Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

samedi 13 février 2010

La marmotte de Milly

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En 1923, Adrien Sée, Procureur de la République à Etampes, déniche dans les archives du Tribunal le dossier d'une affaire pittoresque dont Milly-La-Forêt fut le théâtre en 1818, et décide d'en publier le récit. Nous en donnons ici les principales pages.
Le Carême de 1818 à MILLY fut troublé par une querelle héroï-comique entre le Curé Canard et une de ses jeunes paroissiennes, Mlle Caroline DUMONT qui, malgré plusieurs défenses, persista à se présenter à l'office, la tête couverte d'un mouchoir ou, comme on disait alors, d'une "marmotte", dénomination qui vient de ce que les petites Savoyardes, montreuses de marmotte, étaient ainsi coiffées.
L'affaire tourna au scandale.
Bravé dans son église, le curé de Milly porta plainte aux autorités civiles et ecclésiastiques et dénonça le sieur Dumont, ancien commissaire des guerres, et sa fille comme des monstres d'impiété et d'irréligion.
Voici les faits :
Pendant le Carême à Milly, il y a une prière certains jours de la semaine, à l'église, où se rend un grand nombre de paroissiens. Le Vendredi 27 Février 1818, la demoiselle DUMONT et beaucoup d'autres jeunes personnes y assistaient en réunion, presque toutes coiffées d'un mouchoir sur la tête : c'est la coiffure habituelle de Mlle DUMONT. Pendant l'exhortation que faisait M. Le Vicaire et lorsque le silence régnait à l'église, M. Canard quitte sa place, va à la demoiselle DUMONT et s'adressant à elle, lui dit de la voix la plus courroucée :
Il est indécent, malhonnête à vous, Mademoiselle, de vous présenter ainsi coiffée à la Prière. Iriez-vous dans cet état au bal ou à la noce ?
A quoi la demoiselle DUMONT a répondu :
Vous savez bien que cette coiffure m'est habituelle et journalière.
Et M. Canard a répondu d'une voix encore plus forte et plus animée :
Vous êtes une malhonnête, une indécente.
Le Vendredi 6 Mars, il y avait aussi à la prière beaucoup de filles et de femmes coiffées ou couvertes d'un réseau et en mouchoir, quoique M. le Curé eût donné l'ordre au Suisse et au bedeau de ne laisser entrer aucune femme ainsi coiffée et le dit jour, M. le Curé mécontent de ce que ses ordres n'avaient pas été exécutés et après avoir fait une sortie peu conforme à son caractère, contre les femmes dont il avait signalé la coiffure, fit annoncer en chaire par son vicaire qu'il n'y aurait pas de prière le mercredi suivant.
Le 8 Mars, il écrivit à M. Sergent, Procureur du Roi à Etampes, la lettre suivante :
Monsieur le Procureur du Roy,
Il y a quatorze ans que je suis curé de Milly, il m'a été impossible, malgré mon zèle et mes soins, de parvenir jusqu'à cette heure, à établir le respect dû au lieu saint. Il est à votre connaissance que j'ai été troublé souvent dans l'exercice de mes fonctions, je l'ai été en outre bien des fois dont vous n'avez pas été informé, me contentant d'en gémir en secret. Mais un plus long silence pouvant compromettre singulièrement les intérêts de la religion, je me suis cru obligé de vous adresser le mémoire ci-joint.
Le sieur Dumont s'est retiré à Milly depuis environ quatre ans.Commissaire des Guerres pendant la Révolution, ensuite cafetier à Paris, enfin rien, il emploie ses loisirs et son désoeuvrement à critiquer, calomnier, chansonner les uns et les autres. Perclus de l'usage de ses jambes, on dirait qu'il cherche à se dédommager de cette privation par l'étonnante activité qu'il donne à sa langue et à sa plume, aux saillies desquelles personne n'échappe. Mon neveu et moi avons été nommément l'objet des satires de M. Dumont et fourni matière à la verve poétique, tant du père que de la fille, mais ce reproche est le moindre de ceux que j'ai à lui faire.
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[Suit un long développement sur l'immoralité du Sieur Dumont].
Le curé ajoutait que le Sieur Dumont joignait l'impiété à la bouffonnerie et qu'il existait entre les mains de quelques particuliers de Milly des écrits, chansons attribués au Sieur Dumont dans lesquels on serait embarrassé de décider ce qui domine davantage de l'ordure ou de l'impiété.
Parallèlement, Marie-Agathe-Caroline Dumont, âgée d'environ 21 ans, se plaignait à son tour de l'attitude du Curé en défendant non seulement le port de sa coiffure mais encore en accusant d'irrespect dans l'exercice de son ministère le curé qui peu de temps avant avait suivi un convoi funèbre monté sur un âne.
Caroline Dumont produisait le certificat suivant :
Nous, notables habitants de la commune de Milly, qui avons l'habitude de fréquenter l'église, certifions à qui il appartiendra : 1° que Mademoiselle Dumont, fille de M. Dumont, ancien commissaire des guerres, habitant de cette commune, est une demoiselle irréprochable sous le rapport des moeurs et de la conduite ; 2° que sa coiffure journalière est un mouchoir propre et très décemment posé sur sa tête ; 3° enfin qu'il 'est à notre connaissance entière qu'elle s'est toujours conduite à l'église avec révérence et modestie.
En fait de quoi nous avons signé le présent pour servir et valoir ce que de raison.
Milly, ce 4 Mars 1818.
Suivent les signatures dûment légalisées : Hamelin, propriétaire ; Reignier, adjoint ; Humberotte, huissier royal ; Ponsier, maître cordonnier ; Daix, percepteur ; Pasque, Chevalier de la Légion d'Honneur ; Toussaint, Gable, propriétaire ; Cordier, suppléant du juge de paix ; Jean-Baptiste Humblot, membre du conseil municipal ; Charpentier Delaboulay, ancien maire, etc...
