Actualités : Exposition et parution du livre "L'enseignement à Milly-la-Forêt"

mardi 26 mai 2009

Paul BECKER, sa vie, son œuvre

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Paul BECKER est né le 8 juin 1920 à Troyes. Fils d'un couple de bonnetiers troyens, il était l'aîné de quatre enfants.
A 12 ans le lendemain de son certificat d’études, il travaille 12 heures par jour dans une usine de bonneterie.
De 1932 à 1935, il continue sa scolarité jusqu'au brevet élémentaire en cours du soir.
En 1936, il s’initie au vol planeur puis à l’avion.
De 1939 à 1942, il s’engage pour 3 ans, il sera un pilote de chasse émérite. Affecté au 19° GRCA, Commandant de réserve, pilote commissaire A.C.F. (Aéro Club de France), ses prouesses de pilote sont légendaires
En 1943, désigné pour partir en Allemagne; réfractaire, il entre alors comme officier dans la Résistance où il assure, avec quatre groupes armés, la sécurité d'un hôpital de premier secours du maquis.
A la Libération entre 1945 et 1950, il vend à l’armée un brevet concernant un véhicule tous terrains intéressant la Défense Nationale. Puis, il vend à un industriel un autre brevet ayant trait à des métiers de la bonneterie.
Il envisage d'acheter un avion et de faire des meetings mais sa famille refuse. Il achète alors un vieux moulin en Dordogne, qu'il restaure Iui-même. Il s’adonne à l’élevage.
En 1952, son beau-frère lui fait découvrir un bloc de quartz sur le côté d’un sentier, près du moulin. C’est le point de départ de sa carrière artistique, très influencée par son père qui peignait admirablement. Il commence par construire des maisons près de Thiviers puis quelques mois plus tard, il vend ses premières mosaïques.
En 1954, André MAUROIS compare ses œuvres à «une tapisserie de pierres»
Entre 1955 et 1960, il rencontre PICASSO, LURÇAT et COCTEAU à Cannes, qui lui offrent leur concours. Pierre MEUNIER de l'A.F.P. et ami de Jean COCTEAU apporte à l'été 1963, deux dessins que le maître a réalisés spécialement pour Paul BECKER: Orphée et Arbre de vie.
Pendant des années BECKER met au point de nouvelles techniques.
Ses efforts sont récompensés en 1961: «tu as apporté une chair à l'épiderme de la mosaïque» dira Jean COCTEAU à propos de ses compositions. Il est élu membre de l'Académie du Périgord.
En 1966, il devient veuf avec un fils de 16 ans mais il poursuit avec acharnement son œuvre.
Il quitte le Périgord en 1969 et s'installe en Essonne, d'abord au moulin Grena à Moigny.
Entre 1971 et 1972, il s’installe à La maison Blanche à Milly-la-Forêt.
C'est dans cette période que son Art évolue, il met au point de nouvelles techniques. Il rénove l'art du vitrail et un merveilleux Beethoven marque la première étape.
Après les vitraux monolithiques monochromes, ce sont les vitraux monolithiques polychromes qui voient le jour. La technique est au point, il ne manque plus que les conditions matérielles pour une réalisation à grande échelle.
Emerveillé par l'œuvre de BECKER, DOM ROBERT lui offre le droit de reproduction de ses cartons.
En 1971, pour le 7ème anniversaire de la mort de Cocteau, Paul Becker offre deux vitraux qui seront placés dans la chapelle Saint-Blaise des Simples.


