Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

dimanche 5 septembre 2010

1944 : Souvenirs d'enfance

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Printemps 1944 :
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En fin de matinée, je me trouvais dans la maison avec mes frères et mes parents quand 1 véhicule de commandement de la Wehrmacht, suivi de 5 camions remplis de matériels et de soldats s'arrête devant le perron. Ce convoi occupait tout le chemin allant de la maison au portail (que nous ne fermions pas à clef). Le commandant a monté l'escalier, a sonné à la porte, mon père a ouvert, cet officier l'a salué puis s'est présenté. La raison de cette intrusion est expliquée à mon père:

REQUISITION pour installation d'une pièce d’artillerie ....? (c’est, peut-être, cette pièce qui a été installée à la Guichère ?).

Mon père a alors demandé à cet officier de lui montrer l'ordre de réquisition. L'officier n'en n'avait pas mais s'est empressé d'ajouter qu'il allait immédiatement faire tamponner un tel ordre par la mairie de Milly. Deux heures plus tard, ce même officier est revenu très contrarié car la mairie de Milly n'était pas compétente pour régulariser un tel ordre, la villa Les Charmes dépendant de la commune de Noisy-sur-Ecole (mon père s'était bien gardé de le lui dire) et, curieusement, cet officier toujours très poli, a décidé de repartir avec son convoi.....! Je crois que nous avons eu une sacrée chance.

Villa des Charmes, route de Fontainebleau



Dimanche 20 août 1944.

Ce dimanche 20 août 1944, mes parents avaient convenu avec l’un de leurs amis, habitant Fontainebleau, de lui rendre visite. La famille (mon père : 34ans, ma mère : 29ans, mon frère ainé : 10an et moi : 8ans1/2) s'installe vers 10h dans la voiture de mon père, une Chrysler Impérial 1938 (beaucoup d'effet vue de l'avant......, mais l'arrière occupé par un gazogène ......avait moins d'allure !) et nous voilà partis pour Fontainebleau. A l'entrée de Fontainebleau, là où se trouvait la tour en bois de l'ancien octroi, panne totale...! (on avait l'habitude....). Mes parents décident, alors, que mon père allait s'occuper de la voiture et que ma mère, avec les enfants, allaient continuer à pieds pour rejoindre cet ami qui était aussi mon parrain. Nous rejoignons donc mon parrain avec qui nous déjeunons sans aucune nouvelle de mon père. Dès le début de l'après-midi, des rumeurs ont prétendu que les allemands semblaient être plein désarroi. Il semblait se passer quelque chose de très grave....!

Quoique toujours sans nouvelles de mon père, ma mère décida de repartir, à la maison, à pieds. Et nous voici sur la route d'Arbonne, parfois entourés d'allemands en guenilles poussant des charrettes, l'air hagard. Ma mère n'était pas du tout rassurée, mais pas question de faire demi-tour. L'ambiance sur la route était telle que ma mère préféra continuer hors de la route, sous bois. Finalement nous sommes arrivés à Arbonne et là, stupeur, deux énormes trous, l'un derrière l'autre, sur toute la largeur de la route, qui n'existaient pas le matin. Nous étions encore à 3kms de la maison. Nous avons continué ensuite, parfois sur route, parfois dans les bois (où nous avons vu un réservoir de réserve de carburant, en carton compressé, largué par un avion). A 300m de la maison, juste avant le croisement de la route d'Arbonne avec la route des Grandes Vallées conduisant à Noisy-sur-Ecole, au milieu de la route, nous avons vu un char abandonné avec des fils qui en sortaient et se dirigeaient dans les bois.....! Nous sommes passés et avons rejoint Les Charmes. Ouf...! (J'ignore ce qu'il est advenu de ce char ...? A-t-il explosé ?)

Mais de mon père, aucune nouvelle !

Finalement vers 10/11h du soir, mon père est arrivé sur un vélo préhistorique dont les jantes étaient enrobées de boudins en ersatz de caoutchouc noir.

Après la panne, mon père avait trouvé un garagiste pour remorquer sa voiture jusque dans une grange qu'il était arrivé à louer. Puis, après avoir recouvert la voiture de paille en faisant attention au feu que le gazogène aurait pu provoquer, mon père est allé déjeuner au restaurant Arrigui (je viens de voir sur Google que ce restaurant existe toujours). Mon père connaissait bien le patron. Il lui a prêté un vélo en parfait état, mais après quelques kilomètres, mon père a été arrêté par un groupe d'allemands qui ont échangé le vélo d'Arrighi contre le vieux tacot que j'ai décrit plus haut. Divers objets lui avaient aussi été dérobés.

Mais quel soulagement de nous retrouver sains et saufs !

Quelle chance, aussi, qu'aucuns groupes d’allemands n'aient investi notre maison pendant cette période !



Mardi 22 août 1944

Le 22 août 1944, j'avais presque 9 ans, je me trouvais, avec mes parents, mes deux frères et deux domestiques, dans la propriété "Les Charmes" entre Milly et Arbonne sur la route de la Libération. A 300m du Coquibus. La maison était en retrait de la route d'environ 50 mètres. Toute la journée, les allemands, dans un convoi ininterrompu, complètement débraillés et hagards se dirigeaient vers Milly...? J'ai assisté dans l'après-midi à un combat aérien juste au-dessus de la propriété. Le soir venu, mon père a fait coucher tout le monde dans des pièces de la cave dont les ouvertures vers l'extérieur avaient été protégées par des sacs de sable. Difficile de dormir, de nombreux tirs et explosions se faisaient entendre et semblant provenir de la plaine de la ferme Saint-Georges (j'ai vu quelques jours plus tard, à la hauteur de cette ferme, de nombreuses carcasses de véhicules calcinés). Puis un certain calme. Au petit matin du 23, nous nous sommes risqués à l'extérieur de la maison et, en se rapprochant du portail, nous avons aperçu une colonne ininterrompue de soldats, de tanks et de camions se dirigeant vers Arbonne. La langue parlée n'était plus l'allemand mais l'anglais...!

Nous venions, à notre tour d'être libérés...!

Camion Allemand incendié après mitraillage par les Mosquitos en face la ferme St Georges près Milly Route de Fontainebleau le 22-8-44

Une joie indéfinissable s'est emparée de nous. Ma mère s'est précipitée pour fixer au-dessus des colonnes du portail, d'un côté le drapeau français, de l'autre le drapeau norvégien (ma mère était norvégienne). Quelques jours plus tard un capitaine de l'armée américaine, d'origine norvégienne, et installé dans un camp juste à côté de chez nous, nous a rendu visite. Il s'en est suivi de nombreuses fêtes organisées par mes parents avec des officiers de l'armée américaine. Par gentillesse, lors du départ de la région de cette unité, plusieurs jerricans d'essence avaient été cachés sous des branchages, en cadeau pour mon père. Pendant des semaines, des convois militaires se sont succédés sans aucune interruption. Il suffisait de sortir de la propriété, de faire quelques mètres sur le bord de la route, pour recevoir des dizaines de paquets de gâteaux, de chewing-gum et de cigarettes (par paquets de cinq et essentiellement des "Chesterfield" et des "Camel")


Un jour que je me promenais avec mon chien, un berger allemand, sur la route, à 50m de notre portail, en direction d'Arbonne, j'aperçois un GMC arrêté au bord de la route. Je m'approche, et je vois une dizaine de soldats noirs américains, assis par terre, en train de manger. Quand ils m'ont vu, aussitôt ils m'ont appelé et m'ont offert de tout, ils ont tous été d'une gentillesse extrême que je n'oublierai jamais.


