Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

vendredi 8 octobre 2010

Le monument de la Résistance à Noisy sur Ecole

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Ce monument imposant se dresse sur l’étroite platière rocheuse qui surplombe la Vallée Close. Il se présente sous la forme d’une pyramide tronquée en grès dur surmontée d’une Croix de Lorraine ; le tout mesure 10,30 m de hauteur dont 3,30 m pour la seule croix ; le poids total en est de 110 tonnes.

L’ensemble fut érigé au lieu géographique où fonctionnait, pendant l’occupation allemande, le projecteur de liaison avec les avions venus d’Outre-Manche, porteurs d’armes et de munitions largués par parachutes dans la Vallée de la Mée. Il glorifie les sacrifices du réseau « Publican » créé en 1942. Une plaque rappelle les noms des 5 morts et des 18 déportés de cette organisation clandestine. Son inauguration officielle eut lieu le 22 Juin 1946 en présence du Général REVERS et du Maréchal SALISBURY.



Le réseau Ernest Publican est crée à la fin 1942 par Maurice Braun (alias Ernest, alias Marcel Barde ou encore Letellier), commandant de réserve et chef de mission des FFC (forces Françaises Combattantes) et par le capitaine Marcel Fox, ancien officier de l’armée britannique en 1939-1940 et officier du SOE (Special Operations Executive).

Ce réseau se rattache au vaste réseau de renseignements du colonel Buckmaster (SOE). L’organisation clandestine, implantée en différents points de la région parisienne (nord de la Seine-et-Marne – secteur de Meaux et dans l’Oise secteur de Brégy et de Versigny) a pour mission le sabotage de lignes de chemin de fer, de gares de triage, d’usines mécaniques et aéronautiques.

Maurice Braun et Marcel Fox préparent minutieusement un parachutage d’armes et de munitions en forêt de Fontainebleau.

Pour ce faire, ils recrutent localement une équipe de réception et de sécurité : Emile Bouchut, forestier, connaît bien le terrain et les sentiers de la forêt. Il est accompagné dans son travail par Benjamin Destré, garde-chasse du Bois-Rond, également habitué de la forêt. Ces deux hommes aidés du jeune Lucien Saroul (18 ans) et du maçon Raphaël Bourdin délimitent le secteur géographique du parachutage: ce sera « la Croix Saint-Jérome » dans « la Vallée Close », clairière sablonneuse du sud du « massif des Trois Pignons » entre Arbonne-la-Forêt et Noisy-sur-Ecole. C’est un site escarpé, difficile d’accès, que les Allemands ne parviendront pas à identifier. A ce noyau dur d’agents, vient s’en greffer d’autres : ainsi, le capitaine Eugène Defontaine, industriel, qui propose d’utiliser une grotte (« la grotte de Rochebelle ») située dans sa propriété pour entreposer les armes parachutées. On compte aussi dans les rangs du groupe Publican de Noisy, Charles Bourgelat, Eugène Thailler, ancien combattant de 14-18, Antoine et Lucie Stimac.

Le parachutage de la Vallée Close dans la nuit du 21-22 juin 1943 :

Le message: « C’est en Touraine qu’on parle le meilleur français », annonçant le parachutage, passe sur les ondes de Radio Londres. Dans la nuit de pleine lune du 21 au 22 juin 1943, 10 containers sont parachutés au lieu dit « La Vallée close ». Marcel Fox et Maurice Braun assurent le guidage des avions en maniant des signaux lumineux en haut d’un piton rocheux (« La Roche au Four ») qui surplombe la vallée encaissée. Les containers largués contiennent des mitraillettes Sten de 9mm, des pistolets, des grenades incendiaires, des mines antichars, des provisions de chargeurs, des pains de plastic, des détonateurs, des tubes et boîtes d’abrasif pour le sabotage des essieux et des wagons de train. Parachutage et réception sont réussis.

En deux voyages, le charretier Auguste Vandekinderen transporte toute la cargaison jusqu’à la grotte de Rochebelle, devenue aujourd’hui la « grotte du parachutiste ».

Une seconde opération est organisée pour une prochaine lunaison, avec pour message : « Paulette sois bien sage, ton papa pense bien à toi ».

Mais cette nuit-là, plusieurs faits empêchent le parachutage : un bombardement allié dans la région de Melun, l’édification récente par les Allemands d’une tour de guet non loin de là et un chasseur de nuit rodant dans la région. Par prudence, l’équipe se sépare et le parachutage avorte. Armes et munitions stockées dans la grotte sont ventilées vers Arbonne-la-Forêt, Château-Landon, Brie-Comte-Robert et Paris.

Maurice Braun et Marcel Fox, responsables d’Ernest Publican, continuent leurs activités de parachutages dans l’Oise.

Au cours de l’été 1943, le réseau Publican est démantelé par la Gestapo. Maurice Braun est arrêté à Paris et interné près de 12 mois à la prison de Fresnes. Le 15 août 1944, il fait partie du dernier convoi de déportés partant pour Buchenwald. Il en revient miraculeusement en 1945. Marcel Fox, arrêté lui aussi, est déporté au camp de Flossembourg, où il est pendu à la veille de la délivrance par les troupes américaines.


vendredi 1 octobre 2010

Inauguration de la chapelle Saint-Blaise de Milly-la-Forêt

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Milly : Décorée par Jean COCTEAU, La Chapelle St Blaise des Simples, ouvrira ses portes, le Samedi 23 Avril, en présence de M. Malraux.



La visite de la chapelle décorée par M. Jean Cocteau, citoyen d’honneur de Milly-la-Forêt, sera possible les samedi et dimanche de chaque semaine, à partir du dimanche 24 Avril.

Cette œuvre qui a été réalisée grâce à des capitaux privés et prêtés à l’association des Amis de la Chapelle (association régulièrement déclarée au J.O. du 25 Octobre 1959) est destinée à embellir le patrimoine communal . Les bénéfices ultérieurs de la visite seront répartis au bureau d’aide sociale et aux sociétés de la ville, tant artistiques et sportives que communales, puisque cette association est à but philanthropique.

Le prix d’entrée est fixé à 1 nouveau franc, avec réduction pour les enfants et collectivités. Une série de cartes postales sera émise en exclusivité et en vente à la chapelle et en ville. Ultérieurement, une brochure due à M. Jean Cocteau sera éditée, relatant l’histoire de la chapelle et abondamment illustrée.

Le samedi 23, l’Association recevra M. André Malraux, ministre des Affaires culturelles, en présence de M. Jean Cocteau, et des personnalités officielles du département, sur invitations, selon le vœu du décorateur.

