Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

dimanche 23 juin 2024

23 juin 1944 : Une nouvelle arme allemande

 

 23 juin 1944 :

Dans les journaux régionaux

- Une nouvelle arme allemande -

AVERTISSEMENT
Cette coupure de presse provient des actualités produites et contrôlées par le régime nazi et les autorités vichystes de 1940 à 1944.




UNE NOUVELLE ARME ALLEMANDE
provoque de terribles destructions à Londres et dans les ports anglais

Depuis le 19 juin, Londres et sa banlieue ont été soumis, sans interruption, à l’action d’une arme nouvelle et secrète, utilisée pour la première fois par l’état-major allemand. Il s’agit, semble-t-il, d’énormes torpilles volantes, dirigées jusque sur leur but, où elles atterrissent en provoquant une explosion extrêmement violente, avec un intense dégagement de chaleur, générateur de graves incendies. Au point de vue matériel, les effets produits sont considérables, puisque la fumée causée par les incendies, à Londres et dans sa périphérie, n’avait pas encore permis aux aviateurs allemands, trois jours après le commencement du bombardement, de prendre des photographies des objectifs attaqués. Au point de vue moral, l’effet est certainement plus grand que ne le serait celui de bombardements par avions d’une égale intensité. Quelque soit, en effet, le nombre des avions utilisés, la nécessité de les employer par vagues et non par unités isolées, pour parer à leur défense, oblige évidemment à des arrêts plus ou moins prolongés dans les opérations du bombardement, arrêts permettant l’organisation de la lutte contre les incendies et un calme relatif détendant les nerfs des populations. C’est bien contre cela que les aviateurs anglais et américains ont voulu lutter en mélangeant à leurs bombes explosives et incendiaires des bombes à retardement, prolongeant, pendant un temps plus ou moins long, le danger et paralysant les secours. Sur ce point, ils sont nettement battus par la nouvelle arme allemande. Contre cette arme, les moyens de défense sont presque sans action Contre des engins de faible volume, animés d’une vitesse considérable, voguant à des hauteurs extrêmement, variables, l'action de la D.C. A., quelle que soit son intensité, est pratiquement nulle. Plus encore, celle des avions de chasse est inexistante...
Pourquoi Londres a-t-il été choisi comme premier objectif ? On considère, à Berlin, que Londres est le centre de commandement de l’invasion. C’est là que se trouve, non seulement, le quartier général de l’invasion, mais encore les états-majors et tout l’appareil des transmissions...



Dans les archives des vidéothèques

Quand les V1 semaient la terreur à Londres


Les Allemands inondent la Grande-Bretagne et surtout Londres de V1 (appelés aussi, « météore-dynamite »), des bombes volantes tirées depuis le Pas-de-Calais mais aussi la Somme (France 3 Hauts-de-France).


C'est arrivé dans nos villages.

Un P-38 tombe tombe près d'Etampes

Vendredi 23 juin, vers 14h 30, après un rapide combat aérien au-dessus de Pierrefitte, un appareil américain à double fuselage a pris feu à quelques 2.000 mètres d'altitude. Malgré de vains efforts du pilote pour se redresser, l'avion en flammes est venu s'écraser au sol, près du mur ouest de la ferme de Guinette. Ses occupants ont été carbonisés (Abeille d'Etampes du 1er juillet 1944).

Le Lockheed P-38 Lightning était doté d'une silhouette inhabituelle en raison de sa conception bimoteur bipoutre à nacelle centrale (c'était le modèle d'avion sur lequel volait Saint-Exupéry lorsqu'il a été abattu au large de Marseille).

Voir l'article sur le lieutenant Grant H. Cory (Corpus Etampois)




lundi 17 juin 2024

17 juin 1944 : Etampes compte ses morts

 

 17 juin 1944 :

Dans les journaux régionaux

- Terrible bombardement d'Etampes -
Plus de 100 morts

AVERTISSEMENT
Cette coupure de presse provient des actualités produites et contrôlées par le régime nazi et les autorités vichystes de 1940 à 1944.