Voilà, je voulais raconter cette petite tranche vécue liée à la libération de Milly où j'ai souvent vécu entre 1942 et 1950.

Victor Moritz

Je remercie vivement Monsieur Victor Moritz, de m'avoir fait part de ces témoignages, afin d'enrichir l'histoire de Milly. 

dimanche 29 août 2010

La rue Saint-Pierre à Milly-la-Forêt

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Va du boulevard de l’Ouest (aujourd'hui Bd Félix Eboué) au Cimetière du même nom. Entre le boulevard et la Bonde s’appelait anciennement rue de Galles, en souvenir du Prince de Galles dont les troupes pillèrent Milly à plusieurs reprises, au XIVe siècle. L’autre partie se nommait rue d’Orge ; puis, sous la Révolution, la rue Saint-Pierre s’appela Faubourg de la Montagne.


A droite de la rue Saint-Pierre se trouve le « Clos Saint-Pierre » qui dépendait du château de Milly. A la fin du XVIIIe siècle, cet enclos s’appelait « la Faisanderie » et le duc de Grammont y fit construire des petites maisons pour son veneur et pour ses piqueurs.

C’est l’anciennne propriété dite du « Chenil ». On élevait là les chiens pour les chasses royales au XVe siècle. Les comptes de la maison du Roi, à cette époque, en font mention.

A l’est du clos Saint-Pierre à l’angle de la route de Maisse et de la rue de l’Eglise, existait une mare à l’endroit aujourd’hui planté d’arbres. C’était un des endroits où on brûlait le chanvre.

Face à l’avenue du Roussay et à l’angle du chemin des Fermes est le lieu-dit : « La Porte au Roy » et la « Dollière » entre ladite route et la ruelle des Morts.

A la rue de Châtillon s’élevait anciennement une croix nommée « Croix-Hareng ».

La porte Saint-Pierre, ou du Pont de la Corne, qui commandait la route d’Etampes à Fontainebleau, s’élevait à côté de l’auberge de la Corne près de la Bonde.


Lavoir de  Bonde, devant le Château
Milly s’élevait anciennement dans la plaine Saint-Pierre. Il s’étendait depuis le Puits-Pâtre, vers le côté de Maisse et jusqu’à Châtillon. Il fut brûlé et pillé par les anglais en 1356, 1358, 1371, 1422, et détruit entièrement en 1432. C’est alors que les habitants reconstruisirent leurs habitations autour du quartier Juif où se trouve la ville actuelle.


De 1830 à 1840, on fit de gros travaux pour mettre toute la plaine Saint-Pierre en état de culture. Toutes les substructions furent arrachées. On en rencontre encore à faible profondeur en quelques endroits.

En face du cimetière se trouve une petite ruelle qui s’appelait autrefois « ruelles de Saint-Pierre ». On y voit encore l’emplacement de ce puits.


Qartier du Puits-Patre, carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue Pachau.
Le cimetière venait jusqu’aux maisons qui lui font face. En 1864, on ne pouvait plus enterrer dans la partie aujourd’hui plantée d’arbres. Le sol n’était qu’un amas d’ossements d’où s’élevaient des exhalaisons dangereuses. Il était alors impossible d’ouvrir une fosse tant les ossements étaient nombreux. C’est alors que l’agrandissement du cimetière fut décidé. En procédant aux travaux, les ouvriers mirent à jour de magnifiques sépultures mérovingiennes dont les sarcophages sont conservés dans le cimetière et les armes et bijoux à l’Hôtel-de-Ville. Depuis, de nombreux sarcophages, de différentes époques, ont été trouvés à une profondeur de 3,50 m environ. Au-dessus, à un mètre du sol on retrouve le pavage d’une place ou d’une rue.


On voit dans le cimetière la tombe du général de Bellavène, organisateur des Ecoles de Saint-Cyr et de Fontainebleau, décédé à Milly en 1826, au château du Roussay ; la sépulture du célèbre graveur Lalauze ; une chapelle élevée en 1845, pour recueillir les restes de 13 seigneurs de Milly dont les ossements avaient été jetés pêle-mêle dans les caveaux de l’église, à la Révolution. Les derniers marquis du Lau furent également inhumés sous la chapelle.

Au milieu du cimetière se trouvait l’église Saint-Pierre qui fut sans nul doute le premier temple chrétien édifié à Milly. A l’époque mérovingienne, l’église devait avoir une certaine importance en raison de l’étendue de Milly et de la proximité de la Cour au château royal de Maison-Forest (Saint-Georges). On enterrait à Milly les puissants Comtes du Gâtinais, ainsi que le prouve un fait de chevalerie qui se déroula à Milly en 877 devant la Cour et qui valut à Ingelger le Comté d’Anjou.


Carrefour de la rue Saint-Pierre et de la rue de Chatillon.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

mardi 3 août 2010

Inauguration de l'Hôtel des Postes de Milly-la-Forêt


M. Darbonne, Maire de Milly-la-Forêt et le Conseil Municipal recevaient le samedi 24 Décembre 1960 à 15 heures, les différentes personnalités venues leur rendre visite pour l’inauguration du nouvel Hôtel des Postes.

RECEPTION A L’HOTEL DE VILLE


Avant de se rendre en cortège jusqu’au nouveau bâtiment, les personnalités se retrouvèrent dans le hall de l’Hôtel-de-Ville. Nous pouvions reconnaître avec plaisir, M. Joder, Inspecteur Général à la Direction des postes et télécommunications, accompagné de M. Pacheux, Directeur Départemental des services des Bâtiments des Postes, M. Congin, Inspecteur principal à la Direction régionale des services postaux, M. Gabriel, Sous-Préfet de Corbeil-Essonnes, représentant M. le Préfet, M. Bonnefous, Sénateur, ancien Ministre, qui fut l’instigateur du projet de ce nouveau bâtiment, lorsqu’il détenait le portefeuille des P.T.T., M. Boscher, député de la circonscription, M. De Ganay, Conseiller Général du canton de Milly…

A 15 heures, les personnalités se rendirent en cortège jusqu’aux nouveaux bâtiments.

A l'emplacement de la poste se trouvait le magasin "A la Ville de Milly"

Publicité de 1922

VISITE DES NOUVEAUX LOCAUX

Mme Pouthier, receveuse du bureau de Milly avait mis tout son personnel sur pied pour la réception. C’est elle-même qui accueillit les personnalités et leur fit visiter les différents locaux.

M. Joder et M. Bonnefous s’attardèrent longuement à contempler les dernières perfections de la technique… Table à plateau de caoutchouc permettant d’éviter l’humidité, sélectionneur mécanique, éclairage indirect et compensé, etc…


Le nouveau bureau de poste en 1961

LE VIN D’HONNEUR

Après la visite, les différentes personnalités retournèrent à l’Hôtel-de-Ville pour assister au vin d’honneur qu’offrait la Municipalité. Différentes allocutions furent prononcées par M. Darbonne, Maire, M. Joder, représentant du Ministre, M. Bonnefous, qui est à la base de cette réalisation, fut longuement remercié.