Un film documentaire réalisé sur Milly et la chapelle sera présenté en privé, salle de la Renaissance, à 16 h 30. Les invités seront accueillis par la municipalité et le syndicat d’initiative au cours d’un vin d’honneur.

Presse, radiodiffusion et télévision seront présents.

Depuis déjà de nombreux mois, les touristes demandaient à visiter la chapelle. Il y a certitude que celle-ci va constituer un pôle d’attraction pour Milly, pendant tous les beaux jours de la saison, tout comme la chapelle de Villefranche-sur-Mer qui fut la première décorée par M. Cocteau.

Milly, déjà si connu, va poursuivre ainsi son programme grâce à des réalisateurs dévoués et compétents qui n’ont pas hésité à prendre cette initiative et à la mener à bonne fin.

Il est de toute justice de rendre hommage à l’aimable et talentueux Jean Cocteau et à l’instigateur initial, M. Poirrier, aidé par M. Houdy, de remercier tous les membres de l’Association des Amis de la Chapelle, sans qui rien n’aurait pu être fait, le bureau d’Aide Sociale qui consentit un bail à cette dernière, M. Pierre Darbonne, maire, et sa municipalité, et le Syndicat d’Initiative qui encourageront cette réalisation.

Signalons, pour terminer, que la chapelle fera l’objet d’une bénédiction solennelle, ultérieurement, en juin, probablement, au cours d’une messe en plein air qui sera dite aux intentions de Saint Blaise.

Le Républicain du 14 avril 1960


Après l’inauguration de la Chapelle Saint-Blaise à Milly la Forêt, JEAN COCTEAU :


« Je suis heureux que la joie que j’ai de vivre à Milly se répande autour de ma maison, dans la chapelle et y vienne fleurir ».

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« Je suis un terrible bavard, mais un très mauvais orateur » devait déclarer Jean Cocteau, répondant aux compliments que venait de lui adresser M. Darbonne, maire de Milly. Il sut pourtant dire en peu de mots, et avec quelque humour, tant à la Mairie que devant les caméras de la Télévision, quelles joies, quelles peines lui avait données la décoration de la Chapelle de Milly « Saint Blaise des Simples », ce n’était pas seulement l’histoire étrange de cette chapelle qui l’avait séduit, mais aussi le double sens du mot «simple » ; herbe qui guérit, homme simple. Il y avait donc là un sens à exprimer. Ce dont Jean Cocteau s’est admirablement tiré. Avec une remarquable modestie, il sut aussi féliciter les adjoints au maire pour l’aide qu’ils lui avaient fournie dans ses travaux de peinture – parfois acrobatiques. Devant les caméras de la Télévision il fut plus impressionné, mais se tira avec bonheur de cette difficile épreuve.
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Attendue depuis plusieurs mois, l’inauguration des décorations de la Chapelle St Blaise des Simples, œuvre de Jean Cocteau, a eu lieu samedi dernier 23 Avril sous la présidence du chef adjoint du cabinet de M. André Malraux entouré de nombreuses personnalités tant de Paris que du Département et de ceux voisins ainsi que de Milly.

Le programme de cette manifestation était le suivant : A 16 h 30 rendez-vous à la Salle de Cinéma « La Renaissance » pour assister à une projection d’un film en couleurs représentant des vues panoramiques des différents sites milliacois, et de la chapelle avec ses décorations. Ce film fut exécuté par Philippe Joulis et Kihm. Ensuite, visite de la Chapelle où le Maître donna les explications de son œuvre et où on put admirer les plantes dites « simples » qui guérisse aconit, colchique, gentianes, menthe, belladone, etc… ainsi que la très belle scène de la Résurrection au-dessus de l’autel, et le chat médiéval entre les pattes duquel se trouver la signature et la date 1959.

A 18 h 30, eut lieu une réception par M. le Maire et la Municipalité dans les salles de la Mairie. Une allocution fut prononcée par M. Pierre Darbonne, maire, qui remercia l’illustre académicien et citoyen d’Honneur de Milly d’avoir bien voulu apporter son talent à la décoration de cette vieille chapelle St Blaise, ancienne dépendance d’une léproserie du moyen âge, associant dans ses remerciements Messieurs Houdy et Poirrier qui furent les promoteurs de cette restauration ; ainsi que tous ceux qui contribuèrent au succès de cette manifestation.

Jean Cocteau remercia Monsieur le Maire des aimables paroles prononcées à son égard. « Je suis, dit-il, un incorrigible bavard mais un très mauvais orateur ». On l’écoute cependant avec beaucoup de plaisir. Parmi les très nombreuses personnalités présentes, citons en quelques unes reconnues au hasard : M. Erignac, Sous-Préfet de Corbeil, remplaçant M. le Préfet Demange retenu ; MM. Boscher et Pobet, députés ; M. l’Abbé Hup, curé doyen de Milly accompagné d’un représentant de l’Evêché de Versailles ; M. Delaunay, juge d’instruction de Corbeil, M. Causse, inspecteur primaire ; M. le Capitaine Devred d’Etampes ; M. Denis, Conseiller Général ; M. De Ganay, Conseiller général ; M. le Commandant Piqueret, des Sapeurs Pompiers d’Etampes ; l’acteur Maurice Teynac, M. le Maire de Fontainebleau et de nombreux maires des environs, M. Dubois de la B.I.C.S. de Corbeil, les représentants de la grande presse et de la presse locale, la télévision, etc…




La journée du dimanche vit un nombre considérable de visiteurs pour admirer les peintures du Maître et vitraux œuvre d’un verrier rhénan sur dessin de Jean Cocteau.
Le soir à la télévision, nous eûmes le plaisir de revoir la chapelle et d’entendre les explications données par le Maître.

Le Républicain du 28 avril 1960

 

Consécration de la Chapelle St Blaise des Simples


C’est à une grande cérémonie que sont conviés tous les fidèles et les nombreux admirateurs du maître Jean Cocteau, le Dimanche 19 Juin à 11 heures à la Chapelle.

Une grande messe en plein air qui suivra la consécration se tiendra à l’issue d’une grande procession, venait de l’église Notre-Dame.

Cette procession qui empruntera les boulevards sud de Milly partira à 10 h 45. Elle comportera le très apprécié « bataillon des enfants de chœurs » si renommé, tous les communiants et renouvelants de la semaine précédente, la chorale des petits chanteurs de Janson de Sailly, enfin les reliques de St Blaise, qui seront portés solennellement à leur lieu définitif.