L'Abeille d'Etampes (17 juin 1944)

Que maudite soit la guerre ! Notre riante cité, si pacifique, si prospère, n'est plus qu'une vallée de ruines, de larmes et de sang !
À travers son histoire, lourde pourtant de revers et de misère, notre ville n'avait jamais connu de nuit aussi tragique que celle du 10 au 11 juin 1944, puisqu'elle nous vaut la mort de plus de cent de nos meilleurs concitoyens.
En trente-cinq minutes, les avions anglo-américains ont semé le deuil et la ruine sur notre chère cité, plongeant de nombreuses familles dans l'affliction et anéantissant un nombre incalculable de maisons.
On reste ainsi muet d'horreur devant une semblable catastrophe.
Dans une brochure qui paraîtra ultérieurement, notre directeur relatera, comme il le fit pour les journées des 12 au 15 juin 1940, les détails de cet effroyable bombardement qui laissera son empreinte rouge indélébile sur le sol et les murs de notre ville tant aimée.
Les dimensions réduites de cette feuille, le temps qui nous est imparti et la nature des événements, ne nous permettent point d'exposer aujourd'hui les faits dont le temps ne saurait atténuer ni l'intérêt, ni l'importance. Contentons-nous donc pour l'instant, après nous être incliné pieusement devant les dépouilles de nos malheureux concitoyens, de rendre hommage à ceux qui, au cours de cette nuit dramatique et dans les heures et même les jours qui suivent, se dévouent sans compter, souvent au péril de leur propre vie – en raison des bombes à retardement – sauveteurs, pompiers, équipes de la Croix-Rouge, corps médical, personnel hospitalier, cheminots, défense passive, gendarmes, agents, etc., etc. À tous, la ville d'Étampes, la population tout entière, voue une reconnaissance sans bornes qu'il conviendra de rappeler en maintes occasions.


Dans les archives des vidéothèques

Étampes bombardée (Cinéam)

En 1939, la famille Legendre habite Boulogne. Prenant part à l'exode massif de juin 1940, ils partent se réfugier auprès d'une sœur à Chailles dans le Loir-et-Cher, puis viennent s'installer pendant la guerre à Étampes. Quelques jours après le violent bombardement de juin 1944, Constant Legendre revient filmer la ville dévastée.

Pour regarder la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous :


C'est arrivé dans nos villages.

Les bombardements d'Etampes du 10 juin 1944

Dans la nuit du 9 au 10 juin 1944, date du bombardement d'Etampes, une grave collision se produit entre deux appareils anglo-américains (un bombardier Lancaster JB714 et NN697) au-dessus des bois de Champigny. Une formidable explosion s'ensuivit, qui fit neuf victimes. Des fragments d'avion et de corps humains ont été éparpillés sur des centaines de mètres carrés, dans un périmètre situé au-dessus de l'actuel centre équestre et les champs de la Grange des Noyers. Ceux qu'on put retrouver furent inhumés au cimetière de Morigny. 
Voir le site : 
https://francecrashes39-45.net/page_fiche_av.php?id=368


Et pour en savoir plus sur les bombardements d'Etampes,
 consultez l'excellent site du Corpus Etampois : 




dimanche 9 juin 2024

9 juin 1944 : Le débarquement a eu lieu

 

 9 juin 1944 :

Dans les journaux régionaux

- Le débarquement anglo-américain -

AVERTISSEMENT
Cette coupure de presse provient des actualités produites et contrôlées par le régime nazi et les autorités vichystes de 1940 à 1944.




Dans la nuit de lundi à mardi, les Anglo-Américains ont réalisé la tentative de débarquement en Europe, depuis si longtemps annoncée. Et hélas, c’est sur les côtes de France que leur choix s’est porté. C'est sur la côte de la Manche, entre Le Havre et Cherbourg, que leur principal effort a eut lieu, particulièrement à l’embouchure de la Vire et de l'Orne. En même temps, des forces importantes étaient parachutées derrière les lignes de défense allemandes. On estime qu’au moins quatre divisions parachutistes et aéroportées ont été engagées entre Le Havre et Cherbourg. Il semble que le commandement américain viserait à couper vers le sud la presqu’île du Cotentin, pour s’assurer ainsi une forte base de débarquement. Dès le début de l'opération, les ouvrages de la ligne de défense côtière sont entrés en action contre la flotte de débarquement, causant de très lourdes pertes à l’ennemi, pendant que les troupes mobiles prenaient à partie les troupes anglo-américaines parachutées. Voici ce que dit le dernier communiqué de Berlin, mardi soir : « Après douze heures de combat, presque toutes les troupes parachutées sont anéanties entre Le Havre et Cherbourg. D’autre part, la plus grande partie des troupes qui ont abordé par mer ont été rejetées dans la mer. Il n’y a qu’une étroite bande côtière de 16 à 20 kilomètres, sur une profondeur de 1 kilomètre à 1 km 1/2, qui soit encore aux mains des troupes parachutistes anglo-américaines. À cet endroit, des combats acharnés sont en cours. Les différentes têtes de pont formées dans le courant de la journée ont été toutes évacuées, à l’exception de la tête de pont de Caen. Pour cette nuit, on s’attend à de nouveaux débarquements, vraisemblablement sur d’autres endroits de la côte française. ». Il semble donc bien, après la première journée, qu'aucun résultat décisif n'ait été obtenu. Bien entendu, s’il s’agit d’une opération importante, il faut attendre un temps suffisant pour se faire une idée juste à son égard.