Le Curé ne manqua pas d'être informé de la lettre et des justifications envoyés par le demoiselle Dumont au Parquet. Le certificat des notables eut le don d'échauffer sa bile et il adressa aussitôt un supplément à sa plainte :
Monsieur,
1° J'aime à croire que les signataires de ce certificat n'ont jamais vu la fille Dumont dans ses toilettes de bal, de danses publiques ou même de visites de pure honnêteté. Car alors ils auraient du certifier que la marmotte est la coiffure ordinaire de Mlle Dumont quand elle est en chenille ou dans son grand négligé, mais qu'elle a soin de mettre plus décemment lorsqu'elle veut se présenter dans quelque lieu tant soit peu important ou respectable.
Mlle Dumont a pris soin elle-même de donner le démenti sur ce point aux signataires du certificat, puisqu'elle affectait (le lendemain de la signature) de se présenter partout en chapeau monté à ruban, touffes, etc...
2° On atteste en outre dans ce certificat que la père et la fille Dumont sont de bonne vie et moeurs.
Je n'ajouterai qu'un mot pour prouver que cette affaire n'a été imaginée que par la méchanceté et qu'elle est le résultat d'une cabale aussi odieuse qu'elle est peu déguisée.
Hier, 8 du courant, la demoiselle Reignier, une des tenantes de la fille Dumont, prit l'enfant de la nommée Chagot et l'habilla exprès en marmotte, pour l'apporter à l'église dans le dessein d'y exciter du trouble...
Devant la tournure que prenaient les événements, M. le Procureur du Roi fit procéder à une enquête approfondie et consulta le Maire de Milly.
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M. le Maire Havard "homme ami de la tranquillité et du bon ordre" fut bien embarrassé et répondit à M. le Procureur, "conservateur des bonnes moeurs" :
... Il ne m'appartient pas, Monsieur, d'avoir une opinion sur cet événement ; je dois me borner au récit impartial des faits et abandonner le reste à votre jugement...
Le brigadier de gendarmerie royale à la résidence de Milly fit également son rapport favorable à Mlle Dumont "qui a les moeurs les plus douces jointes à une mise très décente et se conduit à l'église avec toute l'onction possible".
Dans l'intérêt des moeurs et de la religion, le Procureur du Roi prêchait le calme. C'était compter sans le curé Canard qui multipliait ses démarches.
Il était venu de Milly à Etampes voir le Procureur du Roi et le sous-préfet. Le Procureur du Roi lui avait donné des conseils de modération. Le sous-préfet semble avoir accueilli fraîchement le curé qui essaie de reprendre l'avantage, dans la lettre suivante :
... Je me contenterai de dire que la commune de Milly se compose de 500 feux, qu'elle compte plus de 300 chefs de famille qui savent signer, que 54 personnes ont bien voulu attester en faveur des Dumont et que tout le reste des habitants a refusé de le faire ; je n'avancerais peut être rien de trop en disant que parmi ces derniers, il s'en trouverait peut être plus de 60 qui déposeraient que la conduite du sieur Dumont et de sa fille est tellement immorale qu'on peut la regarder comme un fléau plus dangereux que la peste pour la paroisse de Milly où elle cause un tel scandale que j'ai dû m'élever avec force contre ce débordement de corruption et le dénoncer aux autorités civiles qui sont chargées de protéger les moeurs et de sévir contre la licence et la perversité.
... La fille Dumont qui n'assiste que très rarement aux offices divins vint donc à la prière du soir, le Vendredi 27 Février, avec la coiffure dont j'avais fait sentir l'indécence. Je lui en fis des reproches, mais bien loin d'en tenir compte, elle affecta au contraire de s'en moquer et elle intrigua pour entraîner ses camarades dans la révolte et leur faire épouser sa querelle. Il y eut en conséquence un rassemblement de jeune personnes chez le nommé Dupré. Au nombre des insurgés se trouvaient les Demoiselles Reignier, Daix et quelques autres. Elle prirent ensemble la résolution de venir me braver jusque dans le sanctuaire et formant aussitôt un bataillon carré, elles se dirigèrent vers l'église, le Mercredi 4 du courant, pour assister en marmottes à la prière du soir et accompagner la fille Dumont qui seule était en marmotte. Cependant, le courage et la hardiesse manquèrent à presque toutes. La plus jeune fille Dupré entra dans le lieu saint, mais se tint derrière un pilier. Pour Mlle Dumont, elle poussa l'effronterie jusqu'au bout et vint se placer à proximité du banc où j'ai coutume de me mettre pour assister à la prière. J'avais été informé du complot et je jugeai qu'il était prudent de ne pas assister à la prière ce jour là. Mais le vendredi suivant, 6 de ce mois, je fis placer les Suisses et bedeau à la porte de l'église et je leur recommandai d'interdire l'entrée à toutes les demoiselles indécemment coiffées.
Plusieurs de celles dont la coiffure était indécente se retirèrent, mais Mlle Dumont, qui ne peut être arrêtée par aucun procédé de décence et de raison, alla son train, força la sentinelle et vint se placer au milieu de l'église. Moins surpris qu'affligé de sa démarche, j'allai à elle et je lui déclarai qu'elle me troublait dans mes fonctions, qu'elle prenait occasion de la prière pour donner du scandale et qu'en conséquence j'allais faire cesser les prières du soir à compter de ce jour...