La solennité sera placée sous la présidence effective de Mgr Gillet, auxiliaire de Mgr le cardinal Feltin, qui prononcera le panégyrique du grand Saint.

M. Jean Cocteau sera présent avec les autorités municipales et l’entrée de la chapelle sera gratuite toute la matinée.

Enfin, la cérémonie sera sonorisée et la Télévision sera également présente.

Devant la foule nombreuse qui sera présente et en raison d’une certaine exiguïté du terre plein devant la chapelle, les fidèles stationneront, durant la messe, tout autour de l’enceinte du square.

La date du 19 Juin marquera dans les annales de Milly et plus particulièrement dans celles de la chapelle, qui va ainsi retrouver ses lettres de noblesse disparues depuis le XIIème siècle.

Le Républicain du 16 juin 1960


 

A noter  :


Dans le cadre des commémorations autour de Jean Cocteau, décédé le 11 octobre 1963, la Ville de Milly-la-Forêt, en partenariat avec l’association des Amis de la Chapelle Saint-Blaise-des-Simples, propose jusqu’au 31 octobre à l’Espace culturel Paul Bédu une exposition sur les chapelles peintes par Jean Cocteau à Fréjus, Villefranche-sur-Mer et Londres.
En écho aux décorations de la Chapelle Saint-Blaise réalisées en 1959, vous pourrez découvrir ces fresques - dont on connait l’existence sans les avoir réellement vues ! - au travers de photographies de très grand format afin de procurer une vision presque grandeur nature.
Les chapelles Notre-Dame-de-Jérusalem de Fréjus, Saint-Pierre de Villefranche et Notre-Dame de France de Londres seront ainsi pour quelques semaines comme transportées à Milly-la-Forêt… Une chance unique de voyager et de découvrir ces trésors sans se déplacer !

 
Espace culturel Paul Bédu
Du 2 au 31 octobre
Du mercredi au dimanche de 14h à 18h
Entrée libre

mardi 14 septembre 2010

Milly-la-Forêt sur la TNT

Du 27 septembre au 2 octobre 2010, Milly-la-Forêt sera à l’honneur sur la chaîne IDF1 -visible sur la TNT- dans l’émission "IDF1 Chez Vous" présentée par Linda Lacoste, Gaël Pollès et Michèle Cotta, du lundi au vendredi, à 8h30 et à 15h30.

Chaque semaine "IDF1 Chez Vous" met en lumière une nouvelle ville d’Île-de-France avec :

Une interview du Maire par Michèle Cotta

Gaël, le globe-trotter qui nous ouvre les portes de la ville : présentation du patrimoine, de l’histoire, des monuments et des quartiers incontournables, mais aussi interviews des animateurs culturels et des commerçants.

Linda qui part à la rencontre des talents de la ville qui nous font découvrir leur travail et leurs activités.

Le tournage a eu lieu à Milly-la-Forêt les 8 et 10 septembre derniers.

Programme de diffusion :

LUNDI 27 SEPTEMBRE

François Orcel, Maire, à travers la ville avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

L’entreprise Darégal avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

MARDI 28 SEPTEMBRE

Le Cyclop présenté par Annick Leroy avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Janusz Reszka présente son travail avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

MERCREDI 29 SEPTEMBRE

L’Espace culturel Paul Bédu présenté par Virginie McAvoy avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Le Club de volley-ball de Milly-la-Forêt avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

JEUDI 30 SEPTEMBRE

L’abri orné du massif du Coquibus présenté par Bernard Arnal avec Gaël Pollès
À 8h20

Le menhir "La pierre droite" présenté par Bernard Arnal avec Gaël Pollès
À 9h17

La Chapelle Saint-Blaise des Simples présentée par Audrey Héry avec Gaël Pollès
À 10h29

La Halle présentée par Audrey Héry avec Gaël Pollès
À 11h

La boutique Millymenthe présentée par Mauricette Clech avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

VENDREDI 1er OCTOBRE

Le Conservatoire des plantes présenté par Bernard Pasquier et Audrey Krebs avec Gaël Pollès
À 6h58, 8h20, 9h17, 10h29 et 11h

Le pavé de la Halle présenté par m. et Mme Jeandre avec Linda Lacoste
À 14h32, 15h36 et 16h17

SAMEDI 2 OCTOBRE

Interview du Maire François Orcel par Michèle Cotta
À 13h

dimanche 5 septembre 2010

1944 : Souvenirs d'enfance

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Printemps 1944 :
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En fin de matinée, je me trouvais dans la maison avec mes frères et mes parents quand 1 véhicule de commandement de la Wehrmacht, suivi de 5 camions remplis de matériels et de soldats s'arrête devant le perron. Ce convoi occupait tout le chemin allant de la maison au portail (que nous ne fermions pas à clef). Le commandant a monté l'escalier, a sonné à la porte, mon père a ouvert, cet officier l'a salué puis s'est présenté. La raison de cette intrusion est expliquée à mon père:

REQUISITION pour installation d'une pièce d’artillerie ....? (c’est, peut-être, cette pièce qui a été installée à la Guichère ?).

Mon père a alors demandé à cet officier de lui montrer l'ordre de réquisition. L'officier n'en n'avait pas mais s'est empressé d'ajouter qu'il allait immédiatement faire tamponner un tel ordre par la mairie de Milly. Deux heures plus tard, ce même officier est revenu très contrarié car la mairie de Milly n'était pas compétente pour régulariser un tel ordre, la villa Les Charmes dépendant de la commune de Noisy-sur-Ecole (mon père s'était bien gardé de le lui dire) et, curieusement, cet officier toujours très poli, a décidé de repartir avec son convoi.....! Je crois que nous avons eu une sacrée chance.

Villa des Charmes, route de Fontainebleau



Dimanche 20 août 1944.

Ce dimanche 20 août 1944, mes parents avaient convenu avec l’un de leurs amis, habitant Fontainebleau, de lui rendre visite. La famille (mon père : 34ans, ma mère : 29ans, mon frère ainé : 10an et moi : 8ans1/2) s'installe vers 10h dans la voiture de mon père, une Chrysler Impérial 1938 (beaucoup d'effet vue de l'avant......, mais l'arrière occupé par un gazogène ......avait moins d'allure !) et nous voilà partis pour Fontainebleau. A l'entrée de Fontainebleau, là où se trouvait la tour en bois de l'ancien octroi, panne totale...! (on avait l'habitude....). Mes parents décident, alors, que mon père allait s'occuper de la voiture et que ma mère, avec les enfants, allaient continuer à pieds pour rejoindre cet ami qui était aussi mon parrain. Nous rejoignons donc mon parrain avec qui nous déjeunons sans aucune nouvelle de mon père. Dès le début de l'après-midi, des rumeurs ont prétendu que les allemands semblaient être plein désarroi. Il semblait se passer quelque chose de très grave....!