Récit de l'innauguration dans
le Républicain du 28/12/1960

Avant cette date le bureau de Poste se trouvait au 42 de la Grande Rue.
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L'ancienne Poste

Arrivée de la "Patache à Perrot" devant l'ancien bureau de Poste

dimanche 4 juillet 2010

Henri Mortera, fondateur des sociétés de secours mutuels, ancêtre de la sécurité sociale


La Fête du 80ème Anniversaire 
de la Société de Secours Mutuels de Milly


Dimanche dernier, pour honorer la mémoire de son fondateur, M. Mortera, la Société de Secours Mutuels de Milly avait organisé une fort belle fête à l’occasion de l’inauguration d’une plaque apposée au 33 rue Mortera, sur la maison, habitée aujourd’hui par M. Duchesne, où est mort le fondateur de cette société.

A 15 heures, M. Vajou, maire, la municipalité, les fonctionnaires, M. H. Seguin, président et les membres de la Société de Secours Mutuels se formaient en cortège, place de la Mairie.

La compagnie de Sapeurs-Pompiers, sous le commandement du lieutenant Limery, prenait la tête du défilé. M.Durier, garde-champêtre, membre de la société ouvrait la marche.

Le froid était tel que la foule qui accompagne d’habitude les cortèges milliacois était plus que réduite.

A l’arrivée à la maison Mortera, sur laquelle est scellée une plaque commémorant sa mémoire et au-dessous de laquelle avait été placé en médaillon sa photographie, M. Vajou, maire, dit que le Conseil Municipal de Milly en faisant sceller aux frais de la commune, sur cette maison, une plaque commémorative a voulu honorer la mémoire et perpétuer le souvenir du fondateur de la Société de Secours Mutuels de Milly.

« En posant cette plaque, disait-il, le Conseil municipal est certain d’avoir agi selon la volonté des habitants, chacun désirant participer à la reconnaissance due à un homme de bien ».

Après l’hommage du maire, M. Henri Seguin, président de la Société, prononça le discours suivant :

« Mesdames, Messieurs,

Il y a 80 ans, le 5 Février 1850, M. Henri Mortera constituait la Société de Secours Mutuels de Milly en groupant autour de lui des hommes de cœur aux idées généreuses. Depuis cette date, au cours de ses quatre-vingts années d’existence, la Société de Secours Mutuels a rendu des services éminents et indéniables à plusieurs générations, ne cessant de se développer grâce à l’élan magnifique donné par son fondateur.

La mémoire de M. Mortera est toujours vivante dans notre Société et on peut dire que jamais les Milliacois ont oublié son nom.

M. Mortera vient jeune à Milly. Imbu des idées les plus nobles et les plus libérales, il est le propagateur des idées républicaines à Milly et il les répand parmi ses concitoyens. Il considérait la République comme un idéal et prétendait qu’il ne suffisait pas de se dire républicain parce que pour être digne de ce nom il fallait en avoir les qualités et en pratiquer les vertus.

Ce n’est qu’après vingt ans de propagande et de lutte que M. Mortera arrive à réunir ses amis et adeptes en une société de secours mutuels, appliquant dans le domaine pratique la plus généreuse des idées humaines : la Fraternité.

Mais les passions politiques font méconnaître le but humanitaire de la société de secours mutuels et le président Mortera est dénoncé comme ayant formé une société contre l’Empire… Il est inquiété et il voit sa liberté menacée. Il en a toujours été ainsi pour les pionniers du progrès.

Malgré des attaques (dont aujourd’hui nous ne pouvons comprendre la cause), les mutualistes milliacois persévèrent et poursuivent leur but. M. Mortera est un lutteur ; il reste sur la brèche. Les rangs grossissent de plus en plus. Bientôt, ils deviennent une force et leurs concitoyens reconnaissent enfin les bienfaits de leur groupement.

Pendant trente années, M. Mortera est président de la Société. Il l’administre avec justice et fermeté, en homme de cœur et de dévouement, et, à la fin de sa vie, il a la grande joie de voir son œuvre couronné de succès.

M. Mortera est mort le 28 Décembre 1881 dans cette maison, la plaque que nous inaugurons aujourd’hui perpétuera son souvenir dans l’avenir.»


Source : L’Abeille d’Etampes du 15 février 1930.

La rue Mortera fut renommée "Rue Jean Cocteau" en 1963.

jeudi 10 juin 2010

La cavalcade allégorique du 24 mars 1912


Une grande cavalcade allégorique en faveur de l’aviation est organisée pour demain dimanche 24 Mars 1912. Départ à 2 h précises de la rue du Faubourg Saint-Jacques.

Cortège – Grenadiers, Fanfare de Trompettes, Seigneurs Louis XIII , Char des Enfants, Groupe d’Incroyables, Char de l’Aviation, Mexicains, Char de la Musique, Les 4 Mousquetaires, Char de la Reine, Hussards de la République, Char de l’Entente Cordiale, Gardes Française, Char du Bazar mystérieux, Picadors, Toréadors, Char du Commerce, Char de la gaieté, Char du bon vieux temps.

Itinéraire – Formation route d’Oncy – Faubourg Saint-Jacques, Boulevard du Sud, Place de Lyon, Rue Saint-Blaise, Place du Marché, Place du Colombier, Rue et Faubourg de Paris, Rue des Fontaines, Rue de Melun, Place de la Mairie, Rue Langlois, Rue Saint-Jacques, Boulevard du Sud, à droite, rue Farnault, Place de la Mairie, Grande Rue, Rue Saint-Jacques, Rue Saint-Blaise, Rue Charles Cochin, Place du Colombier, Boulevard du Nord, Route de Boutigny, Rue des Chataigniers, le Puits Pâtre, Rue Saint-Pierre, Grande-Rue, Place du Marché. Place du Marché : Apothéose. Dislocation.

Souhaitons un beau temps aux organisateurs et une recette fructueuse.

Source : L’Abeille d’Etampes du 23 mars 1912






Quand nous arrivons dimanche à Milly, nos avons plaisir à lui retrouver son air des grands jours de fête ; non pas que les décorations dont la petite ville s’est fait comme une spécialité aient été sorties – le temps exécrable des jours précédents, de la veille surtout ne l’aurait pas permis – mais une vive animation règne partout.

Pour voir les Aéros !

Partout aussi on discute, et nous ne tardons pas à nous rendre compte que le sujet de la discussion est la déconvenue éprouvée par les quelque 500 personnes qui, se fiant à la lettre du programme, se sont rendues à 10 heures sur la route de Fontainebleau pour y attendre « les atterrissages d’aéroplanes ». Pensez donc, le Conseil Municipal a été convoqué pour 8 heures du matin ; des préparatifs de réception ont été faits ; les jolies milliacoises se sont mises dès le jour dans leurs plus jolies toilettes. Et c’est en vain qu’on téléphone à Etampes pour savoir « s’ils » sont partis…

Pour « voir cela », quantité des gens des communes voisines, et même de Seine-et-Marne, se sont rendus à Milly par tous les moyens de locomotion possibles. Beaucoup d’enfants sont arrivés à pied ; nous en voyons plusieurs, venus de très loin, en train de dévorer consciencieusement d’énormes « miches », en attendant l’arrivée des grands oiseaux.