Chapelle Saint-Blaise des Simples
Le 6 juin 1975, le conseil municipal de Milly-la-Forêt le nomme Citoyen d'honneur de la commune. Il rejoint ici Jean COCTEAU dans la notoriété.
Les recherches continuent: c'est la création des gemmes réflectantes. Il réalise alors des œuvres féeriques.
Il s’installe à Gironville en 1982.
En 1988, la Ville de Milly la Forêt décide de rendre hommage une nouvelle fois à son artiste de génie : une grande rétrospective de l’œuvre de Paul BECKER est organisée. On y découvre plus de 90 œuvres et deux premières mondiales : une interprétation des Simples dont COCTEAU orna la chapelle Saint Blaise ainsi que la réalisation d’un fragment de la tapisserie de DOM ROBERT, le Chat Noir, véritable tapisserie de pierre et de cristaux.
Le Conseil Général de l'Essonne, à son tour, l'honore en faisant l'acquisition d'une œuvre monumentale «Liberté» destinée à orner le hall du château de Chamarande, futur Institut de la Francophonie. Il est également sollicité pour créer les BECKER d'or, d'argent et de bronze du Festival International des Francophonies d'acteurs et le BECKER du Cheval, trophée destiné à récompenser les lauréats du concours international du trot attelé (U.N.A.T.).
Nouvelle consécration en 1991 : il est chargé de réaliser le cadeau destiné aux chefs d'états et aux représentants des pays qui, en 1993, participeront aux Il° Jeux de la Francophonie. La monnaie de Paris consacre cette œuvre par l'édition d'une médaille commémorative .
Paul Becker décède à 80 ans, le 19 novembre 2000 à l’hôpital de Champcueil.


L'Oiseau Joyeux, oeuvre offerte à la Ville de Milly-la-Forêt

dimanche 10 mai 2009

CHOMO, le Rodin des bois

Roger Chomeaux, dit "Chomo", est né le 28 janvier 1907 à Berlaimont (59), dans une famille très modeste.
Initié au spiritisme par sa tante et depuis toujours passionné de dessin, de poésie et de modelage, il obtient sans grande conviction son Certificat d'Études et se fait inscrire à l'École des Beaux-arts de Valenciennes (Académie de Sculpture), puis aux Beaux-arts de Paris où il gagne plusieurs prix. Marié et bientôt père de famille, il travaille comme décorateur de tapis quand survient la guerre. Bien que ajourné et père de trois enfants, il fut déclaré réserviste, puis mobilisé. Il a été fait prisonnier à Boulogne, puis déporté en Pologne, il simulera la surdité pour obtenir un rapatriement sanitaire.

De retour en France, responsable de trois enfants et incapable de gagner sa vie avec son art, il essaye d'abord de petits métiers, puis, harcelé par sa famille, préfère se retirer, seul, en pleine forêt de Fontainebleau, à Achères la Forêt, sur un terrain acheté par sa femme pendant l'Occupation. C'est là qu'il va vivre, dans le dénuement matériel le plus complet, et œuvrer durant plus de quarante ans, bénéficiant, comme tous les ermites, d'une liberté totale qu'il payera du prix parfois exorbitant de l'inconfort et de la solitude.

D'abord, forcé de se fournir sur place en matériaux et d'explorer les sous-bois et les décharges publiques, il développe la technique du « bois brûlé », puis celle des plastiques fondus, apprend à travailler le grillage et à utiliser les variétés de sable de la forêt. Pour abriter ses œuvres, de plus en plus nombreuses, il doit construire des bâtiments : avec des arbres morts, des pierres, du grillage, du staff et des bouteilles, il crée ainsi "l'Église des Pauvres", le "Sanctuaire des Bois Brûlés" et le "Refuge", appelé aussi à l'origine le "Remorqueur Réfrigéré". Les premiers visiteurs commencent à se manifester : c'est la naissance du Village d'Art Préludien.
En 1960, à la galerie Jean Camion, à Paris, rue des Beaux-arts, il avait fait sa première et unique exposition. Une manifestation spectaculaire, accompagnée d'une musique de sa composition, qui avait attiré l'attention d'André Breton et des derniers surréalistes. Depuis Chomo s'expose lui-même sur son petit hectare de forêt et vit de ce que lui donnent en repartant ses visiteurs.

Du 19 janvier au 3 février 1991, ses amis, admirateurs et adeptes ont organisé une grande exposition rétrospective de son œuvre en divers lieux de Milly-la-Forêt.

Chomo passait ses samedis et ses dimanches à initier son public aux secrets de sa création. Il est décédé en juillet 1999.

« Le Christ de Chomo »
Don de Chomo à la Ville de Milly à l’occasion de son exposition.


Revue "Artension" n°20 de janvier 1991



Revue "Artension" n°20 de janvier 1991



Revue "Artension" n°20 de janvier 1991
Sources : CHOMO par Roger Chomeaux aux éditions Jean-Claude Simoën (1978).
Remerciements à Françoise et Claude Hervé.

mercredi 29 avril 2009

Assiettes commémoratives de Milly la Forêt


Assiette diamètre 32 cm,
Verrerie d'Art de Soisy sur Ecole




Assiette diamètre 24 cm,
Illustrée avec le timbre "Marianne de Jean Cocteau",
Année 60




Assiette diamètre 24cm, édition limitée à 500 ex.
Dessin de F. Papi, pour le 5e centenaire de Halle en 1979.