L'évêque de Versailles, saisi de l'incident, ne différa pas sa réponse, il témoigna, le 1er Avril, au curé son désir que l'affaire en restât là et que sa plainte fut retirée.
Mais le bouillant curé voulait obtenir "qu'il soit fait une condition à toutes les femmes de Milly de ne pouvoir entrer dans l'église la tête coiffée d'un mouchoir, condition sans laquelle il n'abandonnait pas sa plainte contre la Demoiselle Dumont" :
Je commence par poser en thèse générale que la coiffure en mouchoir ou la marmotte, n'est pas du tout la coiffure des femmes et filles de Milly. On ne fait usage de ce costume que pour la nuit ou pour balayer les ordures de la maison et aller à la rivière laver le linge. Mais on ne se permet pas d'assister au service divin avec cette coiffure dont l'indécence est généralement reconnue.
... Comme il n'y avait plus de prières du soir après la semaine saine, la fille Dumont a alors repris son chapeau qu'elle n'a cessé de porter pendant toutes les fêtes afin d'assister, dans une auberge, à un repas qui a duré trois jours et où elle aurait rougi de se présenter en marmotte, quoique les convives fussent de la dernière classe, c'est-à-dire des boulangers, des fils et filles de cordonniers, etc..., tous personnages qui ne devaient pas exiger de la part de la fille Dumont une grande dépense de toilette.
Malgré ce comble d'audace et d'irréligion, je suis encore disposé, ajoutait le curé, à entrer dans vos vues pacifiques et à ne donner aucune autre suite à cette affaire pourvu qu'il soit fait défense de se présenter à l'église pour assister aux Saints Offices avec une coiffure indécente adoptée seulement pour la nuit. Si je n'obtiens pas cette satisfaction, j'aurai la douleur de ne voir bientôt dans mon église que des marmottes. Garçons et filles, tous se croiront autorisés à assister à la messe aux jours les plus solennels avec des mouchoirs sur la tête. Car je dois vous faire connaître, Monsieur, que les hommes ont déjà adopté le mouchoir pour travailler dans les champs. Ils se permettent aussi d'assister aux convois et aux processions le chapeau sur la tête. Vous voyez d'après cela qu'il n'y a plus qu'un pas à faire pour se présenter à l'église en toilette de nuit...
Excédé, le Procureur du Roi répondit le 12 Avril 1818 :
Monsieur le Curé,
Il m'est impossible, sans commettre un excès de pouvoir, d'autoriser la défense que vous vous proposez de faire à toutes les personnes du sexe féminin à Milly de se présenter à l'église, la tête coiffée d'un mouchoir...
Permettez mois de vous faire remarquer, Monsieur le Curé, que les sentiments peu favorables que vous portez à la Demoiselle Dumont, vous entraînent, contre votre intention sans doute, à solliciter une défense générale, lorsque vous ne voudriez atteindre que Mlle Dumont seule.
Rappelez-vous, Monsieur, que vous êtes vif et même violent. Tentez de vous calmer et vous reconnaîtrez que vous êtes égaré par un sentiment, je ne dirai pas de haine, mais d'animosité qui vous domine, et dont les suites ne peuvent qu'être fâcheuses pour vous. Encore une fois, M. le Curé, la coiffure contre laquelle vous vous élevez avec tant d'aigreur n'a rien d'indécent ; elle n'est autre chose qu'une mode économique et tant qu'il y aura des classes de femmes malaisées, cette mode se maintiendra.
Les derniers brandons de discorde allaient s'éteignant... Le vieux soldat pestait bien à part soi contre la tyrannie du Curé:
Si je n'étais pas ennemi de tout ce qui porte une teinte d'émeute populaire, je vous produirais une attestation des habitants en général qui vous montrerait que la suppression de la coiffure dite marmotte, est une tyrannie contraire à l'intérêt des pauvres familles qui souffrent beaucoup d'être forcée à des dépenses de blanchissage de bonnets pour envoyer leurs enfants au catéchisme, aux prières et autres offices des jours ouvrables.
Puis un post-scriptum, lourd des concessions faites :
Je vous assure M. Le Procureur du Roi, que je ferai tous les sacrifices humainement possibles pour la tranquillité, mais je ne souffrirai jamais que ma fille, à 21 ans, qui a de la religion, des moeurs et une éducation soignée, soit sous la dépendance servile des passions de son curé !
L'orage, près de se dissiper, allait-il gronder à nouveau ? Non. Le 1er Mai 1818, la paix était faite ainsi qu'il résulte d'une lettre du sieur Dumont au Procureur d'Etampes :
Comme l'opinion de toutes les autorités est fixée dans l'affaire de ma fille avec son curé et qu'il n'est pas dans les principes qu'une demoiselle de 21 ans conserve de l'éloignement pour son pasteur, j'ai ordonné à ma fille de se rapprocher de lui. L'entrevue a eu lieu ces jours derniers : on s'est promis de part et d'autre d'oublier le passé. Je suis donc fondé à croire que la paix va renaître.
De son côté, le Procureur général avait conclu que le déplacement de M. le Curé de Milly serait un bienfait qui profiterait à la religion et aux moeurs dans une ville où ce scandale n'était pas le premier qu'on ait eu à reprocher à cet ecclésiastique qui dégrade son ministère, qui s'abandonne très facilement aux mouvements de la violence et de la colère et nourrit des sentiments haineux sans vouloir écouter les conseils de modération qui lui ont été données par Mgr l'Evêque de Versailles.
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Récit d'Adrien Sée