Troupes américaines sur le point de débarquer (source Wikipedia)

Cet article de l'Abeille de Fontainebleau illustre bien comment la propagande a été utilisée pour tenter de minimiser la réussite du débarquement du 6 juin 1944La mention de l'annihilation des troupes parachutées et du rejet massif des troupes débarquées visait à semer le doute sur la puissance et l'efficacité des forces alliées. En réalité, bien que les forces alliées aient rencontré une résistance féroce et subi des pertes, elles ont réussi à sécuriser plusieurs plages et à établir une tête de pont significative en Normandie.


Dans les archives des vidéothèques

Le débarquement du 6 juin 1944


https://www.youtube.com/embed/UzKsn_fAvno


C'est arrivé dans nos villages.

Tombes de guerre du Commonwealth
au cimetière de Courances

Durant la nuit du 7 au 8 juin 1944 un important raid allié en provenance de Grande Bretagne avait pour objectif de bombarder les installations ferroviaires du sud-ouest de la région parisienne afin d'empêcher aux renforts de la Wehrmatch de rejoindre les plages du D-Day...

.


Vous retrouverez également cette histoire dans notre prochain ouvrage.

 LA LIBÉRATION DE MILLY-LA-FORÊT
ET DE SA RÉGION
1939-1945



dimanche 2 juin 2024

2 juin 1944 : La Libération approche

 

 2 juin 1944 :

Dans les journaux régionaux

- La Libération -

AVERTISSEMENT
Cette coupure de presse provient des actualités produites et contrôlées par le régime nazi et les autorités vichystes de 1940 à 1944.




La Libération

Lyon, Marseille, encore et toujours Rouen, sur les ruines de laquelle ils s'acharnent avec une joie sadique, et combien d'autres villes et villages de France, détruits ou bouleversés par les Anglo-Américains ! Des Français morts par milliers !
Combien, partout, de bombes qui, soi-disant, cherchent les ponts, les manquent soigneusement et tuent les pauvres gens qui se promènent au bord de l'eau ! Est-ce cela ce que vous attendiez, ce que vous espériez, ce que vous appelez de tous vos vœux, pauvres intoxiqués de la «  Libération » ? N'est-ce pas cela que, ici, depuis plus de deux ans, nous vous annoncions et ce que vous vous refusiez à croire ?
Pensez-vous que, après cela, la guerre a avancé d'un pas, que le débarquement est préparé et facilité ? Le mois de mai est fini et les événements les plus grands de l'histoire du monde ne se sont pas encore produits. À moins que, peu exigeant,  Churchill ne baptise ainsi le renforcement de l'offensive en Italie où, péniblement, l'escargot a réussi à se muer en tortue. 


Véhicules cuirassés américains devant le Colisée à Rome, 5 juin 1944.

Le moins qu'on puisse dire est que le journaliste auteur de l'article de l'Abeille de Fontainebleau du 2 juin 1944 n'était guère visionnaire !


Les 4 et 5 juin 1944, les troupes américaines du général Mark Wayne Clark parviennent à franchir les dernières lignes de défense de l'armée allemande et libèrent Rome sans rencontrer de résistance. 
Le 1ᵉʳ juin 1944, la BBC émet entre autres messages codés le début des vers de Verlaine, « les sanglots longs des violons de l'automne », qui demandent aux saboteurs de voies ferrées et aux résistants de se tenir prêts. Ce message sera répété les jours suivants et complété le 5 juin 1944, annonçant le débarquement imminent des troupes alliées. Le 6 juin 1944, c'est le début de la « libération » de la France qui commençait !