Si vous possédez d'autres assiettes commémoratives de Milly, n'hesitez pas à m'envoyer une photo pour que je puisse mettre à jour ce post.

dimanche 26 avril 2009

Le lavoir de la Bonde


Lavoir de la Bonde, vers 1906.

Milly est dotée de vieilles pierres. C’est là, tout le charme de cette ville.

Mais au fil des ans, le temps fait ses ravages et des restaurations s’avèrent nécessaires. Ce fut le cas, en 1974, du lavoir situé devant le château.

Souvenir précieux d’une époque, le mur du fond s’était en partie écroulé. Consciente de ses trésors, et désireuse de les sauvegarder, la commune a décidé la reconstruction, dans le style, de ce lavoir. C’est l’entreprise Jean-Pierre Demont qui a réalisé les travaux.


Restauration du lavoir en décembre 1974.

samedi 28 mars 2009

La rue Saint-Jacques à Milly la Forêt

Va de la rue Langlois à la place Saint-Jacques.

La première partie de cette rue, de la rue Langlois à la rue Mortera, s’appelait rue aux Pelletiers. C’est là que se tenait le marché Saint-Jacques. Les Petites Halles s’élevaient à l’endroit le plus large de la rue, en face de la rue des Trois-Môles. La rue Saint-Jacques suivait, naturellement, la direction du fameux pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

A la place Saint-Jacques s’élevait l’ancienne église collégiale Saint-Jacques, construire sur les remparts de la ville, près de la Porte du même nom. Elle était la propriété de la Communauté des Pèlerins de Saint-Jacques. L’église avait des dépendances pour loger les nombreux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle (du XIIe au XIVe siècle).

Au Moyen-Age, l’église possédait un Chapître. Une bulle du Pape Clément en 1305 tranféré en l’église Notre-Dame les « 4 ou 5 chanoines qui étaient alors en l’Eglise Saint-Jacques dudit Milly, pour qu’à l’avenir ne faire qu’un même corps et collège ».



Le titulaire de l’église Saint-Jacques était seigneur du quartier : il avait droit de lods et ventes, censives, etc. sur les maisons de la rue Saint-Jacques. Un Guillaume de Milly était chantre de l’église Saint-Jacques en 1312. Boutaric rapporte qu’en 1323, un arrêt condamna les habitants de Milly à payer 2 500 livres parisis audit chantre. En 1658, Messire Isaac Jourdain était chantre et chanoine de l’église Saint-Jacques. A cette époque, elle n’était plus église que de nom. En 1780, elle commençait à tomber en ruines. Elle fut fermée en 1790 et le cloche enlevée. La partie qui restait, appelée « chapelle » fut mise en vente en 1792 et adjugée 200 francs à un nommé Barberotte, qui la revendit à Claude Julvin, dit « Champagne ».

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 14 mars 2009

Accident de voiture à Milly la Forêt le 7 juin 1905

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Mercredi dernier, une coquette automobile passait à toute allure devant l’Abreuvoir de la Bonde. Le watmann eut-il une distraction ? S’oublia-t-il un instant dans la considération de la vaste et limpide nappe d’eau, ou a-t-il été distrait par les antiques tourelles et le pont-levis qui forme le fond du riant tableau ? Nous ne saurions le dire. Quoi qu’il en soit, l’une des roues du rapide véhicule alla buter contre le trottoir et se brisa. La glace coupevent vola en éclats. Quant à la voiture, elle s’affaissa tristement, à moitié versée. Les quatre parisiens qu’elle emportait en villégiature, descendirent assez piteusement, mais visiblement satisfaits tout de même d’avoir conservé tous leurs membres intacts.

Lorsqu’il me fut permis d’aller m’assurer que somme toute il n’y avait rien de grave, une foule énorme était là, commentant l’accident. Et devant l’automobile affalée, attendait un camion attelé de deux fringants chevaux, amenés là par M. Perrot, notre camionneur toujours prêt à rendre service.