dimanche 31 janvier 2010

Exposition : Alain Briand - « Aquarelliste des rues »

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Son nom est moins familier que sa silhouette dans les rues de la ville mais c’est bien de lui dont il s’agit, cet artiste au chapeau sombre qui s’installe dans les endroits pittoresques de Milly pour en retranscrire le charme de son pinceau aquarellé. Son discours revêt la douceur de ses peintures, en témoigne ces quelques mots sur son approche artistique : « Je pense que la réalité mérite qu’on témoigne d’elle fidèlement. Je m’invite souvent au mariage de la pierre couturée de cicatrices, du lierre coriace qui sait qu’il aura le dernier mot, de l’eau qui passe et reste à la fois, et du métal fatigué, que la rouille allume de couleurs improbables. » Il peint dans la rue et sur les chemins, car la rencontre du promeneur, du curieux est au cœur de sa démarche. Comme d'autres montrent du doigt, il restitue de la pointe du pinceau ce détail que l'habitué, tout affairé, ne voit pas ou ne regarde plus. Il le soustrait au temps et le présente, souvent mis en scène dans l'insolite d'un cadrage inédit ou d'un assemblage multiple.
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Petit lavoir.
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Cocteau verso.
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Multi Halle.
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Le chateau.
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Portes de Milly
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Le Moustier
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Espace culturel du Moustier
Exposition du 13 février au 7 mars 2010
Entrée libre

La famille Lalauze à Milly-la-Forêt

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Adolphe Lalauze est un peintre et illustrateur français né à Rive-de-Gier (Loire) le 8 octobre 1838 et mort à Milly en 1906. Ex-contrôleur de l’enregistrement, il prit des cours de dessins auprès de Gaucherel. Il produisit surtout des eaux-fortes, dont de nombreux portraits originaux de ses contemporains. Il travailla souvent sur des commandes de Cadart. Il donna aussi souvent dans la scène de genre avec une prédilection pour les scènes enfantines, pour lesquelles il prit ses propres enfants pour modèles.
Il étudia à l'école des beaux-arts de Toulouse. Ayant entamé une carrière de contrôleur de l'enregistrement, il fut encouragé par le graveur Léon Gaucherel, dont il était élève, à persévérer dans la gravure. Il exposa pour la première fois au Salon de 1872. Il reçut des médailles aux Expositions universelles de 1876, 1878 et 1889, et fut fait Chevalier de la Légion d’honneur.
Dès la fin des années 1870 il avait acquis aussi une certaine notoriété comme illustrateur. Il illustra, parmi des dizaines d’autres ouvrages, Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre, Le Moine de Lewis, les Contes fantastiques d’Hoffmann, Don Quichotte de Cervantès, les Voyages de Gulliver de Swift (Librairie des bibliophiles, 1875), la Physiologie du goût de Brillat-Savarin (Jouaust, 1879), Manon Lescaut de l’abbé Prévost (1879), Le Diable amoureux de Cazotte (Jouaust, 1883), Le Vicaire de Wakefield de Goldsmith (Gay et Bird, 1893), Jean et Jeannette de Théophile Gauthier (Ferroud, 1894), etc.
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Alphonse LALAUZE, son fils est né à Paris en 1872 et décédé en 1936. Elève d'Edouard DETAILLE, il participa aux expositions à Paris, du Salon des Artistes Français, en devint sociétaire, y obtenant une mention honorable en 1899, une médaille de 3e classe en 1900, une mention honorable en 1900 (dans le cadre de l'Exposition Universelle). Il fut le peintre militaire bien connu.
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Cette ancienne maison à grosse tourelle dite « La Rotonde » fut la propriété d’Adolphe Lalauze et de son fils Alphonse.
(Carte écrite par la famille Lalauze en 1902)
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Composition offerte à l’Eglise Notre-Dame par Alphonse Lalauze.

lundi 28 décembre 2009

Fête Patronale Saint-Pierre et Concours de Pompiers du 6 juillet 1947 à Milly-la-Forêt

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Depuis plusieurs jours, Milly était en effervescence, à l’entrée des routes principales des portiques se montraient, dans la grande rue des guirlandes flottaient et sur la place du Marché des mâts se montaient, ornés de drapeaux ; aussi samedi soir, la fête commença par le rassemblement place de la Mairie, qui elle aussi était décorée, de la musique, des pompiers, de la population pour la traditionnelle retraite aux flambeaux qui parcourut les rues de la ville au son des marches entraînantes à la lueur des torches et lampions, des feux de Bengale de toutes couleurs.

