie qui s’est fait son historien, a essayé de laver sa mémoire de cette calomnie. Voici comment s’exprimait à ce sujet en 1852 M. le baron Van Tenac, président du comité central des artistes : « En effet, en rétablissant la mémoire calomniée du peintre Lantara, M. de la Chavignerie a vengé la classe méconnue des véritables artistes. Les gens superficiels et le vulgaire les traitent généralement avec peu de bienveillance. Pourquoi ? Des préventions stupides, transmises sans examens, exagèrent et perpétuent les excentricités de certains originaux qui ne sont, après tout, que des exceptions. A entendre cette foule abusée, les peintres, les sculpteurs seraient des êtres désordonnés, des ivrognes débraillés ; que sais-je ? Le vaudeville de Picard qui date de 1909, (Lantara ou le peintre au cabaret) n’a pas d’autre donnée, et si Lantara vivait de nos jours, il pourrait fort bien intenter à l’auteur un procès en diffamation. Ce vaudeville est tout simplement un mensonge chimérique, mais un mensonge sans importance. Et pourtant, un jeune artiste plein de talent a puisé là une heureuse inspiration : M. Faustin Besson a composé une charmante page qui représente Lantara au cabaret dessinant son poseur.

Or nous pouvons en croire M. de la Chavignerie, jamais Lantara n’a dessiné la figure. Il savait si peu faire les bonshommes, qu’il  les envoyait à la messe pour s’en débarrasser. On sait sa vie laborieuse. Ayant perdu son père, Lantara vendit les récoltes de la succession pour payer ses dettes et il se mit ensuite à l’ouvrage. Est-ce là le fait d’un paresseux désordonné ?
Lantara allait au cabaret, aujourd’hui il irait au restaurant. Serait-il exposé encore au reproche d’intempérance qui pèse sur sa mémoire ? Pas plus que tant d’hommes honorables qui ne pourraient vivre autrement, éloignés qu’ils sont de leurs familles. Comme eux, il lui serait permis d’aimer le charme d’un gai festin, où l’esprit s’aiguise, où l’inspiration naît et se poétise.

Le pauvre artiste manquait de tout, et il ne voulait pas se dessaisir d’un paysage où il entendait chanter sa Jacqueline ! …. Son seul amour.
Etait-il un sybarite insensible aux douces émotions, aux tendres sentiments ?

Enfin, Lantara mourut pieusement à l’hôpital de la Charité entouré des soins de la religion, ce n’était donc point un mécréant.
Un bel esprit de l’époque lui composa une épitaphe dont voici le texte :
Ci-gît le peintre Lantara
La foi lui tenait lieu de livre
L’Espérance le faisait vivre
Et la Charité l’enterra


Le 6 juin 1852, eut lieu à Oncy une grande fête à l’occasion de l’inauguration d’une plaque commémorative sur la chaumière natale du peintre Lantara.
Sur cette plaque de marbre noir, on lit l’inscription suivante gravé en lettre d’or, dans l’intérieur d’un champ ayant la forme d’une tessère antique :


Dans cette chaumière
Est né le 24 mars 1729, le peintre Lantara
Mort à Paris le 22 Xbre 1778
Souvenir de ses concitoyens
1852

Cette inauguration eut lieu avec un grand éclat. Une souscription avait prévu à toutes les dépenses, l’autorité publique avait favorisé cette manifestation, et après l’approbation obtenue de M. le Ministre de l’Intérieur, sur la demande de M. le Préfet de Seine-et-Oise, le jour de la cérémonie avait été fixé au Dimanche 6 juin et M. le Sous-Préfet d’Etampes avait été officiellement délégué pour y présider. Le comité central des artistes à Paris s’y était fait représenter par MM. Le baron Van Tenac, Couder-Jeune, Le Gonisel et Guersant. Des artistes renommés que la belle saison ou de sérieux ouvrages avaient réunis à Fontainebleau : M.M. Auguste Couder, Membre de l’Institut, ses amis et émules Schopin, Decamps, Biard, Joly et Tétaz, architecte, ancien prix de Rome, s’étaient rendus à Oncy pour prendre part à l’objet de cette intéressant cérémonie.