Au milieu de la foule, je distinguai mon ami Machin, plongé dans une profonde rêverie (mon ami Machin est un philosophe que je vous présenterai quelque jour, amis lecteurs ; ou du moins je vous présenterais son intéressant portrait) – Que fais tu ? lui dis-je. – Je constate, me répondit-il, que malgré toutes les découvertes, l’homme en est toujours réduit à revenir à sa plus noble conquête, le cheval.
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L'Abeille d'Epampes du 10 juin 1905.

mercredi 4 mars 2009

Exposition Henrik Kinski à Milly la Forêt

Deux ans après sa dernière exposition à Milly-la-Forêt, Kinski présentera ses dernières créations à l’Espace culturel du Moustier. Artiste bien connu à Milly-la-Forêt, puisque sa carrière artistique débute à la galerie de Kathy Bosc en 1983, aujourd’hui résident canadien et internationalement reconnu, Henrik Kinski sait évoluer et nous surprendre d’une exposition à l’autre par une recherche artistique et esthétique en constant cheminement. Cette exposition permettra de retrouver avec plaisir son talent et de découvrir les thématiques qui l’occupent actuellement.


Espace culturel du Moustier
Salle du 1er étage
Du 7 au 29 mars
Ouvert du mardi au dimanche
Entrée libre






Visiter le site d'Henrik Kinski : http://www.hkinski.com/

samedi 28 février 2009

L'église Notre dame de Milly la Forêt

L’église Notre-Dame de Milly s’élève à gauche de la rue Langlois. Primitivement, elle était la chapelle du château. Elle fut transformée en collégiale probablement par Hugues de Bouville. Détruite pendant les guerres de Cent Ans, elle fut reconstruite vers 1480. La Chapelle de la Vierge fut ajoutée en 1630 et le bas-côté droit en 1633.

Sous la sacristie se trouvaient les caveaux des anciens seigneurs de Milly. On inhumait dans le chœur les doyens et les chanoines de l’église, ainsi que les donateurs.

Dans le chœur se trouvent deux rangées de stalles en chêne sculpté, dont chaque miséricorde représente un sujet différent (classées Monument Historique). Dans la nef, on voit une belle statue de la Vierge, sous les traits, dit-on, d’Anne de Graville (pierre du XVe également classée Monument Historique) ; le piédestal porte des dragons sculptés en ronde bosse et les armes d’une corporation : boulangers ou patissiers ? On y voit encore les reliques de Saint-Wulfran, archevêque de Sens, né à Milly, seigneur de Milly jusqu’en 687 ; un lutrin en bois époque Louis XIV, aux armes du Président Perrault, des Beaupoil de Saint-Aulaire et des De Marie ; une pierre tombale de 1535 dont la traduction a été faite par le vicomte de Pibrac : l’épithaphe de Maître de Laborne, etc.

Les clefs de voûte sont aux armes de l’amiral de Graville, des Vendôme, et des marquis du Lau.

Dans le bas côté, se trouve un chef-d’œuvre en bois tourné et sculpté au couteau par un nommé Montagne, et à la fenêtre des fonts baptismaux une statue en pierre : Mater Dolorosa du XIIIe siècle.

Il y avait autrefois des caveaux sous toute l’église ; ils furent comblés lors de l’exhaussement du dallage.

A gauche du chœur se trouve une ancienne sacristie (salle voûtée du XIVe siècle).

Le clocher de Milly est un des plus esthétiques de toute la région. Il a 57 mètres de hauteur. Les proportions sont admirables. C’est un beau monument de l’époque de transition des XIIe et XIIIe siècle. La partie inférieure est de la fin du XIe. Il fut réparé par l’amiral de Graville qui fit graver ses armes sur la façade Est. La grosse cloche date de 1703.

A côté du clocher se trouve une belle porte bouchée, style ogival du XIVe siècle. Le portail principal, rue Notre-Dame a été ajouté. Il proviendrait d’une des anciennes églises de Milly, soit Saint-Jacques, soit Saint-Pierre. Il semble enfoncé et n’est pas très esthétique (roman primitif).