Quoique toujours sans nouvelles de mon père, ma mère décida de repartir, à la maison, à pieds. Et nous voici sur la route d'Arbonne, parfois entourés d'allemands en guenilles poussant des charrettes, l'air hagard. Ma mère n'était pas du tout rassurée, mais pas question de faire demi-tour. L'ambiance sur la route était telle que ma mère préféra continuer hors de la route, sous bois. Finalement nous sommes arrivés à Arbonne et là, stupeur, deux énormes trous, l'un derrière l'autre, sur toute la largeur de la route, qui n'existaient pas le matin. Nous étions encore à 3kms de la maison. Nous avons continué ensuite, parfois sur route, parfois dans les bois (où nous avons vu un réservoir de réserve de carburant, en carton compressé, largué par un avion). A 300m de la maison, juste avant le croisement de la route d'Arbonne avec la route des Grandes Vallées conduisant à Noisy-sur-Ecole, au milieu de la route, nous avons vu un char abandonné avec des fils qui en sortaient et se dirigeaient dans les bois.....! Nous sommes passés et avons rejoint Les Charmes. Ouf...! (J'ignore ce qu'il est advenu de ce char ...? A-t-il explosé ?)

Mais de mon père, aucune nouvelle !

Finalement vers 10/11h du soir, mon père est arrivé sur un vélo préhistorique dont les jantes étaient enrobées de boudins en ersatz de caoutchouc noir.

Après la panne, mon père avait trouvé un garagiste pour remorquer sa voiture jusque dans une grange qu'il était arrivé à louer. Puis, après avoir recouvert la voiture de paille en faisant attention au feu que le gazogène aurait pu provoquer, mon père est allé déjeuner au restaurant Arrigui (je viens de voir sur Google que ce restaurant existe toujours). Mon père connaissait bien le patron. Il lui a prêté un vélo en parfait état, mais après quelques kilomètres, mon père a été arrêté par un groupe d'allemands qui ont échangé le vélo d'Arrighi contre le vieux tacot que j'ai décrit plus haut. Divers objets lui avaient aussi été dérobés.

Mais quel soulagement de nous retrouver sains et saufs !

Quelle chance, aussi, qu'aucuns groupes d’allemands n'aient investi notre maison pendant cette période !



Mardi 22 août 1944

Le 22 août 1944, j'avais presque 9 ans, je me trouvais, avec mes parents, mes deux frères et deux domestiques, dans la propriété "Les Charmes" entre Milly et Arbonne sur la route de la Libération. A 300m du Coquibus. La maison était en retrait de la route d'environ 50 mètres. Toute la journée, les allemands, dans un convoi ininterrompu, complètement débraillés et hagards se dirigeaient vers Milly...? J'ai assisté dans l'après-midi à un combat aérien juste au-dessus de la propriété. Le soir venu, mon père a fait coucher tout le monde dans des pièces de la cave dont les ouvertures vers l'extérieur avaient été protégées par des sacs de sable. Difficile de dormir, de nombreux tirs et explosions se faisaient entendre et semblant provenir de la plaine de la ferme Saint-Georges (j'ai vu quelques jours plus tard, à la hauteur de cette ferme, de nombreuses carcasses de véhicules calcinés). Puis un certain calme. Au petit matin du 23, nous nous sommes risqués à l'extérieur de la maison et, en se rapprochant du portail, nous avons aperçu une colonne ininterrompue de soldats, de tanks et de camions se dirigeant vers Arbonne. La langue parlée n'était plus l'allemand mais l'anglais...!

Nous venions, à notre tour d'être libérés...!

Camion Allemand incendié après mitraillage par les Mosquitos en face la ferme St Georges près Milly Route de Fontainebleau le 22-8-44

Une joie indéfinissable s'est emparée de nous. Ma mère s'est précipitée pour fixer au-dessus des colonnes du portail, d'un côté le drapeau français, de l'autre le drapeau norvégien (ma mère était norvégienne). Quelques jours plus tard un capitaine de l'armée américaine, d'origine norvégienne, et installé dans un camp juste à côté de chez nous, nous a rendu visite. Il s'en est suivi de nombreuses fêtes organisées par mes parents avec des officiers de l'armée américaine. Par gentillesse, lors du départ de la région de cette unité, plusieurs jerricans d'essence avaient été cachés sous des branchages, en cadeau pour mon père. Pendant des semaines, des convois militaires se sont succédés sans aucune interruption. Il suffisait de sortir de la propriété, de faire quelques mètres sur le bord de la route, pour recevoir des dizaines de paquets de gâteaux, de chewing-gum et de cigarettes (par paquets de cinq et essentiellement des "Chesterfield" et des "Camel")


Un jour que je me promenais avec mon chien, un berger allemand, sur la route, à 50m de notre portail, en direction d'Arbonne, j'aperçois un GMC arrêté au bord de la route. Je m'approche, et je vois une dizaine de soldats noirs américains, assis par terre, en train de manger. Quand ils m'ont vu, aussitôt ils m'ont appelé et m'ont offert de tout, ils ont tous été d'une gentillesse extrême que je n'oublierai jamais.


Voilà, je voulais raconter cette petite tranche vécue liée à la libération de Milly où j'ai souvent vécu entre 1942 et 1950.

Victor Moritz

Je remercie vivement Monsieur Victor Moritz, de m'avoir fait part de ces témoignages, afin d'enrichir l'histoire de Milly. 

dimanche 29 août 2010

La rue Saint-Pierre à Milly-la-Forêt

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Va du boulevard de l’Ouest (aujourd'hui Bd Félix Eboué) au Cimetière du même nom. Entre le boulevard et la Bonde s’appelait anciennement rue de Galles, en souvenir du Prince de Galles dont les troupes pillèrent Milly à plusieurs reprises, au XIVe siècle. L’autre partie se nommait rue d’Orge ; puis, sous la Révolution, la rue Saint-Pierre s’appela Faubourg de la Montagne.


A droite de la rue Saint-Pierre se trouve le « Clos Saint-Pierre » qui dépendait du château de Milly. A la fin du XVIIIe siècle, cet enclos s’appelait « la Faisanderie » et le duc de Grammont y fit construire des petites maisons pour son veneur et pour ses piqueurs.