 

Dans les archives des vidéothèques

Radio Londres ou la guerre des ondes



Pendant tout le conflit, Radio Londres sera la voix de la Résistance française. Plusieurs émissions seront quotidiennement diffusées, toujours sous contrôle britannique. La principale, « Les Français parlent aux Français », s’ouvrait avec quatre notes, trois brèves et une longue, faisant écho à la 5ᵉ symphonie de Beethoven et formant le V de la Victoire en morse. Les messages codés, comme : « Les carottes sont cuites », « la girafe a un long cou », « la lune est pleine d’éléphants verts », s’adressaient principalement aux groupes de résistance pour leur donner des instructions.

Retrouvez les messages référencés sur le site des Amis de Radio Londres
https://messages-personnels-bbc-39-45.fr/



C'est arrivé dans nos villages.

Le maquis de Milly-la-Forêt


En juin 1944, l'approche imminente du débarquement des Alliés en France précipite l'engagement des jeunes Français dans la résistance. Conscients que la libération de leur pays était proche, ces jeunes rejoignent les maquis. Parmi ceux-ci, se trouvait le lycéen parisien Xavier Schlumberger. En juin 1943, accoutré en « zazou », il monte sur un socle dont la statue en bronze a été retirée. Il fait chanter les spectateurs après avoir imité alternativement la voix de Pétain et celle de de Gaulle. Il est arrêté et conduit au poste de police. Les agents le laissent seul un instant et il en profite pour s’évader. En décembre 1943, il récidive en préparant cette fois un jeu de piste pour son équipe de « routiers » Éclaireurs Unionistes. Le socle est cette fois-ci celui de la statue de Victor Hugo. Le garçon est pris, conduit au commissariat et interrogé pendant deux heures avant d’être relâché. 
Xavier rejoint alors le maquis de Milly (fondé en août 1940 par le capitaine Dunoyer de Segonzac, issu du réseau d'Uriage). Xavier est arrêté le 5 juin 1944 en même temps qu’Hélène Kocher dite Nanouk, agent de liaison de Segonzac, à une « boîte aux lettres » découverte par la Gestapo. Prévenu à temps, Segonzac pourra échapper à l’arrestation et rejoindre le maquis de Vabre le 15 juin. Nanouk et Xavier seront déportés en août, l’une à Ravensbruck, l’autre à Buchenwald. Nanouk sera fusillée en février 1945, Xavier expirera en janvier 1945, il n'avait que 19 ans.
Sources  : https://opolroux.wordpress.com/tag/xavier-schlumberger/



Pour en savoir plus sur le maquis de Milly et son histoire,
ne manquez pas notre prochain ouvrage.

 LA LIBÉRATION DE MILLY-LA-FORÊT
ET DE SA RÉGION
1939-1945



lundi 27 mai 2024

27 mai 1944 : La fête des mères

 

 27 mai 1944 :

Dans les journaux régionaux

- La fête des mères -



LA FÊTE DES MÈRES

Elle s'est déroulée par un temps bien maussade, comme si le ciel devait refléter le cœur de toutes celles qui souffrent des événements actuels. Le matin, à 11h. 30, eut lieu à l'Hôtel de Ville, la remise des Médailles de la Famille française, devant les membres de la Délégation spéciale et les autorités de la ville. M. le Maire prononça, à cette occasion, une allocution de belle forme et très émouvante.
L'après-midi, au Stade, les élèves du Collège, garçons et filles, petits et grands, participèrent à une exhibition gymnique, athlétique et artistique de grande classe. Jamais notre Collège municipal ne nous avait donné une telle impression de cohésion, de bonne humeur et de santé. Félicitons-en vivement M. le Principal Bireau. Après que M. Bireau eut félicité les Moniteurs et leurs Élèves, M. le Maire prononça une magnifique et vibrante allocution résumant tout le sens de cette belle journée.

Affiche de propagande pour la « Journée des mères » le 21 mai 1944.


Le Maréchal n’a pas inventé cette journée. En revanche, à partir du 25 mai 1941, le régime collaborationniste du maréchal Pétain donne une nouvelle dimension à cette fête, et en fait un slogan idéologique au service de la patrieAu travers d'affiches, de discours et de mobilisations de la presse, Vichy va systématiser la célébration de cette fête et demander aux écoles de préparer la Journée des mères avec les élèves. 