Sources : Les Rues de Milly - Promenade historique et archéologique dans Milly-en-Gâtinais par Georges Lasserre (1930).

samedi 14 février 2009

Fête de l’Union Française, le 3 juillet 1949 à Milly

Jouissant d’un temps splendide, la fête de l’Union Française a eu un succès considérable, tant par le nombre de visiteurs, que par leur qualité. De plus, au point de vue des relations amicales avec les Français de couleur, cette manifestation organisée par un petit canton de Seine et Oise, est appelée à voir un grand retentissement.

Le matin, un joyeux carillon réveillait la population à 9 h 15, l’abbé Letallier, curé doyen, célébrait une grande messe, au cours de laquelle après avoir excusé l’abbé Bonganda, député de l’Oubanguichari, retardé en cours de route, prononça un beau sermon à l’issue de la messe. L’abbé Boganda enfin arriva et prononça une vibrante allocution. De nombreuses personnalités assistaient à cette cérémonie religieuse.

A partir de 10 h 30, les personnalités commençaient à arriver à l’Hôtel de Ville et étaient reçus par M. Poiget, maire – conseiller général entouré de son conseil municipal, les honneurs étaient rendus par les gendarmes sous les ordres du capitaine Rouxel et par les sapeurs-pompiers. Un long cortège se formait pour se rendre au monument par les boulevards et était composé des enfants des écoles, de société de gymnastique, de jeunes filles habillées en costume indigène, les Ames Vaillantes, la Fanfare et la Clique, les Sociétés locales, les personnalités, le conseil municipal, la population, etc…
Après la minute de silence, une gerbe était déposée au nom de la municipalité et la Marseillaise éclatait. Le cortège se reformait, pour se rendre un peu plus loin où une tribune était dressée et de laquelle des discours allaient être prononcées pour l’inauguration des boulevards Joffre, Foch, Liautey, Eboué et de la place de la République. Tour à tour prirent la parole M. Poiget, Maire, M. Boisdon, Président de l’Assemblée de l’Union Française et M.Senghor, député du Sénégal. Les enfants des écoles, sous la direction de M.Serré, directeur d’école, chantèrent « Les trois petits soldats », dont les paroles sont de M.Joze Faure, lequel tint à les soutenir de la voix, ils furent chaleureusement applaudis. Les plaques Joffre et Foch furent découvertes et par la rue Mortera, place du Marché, avenue de Ganay, le long cortège se rendit boulevards Liautey et Félix Eboué pour dévoiler les plaques, et par la rue Langlois, le cortège revint à la Mairie

Un vin d’honneur était ensuite servi aux invités pendant que les personnalités signaient le Livre d’honneur.

A 13 heures, sous les Halles, un grand banquet de 169 couverts, avec mets coloniaux, était ensuite servi.

Le moment du dessert fut aussi celui des discours et tour à tour :

M. Poiget, maire de Milly, prit la parole, suivi du Colonel Furnari, président de l’Algérienne ; M. Joyet Faure, Président adjoint du Cercle France Union Française ; M. Ben Chénouf, député de Constantine ; M. Valentino, député de la Guadeloupe ; M. Francesco Praridi, président de l’Association des Amis de la France en Italie ; M. Marty, président du conseil général de Seine et Oise ; M. Gaston Monnerville, président du Conseil de la République.

Le cortège se reforma derrière la musique pour se rendre au théâtre de verdure, installé place Grammont, où un nombreux public put applaudir un très beau spectacle colonial.

La fête Saint Pierre qui avait débuté la veille par une très belle retraite aux flambeaux se continua le dimanche soir par une fête foraine, où chacun se rendit par le boulevard Lyautey, brillamment illuminé et vint dire un amical bonjour à Saint Pierre.


Le lundi, la ville se réveilla très tard, et ce n’est que vers 16 heures que l’atmosphère reprit au moment des jeux organisés par la municipalité pour les enfants. Les amateurs de danse et de sensations fortes continuèrent la fête lundi soir, jusqu’à une heure assez avancée au bal Duché et sur les autos skotter.