Hélas, ceux-ci ne peuvent sortir de leur nid à Etampes ; en Beauce, il fait un vent d’ouest « de tous les diables » qui rendrait plus qu’imprudente une promenade au-dessus de la vallée de l’Ecole et dans les dangereux remous provoqués par le voisinage de la forêt de Fontainebleau.

Il ne fallait pas qu’ils promettent de venir, nous est-il répondu aux bonnes raisons que nous donnons de l’abstention des aviateurs.

Il est vrai que Milly n’est pas un port de mer et qu’on n’y a jamais éprouvé les affres des habitants des villes côtières quand les bateaux ne rentrent pas à l’heure fixée…

Pour nous qui sommes journellement témoins de l’audace de nos courageux pilotes aériens, nous ne pouvons nous empêcher de dire en manière de conclusion : « Les aviateurs ne craignent pas la mort ; ils l’ont prouvé trop souvent, hélas ! mais encore faut-il que ce soit par patriotisme ou pour les progrès de l’aviation. ».

La cavalcade

Voici l’heure fixée pour la cavalcade ; du café Berthelot, le seul établissement qui ait pavoisé quand même, nous observons les allées et venues des divers personnages, cavaliers ou piétons, qui doivent prendre place dans les chars. Chez la modiste d’en face « Au Camélia », nous apercevons de joyeuses frimousses d’enfants ou de fillettes, auxquels des mains expertes donnent le dernier chic, et, comme tout le monde, nous nous portons faubourg Saint-Jacques où la concentration s’opère sous la direction du Comité composé de MM.Aubry, percepteur, président ; Seguin, vice-président ; Nouviaire, commissaire de la fête ; Albert Perrot, Loury, Félibien et Legrain, membres.

Le public ne cesse d’affluer ; voici la Fanfare les Trompettes de Malesherbes, dirigée par M.Nizet ; l’Union Musicale de Milly, dirigée par M.Bertrand ; le brigadier de gendarmerie, Baudoin, le gendarme Ribet, les agents, les gardes champêtres, assurent le service d’ordre, auquel contribue efficacement la compagnie des sapeurs-pompiers commandée par le lieutenant Chagot, toujours fidèle au poste.


Vive Fallières !

Tout à coup une clameur « Vive Fallières ! » s’élève de la foule. Tiré par deux vigoureux chevaux le « landau présidentiel » dénnomé « Char de l’Entente Cordiale », vient en effet de faire son apparition escorté à gauche par un général anglais (M. Albert Perrot) ; à droite par un général roumain (Albert Berthelot). Mais à mesure que la voiture s’approche, les éclats de rire succèdent aux exclamations : « Cest Félibien, c’est Félibien ! », s’écrie chacun. C’est en effet l’ami Félibien, en compagnie du lieutenant Chagot et de MM.Loury et Legrain ; tandis que sur son bidet infatigable, M.Aubry parcourt une dernière fois la colonne, la voiture du Comité prend place dans le cortège qui se met en marche aux sons d’un pas redoublé allégrement enlevé par les Trompettes de Malesherbes.

L’automobile décorée de fleurs dans laquelle ont pris place MM.Longuet fils et Lucien Timbert ouvre la marche ; puis, en guise de sapeurs, un groupe de Trompettes de Malesherbes ; voici une escouade de grenadiers russes paraissant arriver en droite ligne des bords du Volga.

 



Le Char de l’Aviation

Le Char de l’Aviation qui vient ensuite est dû à MM.Louveau fils, Marcel Perrot et frère ; traîné par quatre beaux chevaux noirs prêtés par M.Crenier, fermier à Saint-Georges, il est monté sur un grand chariot aimablement mis à la disposition des organisateurs par M.Poirrier, MM. Lhuile, Das, Aubert et Varloteau en ont assuré gratuitement l’exécution ; il représente, à l’avant, un élégant monoplan Blériot dans lequel se tient, imperturbable, malgré la difficulté qu’il éprouve à maintenir ses moustaches, le pilote Villain. Dans le fond, la France, personnifiée par Mme Frère, modiste, tient le drapeau tricolore et couronne de lauriers les aviateurs. Mlles Hanel, J.Grenier, J.Chagot, C.Delapierre et Lucie Viron, toutes plus gracieuses les unes que les autres, quêtent ou vendent au profit de l’aviation.

Le bateau de fleurs « Ville de Milly » œuvre de M.Séguin, est le Char des Enfants ; par dessus le bord, on voit frétiller en effet, zouaves, chasseurs et cuirassiers minuscules, et tout un essaim de jolies fillettes en pimpants costumes de pierrots, pierrettes, etc. ; Mlle Marcelle Morin a la direction de ce remuant équipage.

Entre les chars, des seigneurs du règne de Louis XIII, un groupe d’Incroyables, des Mexicains, font admirer leur superbe prestance. Plus beaux encore sont les hussards qui précèdent le Char de la Musique. Celui-ci, monté et décoré dans les ateliers de Mme veuve Poiget, représente une gigantesque automobile. Le roulement en est bon à vide, mais quand l’aimable M.Bertrand, directeur, et son groupe de musiciens ont pris place sur les banquettes, il faut adjoindre au moteur 2HP qui a été prévu un troisième cheval. Quelque peu secoués, nos musiciens n’en jouent pas moins d’une façon impeccable.

Une escorte de quatre superbes mousquetaires, sous les traits desquels on reconnaît MM.Henri et André Darbonne, Godin et Saulnier ouvrent la marche au Char de la Reine, auquel M.Seguin a apporté tous ses soins. Plus belle que jamais, Mlle Angèle Godard y trône, avec une sémillante compagnie de demoiselles d’honneur, Mlles Y.Delapierre, G.Crenier, L.Denis, G.Montalent, G.Bouret, L.Saulnier et L.Petit.

Quant au « Président Fallières », il est escorté par des Hussards de la République et par un piquet de Gardes Françaises.

Quel mystère peut contenir le char du Bazar Mystérieux. De toutes gracieuses jeunes filles y vendent au prix de 0.Fr 25 des pochettes-surprises contenant entre autres curiosités la brochure « Notre avenir est dans l’air ». Certes on eût vu avec plaisir un Védrines venir les lancer au-dessus de Milly en aéroplane, mais comment se plaindre quand des vendeuses aussi gentilles que Mlles Y.Chagot, L.Barbier, C.Godard, M.Véron et M.Godard les offrent, avec en plus, un gracieux sourire.



Le Char de la Gaieté

Dans le Char de la Gaieté, l’organisateur, M.Villette, vendait lui-même des chansons de circonstance dont il est l’auteur. Voici quelques unes de strophes que chantait Mesnil, accompagné sur le violon par Marcel Dupré et l’auteur, et sur la mandoline par Prouteau.

Milly Port’Aviation
Air du REGIMENT MODERNE

I

Si j’étais votre conseiller
J’demanderais à notre député
De faire Milly sans tarder
Installer un aérodrome
Avec des appareils chouettes ;
Choisissez et, dites au plus tôt ;
Mon idée, moi c’est les Blériots
Actionnés par des moteurs Gnôme.