L’Instituteur d’Oncy, à cette époque, M. E. Morel, avait recueilli dans cette occasion, tous les fruits de ses anciennes études sur la poésie française et se conformant scrupuleusement à toutes les règles sur la matière qu’il n’avait pas oubliées ; il avait composé une cantate en quatre strophes, qui fut chantée sur la place publique par les élèves de son école. Voici cette cantate qui fut chantée sur l’air de « Vive la France »
A Lantara
Je te salue, à toi humble chaumière
Où vit le jour un peintre distingué,
Grâce à des cœurs qui aiment la lumière
Nous jouissons d’un spectacle parfait !
Honneur et gloire
A Lantara
Dans la mémoire
Toujours il régnera.
Notre village était bien peu de chose
Mais aujourd’hui le voilà rehaussé,
On l’embellit d’une pierre qu’on pose,
Qui fera dire aux passants édifiés :
Honneur et gloire
A Lantara
Dans la mémoire
Toujours il régnera.
Il naquit pauvre et il mourut de même,
A son talent il doit tous les honneurs,
Enfants d’Oncy, dans ce moment suprême,
Nous lui faisons hommage de nos cœurs
Honneur et gloire
A Lantara
Dans la mémoire
Toujours il régnera.
Ô ! Grand merci aux hommes pleins de zèle,
Qui, employant leurs veilles, leurs labeurs,
Ont honoré des peintres le modèle,
Et dissipé le mensonge et l’erreur !
Honneur et gloire
A Lantara
Dans la mémoire
Toujours il régnera.

Depuis cette époque, tous les ans, le dimanche de la Trinité, a lieu une fête champêtre, destinée à perpétuer le souvenir du peintre Lantara

Situation financière de la Commune en 1899
Ces impositions extraordinaires proviennent
1° de la construction d’une salle de classe en 1887 ;
2° de la reconstruction du chemin vicinal ordinaire n° 1 en 1896 ;
3° de la reconstruction de la  Mairie et du logement de l’Instituteur en 1898.


En 1822 les recettes n’étaient que de 346,90 f. et les dépenses de 202,67 f. Par la différence énorme qui existe entre ces deux chiffres on peut voir quel a été le développement économique de la Commune depuis près d’un siècle. Depuis 1870 la situation budgétaire pour les recettes et dépenses ordinaires n’a pour ainsi dire pas varié, car à cette époque les recettes et dépenses s’élevaient à 4121,15 f. C’est donc à peu de choses près la même situation financière.
Les dépenses extraordinaires, comme on le voit, proviennent de l’amélioration apportée au point de vue de l’instruction publique.

Il n’y a pas lieu de croire que cette situation changera de longtemps. La Commune n’étant pas appelée à se développer.
IV. Instruction publique
Il m’est impossible de décrire l’état de l’enseignement dans la Commune avant la Révolution, faute de renseignements .Le premier instituteur (maître d’école à cette époque) que l’on voit en fonctions en 1818 est M. François Dumaut. Ancien soldat de l’Empire, François Dumaut sortit de l’Hôtel des Invalides ; il était amputé d’une jambe et avait reçu la croix de la Légion d’Honneur. Il était du pays, il s’installa dans une maisonnette que ses parents lui avaient laissée et qui existe encore de nos jours. Là, il réunissait quelques enfants autour de lui, la Commune n’ayant ni Mairie ni Ecole. Son savoir n’était pas bien grand, son enseignement se bornait à apprendre à lire, à écrire et à compter. Point de mobilier scolaire. Les enfants étaient assis sur des bancs et tenaient sur leurs genoux une planchette qui leur servait de pupitre. Je ne pourrais dire combien François Dumaut percevait par élèves. Peu de chose sans doute. En hiver, chaque enfant apportait sa bûche et contribuait ainsi au chauffage de la salle. La commune n’allouait aucun traitement au maître d’école. Seule, une indemnité de logement de 30 francs par an lui était accordée. Comme sa profession n’était guère lucrative, il fabriquait entre temps des allumettes soufrées. En 1835, sa situation s’améliora ; un traitement de 200 francs lui fut accordé. C’était une conséquence de la loi de 1833 sur l’instruction primaire.