La mère est mise à l’honneur dans l’État français, avoir des enfants et les élever devient l’un des fondements du régime de Pétain. La « fête des mères » devient importante et des propagandes sont mises en place pour convaincre les Français que les femmes et les enfants sont l’avenir de la patrie. Elle devient une journée nationale et familiale. La « Journée des mères » ne doit pas être célébrée seulement dans les grands centres, mais encore dans les bourgs et jusque dans les plus petits villages.



Dans les archives des vidéothèques

La fête des mères

AVERTISSEMENT
Cette vidéo de l'I.N.A. provient des actualités produites et contrôlées par le régime nazi et les autorités vichystes de 1940 à 1944.

https://player.ina.fr/player/embed/AFE86002698/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/620/349/0/148db8


C'est arrivé dans nos villages.

Quand chacun de nos villages fêtait ses mères !


Exemple de diplôme remis avec la médaille de la famille française (1942) 

Quelques extraits choisis de l'Abeille d'Etampes en mai et juin 1944 :

CERNY - La journée débuta à l'Église par une cérémonie intime en présence d'une nombreuse assistance, parmi laquelle on comptait plus de deux cents enfants.
MÉRÉVILLE - La première strophe de notre chant national fut exécutée par nos écoliers. Une gracieuse écolière remit à M. le Maire, en souvenir de cette fête, un petit bouquet tricolore.
BOISSY-LA-RIVIÈRE - Le matin, messe solennelle en l'honneur des Mères françaises. L'après-midi, réunion familiale, sous la présidence de M. Alcide Pérou, maire de la commune. M. Vabre, instituteur, avait organisé l'intermède récréatif avec le concours des enfants des écoles.
SAVIGNY - La journée des Mères a été célébrée cette année avec dignité. En raison des circonstances, aucune manifestation populaire n'eut lieu. Dans un exposé très émouvant, M. André retraça le rôle des mamans dans la vie sociale.
PUSSAY - Dimanche, 28 mai, a eu lieu à Grandville-Gaudreville, la fête des mères, sur l'espace public, brillamment décoré par des fleurs et des drapeaux. Une gerbe de fleurs fut d'abord déposée aux monuments aux morts avec une minute de silence. Un superbe bouquet fut ensuite remis à Mme Jaffeux et Mme Foiry, décorées l'une de la médaille d'or et l'autre de la médaille d'argent de la Famille française.
MILLY - Bien qu'ayant été retardée de quinze jours, elle n'en obtint pas moins un grand succès. C'est dans une salle des fêtes comble que s'est déroulée le 4 juin la matinée récréative. Tour à tour, dans des rondes, des chants et des danses, des jeunes garçons et filles de l'école maternelle, des écoles communales, de l'Institution Notre-Dame se firent entendre. Au cours du spectacle, M. le Maire de Milly prononça une allocution exaltant la vertu des mamans.




jeudi 23 mai 2024

Célébration : Mémorial américain de Villeneuve-sur-Auvers le 25 mai 2024

 

 Célébration :

25 mai 2024 - MACVA91

https://www.villeneuve-mesnil.fr/associations/macva-91/


Cérémonie commémorative à l'ancien cimetière américain
de VILLENEUVE-sur-AUVERS le 25 MAI 2024

Après le débarquement en Normandie en juin 1944, les forces alliées ont avancé rapidement à travers la France occupée par l'Allemagne nazie. Les combats féroces et les pertes humaines ont laissé derrière eux un lourd tribut. Pour honorer les soldats tombés au combat, des cimetières temporaires ont été établis dans toute la France, dont un dans notre région.

Le cimetière de Villeneuve-sur-Auvers, à 10 kilomètres à l'ouest de La Ferté-Alais,  a été l'un de ces sites de sépulture provisoire. Cependant, à mesure que la guerre progressait et que les forces alliées avançaient, ces cimetières étaient déplacés ou transformés en cimetières permanents. Le cimetière de Villeneuve-sur-Auvers, comme tant d'autres, a été démantelé après la guerre, mais son héritage perdure dans la mémoire collective et dans les archives historiques.

Les habitants de Villeneuve-sur-Auvers n'ont jamais oublié qu'ils devaient la libération de leur village, le 22 août 1944 à 12 h 10, au sacrifice de jeunes hommes, en immense partie étrangers. Le mémorial du cimetière américain, situé sur la route de la Malvallée, évoque le souvenir des 303 militaires américains, canadiens et anglais, 15 résistants français et 225 soldats allemands qui ont été inhumés, dans un champ du village, de 1944 à 1948, date à laquelle les autorités américaines décidèrent du transfert du cimetière. 