Sur le boulevard du Nord, lieu de la fête foraine, où se pressaient, pour la joie et le plaisir de tous, de nombreux manèges, boutiques ; l’illumination était complète dans son cadre de verdure. Saint-Pierre sur son piédestal regardait d’un œil amusé cette fête qui lui rappelait les fêtes d’avant-guerre, car il y avait bien longtemps que la Saint-Pierre n’avait connu une telle animation ; les boutiques, les tirs, loterie, grande roue, les baraques de phénomènes, le mur de la mort, les manèges de chevaux de bois, de bateaux, les chenilles, les autos, les balançoires, etc., il y en avait vraiment pour tous les goûts et tous les âges, et la jeunesse.

Le dimanche matin, à 7 heures, sonnerie de cloches ; ce fut ensuite l’arrivée des corps de sapeurs-pompiers qui se manifestèrent par quelques coups de clairons de-ci de-là. Le rassemblement avait lieu place Grammont.

A 9 heures, à l’école des garçons : théorie.

A 10 heures, place Grammont : inspection des corps.

A 10 h 15, revue par les membres du jury

A 11 heures, place de l’Hôtel de Ville, rassemblement des corps.

Le cortège se forma, musique en tête, pour se rendre au monument aux morts par la grande rue ; place du Marché et rue Mortera ; en passant devant la maison Duché, le cortège fit une halte, dans un geste touchant, les forains déposèrent une gerbe au pied de la plaque de la maison et la musique joua la Marseillaise ; chacun eut une pensée pour Fernand Duché, si brave, si bon camarade pour tous, dont les forains comme tous ceux qui l’approchaient pouvaient reconnaître la bonhomie et qui est resté au nombre des braves dans les camps nazis ; le cortège, continuant son chemin, arriva au monument aux morts des deux guerres ; après le dépôt des gerbes, M. Poiget, maire de Milly, conseiller général, demande une minute de silence et la musique joua la Marseillaise, sous le commandement du Capitaine Château ; le cortège reprit le départ par le Boulevard de l’Est et la rue Langlois, pour se rendre à l’Hôtel de Ville, où, après un morceau de musique, M. Poiget salua l’arrivée de M. Perreau-Pradier, sous-préfet de Corbeil, qui décerna quelques médailles, entre autres à Mme Moreau, femme de service à l’école maternelle pour ses services rendus aux enfants. Un vin d’honneur dans les salons de l’Hôtel de Ville termina cette petite réception.

L’heure du déjeuner arriva, les officiers se rendirent à l’Hôtel du Lion d’Or, où un repas très bien préparé leur fut servi et à l’heure du café l’heure des discours sonna. M. Poiget donna la parole à M. Robert Limery, lieutenant des sapeurs-pompiers de Milly, le Commandant Quinette, M. le Capitaine Château, M. Bernos, des affaires économiques à la Préfecture, puis M. Poiget prit lui-même la parole en ces termes :

DISCOURS DE M.POIGET
Maire de Milly, Conseiller Général
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M. le Sous-Préfet, M. le Président de l’Union Départementale, M. l’Inspecteur adjoint des Services d’incendie de S-et-O, MM. Les membres du jury, MM. Les officiers, Messieurs.

Nous regrettons tous que M. Le Préfet de Seine-et-Oise n’ait pu, aujourd’hui, rehausser de sa présence l’éclat de notre fête, mais nous comprenons qu’il ne lui soit pas possible de s’évader de Villacoublay où se déroule aujourd’hui même une brillante manifestation aéronautique.

Nos regrets sont toutefois bien atténués, puisqu’il a délégué pour le remplacer notre sympathique sous-préfet de Corbeil, M. Perreau-Pradier.

Nous savons, Monsieur le Sous-Préfet, tout l’intérêt que vous portez aux communes de notre arrondissement et à notre cité, en particulier. Il semble que vous ayez le don d’ubiquité, puisque vous savez être partout où l’on vous réclame et combien sont nombreuses les sollicitations dont vous êtes l’objet. Nous vous sommes profondément reconnaissants de votre bienveillante attention et tant en mon nom personnel qu’au nom de la population tout entière, je vous prie de bien vouloir accepter mes remerciements les plus sincères.

En organisant aujourd’hui ce concours de pompes régional, la population de Milly a eu le désir de répondre à la fois au vœu d’une grande partie de nos concitoyens, ainsi qu’à celui des sapeurs-pompiers de la ville et des communes du canton et même des départements limitrophes.