II

Il en faudrait au moins quinze cents
A seul’fin que les habitants
Puisse prend’ le leur de temps en temps
Pour aller faire un’ petite ronde.
Ils seraient heureux comme des rois.
Pas malin d’mener ça, ma foi,
Car moi, j’prétends au bout d’un mois
Pouvoir enlever une Joconde.

III

Et ça rendrait certainement
Un grand service à bien des gens
Pour ceux qu’on des chiens notamment
-J’les tire de loin sans que ça paraisse –
Ils s’en iront en aéro
Faire prendre l’air à leurs cabots
Et ça s’ra en vogue bientôt
Car ils n’auront pas besoin d’laisse.

Une autre fantaisie du chansonnier indique, sur l’air de la Valse Brune, le moyen de résoudre la vie chère :

Il faut qu’à partir d’un délai fixé,
Et sans exception, tous les commerçants,
Ferment leurs caisses et me donnent leurs clefs…
N’ayez pas peur, c’est pas pour fouiller dedans.
Vous n’aurez plus d’mauvaises pièces, et pour cause
Puisque aucun client ici n’en recevrez
Et puis autre part, ça s’ra la même chose,
N’importe où vous irez.

Refrain

Allez chez Villette
Il vous donnera une cannette
Chez Tranchant une mominette
Un byrh chez Blaiseau,
Pour l’absinthe nature,
Goudou la don’ra, c’est sûr.
Enfin on prendra biture
Chez tous les bistrots !

On donnera partout, on ne vendra pas, c’est cela qui est économique.

Ce fut un des gros succès de la cavalcade. Il en a été vendu près de 600 exemplaires. Mais reprenons notre description :

Picadors (G.Félibien et G.Mignot) et toréadors (Henri Vincent et H.Artaz) avaient la garde du Char du Commerce dû à M.Chanet, boucher. On y admirait un bœuf superbe, pesant 1 800 livres, provenant de la ferme du Coudreau, qu’exploite Henri Coisnon, cultivateur.

Enfin, après le Char des Vendanges dans lequel M.Blaiseau « du Père Tranquille » faisait une vivante apologie du jus de la treille, venait le Char du Bon Vieux Temps organisé par M.Arthur Duché. Monté sur son âne, Firmin Legendre, coiffé du traditionnel bonnet de coton, ouvrait la marche, tandis que dans le char de bons vieux normands se « la coulaient douce » en faisant sauter des crêpes et cuire des œufs durs vendus au profit de l’aviation. Gentiment attiffée en « naturelle » du pays de Bray, Mlle Emilienne Malherbe filait au rouet de nos vieilles grand mères.

 
L’Apothéose

Pendant plus de deux heures, le cortège parcourut les rues de Milly, au milieu d’une affluence incessamment renouvelée, pour venir se rassembler sur la place du Marché, où se massait une foule compacte comme on n’en avait pas vu de longtemps assemblée en ce lieu. Avec la collaboration des clairons des pompiers, la Société musicale faisait vibrer les cœurs aux accents de Sambre-et-Meuse.

Ah, si à ce moment, on avait entendu au-dessus de Milly, le ronflement d’un moteur d’aéroplane, la foule eût été moins ménagère de l’obole que sollicitaient pour l’aviation d’intrigants quêteurs. Malheureusement, à ce moment même à Villesauvage, alors que les monoplans du capitaine Félix et du lieutenant de La Morlaye étaient au point pour partir, il vient à tomber une averse malencontreuse qui obligea les grands oiseaux blancs à rentrer précipitamment. Quelques gouttes tombèrent à Milly même, mais, peu importait ; la cavalcade était un succès, sans le moindre accident, ni incident, et tandis que la musique jouait la Marseillaise chacun s’empressait de féliciter les organisateurs en la personne de leur infatigable président M.Aubry et du si dévoué commissaire de la fête, M.Nouviaire.

Puis chacun des groupes venait successivement se placer devant l’objectif du photographe afin de perpétuer par l’image le souvenir de cette belle journée dont le succès a amplement récompensé les organisateurs de leurs efforts : car il faut bien considérer que trois semaines seulement ont suffi pour l’organisation de cette cavalcade qui a produit 300 francs rien qu’en vente de pochettes et d’insignes d’aviation et qui a été en même temps une bonne fortune pour le commerce local.





Après la cavalcade, la fête s’est continuée par de nombreuses randonnées sur les chevaux de bois de M.Legrand, de Nemours, installés devant la Halle, et à 8 heures du soir par une brillante retraite aux flambeaux jouée par les Trompettes de Malesherbes qui sont allés, jusqu’au hameau de Saint-Pierre.

La commune d’Oncy avait tenu à s’associer à la fête en votant comme subvention au Comité d’organisation une somme de 25 Fr.

M.Aubry, président et ses collaborateurs de la commission d’organisation, remercient sincèrement toutes les personnes qui à un titre quelconque ont bien voulu leur prêter leur concours pour l’organisation et la réussite de la cavalcade du 24 Mars.

Les membres du Comité d’organisation du char de l’Aviation, nous prient de remercier les personnes qui les ont aidés et particulièrement MM.Lhuile, ancien tapissier ; Poirrier, Crenier, Das, Aubert et Varlotteau ; ils remercient encore les dames et les jeunes filles qui, pendant quinze jours, de 8 à 11 heures du soir, et souvent plus tard, ont fait des fleurs pour tous les chars sous la direction de Mme Frère. La collaboration de toutes ces bonnes volontés a eu un heureux résultat, car, toutes dépenses payées, le char de l’Aviation a produit une somme nette de 46 fr 80 qui sera versée à l’aviation militaire.

 
Source : L’Abeille d’Etampes du 30 mars 1912

samedi 29 mai 2010

Avis de recherche


Afin de réaliser quelques panneaux d’exposition pour commémorer la libération de Milly le 22 août 1944, nous recherchons tous renseignements et documents sur ce thème. Nous pouvons effectuer les scans.

Eric Gachot
06.26.99.76.39


mardi 25 mai 2010

Souvenirs et recits de voyages par l'Abbe Poisson


L'Abbé Poisson, prêtre du Diocèse de Chartres, édita en 1890, le récit du voyage qu'il fit en 1851 à travers le Gatinais.
Je vous propose, ci-dessous, le passage qui concerne les environs de Milly !


"Le 3 Septembre 1851, j’allais à Milly. Jusqu’à la station de Bouray, chemin de fer d’Orléans, on compte 8 kilomètres. La route est belle. Je pris à Bouray la voiture de la Ferté-Aleps, correspondant avec celle de Malesherbes. En arrivant au village de Bouray, on jouit d’une très jolie vue : deux collines au sud courent en sens inverse et offrent une perspective des plus agréables. Sur l’une d’elles, en face de Lardy, est une haute colonne, appelée la tour de Pocancy, hameau de 10 habitants, de la commune d’Anvers-Saint-Georges. La Juisne, venant d’Etampes, passe à Bouray. Ce village est fort bien bâti. Tout auprès est le château de Frémigny. On le dit remarquable par sa position et son architecture.

Après 9 kilomètres de chemin, la voiture s’arrêta au milieu de la Ferté-Aleps, bourg mal bâti qu’on décore de nom de ville, chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Etampes. Autrefois, elle dépendait du diocèse de Sens, de l’élection de Melun, et ressortissait au Parlement de Paris.

Le clocher de son église est du XII siècle, quatre clochetons pyramidaux accompagnent la flèche à sa base.