L’association MACVA 91 (Mémorial Cimetière Américain Villeneuve sur Auvers 91) y organise une cérémonie du souvenir, célébrée chaque année. 


Photo aérienne du cimetière américain temporaire
de Villeneuve sur Auvers.

Site en anglais : https://www.pattonsbestmedics.com/graves-registration-in-the-4th-armored-division/
Site en français : https://www.database-memoire.eu/prive/fr/cimetiere-temporaire-fr 


mardi 21 mai 2024

Exposition "Lantara, un peintre oncéen" à Oncy-sur-Ecole


A l’occasion de la sortie de son dernier livre, l’association « Les Amis de Milly-en-Gâtinais et Environs » présentera en collaboration avec la Ville d’Oncy-sur-Ecole une exposition sur Simon Mathurin Lantara. Cette exposition se tiendra les week-ends du 8 et 9 juin et du 15 et 16 juin de 10h à 12h30 et de 14h à 18h dans la salle Lantara d’Oncy-sur-Ecole (face à la mairie). L’exposition sera inaugurée le vendredi 7 juin à 18h.

Affiche de l'exposition.


Dans ce nouvel ouvrage « Lantara, un peintre oncéen » édité à 250 exemplaires Maurice Gelbard et Éric Gachot présentent la vie et l’œuvre de Simon Mathurin Lantara, ainsi que son héritage.

Couverture du livre "Lantara, un peintre Oncéen"
20 euros

Simon Mathurin Lantara est né le 24 mars 1729 à Oncy-sur-École, dans le Parc naturel régional du Gâtinais français. Il est souvent considéré comme l’un des précurseurs de l’école de Barbizon. Son œuvre est présente dans les collections de nombreux musées, à commencer par le Louvre qui détient six toiles de l’artiste.

lundi 20 mai 2024

20 mai 1944 : L'impôt métal

 

 20 mai 1944 :

Dans les journaux régionaux

- Impôt métal -


IMPÔT-M
ÉTAL

Lieu et dates d'ouverture des Centres de Collecte :

Moigny, 28 mai au 1ᵉʳ juin, Mairie. Chamarande, 25 mai au 5 juin, Salle Familiale. Commune rattachée Torfou (Mauchamps), 26 mai au 5 juin. Cerny, 22 mai au 1ᵉʳ juin, Mairie. Forêt-Sainte-Croix (commune rattachée Marolles-en-Beauce), 15 mai au 19 mai. Bouville, 20 mai au 25 mai, Mairie. Morigny, 26 mai au 13 juin, place de l'Eglise.


En 1941, afin de soutenir la guerre de plus en plus longue et coûteuse que mène son pays, l'industrie allemande a besoin de métaux, afin de fabriquer des armes et des munitions. C'est pourquoi, une campagne pour la récupération des métaux non ferreux est déclenchée en France dès 1941.

Des affiches sont placardées dans les villes de France, appelant la population à participer à cette campagne, en apportant leur cuivre et leur plomb au centre « impôt métal ». Cependant, pour éviter des incidents lors de la mobilisation, les affiches indiquent uniquement le fait que ces métaux serviront à l'agriculture française, sans évoquer l'industrie d'armement.

Ensuite, ce sont les statues et les œuvres d'art en bronze qui sont réquisitionnées. Ainsi, entre 1940 et 1944, dans la France occupée, plus d’un millier de monuments et de sculptures sont retirés de l’espace public puis fondus afin de servir à l’industrie de l’armement allemande. Rien qu'à Paris, 144 statues sont déboulonnées et envoyées à la fonte. 


Dans les archives des vidéothèques

Le taureau de Rosa Bonheur

La sculpture du taureau de Rosa Bonheur, présente dans la ville de Fontainebleau, fut démontée et fondue par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (Document I.N.A.).


Pour regarder la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous :

Marie-Rosalie Bonheur dite Rosa Bonheur, née le 16 mars 1822 à Bordeaux et morte le 25 mai 1899 à Thomery, est une peintre et sculptrice française, spécialisée dans la représentation animalière. Le Château de By et l'atelier de Rosa Bonheur à Thomery sont maintenant ouverts aux visiteshttps://www.chateau-rosa-bonheur.fr/


C'est arrivé dans nos villages.