C’est l’anciennne propriété dite du « Chenil ». On élevait là les chiens pour les chasses royales au XVe siècle. Les comptes de la maison du Roi, à cette époque, en font mention.

A l’est du clos Saint-Pierre à l’angle de la route de Maisse et de la rue de l’Eglise, existait une mare à l’endroit aujourd’hui planté d’arbres. C’était un des endroits où on brûlait le chanvre.

Face à l’avenue du Roussay et à l’angle du chemin des Fermes est le lieu-dit : « La Porte au Roy » et la « Dollière » entre ladite route et la ruelle des Morts.

A la rue de Châtillon s’élevait anciennement une croix nommée « Croix-Hareng ».

La porte Saint-Pierre, ou du Pont de la Corne, qui commandait la route d’Etampes à Fontainebleau, s’élevait à côté de l’auberge de la Corne près de la Bonde.


Lavoir de  Bonde, devant le Château
Milly s’élevait anciennement dans la plaine Saint-Pierre. Il s’étendait depuis le Puits-Pâtre, vers le côté de Maisse et jusqu’à Châtillon. Il fut brûlé et pillé par les anglais en 1356, 1358, 1371, 1422, et détruit entièrement en 1432. C’est alors que les habitants reconstruisirent leurs habitations autour du quartier Juif où se trouve la ville actuelle.


De 1830 à 1840, on fit de gros travaux pour mettre toute la plaine Saint-Pierre en état de culture. Toutes les substructions furent arrachées. On en rencontre encore à faible profondeur en quelques endroits.

En face du cimetière se trouve une petite ruelle qui s’appelait autrefois « ruelles de Saint-Pierre ». On y voit encore l’emplacement de ce puits.


Qartier du Puits-Patre, carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue Pachau.
Le cimetière venait jusqu’aux maisons qui lui font face. En 1864, on ne pouvait plus enterrer dans la partie aujourd’hui plantée d’arbres. Le sol n’était qu’un amas d’ossements d’où s’élevaient des exhalaisons dangereuses. Il était alors impossible d’ouvrir une fosse tant les ossements étaient nombreux. C’est alors que l’agrandissement du cimetière fut décidé. En procédant aux travaux, les ouvriers mirent à jour de magnifiques sépultures mérovingiennes dont les sarcophages sont conservés dans le cimetière et les armes et bijoux à l’Hôtel-de-Ville. Depuis, de nombreux sarcophages, de différentes époques, ont été trouvés à une profondeur de 3,50 m environ. Au-dessus, à un mètre du sol on retrouve le pavage d’une place ou d’une rue.


On voit dans le cimetière la tombe du général de Bellavène, organisateur des Ecoles de Saint-Cyr et de Fontainebleau, décédé à Milly en 1826, au château du Roussay ; la sépulture du célèbre graveur Lalauze ; une chapelle élevée en 1845, pour recueillir les restes de 13 seigneurs de Milly dont les ossements avaient été jetés pêle-mêle dans les caveaux de l’église, à la Révolution. Les derniers marquis du Lau furent également inhumés sous la chapelle.

Au milieu du cimetière se trouvait l’église Saint-Pierre qui fut sans nul doute le premier temple chrétien édifié à Milly. A l’époque mérovingienne, l’église devait avoir une certaine importance en raison de l’étendue de Milly et de la proximité de la Cour au château royal de Maison-Forest (Saint-Georges). On enterrait à Milly les puissants Comtes du Gâtinais, ainsi que le prouve un fait de chevalerie qui se déroula à Milly en 877 devant la Cour et qui valut à Ingelger le Comté d’Anjou.


Carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue de Chatillon.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mardi 3 août 2010

Inauguration de l'Hôtel des Postes de Milly-la-Forêt


M. Darbonne, Maire de Milly-la-Forêt et le Conseil Municipal recevaient le samedi 24 Décembre 1960 à 15 heures, les différentes personnalités venues leur rendre visite pour l’inauguration du nouvel Hôtel des Postes.

RECEPTION A L’HOTEL DE VILLE


Avant de se rendre en cortège jusqu’au nouveau bâtiment, les personnalités se retrouvèrent dans le hall de l’Hôtel-de-Ville. Nous pouvions reconnaître avec plaisir, M. Joder, Inspecteur Général à la Direction des postes et télécommunications, accompagné de M. Pacheux, Directeur Départemental des services des Bâtiments des Postes, M. Congin, Inspecteur principal à la Direction régionale des services postaux, M. Gabriel, Sous-Préfet de Corbeil-Essonnes, représentant M. le Préfet, M. Bonnefous, Sénateur, ancien Ministre, qui fut l’instigateur du projet de ce nouveau bâtiment, lorsqu’il détenait le portefeuille des P.T.T., M. Boscher, député de la circonscription, M. De Ganay, Conseiller Général du canton de Milly…

A 15 heures, les personnalités se rendirent en cortège jusqu’aux nouveaux bâtiments.

A l'emplacement de la poste se trouvait le magasin "A la Ville de Milly"

Publicité de 1922

VISITE DES NOUVEAUX LOCAUX

Mme Pouthier, receveuse du bureau de Milly avait mis tout son personnel sur pied pour la réception. C’est elle-même qui accueillit les personnalités et leur fit visiter les différents locaux.

M. Joder et M. Bonnefous s’attardèrent longuement à contempler les dernières perfections de la technique… Table à plateau de caoutchouc permettant d’éviter l’humidité, sélectionneur mécanique, éclairage indirect et compensé, etc…


Le nouveau bureau de poste en 1961

LE VIN D’HONNEUR

Après la visite, les différentes personnalités retournèrent à l’Hôtel-de-Ville pour assister au vin d’honneur qu’offrait la Municipalité. Différentes allocutions furent prononcées par M. Darbonne, Maire, M. Joder, représentant du Ministre, M. Bonnefous, qui est à la base de cette réalisation, fut longuement remercié.


Récit de l'innauguration dans
le Républicain du 28/12/1960

Avant cette date le bureau de Poste se trouvait au 42 de la Grande Rue.
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L'ancienne Poste

Arrivée de la "Patache à Perrot" devant l'ancien bureau de Poste

dimanche 4 juillet 2010

Henri Mortera, fondateur des sociétés de secours mutuels, ancêtre de la sécurité sociale


La Fête du 80ème Anniversaire 
de la Société de Secours Mutuels de Milly


Dimanche dernier, pour honorer la mémoire de son fondateur, M. Mortera, la Société de Secours Mutuels de Milly avait organisé une fort belle fête à l’occasion de l’inauguration d’une plaque apposée au 33 rue Mortera, sur la maison, habitée aujourd’hui par M. Duchesne, où est mort le fondateur de cette société.