L’Essonne circule autour de la Ferté. Au-delà de cette rivière, on entre dans le Gâtinais ; le sol est moins riche. Le village Dhuison est formé de pauvres chaumières ; l’aspect est abrupte et sauvage ; des monticules de grés représentent des forts du moyen âge en ruines, en arrière-plan, sur la gauche, s’élève une colline dénudée ; sur la droite, entre l’ouverture de deux versants, on aperçoit une vaste plaine, celle de la Beauce. Après Dhuison, c’est le village de Vayres, le château et le parc de Bélebat, de la commune de Courdimanche, propriété de la famille de Rennepont. Le soleil jetait de pâles rayons sur quelques arbres dont la partie éclairée était d’un vert tendre, celle qui ne l’était pas, d’un vert sombre. Je considérais avec attention cet effet de lumière ; il produisait la tristesse dans la pensée.

Le paysage de Dhuison, de Vayres, de Courdimanche et de Maisle ne diffèrent point. En face du parc du château de Maisle, se dressent des roches de grès de la manière la plus pittoresque ; elles semblent de loin un fort immense muni de bastions. Toutes ces roches jusqu’à Fontainebleau offrent une perspective particulière.

De la Ferté à Maisle, on compte 11 kilomètres et 6 de Maisle à Milly. La contrée qu’on parcourt jusqu’à ce dernier lieu est triste et abrupte.

Milly est un chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Etampes. Voilà ce qu’en dit un religieux du XVIIème siècle, de Guillaume Morin, grand-prieur de l’abbaye de Ferrière-en-Gâtinais : Les habitants de cette ville de Milly sont grands chasseurs, ce qui le rend du tout fainéants, et peu soigneux de travailler à cause des roches et des bois. Ce lieu est fort dangereux pour les passants qui y sont souvent volés, et s’y trouvent des hommes morts et assassinés quelquefois… La paroisse est l’église Notre-Dame, qui est d’ancienne fondation et est au milieu de la ville, où sont des chanoines et un doyen (Histoire du Gâtinais, Edit. de 1630 , in-4. p.404).

Milly est arrosé par l’Ecole, très modeste ruisseau en cet endroit. Cette petite rivière se jette dans la Seine. Elle prend sa source au village du Vaudoré, sous une pierre abritée par trois arbres. Du Vaudoré, elle se rend à Noisy, de là à Chamberjot et à Milly, ensuite à Moigny, Courances, Dannemois, Poissy, Saint-Germain, Cély, enfin à Monthierry, hameau sur la route de Paris à Fontainebleau. Elle entre là dans la Seine, après s’être grossie de plusieurs petits cours d’eau à partir de Moigny. Elle commence et finit dans le département de Seine-et-Marne, après avoir traversé celui de Seine-et-Oise., de Milly à Saitn-Germain. On prétend que son nom lui vient d’une maison d’école bâtie autrefois sur le pont auprès du pont de Milly ; je doute de l’origine du nom. Elle coule dans une large vallée sablonneuse et plate. Des tertres hérissées d’énormes et nombreuses roches la bordent au levant, des collines au couchant. Celles-ci sont couvertes de châtaigniers. En sortant de Courances, elle laisse à gauche, vers le nord-ouest, une vaste plaine sablonneuse, très triste d’aspect, d’autant plus que les alentours sont riches de verdure et d’accidents de terrain. Cette rivière coule au midi de la vallée qu’elle parcourt.

A l’extérieur, Milly a apparence de bourg ; à l’intérieur, d’une petite ville. Les rues sont bien pavées. A l’extrémité de sa longue place est une halle immense, où chaque jeudi se tient le marché. Il n’y avait pas une seule belle boutique. La mise du peuple était simple et à peu près celle de la Beauce. Les physionomies ne marquaient pas l’intelligence. Les enfants avaient mine niaise. Cette petite ville, où passait aux XVIè et XVIIè siècles la grande route de Paris à Lyon, se trouvait en 1851 éloignée des principales voies de communication. Elle était d’un abord difficile, surtout du côté d’Etampes. En général, l’aspect est triste à cause des roches et du terrain sablonneux. Il est riant du côté de Moigny, sur les bords de l’Ecole, où sont quelques prairies et beaucoup de jardins maraîchers. Ces derniers fournissaient à l’approvisionnement des marchés de Melun et de Corbeil. On cultivait la mauve et la guimauve en plein champ pour les herboristes de Paris.

Le Jeudi 4 Septembre, mes neveux me conduisirent à la grotte aux Souris, monticule qui court de l’est à l’ouest. Dans les anfractuosités des roches existe un long conduit, à peine d’un mètre d’élévation, c’est ce qu’on appelle la grotte aux Souris. Je m’y coulai avec mes neveux et leurs camarades, n’y voyant rien d’intéressant, j’en sortis bientôt. Sur le plateau de ce monticule, est une petite ferme d’un nom assez bizarre : Coq-y-but. Les amas de roches sont nombreux, ils forment des tertres, des mamelons, des monticules d’un aspect aussi singulier qu’abrupt ; c’est assurément un site à part, qui frappe, mais n’a rien de grandiose. De cet endroit, Milly ne paraît qu’un village adossé à une hauteur, qui s’étend en cercle de l’est au nord par le midi et le couchant. Cette hauteur commence à la pointe orientale de la ville, elle a un large interstice à l’ouest, ou plutôt elle finit pour laisser place à une vallée, après laquelle commence une autre hauteur. Au nord, à un kilomètre de distance, se déploie en ligne droite, une hauteur couverte de roches. Du plateau de la Guichère, Milly a une meilleure apparence ; c’est un gros bourg, à l’extrémité ouest du bassin formé par les hauteurs d’alentour. On jouit, du sommet de la Guichère, d’une très belle perspective en regardant du côté du midi ; le fond de la vallée offre des bois d’un vert sombre entrecoupés de champs ; au-dessus de ce fond verdoyant sont posés en tous sens des monticules de grés ; dans les vides laissés par les tertres apparaît en arrière-plan et fort au loin la forêt de Fontainebleau. Cette perspective est le plus beau point de vue de la contrée.

Milly a une église et un château dont il doit être parlé. L’église est à l’extrémité ouest de la ville, auprès du château et de la rivière de l’Ecole. Elle est dédiée à la Sainte-Vierge. C’est l’ancienne collégiale du XVIIème siècle. Elle possède des reliques de Saint-Wulfran, qu’on dit être né à Milly. Saint Wulfran fut archevêque de Sens et apôtre de la Frise. Il vivait au VIIème siècle, se retira à la fin de sa vie au monastère de Fontainebleau où il mourut en 720. Détruite lors des guerres sous Charles VI, l’église de Milly fut reconstruite au XVIème siècle. Son clocher est du XIIème siècle.

Le château est un reste de l’ancien. Ses créneaux sont en brique. C’est un pavillon flanqué de deux tourelles, entouré de grands arbres. Il a soutenu plusieurs sièges, principalement sous Charles VII. La propriétaire, en Septembre 1851, était la veuve du Marquis du Lau d’Allemans, neveu de l’archevêque d’Arles, massacré aux Carnes le 2 Septembre 1792. La marquise du Lau était de la famille de Moustier. Femme tout à a fait excentrique par le costume et les habitudes, elle a publié des poésies qui ont quelque valeur.