La mort et les statues



« Ce livre a été composé pendant l'occupation, à une époque où commence la grande guerre du pluriel contre le singulier, le travail de Pierre Jahan apporte un exemple type de la beauté qu'un homme seul peut tirer d'un innommable spectacle de laideur. C'est à ce titre que je le recommande et que je le souligne. Jean Cocteau. 1946 ».

En 1946, les éditions du Compas éditent « La mort et les statues », ouvrage pour lequel Jean Cocteau rédige les poèmes qui seront mis en regard des photos prises clandestinement, en décembre 1941, par Pierre Jahan sur les statues de bronze de Paris, réquisitionnées par Vichy puis concassées et fondues pour soutenir l'effort de guerre allemand. Cette même année, Jean Cocteau quitte Paris et trouve refuge à la campagne avec son compagnon de l’époque, Jean Marais, à Milly-la-Forêt (maison de Jean Cocteau, rue du Lau, 91490 Milly-la-Forêt).




jeudi 16 mai 2024

Célébration : Fête aérienne de Cerny du 18 au 19 mai 2024

 

 Célébration :

Du 18 au 19 mai 2024 - Fête aérienne 2024

https://letempsdeshelices.fr/

 Le Temps des Hélices - Meeting Aérien 2024 du 18 au 19 mai 2024
Aérodrome Jean-Baptiste Salis, à Cerny (91590)

Le thème central du meeting sera cette année :
Le 80ᵉ anniversaire du D-DAY. 

Thème de l'affiche signée Romain Hugault « alors que les C-47 s’apprêtent à déverser leur flot de parachutistes, ce P51 équipé de réservoirs supplémentaires et marqué des bandes de débarquement (marques de reconnaissance adoptées pendant le Débarquement de Normandie en juin 1944 pour identifier les appareils Alliés), survole la côte normande en saluant une jeune femme partie chercher son lait »


Mustangs P51 modèle D des escadrons de chasse américains.
Source : U.S. federal government, libre de droit.


Un peu d'histoire : durant la Seconde Guerre mondiale, Jean-Baptiste Salis mit sa propriété de Cerny à la disposition du commandement anglais. La piste sera alors homologuée sous le nom de code « BINIOU ». Elle ne recevra que des parachutages en vue d’équiper la résistance et de préparer un terrain de secours proche de Paris. Pour subsister, il remet en service l’exploitation agricole. Il a également acheté une scierie à La Ferté-Alais, ce qui lui permet, en tant qu’exploitant forestier, de circuler et de faire circuler dans les bois des « bûcherons », ainsi que de défricher les chemins et la piste du futur aérodrome.

L’aérodrome est officiellement créé le 14 juin 1946 par arrêté du ministère des Travaux publics et des Transports. En 1947, l’aérodrome est classé privé agréé avec restriction. Jean-Baptiste Salis remonte des ateliers pour se consacrer à la reconstitution et à la restauration d’avions historiques.


lundi 13 mai 2024

13 mai 1944 : Le rationnement

 

 13 mai 1944 :

Dans les journaux régionaux

- Rationnement -



RATIONNEMENT
DISTRIBUTION DE DENRÉES

1° Communes à suppléments :
a) Pâtes alimentaires : 250 gr. contre DX de mai.
b) Légumes secs : 250 gr. contre tickets DA, DB, DC, DD, DE de mai.

2° Dans toutes les communes :
Fromage gras : Tickets 1, 2, 3 et 4 de la feuille de mai.
Fromage maigre : Ticket FA de mai.
Fromage frais maigre : Ticket FB de mai.
Viande. Les consommateurs sont invités à déposer avant le 15 mai, chez le fournisseur de leur choix, le ticket BA ou BF de la feuille de viande de mai, en vue du renouvellement général des inscriptions.
Textiles. Le contingent de points de mai est fixé à 80% de celui de mars.
Chaussures. Réinscription des consommateurs avant le 15 mai, contre remise de la lettre S de la carte de textiles. Cette inscription donnera droit à un ressemelage cuir ou caoutchouc dans les 15 mois qui suivront le 1
ᵉʳ juillet 1944.
Savon. Les rations de produits détersifs pour le mois de mai sont fixées comme suit : 
Tickets n° 1. Catégories E, J1 et autres : 100 gr. de savon de toilette ou 37 gr. 5 de savon de ménage.
Tickets n° 2. Catégorie E : 187 gr. 5 de savon de ménage ou 620 gr. de détersif, catégorie J1 : 75 gr. de savon de ménage ou 500 gr. de détersif.
Autres catégories : 37 gr. 5 de savon de ménage ou 250 gr. de détersif.