A 15 heures, M. Vajou, maire, la municipalité, les fonctionnaires, M. H. Seguin, président et les membres de la Société de Secours Mutuels se formaient en cortège, place de la Mairie.

La compagnie de Sapeurs-Pompiers, sous le commandement du lieutenant Limery, prenait la tête du défilé. M.Durier, garde-champêtre, membre de la société ouvrait la marche.

Le froid était tel que la foule qui accompagne d’habitude les cortèges milliacois était plus que réduite.

A l’arrivée à la maison Mortera, sur laquelle est scellée une plaque commémorant sa mémoire et au-dessous de laquelle avait été placé en médaillon sa photographie, M. Vajou, maire, dit que le Conseil Municipal de Milly en faisant sceller aux frais de la commune, sur cette maison, une plaque commémorative a voulu honorer la mémoire et perpétuer le souvenir du fondateur de la Société de Secours Mutuels de Milly.

« En posant cette plaque, disait-il, le Conseil municipal est certain d’avoir agi selon la volonté des habitants, chacun désirant participer à la reconnaissance due à un homme de bien ».

Après l’hommage du maire, M. Henri Seguin, président de la Société, prononça le discours suivant :

« Mesdames, Messieurs,

Il y a 80 ans, le 5 Février 1850, M. Henri Mortera constituait la Société de Secours Mutuels de Milly en groupant autour de lui des hommes de cœur aux idées généreuses. Depuis cette date, au cours de ses quatre-vingts années d’existence, la Société de Secours Mutuels a rendu des services éminents et indéniables à plusieurs générations, ne cessant de se développer grâce à l’élan magnifique donné par son fondateur.

La mémoire de M. Mortera est toujours vivante dans notre Société et on peut dire que jamais les Milliacois ont oublié son nom.

M. Mortera vient jeune à Milly. Imbu des idées les plus nobles et les plus libérales, il est le propagateur des idées républicaines à Milly et il les répand parmi ses concitoyens. Il considérait la République comme un idéal et prétendait qu’il ne suffisait pas de se dire républicain parce que pour être digne de ce nom il fallait en avoir les qualités et en pratiquer les vertus.

Ce n’est qu’après vingt ans de propagande et de lutte que M. Mortera arrive à réunir ses amis et adeptes en une société de secours mutuels, appliquant dans le domaine pratique la plus généreuse des idées humaines : la Fraternité.

Mais les passions politiques font méconnaître le but humanitaire de la société de secours mutuels et le président Mortera est dénoncé comme ayant formé une société contre l’Empire… Il est inquiété et il voit sa liberté menacée. Il en a toujours été ainsi pour les pionniers du progrès.

Malgré des attaques (dont aujourd’hui nous ne pouvons comprendre la cause), les mutualistes milliacois persévèrent et poursuivent leur but. M. Mortera est un lutteur ; il reste sur la brèche. Les rangs grossissent de plus en plus. Bientôt, ils deviennent une force et leurs concitoyens reconnaissent enfin les bienfaits de leur groupement.

Pendant trente années, M. Mortera est président de la Société. Il l’administre avec justice et fermeté, en homme de cœur et de dévouement, et, à la fin de sa vie, il a la grande joie de voir son œuvre couronné de succès.

M. Mortera est mort le 28 Décembre 1881 dans cette maison, la plaque que nous inaugurons aujourd’hui perpétuera son souvenir dans l’avenir.»


Source : L’Abeille d’Etampes du 15 février 1930.

La rue Mortera fut renommée "Rue Jean Cocteau" en 1963.

jeudi 10 juin 2010

La cavalcade allégorique du 24 mars 1912


Une grande cavalcade allégorique en faveur de l’aviation est organisée pour demain dimanche 24 Mars 1912. Départ à 2 h précises de la rue du Faubourg Saint-Jacques.

Cortège – Grenadiers, Fanfare de Trompettes, Seigneurs Louis XIII , Char des Enfants, Groupe d’Incroyables, Char de l’Aviation, Mexicains, Char de la Musique, Les 4 Mousquetaires, Char de la Reine, Hussards de la République, Char de l’Entente Cordiale, Gardes Française, Char du Bazar mystérieux, Picadors, Toréadors, Char du Commerce, Char de la gaieté, Char du bon vieux temps.

Itinéraire – Formation route d’Oncy – Faubourg Saint-Jacques, Boulevard du Sud, Place de Lyon, Rue Saint-Blaise, Place du Marché, Place du Colombier, Rue et Faubourg de Paris, Rue des Fontaines, Rue de Melun, Place de la Mairie, Rue Langlois, Rue Saint-Jacques, Boulevard du Sud, à droite, rue Farnault, Place de la Mairie, Grande Rue, Rue Saint-Jacques, Rue Saint-Blaise, Rue Charles Cochin, Place du Colombier, Boulevard du Nord, Route de Boutigny, Rue des Chataigniers, le Puits Pâtre, Rue Saint-Pierre, Grande-Rue, Place du Marché. Place du Marché : Apothéose. Dislocation.

Souhaitons un beau temps aux organisateurs et une recette fructueuse.

Source : L’Abeille d’Etampes du 23 mars 1912






Quand nous arrivons dimanche à Milly, nos avons plaisir à lui retrouver son air des grands jours de fête ; non pas que les décorations dont la petite ville s’est fait comme une spécialité aient été sorties – le temps exécrable des jours précédents, de la veille surtout ne l’aurait pas permis – mais une vive animation règne partout.

Pour voir les Aéros !

Partout aussi on discute, et nous ne tardons pas à nous rendre compte que le sujet de la discussion est la déconvenue éprouvée par les quelque 500 personnes qui, se fiant à la lettre du programme, se sont rendues à 10 heures sur la route de Fontainebleau pour y attendre « les atterrissages d’aéroplanes ». Pensez donc, le Conseil Municipal a été convoqué pour 8 heures du matin ; des préparatifs de réception ont été faits ; les jolies milliacoises se sont mises dès le jour dans leurs plus jolies toilettes. Et c’est en vain qu’on téléphone à Etampes pour savoir « s’ils » sont partis…

Pour « voir cela », quantité des gens des communes voisines, et même de Seine-et-Marne, se sont rendus à Milly par tous les moyens de locomotion possibles. Beaucoup d’enfants sont arrivés à pied ; nous en voyons plusieurs, venus de très loin, en train de dévorer consciencieusement d’énormes « miches », en attendant l’arrivée des grands oiseaux.