Si nos efforts ont été couronnés de succès, nous le devons, pour une grande part, aux concours précieux qui nous ont été spontanément offerts, ceux de M. le Commandant Quinette, inspecteur départemental des services d’incendie, dont nous regrettons l’absence à ces agapes amicales, mais qui, cet après-midi, sera des nôtres après avoir assisté à Maisons-Laffitte à un concours de pompes ; de M. le Capitaine Gruber et de M. le Capitaine Château, qui n’ont pas ménagé leurs déplacements à Milly pour étudier dans les moindres détails l’organisation technique de cette manifestation afin d’en assurer le succès.

S’il est vrai que la plupart des actions humaines ont, hélas, pour mobile exclusif, l’intérêt personnel, il est juste de noter qu’il est d’heureuses exceptions. Les sapeurs-pompiers en sacrifiant leur temps, en accourant au secours de leurs concitoyens en proie au sinistre, en affrontant courageusement le danger et en faisant au besoin le don de leurs personnes, nous montrent que les plus pures vertus altruistes ne sont pas disparues de notre pauvre humanité et ils constituent pour les jeunes une indispensable solidarité. Peut-être, d’ailleurs, ne savons-nous pas reconnaître comme il conviendrait les mérites de cette phalange de braves gens. Il nous faut en effet regretter l’indifférence, pour ne pas dire la carence des pouvoirs publics qui refusent encore aux communes la priorité des fournitures de matériel d’incendie. Tout retard apporté à la satisfaction des demandes des communes dans ce domaine se traduit peut être pour nos braves sapeurs-pompiers par l’impossibilité de soustraire aux flammes une ou plusieurs vies humaines.

M. le Sous-Préfet, j’en suis persuadé, sera notre interprète auprès de l’Administration pour que nos revendications soient prises en considération.

Notre sympathique lieutenant, Robert Limery, en associant la compétence au dévouement, a su donner une âme au corps qu’il dirige. La population lui en sait gré et je suis heureux de lui dire combien nous apprécions son autorité et ses initiatives.

Il m’est agréable de pouvoir adresser mes biens vives félicitations aux personnes qui, ce matin, ont été l’objet de décorations méritées. Certains considèrent avec mépris ce qu’ils nomment des hochets, mais toute récompense due au mérite et non à l’influence impose le respect.

Je tiens à remercier avec M. le Sous-Préfet, M. de Ganay, ancien conseiller général qui, bien que relevant d’une grave maladie, a tenu à être près de nous aujourd’hui ; MM. Les Maires et Conseillers Municipaux du canton ; M. le Capitaine Gruber, M. le Capitaine Château, que la population connaît bien. M. le Commandant Mercier, M. le Capitaine Chasseignaux, M. le lieutenant Bellavoine, M. le lieutenant Papelard, membres du Jury. MM. Les officiers commandant les corps de sapeurs-pompiers, M. le Commandant Girard d’Etampes, M. le capitaine Haldebique, M. le lieutenant honoraire Adolphe Limery, M. le Commissaire spécial de Juvisy, M. l’adjudant-chef commandant de la section de gendarmerie d’Etampes, M. le chef de la brigade de gendarmerie de Milly, M. Barker, représentant de la presse et enfin tous nos concitoyens qui ont bien voulu participer à ce déjeuner fraternel.

Je remercie également les membres de la commission des fêtes et les commerçants de l’aide qu’ils nous ont apportée et M. Boissière, secrétaire général de la mairie, qui ne nous a pas ménagé son temps et dont les efforts sont pour une large part à l’origine de la réussite de ce concours.

Je forme le vœu que tous conservent de cette journée un excellent souvenir. Ce serait pour notre petite ville, qui a tout mis en œuvre pour recevoir dignement ses invités, la meilleure des récompenses.

Je dis encore une fois merci à tous et honneur à nos sapeurs-pompiers.

Pour terminer les discours, M. Perreau-Pradier, avec son aisance habituelle, répondit à tous les discours et fit battre par tous les assistants un triple ban pour le Président de la République.

Chaque corps des sapeurs-pompiers était accompagné d’un pompier de Milly qui les pilotait et les conduisit également, pour déjeuner, dans leur restaurant respectif.

Tous les pompiers furent unanimes pour reconnaître qu’ils avaient été très bien servis dans les restaurants et très bien reçus partout.
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Sapeurs pompiers devant l'école des filles en 1949.

A 15 heures sur la place du Marché, défilé général des corps avec matériel. Y prenaient part les pompiers de : Baulne, Barbizon, Fontenay-le-Vicomte, Mennecy, Puiselet-le-Marais, Saint Fargeau, Videlle, Villeneuve-sur-Auvers.

Et chaque corps de pompiers fit les exercices sur un bâtiment de la place du Marché. Le public put se rendre compte de la dextérité, de la souplesse qu’il faut à nos braves pompiers pour assurer notre tranquillité.

A la suite de ces exercices, la compagnie d’Etampes fit une démonstration sur la place de l’Eglise avec son matériel de pompe, chacun put voir la force de jet des huit lances marchant à la fois, ainsi que la grosse lance soutenue par trois hommes ; en un rien de temps le sol fut rafraîchi.