Le château de Milly est dominé par une hauteur couverte de sapins et de roches et a nom la Garenne . Elle sert de parc. On voit du haut d’une roche le tertre blanc, monticule de sable à 8 kilomètres de distance. Lorsqu’il est éclairé le soir par les derniers rayons du soleil, il forme à l’horizon comme un nuage brillant.

Le mardi 9 Septembre, nous dirigeâmes notre promenade vers le tertre appelé le Nid-d’Aigle, rochers amoncelés les uns au-dessus des autres et qui finissent par former un plateau ayant l’apparence d’un nid. Il domine les autres hauteurs. Son aspect est pittoresque ; le site qui l’environne est sauvage.

Le 10, notre excursion fut vers les grandes vallées. Un baudet portait nos provisions et tour à tour les plus jeunes de la bande ; nous avions projeté un déjeuner sur l’herbe au milieu des bois. Le baudet jeta à bas les cavaliers ; nous rîmes de l’aventure. Des hauteurs des grandes vallées on aperçoit le commencement de la forêt de Fontainebleau, les villages d’Arbonne, de Saint-Martin, le château de Fleury, propriété de la Rochejacquelein le Balafré ; dans le lointant Cély et Perthes, tous de Seine-et-Marne.

Nous allâmes à l’aventure vers Mont-Rouget ; nous nous trouvâmes bientôt dans une gorge formée par deux hauteurs courant parallèlement.

Un point de vue particulier nous fut offert par un tertre isolé et placé à la sortie de la gorge ; on eût dit une forteresse élevée là de main d’homme pour la défense du paysage. Nous gravîmes le plateau afin de descendre dans la vallée du Mont-Rouget. Arrivés au versant, nous nous déterminâmes à l’aventureux parti de sauter de roches en roches, de nous glisser entre les vides qu’elles laissaient. Nous étions quelquefois suspendus presque à pic, appuyant le pied mal assuré sur d’énormes blocs de grés. Après avoir affronté bravement cette périlleuse descente au milieu de roches posées en tous sens, nous nous trouvâmes dans la vallée. En suivant le chemin au milieu des broussailles, nous arrivâmes au bas de Mont-Rouget, parmi les bâtiments de la petite ferme à laquelle il donne son nom. Une société d’apparence grivoise nous y avait précédés ; elle sautait gaiement en ronde, s’amusant d’un pauvre niais dont la manie était de faire des vers. Il avait nom Babin. Elevé dans ce site isolé et sauvage, ce pauvre maniaque s’était mis, quoique très ignorant, à composer des chansons en lesquelles le français et le bon sens manquaient complètement, idées et expressions incohérentes. En guenilles, sale, mal peigné, la mine sauvage, Babin chantait ses œuvres avec la bêtise la plus achevée. Il s’était fait chanteur ambulant, Rouen et Orléans l’avaient vu ; arrêté à Melun par la police, il fut mis fin à ses courses vagabondes. Sa physionomie était douce et sans expression. Ses yeux battus annonçaient plus de manie que de folie : mais il ne pouvait que devenir fou en continuant à versifier. C’était alors un homme d’environ trente ans, sauvage dans ses manières. Nous l’engageâmes à cultiver sa terre et à laisser là la chanson. Il nous répondit : « Quand on a une idée, on ne peut pas l’abandonner comme cela, il faut la mettre à jour ». Ceci voulait dire qu’il continuerait à faire des vers et à se croire un poète digne de renom. La politique avait trouvé le chemin de sa solitude, car entre notre temps elle pénètre partout. Son journal était un journal démagogique, dangereux aliment pour un cerveau malade. A la suite du 2 Décembre, il fut arrêté pour quelques chansons et bientôt relâché ; c’est ce qu’on avait de mieux à faire ; le pauvre Babin était très peu redoutable pour le président Louis-Napoléon.

Nous déjeunâmes sur l’herbe à Mont-Rouget, et de bon appétit.

De l’autre côté de ce monticule, le site change d’aspect ; les versants des collines n’ont plus de roches de grés, ils sont couverts de céréales ou de bois.

Nous atteignîmes les prairies arrosées par l’Ecole ; nous nous dirigions vers Moigny, long village d’une population de 500 habitants. Les demeures annonçaient la pauvreté, quoique les gens soient les plus riches de la contrée. Nous fîmes visite au curé, breton de grosse pâte. L’église menaçait ruine. J’y remarquai un pilier roman. On voyait dans le cimetière une croix mutilée du XIII ou Xvème siècle.

Le vendredi 12, nous dirigeâmes notre promenade du côté de la route de Malesherbes et de celle de Nemours. Malesherbes est à 12 kilomètres de Milly et Nemours à 22.

En arrivant au village d’Oncy, le paysage est assez couvert ; il rappelle celui de Perche. Oncy est à 2 kilomètres de Milly. La route de Malesherbes, en passant entre le jardin de son ancien prieuré et le château de la Rennomière, fait la limite des deux départements de Seine-et-Marne et de Seine-et-Oise. La Renommière, de la commune de Noisy-sur-Ecole, appartient au premier, Oncy au second. Le château de la Renommière n’était plus qu’une maison de campagne, et il ne restait qu’une partie de son parc. A son sud-est est le hameau d’Auvert de 200 habitants. Nous montâmes sur une hauteur couverte de roches, puis nous descendîmes dans la vallée où est situé le château de Chamberjot ; il est bâti en briques rouges, a ses portes et ses fenêtres peintes en vert. Sa position est agréable. L’Ecole sépare son parc de praires entrecoupées d’arbres. En face, une colline circulaire offre la perspective de bois et de quelques roches. Le parc a plus de 50 hectares. Le long est la route de Nemours. On aperçoit au loin Chapelle-la-Reine, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Fontainebleau.

Le lendemain 13, nous allâmes à Courances. Le château en est très beau ; il a été construit au XVIIème siècle. On y arrive par une superbe allée d’ormes. Une vaste pelouse précède la grille d’entrée. D’abondantes eaux l’entourent ; elles forment deux îles.

On en rencontre également de tous les côtés de son parc. On doit ceci à la quantité de sources. Elles sont ferrugineuses et renommées. Elles déposent sur les pierres de l’oxyde de fer qui donnent à celles-ci une teinte rouge. Parmi les sources on distingue la fontaine du Roi, ainsi nommée, par qu’Henri IV, dit-on, y vint boire. J’y bus sans être roi. Charles X, pendant son séjour à Fontainebleau, y envoyait chercher de l’eau comme étant la meilleure de la contrée. L’on ne servait que celle là à sa table. Il y est de fait qu’elle ne contient aucune matière calcaire ; or, on sait que moins l’eau en contient meilleure elle est.

Courances appartenait, lors de notre visite, à M.de Nicolaï, qui l’abandonna en 1830 pour aller habiter Genève ; aussi rien n’y est plus entretenu. Les pièces d’eau, d’une très grande étendue, et par la même fort belles, sont au nombre de cinq. Un tel abandon est précurseur de la ruine.