Hélas, ceux-ci ne peuvent sortir de leur nid à Etampes ; en Beauce, il fait un vent d’ouest « de tous les diables » qui rendrait plus qu’imprudente une promenade au-dessus de la vallée de l’Ecole et dans les dangereux remous provoqués par le voisinage de la forêt de Fontainebleau.

Il ne fallait pas qu’ils promettent de venir, nous est-il répondu aux bonnes raisons que nous donnons de l’abstention des aviateurs.

Il est vrai que Milly n’est pas un port de mer et qu’on n’y a jamais éprouvé les affres des habitants des villes côtières quand les bateaux ne rentrent pas à l’heure fixée…

Pour nous qui sommes journellement témoins de l’audace de nos courageux pilotes aériens, nous ne pouvons nous empêcher de dire en manière de conclusion : « Les aviateurs ne craignent pas la mort ; ils l’ont prouvé trop souvent, hélas ! mais encore faut-il que ce soit par patriotisme ou pour les progrès de l’aviation. ».

La cavalcade

Voici l’heure fixée pour la cavalcade ; du café Berthelot, le seul établissement qui ait pavoisé quand même, nous observons les allées et venues des divers personnages, cavaliers ou piétons, qui doivent prendre place dans les chars. Chez la modiste d’en face « Au Camélia », nous apercevons de joyeuses frimousses d’enfants ou de fillettes, auxquels des mains expertes donnent le dernier chic, et, comme tout le monde, nous nous portons faubourg Saint-Jacques où la concentration s’opère sous la direction du Comité composé de MM.Aubry, percepteur, président ; Seguin, vice-président ; Nouviaire, commissaire de la fête ; Albert Perrot, Loury, Félibien et Legrain, membres.

Le public ne cesse d’affluer ; voici la Fanfare les Trompettes de Malesherbes, dirigée par M.Nizet ; l’Union Musicale de Milly, dirigée par M.Bertrand ; le brigadier de gendarmerie, Baudoin, le gendarme Ribet, les agents, les gardes champêtres, assurent le service d’ordre, auquel contribue efficacement la compagnie des sapeurs-pompiers commandée par le lieutenant Chagot, toujours fidèle au poste.


Vive Fallières !

Tout à coup une clameur « Vive Fallières ! » s’élève de la foule. Tiré par deux vigoureux chevaux le « landau présidentiel » dénnomé « Char de l’Entente Cordiale », vient en effet de faire son apparition escorté à gauche par un général anglais (M. Albert Perrot) ; à droite par un général roumain (Albert Berthelot). Mais à mesure que la voiture s’approche, les éclats de rire succèdent aux exclamations : « Cest Félibien, c’est Félibien ! », s’écrie chacun. C’est en effet l’ami Félibien, en compagnie du lieutenant Chagot et de MM.Loury et Legrain ; tandis que sur son bidet infatigable, M.Aubry parcourt une dernière fois la colonne, la voiture du Comité prend place dans le cortège qui se met en marche aux sons d’un pas redoublé allégrement enlevé par les Trompettes de Malesherbes.

L’automobile décorée de fleurs dans laquelle ont pris place MM.Longuet fils et Lucien Timbert ouvre la marche ; puis, en guise de sapeurs, un groupe de Trompettes de Malesherbes ; voici une escouade de grenadiers russes paraissant arriver en droite ligne des bords du Volga.

 



Le Char de l’Aviation

Le Char de l’Aviation qui vient ensuite est dû à MM.Louveau fils, Marcel Perrot et frère ; traîné par quatre beaux chevaux noirs prêtés par M.Crenier, fermier à Saint-Georges, il est monté sur un grand chariot aimablement mis à la disposition des organisateurs par M.Poirrier, MM. Lhuile, Das, Aubert et Varloteau en ont assuré gratuitement l’exécution ; il représente, à l’avant, un élégant monoplan Blériot dans lequel se tient, imperturbable, malgré la difficulté qu’il éprouve à maintenir ses moustaches, le pilote Villain. Dans le fond, la France, personnifiée par Mme Frère, modiste, tient le drapeau tricolore et couronne de lauriers les aviateurs. Mlles Hanel, J.Grenier, J.Chagot, C.Delapierre et Lucie Viron, toutes plus gracieuses les unes que les autres, quêtent ou vendent au profit de l’aviation.

Le bateau de fleurs « Ville de Milly » œuvre de M.Séguin, est le Char des Enfants ; par dessus le bord, on voit frétiller en effet, zouaves, chasseurs et cuirassiers minuscules, et tout un essaim de jolies fillettes en pimpants costumes de pierrots, pierrettes, etc. ; Mlle Marcelle Morin a la direction de ce remuant équipage.

Entre les chars, des seigneurs du règne de Louis XIII, un groupe d’Incroyables, des Mexicains, font admirer leur superbe prestance. Plus beaux encore sont les hussards qui précèdent le Char de la Musique. Celui-ci, monté et décoré dans les ateliers de Mme veuve Poiget, représente une gigantesque automobile. Le roulement en est bon à vide, mais quand l’aimable M.Bertrand, directeur, et son groupe de musiciens ont pris place sur les banquettes, il faut adjoindre au moteur 2HP qui a été prévu un troisième cheval. Quelque peu secoués, nos musiciens n’en jouent pas moins d’une façon impeccable.

Une escorte de quatre superbes mousquetaires, sous les traits desquels on reconnaît MM.Henri et André Darbonne, Godin et Saulnier ouvrent la marche au Char de la Reine, auquel M.Seguin a apporté tous ses soins. Plus belle que jamais, Mlle Angèle Godard y trône, avec une sémillante compagnie de demoiselles d’honneur, Mlles Y.Delapierre, G.Crenier, L.Denis, G.Montalent, G.Bouret, L.Saulnier et L.Petit.

Quant au « Président Fallières », il est escorté par des Hussards de la République et par un piquet de Gardes Françaises.

Quel mystère peut contenir le char du Bazar Mystérieux. De toutes gracieuses jeunes filles y vendent au prix de 0.Fr 25 des pochettes-surprises contenant entre autres curiosités la brochure « Notre avenir est dans l’air ». Certes on eût vu avec plaisir un Védrines venir les lancer au-dessus de Milly en aéroplane, mais comment se plaindre quand des vendeuses aussi gentilles que Mlles Y.Chagot, L.Barbier, C.Godard, M.Véron et M.Godard les offrent, avec en plus, un gracieux sourire.