Vers 19 heures, du haut des marches de l’Hôtel de Ville, M. le Commandant Quinette proclama les résultats et distribua les prix et récompenses dont nous donnerons le détail la semaine prochaine. Cette lecture fut faite au milieu des acclamations de tous les sapeurs-pompiers.

Pendant ces exercices, à 17 heures 30, la fanfare municipale donnait un concert très réussi et très goûté du public venu nombreux pour applaudir nos musiciens, sur le boulevard de la fête, ombragé à souhait.

Le concours des sapeurs-pompiers avait amené beaucoup de monde à Milly, le temps fut de la partie et chacun ayant fait de son mieux, tout marcha très bien, les rues bien décorées ; les commerçants avaient, eux aussi, décorés leurs devantures ou fait de beaux étalages agréables à voir, tout contribua vraiment à ce que la Saint-Pierre se passe très bien ; l’organisation était bien faite et chacun gardera un bon souvenir de cette Saint-Pierre 1947.

Le soir vit encore la grande affluence ; le bal Duché fit danser jusqu’au matin vers 5 heures toute une jeunesse avide de plaisirs. Le lundi matin, ce fut le repos, mais l’après-midi, les jeux pour les enfants obtenaient un succès fou, ainsi que les mâts de Cocagne et les courses ; même les vétérans s’en mêlèrent ; aussi, le lundi soir, ce fut très calme, mais enfin de nombreux flâneurs vinrent tout de même dire le traditionnel bonsoir à Saint-Pierre.

Dimanche 13 Juillet, le bal continua sur son emplacement de la Saint-Pierre en matinée et en soirée.




Médaille remise lors du concours le 6 juillet 1947
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L'Abeille d'Epampes du 19 juillet 1947.

dimanche 20 décembre 2009

Incendie à Coquibus

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Les incendies de forêt désolent à nouveau la région ; depuis quelques jours les habitants de Milly sont troublés par la lugubre sonnerie de la « générale ». Samedi encore le feu a pris dans les bruyères de la propriété de M. Cochin, au lieu dit Coquibus, on ne sait au juste à quel endroit et de quelle manière ; ce serait à considérer comme vraie la légende suivante laquelle en l’année 995 « les arbres s’enflammaient dans les champs sous les rayons du soleil » ; on nous assure que ce phénomène se produisit également en l’année 1800.

Ne quittons pas ce navrant sujet sans adresser nos félicitations à nos courageux pompiers et à M. Chagot, leur chef expérimenté.

L'Abeille d'Epampes du 22 juillet 1905.

Place Galliéni à Milly la Forêt

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Cette place s’appelait jadis la « Place de Lyon ». Là se trouvait autrefois la mare de Lyon qui fut définitivement comblée en 1866.


Place de Lyon vers 1904, avec le portique qui servait à l'entrainement des pompiers.

A cette place s’élevait la Porte de Lyon, également fortifiée, où passait le grand chemin de Paris à Lyon.

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Cuisines du camp d'instruction des zouaves en 1915.

Aujourd’hui, un très beau square, dessiné par Graef, a été établi autour du monument élevé par les habitants, à la mémoire des enfants de Milly, morts pour la Patrie. La statue « La Résistance » est due au ciseau du sculpteur Pourquet ; le piédestal a été édifié par M. Miard, marbrier à Milly, sur les plans de M. Dameron, architecte à Corbeil.


Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 28 novembre 2009

La distillerie du Vaudoué

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La distillerie vers 1905.

.On peut voir à droite la cabane de la bascule où les paysans faisaient peser leur chargement avant et après. On déposait les betteraves sur le terre-plein devant la distillerie, puis on les transportait dans le hangar où se trouvait l’hélice sans fin qui les montait dans le lavoir. Ensuite, elles montaient à nouveau par une chaîne à godets dans un grand réservoir avec coupe-betteraves. Les betteraves étaient cuites dans des macérateurs et le jus dirigé vers des cuves de fermentation. Des pompes envoyaient ensuite le jus fermenté à la distillation. La pulpe sortait par des courroies de transmission pour être dirigée dans la fosse où les cultivateurs venaient la chercher pour alimenter le bétail.
A l’intérieur de la distillerie, il y avait une colonne qui servait à dénaturer l’alcool de betteraves.
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L’Alcool et la Betterave de distillerie(Source L'Abeille d'Etampes du 15 septembre 1900)