Comme je l’ai dit plus haut, en 1844, la Commune, pressée par l’Administration supérieure, se décida à construire une maison d’école. Cette maison qui vient d’être démolie, il y a un an, était loin d’être confortable, mais à cette époque elle semblait répondre aux besoins. Les instituteurs, à cette époque, débutaient jeunes et étaient par conséquent célibataires. La nécessité d’un logement confortable ne se faisait pas encore sentir.
La salle de classe était toute petite. La superficie était de 20 mètres carré, elle n’avait que 3 mètres de hauteur. Eclairée seulement par deux petites fenêtres, elle était humide et malsaine. Il n’y avait ni sous-sol, ni cave au-dessous ; il fallait descendre une marche pour y pénétrer.

Comme mobilier : deux grandes tables à 10 places, un petit bureau pour le maître, une carte, un tableau noir, quelques tableaux de lecture et c’était tout. Quant au logement de l’Instituteur, il se composait uniquement d’une salle en bas et d’une chambre en haut. Le reste ainsi que les greniers étaient mis en location tous les ans, pour servir aux cultivateurs à renfermer leurs récoltes. Cette location s’élevait à peu près à 20 francs par an. Ce n’est qu’en 1868 que ces locations cessèrent et que la Commune fit faire une seconde chambre pour l’instituteur. En 1874, construisit à côté de ce logement une cave avec une buanderie au-dessus qui servit de cuisine aux instituteurs qui se succédèrent.
En 1886, la municipalité, sollicitée par l’Administration supérieure d’améliorer son local scolaire, se décida à construire une nouvelle salle de classe. Elle acheta le terrain nécessaire et fit construire une salle spacieuse très confortable, éclairée par quatre grandes fenêtres. Elle a une superficie de 42 mètres carrés et 4 mètres de hauteur. Le mobilier scolaire a été complètement renouvelé. Les vieilles tables ont disparu pour faire place aux tables à deux places nouveaux-modèles avec dossiers. La collection des cartes Vidal-Lablache au complet, orne la classe. Tout le matériel scolaire nécessaire pour concourir à rendre l’enseignement fructueux existe : tableaux noirs, tableaux de lecture, cartes géographiques, tableaux d’histoire naturel, compendium métrique, etc.

Une bibliothèque scolaire crée en 1868 n’a cessé de s’enrichir de nouveaux volumes.
C’était très bien d’avoir songé à l’amélioration du local scolaire ; mais il restait le logement de l’Instituteur qui était humide, malsain et insuffisant.

La municipalité actuelle, malgré les sacrifices énormes qu’elle allait imposer à la Commune décida en 1896 de raser la maison d’école construite en 1844 et fit établir un projet qui a reçu complète exécution en 1898. La photographie jointe au plan d’ensemble indique suffisamment le confortable de la nouvelle maison d’école.
J’ai indiqué plus haut quelle était la situation de l’instituteur François Dumaut qui ne reçut aucun traitement jusqu’en 1835. Ce n’est qu’à cette époque qu’un traitement de 200 francs lui fut accordé. Cette situation n’était guère meilleure en 1852 avec M. Morel, ancien officier de marine, qui lui succéda à cette époque.

Cet instituteur ne resta qu’un an à Oncy faute de moyens d’existence, sans aucun doute. Il était, paraît-il, très lettré. Le chœur que j’ai cité plus haut, et qu’il fit chanter à ses élèves lors de l’inauguration de la plaque commémorative placée sur la chaumière natale du peintre Lantara en est une preuve. M. Morel avait laissé une bonne impression dans la commune, car son souvenir est resté très vivace même aujourd’hui parmi la population.
La situation pécuniaire de l’Instituteur va s’améliorer de plus en plus. En 1853 l’Instituteur a un traitement fixe de 600 francs formé de la rétribution scolaire et des subventions de l’Etat, du Département et de la Commune. Il est déjà plus instruit que ses prédécesseurs. Le brevet de capacité va être exigé. Quoi que cela, l’enseignement ne se borne guère qu’à la lecture, l’écriture, les 4 règles, le catéchisme et l’Histoire sainte. Quant à l’Histoire et à la Géographie, cet enseignement n’existait pas.