Le Char de la Gaieté

Dans le Char de la Gaieté, l’organisateur, M.Villette, vendait lui-même des chansons de circonstance dont il est l’auteur. Voici quelques unes de strophes que chantait Mesnil, accompagné sur le violon par Marcel Dupré et l’auteur, et sur la mandoline par Prouteau.

Milly Port’Aviation
Air du REGIMENT MODERNE

I

Si j’étais votre conseiller
J’demanderais à notre député
De faire Milly sans tarder
Installer un aérodrome
Avec des appareils chouettes ;
Choisissez et, dites au plus tôt ;
Mon idée, moi c’est les Blériots
Actionnés par des moteurs Gnôme.

II

Il en faudrait au moins quinze cents
A seul’fin que les habitants
Puisse prend’ le leur de temps en temps
Pour aller faire un’ petite ronde.
Ils seraient heureux comme des rois.
Pas malin d’mener ça, ma foi,
Car moi, j’prétends au bout d’un mois
Pouvoir enlever une Joconde.

III

Et ça rendrait certainement
Un grand service à bien des gens
Pour ceux qu’on des chiens notamment
-J’les tire de loin sans que ça paraisse –
Ils s’en iront en aéro
Faire prendre l’air à leurs cabots
Et ça s’ra en vogue bientôt
Car ils n’auront pas besoin d’laisse.

Une autre fantaisie du chansonnier indique, sur l’air de la Valse Brune, le moyen de résoudre la vie chère :

Il faut qu’à partir d’un délai fixé,
Et sans exception, tous les commerçants,
Ferment leurs caisses et me donnent leurs clefs…
N’ayez pas peur, c’est pas pour fouiller dedans.
Vous n’aurez plus d’mauvaises pièces, et pour cause
Puisque aucun client ici n’en recevrez
Et puis autre part, ça s’ra la même chose,
N’importe où vous irez.

Refrain

Allez chez Villette
Il vous donnera une cannette
Chez Tranchant une mominette
Un byrh chez Blaiseau,
Pour l’absinthe nature,
Goudou la don’ra, c’est sûr.
Enfin on prendra biture
Chez tous les bistrots !

On donnera partout, on ne vendra pas, c’est cela qui est économique.

Ce fut un des gros succès de la cavalcade. Il en a été vendu près de 600 exemplaires. Mais reprenons notre description :

Picadors (G.Félibien et G.Mignot) et toréadors (Henri Vincent et H.Artaz) avaient la garde du Char du Commerce dû à M.Chanet, boucher. On y admirait un bœuf superbe, pesant 1 800 livres, provenant de la ferme du Coudreau, qu’exploite Henri Coisnon, cultivateur.

Enfin, après le Char des Vendanges dans lequel M.Blaiseau « du Père Tranquille » faisait une vivante apologie du jus de la treille, venait le Char du Bon Vieux Temps organisé par M.Arthur Duché. Monté sur son âne, Firmin Legendre, coiffé du traditionnel bonnet de coton, ouvrait la marche, tandis que dans le char de bons vieux normands se « la coulaient douce » en faisant sauter des crêpes et cuire des œufs durs vendus au profit de l’aviation. Gentiment attiffée en « naturelle » du pays de Bray, Mlle Emilienne Malherbe filait au rouet de nos vieilles grand mères.

 
L’Apothéose

Pendant plus de deux heures, le cortège parcourut les rues de Milly, au milieu d’une affluence incessamment renouvelée, pour venir se rassembler sur la place du Marché, où se massait une foule compacte comme on n’en avait pas vu de longtemps assemblée en ce lieu. Avec la collaboration des clairons des pompiers, la Société musicale faisait vibrer les cœurs aux accents de Sambre-et-Meuse.

Ah, si à ce moment, on avait entendu au-dessus de Milly, le ronflement d’un moteur d’aéroplane, la foule eût été moins ménagère de l’obole que sollicitaient pour l’aviation d’intrigants quêteurs. Malheureusement, à ce moment même à Villesauvage, alors que les monoplans du capitaine Félix et du lieutenant de La Morlaye étaient au point pour partir, il vient à tomber une averse malencontreuse qui obligea les grands oiseaux blancs à rentrer précipitamment. Quelques gouttes tombèrent à Milly même, mais, peu importait ; la cavalcade était un succès, sans le moindre accident, ni incident, et tandis que la musique jouait la Marseillaise chacun s’empressait de féliciter les organisateurs en la personne de leur infatigable président M.Aubry et du si dévoué commissaire de la fête, M.Nouviaire.

Puis chacun des groupes venait successivement se placer devant l’objectif du photographe afin de perpétuer par l’image le souvenir de cette belle journée dont le succès a amplement récompensé les organisateurs de leurs efforts : car il faut bien considérer que trois semaines seulement ont suffi pour l’organisation de cette cavalcade qui a produit 300 francs rien qu’en vente de pochettes et d’insignes d’aviation et qui a été en même temps une bonne fortune pour le commerce local.





Après la cavalcade, la fête s’est continuée par de nombreuses randonnées sur les chevaux de bois de M.Legrand, de Nemours, installés devant la Halle, et à 8 heures du soir par une brillante retraite aux flambeaux jouée par les Trompettes de Malesherbes qui sont allés, jusqu’au hameau de Saint-Pierre.

La commune d’Oncy avait tenu à s’associer à la fête en votant comme subvention au Comité d’organisation une somme de 25 Fr.

M.Aubry, président et ses collaborateurs de la commission d’organisation, remercient sincèrement toutes les personnes qui à un titre quelconque ont bien voulu leur prêter leur concours pour l’organisation et la réussite de la cavalcade du 24 Mars.

Les membres du Comité d’organisation du char de l’Aviation, nous prient de remercier les personnes qui les ont aidés et particulièrement MM.Lhuile, ancien tapissier ; Poirrier, Crenier, Das, Aubert et Varlotteau ; ils remercient encore les dames et les jeunes filles qui, pendant quinze jours, de 8 à 11 heures du soir, et souvent plus tard, ont fait des fleurs pour tous les chars sous la direction de Mme Frère. La collaboration de toutes ces bonnes volontés a eu un heureux résultat, car, toutes dépenses payées, le char de l’Aviation a produit une somme nette de 46 fr 80 qui sera versée à l’aviation militaire.

 
Source : L’Abeille d’Etampes du 30 mars 1912