Carte individuelle d'alimentation pour produits détersifs
(Source : Musée de la Libération de Paris)

Le savon est un produit rare, l’approvisionnement en oléagineux venus d’Afrique est interrompu ; on fabrique à la maison du savon avec toute sorte d’huile ou de graisses impropres à la consommation. Alors les femmes ont repris leurs bonnes vieilles traditions : la lessive aux cendres de bois et le savonnage avec la saponaire (une petite plante sauvage qui mousse et pousse le long des talus de notre région).

À chaque individu était délivrée une carte individuelle d’alimentation, indiquant, outre son identité, la catégorie dans laquelle il était placé : E : enfants de moins de 3 ans, J1 : enfants de 3 à 6 ans, J2 : enfants de 6 à 13 ans, J3 : adolescents de 13 à 21 ans, A : personnes de 21 à 70 ans (ou M), T : travailleurs de force, C : personnes de plus de 21 ans se livrant à des travaux agricoles, V : personnes de plus de 70 ans. En plus de ces cartes individuelles, chaque consommateur recevait des tickets pour chaque catégorie de denrées : pain, viande et charcuterie, fromages, matières grasses. D’autres cartes ou tickets permettaient d’acquérir des chaussures, des espadrilles, des produits détersifs, des vêtements. La liste est longue et s’ajoutait à ces contraintes une paperasserie sans fin, tant pour les consommateurs que pour les commerçants et générait, dans les mairies notamment, une bureaucratie permanente.

En plus du système classique d'attribution des denrées, les habitants des grandes villes obtenaient des suppléments nationaux (c'était le cas de Fontainebleau). Certaines communes ouvrières ou limitrophes des grandes villes se voyaient également accorder des suppléments régionaux (Saint-Fargeau-Ponthierry, Pringy, Barbizon, etc.).


Dans les archives des vidéothèques

Se nourrir sous l'occupation




Au cours de l'année 2021, le Conseil départemental de l’Essonne, en collaboration avec les associations d'anciens combattants, les archives départementales et l’association Cinéam, a initié un projet de collecte de mémoires autour de la Seconde Guerre mondiale en Essonne.  
Cette séquence est consacrée aux problèmes de l'alimentation sous l'occupation : tickets de rationnement, manque dans les villes, élevages dans les fermes, ravitaillements dans les campagnes. « La viande, c’était dur ! » 

C'est arrivé dans nos villages.

« La vie au village »

Extrait du livre d'Eddy Mendelsohn
(Moigny-sur-École)

« La guerre ayant créé une pénurie de nourriture, nous avons essayé de répondre à nos besoins comme nous le pouvions, faisant pousser des légumes, ramassant les pommes de terre qui restaient dans les champs, abattant de temps en temps un lapin ou un canard et quelquefois même, allant dans les champs voler les feuilles de tabac, que nous faisions sécher dans le grenier et que nous vendions ensuite. Lise m'apprit à reconnaître les mauvaises herbes, des orties comestibles, la façon de séparer les grains de blé des gerbes que nous avions ramassées, d'en faire de la farine et de préparer du pain et des gâteaux. Nous pelions les pommes de terre ramassées et plantions la partie pelée avec les bourgeons, nous permettant ainsi d'avoir nos propres cultures que je fertilisais en vidangeant manuellement les latrines. Nous achetions le lait des fermes laitières des environs pour le baratter le soir. Nous conservions les fruits et les légumes dans la cave froide de la maison et, avec tout le surplus de fruits, Lise préparait des confitures toujours délicieuses. En hiver, nous faisions rôtir sur le feu ou frire dans du beurre des châtaignes. »

En 2019, le comité Yad Vashem a décerné à Mme Marie-Louise Fuga le titre de Juste parmi les nations, la plus haute distinction civile de l’État d’Israël. Cette Moignacoise, avec générosité et courage, recueillit un jour de juillet 1942 le jeune Eddy Mendelsohn, dont toute la famille disparut peu après dans les camps nazis…
En 2021, la municipalité a décidé d’honorer sa mémoire en donnant son nom à une rue du village de Moigny-sur-
École.



Pour retrouver cette histoire, ne manquez pas notre prochain ouvrage.

 LA LIBÉRATION DE MILLY-LA-FORÊT
ET DE SA RÉGION
1939-1945