Nous aurions pu intituler cet article : « Une révolution en agriculture » ; et quelque charlatanesque qu’eût pu paraître ce titre, nous aurions prouvé qu’il n’était pas exagéré.
On vient, en effet, de trouver une lampe d’éclairage permettant l’emploi économique de l’alcool.
C’est donc un débouché presque illimité pour ce produit, essentiellement agricole et français, qui va pouvoir concurrencer avantageusement le pétrole, marchandise exotique, accaparée par de grosses sociétés cosmopolites.
Nous ne discuterons pas, aujourd’hui, les avantages industriels de l’alcool sur le pétrole : cela nous entraînerait trop loin.
Disons seulement que si l’alcool entre dans la pratique courante de l’éclairage et du chauffage, nous devons nous en réjouir, nous, cultivateurs français.
C’est, en effet, la culture de la betterave de distillerie qui va se multiplier partout, avec son cortège – d’instruments perfectionnés pour le parfait ameublissement du sol – d’engrais riches et abondants pour l’obtention de rendements rémunérateurs, - d’une main d’œuvre multipliée par les binages, « démariages », arrachages, décolletages des betteraves.
C’est, d’autre part, la création de nombreuses distilleries de betteraves dans toutes nos régions, industries d’autant plus faciles à créer, - qu’elles demandent peu de capitaux, - qu’elles peuvent être alimentées par une foule de cultivateurs, même par ceux ne faisant qu’un demi-hectare de betteraves – qu’elles ne travaillent que l’hiver, laissant, par conséquent, à leur personnel, la possibilité de faire l’été, les travaux de la fenaison, de la moisson, des binages de betteraves, etc. (travaux rendus très difficiles dans notre pays, par la rareté et le prix élevé d’une main d’œuvre étrangère).
C’est, enfin, l’obtention de résidus riches en matières fertilisantes et pouvant être employées comme engrais (les vinasses), ou même pouvant servir à l’alimentation du bétail (pulpes).
Et qu’on ne nous dise pas que nos terres ne sont pas propres à la culture de la betterave de distillerie : car dans ces terres – bien rares dans notre pays – on peut la remplacer par des cultures d’autres plantes productrices d’alcool : pomme de terre, topinambour, seigle, etc.
Ce serait donc un bienfait du ciel que la création de nouvelles distilleries de betteraves dans notre région. Elles réunissent, en effet, aux produits immédiats que donne généralement l’industrie, l’inappréciable avantage d’être un auxiliaire agricole.
Ces quelques considérations suffisent à justifier notre pseudo-titre : « Une révolution en agriculture », puisque l’alcool est appelé à devenir l’avoine française des automobiles, le pétrole français pour l’éclairage et le chauffage.
Mais, direz-vous, peut-être, chers lecteurs, d’où vient donc qu’on ait pas songé plus tôt à remplacer l’infect, sale et dangereux pétrole exotique par l’inodore, propre et français comburant qu’est l’alcool ?
Cela tenait à deux causes « dont chaque est suffisante seule » eut dit Cyrano.
D’abord, au manque de débouchés.
Puis à l’impôt énorme (de 37 fr 50 par hectolitre) que payait l’alcool.
Du reste, en dernière analyse, c’est cette seconde cause qui, seule, paralysait les progrès de l’industrie de l’alcool ; la preuve, c’est que, dès la suppression (ou du moins la réduction à 2 fr. 50) de cet impôt exorbitant, on a trouvé des débouchés nouveaux.

Ces débouchés, nous en avons parlé plus haut, ce sont : l’éclairage, en concurrence avec ces mêmes pétroles accaparés et les charbons chers et relativement rares ; la force motrice, en concurrence avec ces mêmes produits étrangers et nullement agricoles.

La distillerie vers 1920.
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L'étang du Nicorbin était un bassin de décantation creusé par la distillerie et alimenté par l'eau de lavage des betteraves.

La Foire Saint-Simon de Milly en 1905

La foire de Saint-Simon qui était, il y a des années, la plus importante des foires de bestiaux des environs, a été tenue jeudi dernier, et, il faut le dire, elle a donné lieu à des transactions commerciales très peu nombreuses : quelques vaches, des ânes, des chevaux en petit nombre, c’est tout ce qui y a figuré rappelant l’antique foire. En revanche, un manège de chevaux de bois a entraîné toute la journée dans sa course bruyante et vertigineuse les cavaliers et écuyères de l’avenir. Quelques marchands forains, et ça été toute notre foire. La Saint-Simon se meurt. Le chemin de fer seul peut nous aider à en renouveler et relever les attraits.

L'Abeille d'Epampes du 4 novembre 1905.

dimanche 1 novembre 2009

Le Faubourg Saint-Blaise à Milly la Forêt

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Va de la place Galliéni à la gare du Tramway de Melun à Milly. A droite, au milieu d’un square s’élève la chapelle Saint-Blaise, dernier vestige de l’ancienne maladrerie Saint-Blaise qui existait déjà au Moyen-Age. La maladrerie (ou Ladrerie) était située le long du chemin de Nemours. Les bâtiments furent démolis en 1721 et il fut élevé sur leurs emplacements, la petite chapelle actuelle. On y disait la messe une fois par an, le jour de Saint-Blaise. A l’intérieur, on y voyait une très vieille statue en bois, ainsi qu’un panneau de bois sculpté représentant Saint-Blaise.
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Autrefois le temporel de la Maladrerie consistait en une dîme d’oignons, de graines de chanvre et une pièce de terre de 9 arpents. Les dîmes, cens, lods et ventes étaient donnés à bail. En 1695, les biens et les dîmes de la maladrerie furent réunis à l’Hôtel-Dieu de Milly. Le Bureau de Bienfaisance – héritier de l’Hôtel-Dieu – procéda à la vente des terres en 1865 pour 23 305 francs.

C’est autour de la maladrerie que se tenait primitivement la foire de Saint-Jude et Saint-Simon, qui alors durait 3 jours.

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).