D’un autre côté, à cette époque, l’instituteur était tenu moyennant une faible rétribution de 40 francs par an de chanter aux offices et de sonner l’Angélus. Cette coutume ne disparaît qu’en 1887.
En 1866, la municipalité commence à accorder un supplément de traitement de 80 francs à l’Instituteur. Avec le chant à l’église, le secrétariat de la Mairie et quelques arpentages, il arrive à se constituer un traitement de 900francs.

En 1869, le traitement fixe est de 700 francs ; il passe à 800 f. en 1872 et à 900 f. en 1875… L’Instituteur avec les accessoires se fait un traitement de 1200 francs. La situation ne varie guère jusqu’en 1880. A cette époque le traitement fixe est de 1200 francs. L’Instituteur voit ses ressources s’élancer à 1600 francs. Le supplément communal est porté à 140 francs. Un cours d’adultes commence à fonctionner. L’Instituteur reçoit 75 francs pour cette classe supplémentaire. Le supplément communal porté à 300 f. en 1886 améliore encore la situation. Les ressources de l’Instituteur atteignent 1800 f. . A partir de 1895, le secrétariat de Mairie est mieux rétribué De sorte qu’à l’heure actuelle, un instituteur de 5e classe peut accuser un traitement moyen de 2000 francs. Nous sommes loin du traitement de 1835. La population scolaire à Oncy, avant la gratuité, n’était guère que de 15 à 20 élèves. Depuis 1882 le nombre des élèves n’a guère varié entre 30 et 35. Je dois ajouter que les enfants sont admis dès l’âge de cinq ans, comme dans toutes les écoles où il n’existe pas d’école maternelle.
Tableau des Instituteurs qui se sont succédé à Oncy

Entré                                   Noms des Instituteurs                                 Sortie
1818                                      M. François Dumaut                                  1851
1851                                      M. Morel                                                   1852
1852                                      M. Garin                                                    1854
1854                                      M. Mussard                                               1856
1856                                      M. Gaillard                                               1856
1856                                      M. Boulard                                                1857
1857                                      M. Merson                                                 1862
1862                                      M. Gilee                                                    1869
1869                                      M. Maison                                                 1871
1871                                      M. Dennist                                                 1874
1874                                      M. Decourbe                                              1875
1875                                      M. Didon                                                    1877
1877                                      M. Pathey                                                   1884
1884                                      M. Leclerc                                                 1887
1887                                      M. Yvain                                                    1895
1895                                      M. Papineau


Actuellement, l’effectif scolaire est de 34 élèves des deux sexes. Les nouveaux programmes sont appliqués conformément à l’organisation pédagogique du Département de Seine-et-Oise. Depuis plusieurs années de nombreux élèves ont obtenu le certificat d’études. A la dernière session, 5 élèves l’ont obtenu.
Au point de vue de l’installation matérielle, rien ne laisse à désirer. Le mobilier scolaire qui ne date que de 1887 est conforme aux instructions ministérielles. Tout le matériel nécessaire à un enseignement fructueux existe dans l’école.

Les cours d’adultes réorganisés depuis quatre ans sont très fréquentés. De nombreuses conférences populaires avec ou sans projections attirent un grand nombre d’auditeurs des deux sexes pendant la durée de l’hiver.
Une Caisse des Ecoles fondée en 1895 fonctionne admirablement et rend de grands services à l’enseignement dans la Commune.

Une société de mutualité scolaire fondée cette année dans l’arrondissement d’Etampes a trouvé de nombreux adhérents à Oncy, 27 élèves en font partie.
Il est heureux de constater que la municipalité d’Oncy depuis quelques années s’est imposé de grands sacrifices pour le bien de l’instruction des enfants. Non seulement elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la situation pécuniaire de l’Instituteur ; mais encore elle s’est occupée du bien être matériel en faisant construire un bâtiment scolaire parfait.

Elle a établi la gratuité des fournitures scolaires, elle a dépensé largement pour contribuer à l’instruction des adultes et au développement des œuvres post-scolaires. C’est un honneur pour elle.
                                                                  Oncy, le 22 septembre 1899
                                                                  L’instituteur
                                                                  E. Papineau