Abeille d’Etampes du 7 Juillet 1949

lundi 19 janvier 2009

La Fête des Pompiers de Milly du 3 juillet 1932

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Il y avait dimanche à Milly, vingt-quatre enfants qui étaient bien contents. Assis de front devant la porte de l’établissement qui les a recueillis, il y en avait des blonds, des bruns, des frisés, d’autres avec des baguettes de tambour sur la tête, ceux-ci avec de petits yeux malins, ceux-là avec des mirettes de jeunes mamans, mais ils étaient tous aussi sages les uns que les autres. On leur avait annoncé que la place Grammont où ne séjournent guère que les vieux bons papas qui cherchent l’ombre, où les petits gars qui jouent à la marelle, au bistinet, allait se remplir de pompiers, les enfants aiment bien les soldats, mais ils préfèrent encore les pompiers. Un pompier n’est jamais méchant ; un soldat ça tue quelques fois. Et puis, on leur avait dit encore que s’ils se tenaient bien on les conduirait sur la fête, où il y a un grand Saint-Pierre, en bois de chêne ; une fontaine qui la nuit verse de l’eau plein de feu ; un vrai lion dans une ménagerie ; un manège d’automobiles et un tas d’autres choses qui amusent bien les enfants. Voilà pourquoi ils se tenaient bien sages en attendant les pompiers ; leur maîtresse les tenait d’ailleurs à l’œil.

Vers dix heures, les pompiers commençaient à arriver. Ils s’en allaient d’abord réciter leurs leçons à l’école communale des garçons de la rue Sadi-Carnot, puis ils venaient se rassembler sur la place avec leurs engins, dont le plus beau était l’autopompe de Corbeil, une belle mécanique qui coûte dans les 125.000 francs. A côté d’elle « Lulu » d’Etampes, faisait sa fière tant qu’elle pouvait sous les yeux du bon Capitaine Girard et de ses 24 hommes. On parlait de la possibilité de se procurer un de ces beaux engins rouges pour pas beuaocup d’argent. Le service départemental en fait payer les deux tiers de leur valeur, mais pour cela l’autopompe ou la moto-pompe sont tenues au premier appel d’aller au secours des communes qui n’ont que des moyens insuffisants de combattre le feu. Ca va bien pendant que le feu brûle, mais après quand il faut régler les frais de déplacement de l’autopompe et des pompiers, les communes se font tirer l’oreille. Il y avait justement là un conseiller municipal d’Etampes, M.Liger, qui a établi le rapport de la Commission du budget de la ville où il a écrit : « Dans le service départemental de secours contre l’incendie, un centre principal a été créé à Etampes, avec téléphone de nuit et placé sous la direction du Capitaine Girard. Notre Centre a porté secours à différentes communes et il en est résulté naturellement des frais qui sont réclamés d’après le tarif départemental aux communes sinistrées. Or bien des petites communes n’ont pas dans leurs budgets les crédits nécessaires à ces remboursements. Tout en tenant compte de ces impossibilités, il n’en est pas moins vrai que nos sapeurs ne peuvent attendre des mois pour toucher les indemnités qui leur sont dues. Le règlement départemental n’a pas prévu ce cas, qui est malheureusement trop fréquent et les communes qui comme Etampes sont « Centres principaux » se trouvent dans l’obligation de faire des avances qui peuvent atteindre un chiffre important. Cette situation est regrettable et je vous demanderais d’émettre un vœu pour qu’il soit créé une Caisse Départementale du service de Secours contre l’incendie afin de faire les avances aux centres ou secteurs portant secours aux communes de leur circonscription. Ces communes rembourseraient ensuite la Caisse départementale ».

Cette manière de voir n’a pas manqué d’intéresser les membres du jury qui étaient, le chef de bataillon Mathon, commandant des sapeurs-pompiers de Rambouillet, président de l’Union Départementale ; les capitaines Cabué, de Longjumeau ; Bemelmans, de Sucy-en-Brie ; Gruber, de Palaiser et Girard d’Etampes.

Quant aux subdivisions de sapeurs-pompiers, elles étaient au nombre de dix en plus de celle de Milly, lieutenant Limery, et de celle de Méréville, qui étaient représentée par le sous-lieutenant Bretonnet. IL y avait donc :

Etampes, capitaine Girard, lieutenant Moreau et 24 hommes

Corbeil, capitaine Duval et 15 hommes.

Essonnes, lieutenant Auprince et 22 hommes.

Mesnil-Racoin, sous-lieutenant Houdy et 14 hommes, parmi lesquels le propre grand-père du commandant.

Soisy-sur-Ecole, lieutenant Michaux et 18 hommes.

Malesherbes, lieutenant Varverende et 18 hommes.

Tousson, lieutenant Jaury et 17 hommes.