Un mot maintenant sur le lutrin de Milly, grotesque qu’on ne pourrait passer sous silence. Qu’on se figure deux petit hommes à demi-âge, arqués du dos, si bien qu’en devant ils formaient en commencement de voûte, maigres, chétifs, la prunelle sans étincelle, l’œil mort, laide à faire reculer de dix pas. Le premier chantait comme un mouton enroué qui essaie de bêler et ne rend que des sons rocailleux, allongeait le cou à chaque aspiration, ayant le nez enflé par le bout comme un bourgeon, le front ridé et surbaissé, le regard fixe du veau. Le second, ébauche d’homme, extrait informe de la nature humaine, tête petite, front proéminent et fort étroit, œil enfoncé dans l’orbite et abrité comme dans une caverne par l’os frontal, nez exigu jusqu’à l’excès et un peu relevé par le bout, posé sur une figure des plus plates, s’enfonçant par la racine de même que les yeux, s’effaçant, la mâchoire supérieure en arrière plan., la mâchoire inférieure s’avançant pas là même davantage, le menton effacé au point qu’on se demande s’il existe, la bouche s’arrondissant dans le chant comme l’orifice de l’anus d’une poule, la voix grêle, le souffle expirant, tel ce second chantre faisait parallèle au premier. Entre des deux inimaginables grotesques existait un désaccord de chant parfois complet, mais la figure restant constamment imperturbable. Tel était le lutrin de l’église de Milly. Gresset eût pu de sa muse badine le décrire, et lui donner pour titre : Le Lutrin inconcevable.

Le bedeau, en huissier, n’était pas moins curieux à voir : c’était un petit homme à jambes en arbalète, le bras gauche suspendu en tiers-point ; celui de droite faisait arpenter le chemin à une longue canne. Le cou était incliné, la tête en avant, l’air niais outre mesure, la contenance embarrassée en toute la personne. Il fallait ajouter au tableau le vicaire, petit gringalet perché au haut d’une stalle. Le nez, accidenté à sa racine, filait ensuite droit sur la même ligne que le front, se plissant lors de la parole ou du chant, ne formant plus, pour ainsi dire qu’une même pièce avec le visage. En chaire, ce petit homme avait façon d’Arlequin auquel on a attaché des ficelles afin que le mouvement fut invisible ; dans la déclamation, le ton était uniforme. La composition ne manquait pas de prolixité : on pouvait dire qu’elle appartenait au genre diffus où les mots remplacent les idées. Dans ce débit, cet abbé écarquillait son petit œil de la manière la plus comique. A côté de moi était un séminariste à crâne dénudé, mais recouvert par une perruque tant soit peu posée à faux, ce qui n’était pas un enjolivement. De l’autre côté, le curé offrait au regard une tête effilée, dont le sommet formait un angle aigu avec des yeux singulièrement posés. Autour de cette collection si drôlement agencée était un petit troupeau disséminé au milieu de beaucoup de chaises vides. Ainsi fut le spectacle durant trois dimanches consécutifs, si ce n’eût était le lieu saint, il eût été désopilant. On pouvait, sans méchanceté, en rire au retour.

Reprenons nos promenades. De la hauteur de Péronne et de Mont-Royal, au sud de Milly, on jouit de deux vues très différentes. Tourné, vers le nord-est, on a à droite et à gauche la vallée de l’Ecole, de Noisy à Courances, belle étendue où se mêlent les bois et les prairies, dominé par des tertres aux roches grises. A l’horizon, la forêt de Fontainebleau se montre entre deux échappées. A l’opposé de ce site varié et gentil se déploie le plateau de la Beauce, au, triste, monotone. Il arrive jusqu’à Milly.

Nous descendîmes à la Roche-Creuse. C’est un énorme bloc de grés posé perpendiculairement, excavé à l’intérieur, formant une voûte à nervures diverses et soutenue par des piliers s’épanouissant en branches ou veines à leur sommet. Ce travail de la nature est très curieux. Des noms et des dates sont gravés à l’intérieur, car l’homme le plus obscur aime à laisser un souvenir de son passage.

Le site de Milly, quoique plein d’intérêt, n’est pas gai : l’âme n’y éprouve point de ces émotions qui l’enchantent. On contemple, on admire, on est étonné, mais on n’est pas non plus remué comme dans les sites gracieux et riants. On n’est pas non plus frappé comme dans les effroyables et majestueuses, perspectives des montages, où l’imagination est si fortement impressionnée. A Milly, il n’y a qu’un simple soulèvement de roches mises à nu par un épouvantable cataclysme, celui probablement du déluge universel. Néanmoins, on s’en va très satisfait d’avoir parcouru ce site à part.

Milly possédait un établissement de Frères de Sainte-Croix, du Mans, au nombre de trois, un autre de Sœurs de Saint-André, de Poitiers, en même nombre. Elles étaient chargées de l’école communale des filles et de la visite des malades à domicile ; il n’y avait pas d’Hôtel-Dieu.

Le mardi 23 Septembre, je partis pour aller visiter le château de Fontainebleau."

vendredi 14 mai 2010

Rétrospective des 10 ans de l’Espace culturel Paul Bédu



En juin prochain, nous fêterons les 10 ans de l’Espace culturel Paul Bédu, inauguré par les représentants de la Ville et de la famille Bédu le 24 juin 2000.

Pour célébrer cet événement, la Municipalité a souhaité réunir les artistes qui ont participé à la vie de cette structure culturelle majeure pour Milly-la-Forêt, lors d’une rétrospective organisée de mai à août 2010.

À cette occasion, à côté des œuvres - photographies, peintures et sculptures, une collection d’affiches retraçant toutes les expositions depuis 2000 ainsi qu’une série de timbres créés pour l’occasion et représentant les plus belles pièces de la collection seront présentées.

Par ailleurs, samedi 29 mai une rencontre sera organisée en présence des artistes, des représentants de la Ville et des amateurs d’art qui fréquentent régulièrement l’Espace culturel Paul Bédu. Vous y êtes naturellement cordialement convié car cet espace, gratuit pour les Milliacois depuis janvier 2008 est aussi le vôtre.


Espace culturel Paul Bédu
Du 29 mai au 29 août
Du mercredi au dimanche de 14h à 18h
Entrée libre

Pour plus d'informations sur l'Espace culturel Paul Bédu, visiter le lien ci-dessous.

Espace culturel Paul Bedu

dimanche 9 mai 2010

Concours "Localisation de ces deux repères de nivellement"


Jacky a attiré mon attention sur deux repères de nivellement se trouvant dans Milly.

Le nivellement général de la France (NGF) constitue un réseau de repères altimétriques disséminés sur le territoire français métropolitain continental, ainsi qu'en Corse, dont l'IGN a aujourd'hui la charge. Ce réseau est actuellement le réseau de nivellement officiel en France métropolitaine.

On distingue cependant deux réseaux :
• NGF - IGN69 pour la France métropolitaine, le « niveau zéro » étant déterminé par le marégraphe de Marseille ;
• NGF - IGN78 pour la Corse, le « niveau zéro » étant déterminé par le marégraphe d'Ajaccio

Altitude 64 m



Altitude 67m


Je vous propose le petit concours suivant :

Le premier d’entre vous qui localisera correctement ces deux repères, recevra 4 cartes postales « modernes à tirage limité » de Milly. Vous pouvez répondre en laissant un commentaire ou par e-mail (eric.gachot@orange.fr)

- 1ère plaque (altitude 64m) : ……..
- 2e plaque (altitude 67m) : ……

Bonne chance !!