La Ferté-Alais, lieutenant Mallet et 20 hommes, dont un petit tambour, Daniel Barnot, qui compte neuf printemps.

Le Vaudoué, lieutenant Mignon et 10 hommes.

Mondeville, lieutenant Hardouin et 15 hommes.

Ainsi ça en faisait des pompiers, mais le plus beau à l’idée de 24 petits enfants heureux, c’est quand la clique s’est formée de 48 clairons et tambours, faisant partie des subdivisions accourues à l’appel du Comité d’organisation, dont le président était le maire de Milly lui-même, M.Loubière qui, il n’y a pas très longtemps aussi, était encore un enfant et qui a su en conserver le franc sourire et la gentillesse.

Dans le vestibule de la maison commune, il accueillait aimablement les notabilités venues pour honorer la fête de leur présence : M.Gaubert, sous-préfet de Corbeil, et de la moitié de l’ex-arrondissement d’Etampes ; MM.De Ganay, conseiller général ; Chagot et Pommereau, conseillers d’arrondissement ; Devise, procureur de la République à Etampes et Régnié, capitaine de gendarmerie.

Au bas du perron, une section de sapeurs-pompiers forma le carré ; la sonnerie « ouvrez le ban » se fit entendre et M. le Sous-Préfet procéda à la remise des décorations décernées au cours de l’année au titre de la prévoyance sociale et de l’agriculture, à MM.Crenier Gustave, Petit Léon, Thorin Alfred et Mme Thévenin-Mazard.

A midi, les clairons sonnaient « à tour de bras » la soupe aux abords de l’Hôtel du Lion-d’Or, où avait lieu le banquet officiel, servi dans la grande salle du rez-de-chaussée, agrémentée en son milieu d’une frise à la Balas, tout à fait de circonstance. Que l’artiste improvisé qui a la brossa en soit complimenté. Une table en U. magnifiquement servie et décorée des plus belles fleurs de l’année ? réunit près de 100 convives.

M.Gauberi présidait, assisté de M.Maurice Dormans, député ; de Ganay, conseiller général ; Loubière, maire ; Chagot et Timbert, adjoints ; Devise, procureur de la République ; Régnié, capitaine de gendarmerie ; des membres du jury ; des maires des environs ; des conseillers municpaux et des notables du pays.

Il y avait là aussi les anciens et nouveaux membres de la compagnie des sapeurs-pompiers de Milly, dont on célébrait le cinquantenaire, et parmi eux Papa Léon Voituron, qui avec son camarade Léon Pinasson, sont les deux seuls survivants de la subdivision lors de sa formation en 1882. Elle était alors commandée par le sous-lieutenant Courbet, qui fut remplacé bientôt par l’adjudant Limery. Mais ce n’est qu’en 1888 que la compagnie fut sérieusement constituée, sous le commandant du regretté lieutenant Chagot. En 1889, elle pouvait célébrer la Sainte-Barbe et nous en trouvons l’écho dans l’Abeille d’Etampes du 14 Décembre 1889 qui en donne la relation suivante :

« La Société des Sapeurs-Pompiers, réorganisée depuis moins d’une année a fêté la Sainte-Barbe samedi dernier ; elle avait convoqué tous les membres honoraires au banquet qu’elle donnait à l’Hôtel du Lion-d’Or. Un grand nombre d’entre eux, parmi lesquels M. le Maire et plusieurs personnes notables ont tenu à répondre à cette invitation. Il y avait longtemps qu’un banquet de cette importance n’avait été fait et néanmoins le service a été admirable et la cuisine bonne.

Au dessert, M. le docteur Carassus, a par une allocution chaleureuse, vivement exhorté les pompiers à rester toujours unis et à célébrer avec allégresse la fête qui les rassemblait :

Plus d’une fois, leur-a-t-il dit, vous serez dans l’exercice de vos fonctions à la peine ; soyez aujourd’hui tout à la joie ; rompez ensemble le pain et le sel de la fraternité et buvons à l’union et à la concorde entre tous les pompiers ».

Ensuite, M.Chagot, lieutenant, a remercié M. le Maire et tous ceux qui ont contribué à la réorganisation de la Société et en élevant son verre a proposé de boire à leur santé. Ce toast a été ainsi bien applaudi.
L'Abeille d'Etampe du 9 juillet 1932.